vendredi 22 juin 2018

Louis PONTOISEAU, une vie simple et courte

Voici deux mois que je n'ai rien écrit sur mon blog mais le généathème de juin proposé par Sophie BOUDAREL, m'a titillé ...



J'ai donc lancé le générateur de sosa, avec une condition, le choix d'un ancêtre de la 6ème ou 7ème génération. Et, j'ai fait l'annonce via Twitter du résultat il y a quelques jours.



C'est donc mon sosa agnatique numéro 64 qui a été généré.

Ce dernier étant Louis PONTOISEAU, mon agnat à la 7ème génération.

Je vais vous présenter ici la vie de Louis de façon chronologique, en commençant quelques mois avant sa naissance avec le mariage de ses parents et une présentation succincte de son environnement familial.
Tous les événements se sont déroulés sur la paroisse puis commune de Challans en Vendée, sauf mention contraire.

Challans et les lieux de vie de Louis sur la carte de Cassini

1784

Le mercredi 10 novembre 1784, en l’église de Challans a lieu le mariage de :
Louis PONTOISEAU, 20 ans, deuxième du nom, natif de la paroisse voisine de Soullans mais vivant dans la métairie des Hommeaux (Hommaux sur Cassini et Ommeaux sur le cadastre de 1832) de Challans depuis plus de 15 ans, fils de Louis, 47 ans, le patriarche, premier du nom, métayer aux Hommeaux depuis 1769 (année où il est venu aider son beau-père, Jean ROBION (1716-1772), dans ladite métairie que ce dernier exploitait depuis 1755 environ), et de Louise ROBION, 36 ans,
et de Marie Rose Louise HUGUET, 25 ans, fille de Pierre, 51 ans dans quelques jours, métayer dans le village de Logerie (Lorgerie sur Cassini et L'Orgerie sur le cadastre de 1832) sur ladite paroisse et de Louise MONNERON, 43 ans.
Les témoins de l’union sont les deux pères ainsi que le cousin germain de la mère de Louis, André ROBION (né en 1756), 28 ans de Soullans, et l’oncle maternel de Marie, Jean MONNERON (1745-1820), 39 ans de Challans.
Aucun membre de la famille présente ne sait signer.



Ils sont tous les deux ainés de leur fratrie ;
Louis, malgré la présence de 10 enfants dans sa fratrie, n’a plus qu’une sœur, Louise (1766-1826), de deux ans sa cadette, qui d’ailleurs se marie ce dit jour avec Jacques PEIGNE (1751-1805), et deux frères, Jean (1767-1828) et Jacques (1773-1829) qui travaillent aussi à la métairie des Hommeaux avec le patriarche.
Marie, quant à elle, n’a pas moins de 7 petits frères et 1 sœur. Le dernier de sa fratrie n’a qu’un an !

1785

Louis est né le lundi 10 octobre 1785. Il est baptisé le même jour et comme il est de coutume, son parrain est son aïeul paternel, Louis PONTOISEAU et sa marraine, son aïeule maternelle  Louise MONNERON. Il est le troisième du nom.



Il est vraisemblable qu’il soit né à la métairie des Hommeaux.

Métairie des Hommeaux avec les parcelles en dépendant sur le plan cadastral de 1832
Tout comme ses parents, il est l’aîné de sa fratrie.

1786

Jean, son frère, voit le jour le samedi 16 décembre 1786. Contrairement à son frère aîné, la mention de lieu est faite sur son acte de baptême, il est né aux Hommeaux (il est le seul membre de la famille pour lequel je n'ai aucun devenir ... ).

1787
Louise RAFIN veuve ROBION, l’arrière-grand-mère de Louis, meurt le jeudi 10 mai 1787 à l'âge de 69 ans à la métairie des Hommeaux. Elle est inhumée le lendemain en présence de son gendre Louis et de son petit-fils par alliance Jacques PEIGNE.



1788

François est né le mercredi 27 août 1788, il est le second frère de Louis.

