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mardi 7 juin 2022

Enfants naturels dans la descendance de Jeanne

Pour le #généathème de juin 2022, Généatech nous propose d'écrire sur les enfants nés hors mariage ou autrement dit les enfants naturels.


Depuis des années, j'avais remarqué dans une branche de ma généalogie, dans la famille DUPONT(D), une répétition de naissances d'enfants naturels génération après génération. Dans cette famille, la situation précitée commence avec Jeanne GROUSSET, ma sosa 81 à la 7ème génération.

Tous les lieux cités se situent en Vendée.

Génération 1

Jeanne GROUSSET, née le 22 mai 1773 sur la paroisse de Challans, de Alexis (ca 1723-1793) laboureur et de Jeanne BOUHIER (ca 1737-1789).

Jeanne est la 8ème enfant du couple sur