1790

Marie, sa soeur, quant à elle, est née le jeudi 23 décembre 1790.

1792

Louise ROBION, sa grand-mère paternelle, meurt le vendredi 16 mars 1792 à l'âge de 43 ans.
Le lendemain son oncle Jean et son oncle par alliance Jacques PEIGNE sont présents entre autres à l'inhumation.



Sa sœur Marie décède le vendredi 27 juillet 1792 à l'âge de 19 mois.

1793 et 1794, le secteur connait les troubles vendéens, sans aucun doute, la famille PONTOISEAU fut de près ou de loin touchée par ce que l’on appelle « guerre de Vendée ». Cette période coïncide avec l’arrivée de Louis dans l’âge dite de raison. Il a sans doute gardé en mémoire cette période.

1794

Le vendredi 7 novembre 1794 (17 brumaire an III) est décédé Louis PONTOISEAU, son grand-père paternel, à l'âge de 57 ans. Son père et son oncle, Louis et Jean font la déclaration à la mairie en mentionnant un âge d’environ 60 ans.



Après la disparition du patriarche, les frères PONTOISEAU continuent l’exploitation de la métairie.

1795

Marie, sa soeur, naît le jeudi 15 janvier 1795 (26 nivôse an III).

Louis, son père, meurt le samedi 14 mars 1795 (24 ventôse an III) à la métairie  des Hommeaux à l'âge de 31 ans.
Ses oncles François HUGUET, et Jean PONTOISEAU déclarent le décès à la mairie de Challans, et le disent âgé d’environ 40 ans !



Après son veuvage, Marie reste avec ses enfants, dont la dernière n’a que 2 mois, dans la communauté familiale PONTOISEAU, aux Hommeaux, dirigée maintenant par Jean, l’oncle de Louis (Jean est marié depuis 8 ans avec Françoise CHAUVET (1768-1823)).

Louis qui approche de ses 10 ans, a dû être très affecté par les disparitions successives de son grand père et père …
(cette situation se renouvellera de façon quasi identique dans la famille PONTOIZEAU 80 ans plus tard).

1796

François, son frère, meurt le jeudi 1er septembre 1796 (15 fructidor an IV) à l'âge de 8 ans.
Son décès est déclaré par le chef de famille, son oncle Jean.

1799

Le mardi 29 janvier 1799 (10 pluviôse an VII), a lieu l’union de François CHATELLIER, âgé d’environ 47 ans et veuf de Marie GUIGNARD avec Marie Rose Louise HUGUET, la mère de Louis, qui aura 40 ans dans quelques et qui vit toujours aux Hommeaux.
Les témoins de Marie sont : son père, Pierre,  65 ans toujours laboureur à Logerie et son frère Jacques (1764-1808) journalier.
Ce même jour, Jacques PONTOISEAU, le dernier oncle de Louis, épouse Rose BONNIN (1774-1825), jeune fille de la métairie voisine des Hommeaux, la Bouchardière.

Malgré le remariage de sa mère et son départ, Louis reste dans la communauté familiale PONTOISEAU à la métairie des Hommeaux, il a alors 13 ans.

1800

Pierre CHATELLIER, son frère utérin, naît le dimanche 2 février 1800 (13 pluviôse an VIII) à la ferme du Rochin sur la paroisse voisine de Soullans. Sa mère a alors près de 41 ans.

1803

Le lundi 20 juin 1803 (1er messidor an XI), décès de François CHATELLIER, le beau-père, à la métairie de la Motte Fouquerand, non loin des Hommeaux.

Après ce décès, sa mère et ses jeunes frère et sœur, Pierre 3 ans et Marie 8 ans, retrouvent Louis, qui est devenu le chef de famille malgré son jeune âge, pas encore 18 ans. Sa famille maternelle, les HUGUET, à commencer par le patriarche, son grand père, a dû être là pour l'épauler.

1805

C’est vraisemblablement cette année-là, que Louis et sa famille s’installent à la Proutière, où il est journalier et sa mère journalière.
La Proutière (Protière sur Cassini) est la métairie d’un logis du même nom (aujourd’hui ne subsiste que quelques éléments de cet ensemble rural dans une zone devenue urbaine).

La Proutière sur le plan cadastral de 1832

1806

Louis fait parti de la liste des conscrits vendéens de l’année 1806. Il est le 151ème conscrit du département et de l'arrondissement des Sables d'Olonne, 55ème du canton de Challans et le 30ème de la commune et on y apprend alors qu’il mesure 1.666m et se dit laboureur.


Extrait du registre de conscription de l'année 1806
Mais il est peu probable qu’il fut incorporé au vue de sa situation familiale, fils aîné de veuve et donc soutien de famille.

D’ailleurs, quelques mois plus tard, Louis, alors âgé de 21 ans et toujours journalier à la Proutière, épouse, le mercredi 15 octobre 1806 à Challans, Jeanne Angélique MIGNE, 20 ans, jeune fille de confiance de la métairie voisine de la Proutière, la Rémonière.
Jeanne, est native de la commune voisine, Commequiers, elle est la fille de défunt André (1747-1788) et de feu Jeanne FUSILLER (1753-1806), cette dernière étant décédée depuis le mois de mai de cette dite année. Autorisée par son cousin germain et curateur aux causes, François MIGNE, 34 ans, cabaretier dans le village de la Bloire de Challans.

Les témoins de Louis sont :

  • son grand père maternel, Pierre, âgé de 73 ans,
  • et son oncle maternel François (1767-1847), âgé de 39 ans.

Ceux de Jeanne sont :

  • son oncle paternel, Etienne (1745-1820), 61 ans de Commequiers (ce dernier y exploite la métairie de la Vrisaugnière, que la famille MIGNE exploite depuis au moins 2 générations),
  • et son cousin germain, Charles Etienne, 24 ans, fils du précédent, vivant au même lieu.

Louis et les autres membres présents ne savent signer.

acte de mariage religieux de Louis et Jeanne

1807

À la Proutière, naît Jeanne Angélique, sa première fille, le samedi 1er août 1807.

1809

Au début de cette année, Louis et sa famille (y compris sa mère, qui aura 50 ans dans l’année), s’installent dans le petit village des Plantes, qui ne compte qu’une poignée de maisons.

Village des Plantes sur le plan cadastral de 1832

Ils prennent possession de la maison laissée vacante après le décès de l’oncle Jacques HUGUET en décembre 1808, à l’âge de 44 ans. C'est la seule maison isolée du village, toutes les autres sont mitoyennes (à droite du village sur le plan cadastral).

C’est dans cette maison, aux Plantes, que voit le jour Louis, son premier fils (le quatrième du nom et mon sosa 32), le samedi 15 juillet 1809.

Acte de baptême de Louis, le 4ème du nom

1810

À Logerie est décédé Pierre HUGUET, son grand-père maternel, le dimanche 7 octobre 1810 à l'âge de 76 ans.

1811

Le mardi 1er janvier 1811 est décédée Jeanne Angélique, sa fille, aux Plantes à l'âge de 3 ans.

Au même lieu, est née Gabrielle Marie, sa seconde fille, le vendredi 19 juillet 1811 (elle décédera à la Proutière 1 jour avant ses 25 ans)

1812

Cette année-là, après les décès successifs de son grand père maternel et de son oncle maternel Pierre « le jeune » (1773-1812) (pour le différencier de son frère du même prénom né 2 ans plus tôt), Louis installe sa famille à Logerie, vraisemblablement dans la métairie délaissée par lesdits HUGUET car dorénavant il est dit laboureur et non plus journalier (je ne sais pas encore précisément de quelle métairie il s'agit). Louis a alors 27 ans.

1814

Jean-Baptiste, son second fils, naît le lundi 21 février 1814 (il décédera célibataire en mai 1840, journalier à la Proutière à l’âge de 26 ans).

1815

À La Romangerie meurt Louise MONNERON, la grand-mère maternelle de Louis, le vendredi 10 février 1815 à l'âge de 73 ans chez son dernier fils André HUGUET (1783-1830)
Ce dernier s'est marié un mois après Louis, en 1806, avec une très lointaine cousine Catherine PONTOIZEAU (1789-1827).

1816

Marie-Anne surnommée Mariette, sa troisième fille, naît le mercredi 16 octobre 1816 (mariée à 33 ans, veuve à 37, elle meurt à 43 ans).

1820

Le lundi 13 mars 1820 voit le jour Marie-Rose, sa quatrième fille.

Le samedi 16 septembre 1820, Marie Rose Louise HUGUET, sa mère, décède à Logerie à l'âge de 61 ans. Elle est inhumée le lendemain.

acte de sépulture de Marie
Après le décès de cette dernière, Louis part quelques temps s'installer dans le village de la Bloire (la petite et la grande Bleire (sic) sur Cassini), qui porte le nom du ruisseau le traversant, l’Abloire. Ce village est connu depuis un certain nombre d’années pour ses tuileries, et de nombreuses familles (d’ailleurs d’autres familles de PONTOIZEAU, dont une descendante religieuse, Marie, œuvrera à l’édification d’une chapelle dans le village en 1857) y vivent de cette activité (un livre sur l’histoire de ce village a été écrit il y a une dizaine d’années par un généalogiste, Alain JOUANNEAU).
Louis y devient donc ouvrier tuilier, il a alors 35 ans.



1822

Le mercredi 20 février 1822 naît Augustin dit simplement Auguste, son troisième fils, audit village de La Bloire (il y meurt le 10 mai 1826 à l’âge de 4 ans).

1823

Louis revient pour une raison inconnue à Logerie pendant quelques mois, où il est de nouveau journalier.

Le mercredi 5 février 1823, il est le témoin de son frère utérin Pierre CHATELLIER, alors âgé de 22 ans, qui se marie sur la commune voisine de Soullans avec Françoise GUILLONNEAU (1804-1865).

Deux jours plus tard, Marie-Rose, sa fille, meurt à l'âge de 2 ans.

1824

Cette année-là, Louis réinstalle sa famille à la Bloire et redevient tuilier (il doit louer une maison dans le village mais je ne sais pas encore précisément où).

1825

C’est donc à la Bloire que voit le jour François Louis, son quatrième fils, le lundi 21 mars 1825 (marié en 1853, il fait souche sur les Sables d’Olonne où il meurt en 1882. Deux fils migreront sur la Rochelle et Rochefort, en Charente-Maritime au début du 20ème siècle comme ouvriers sur des chantiers navals).

Malheureusement, peu de temps après, Louis meurt le vendredi 27 mai 1825 à l'âge de 39 ans.
Son frère utérin Pierre et son oncle François HUGUET déclarent son décès.



Louis ne possédait aucun bien pouvant nécessiter une déclaration de succession, le maire de Challans fait donc un certificat d’indigence pour l’administration le 1er mai de l’année suivante…

Extrait de la table de déclaration de succession

La situation que Louis avait connu enfant se renouvelle, laissant Jeanne, sa veuve et son fils aîné Louis, le quatrième du nom, qui n’a pas encore 16 ans, subvenir aux besoins de la famille.
Ils ont vraisemblablement pu compter sur la famille HUGUET, puisque Louis épousera 5 ans plus tard, Marie Marie-Anne HUGUET (1806-1842) une cousine germaine de son père !

Louis, le quatrième, sera un battant et malgré des débuts difficiles il arrivera à devenir comme son aïeul Louis, le premier, un patriarche à la tête d’une communauté familiale exploitant une métairie pendant de nombreuses années (voir mon billet sur la société agricole PONTOIZEAU) avant que les décès successifs ne ruinent de nouveau l’élan familial …

Simple et courte ainsi fut donc la vie de mon agnat 64, 
Louis PONTOISEAU (1785-1825)
tel que j’ai pu la retracer avec les éléments en ma possession actuellement.



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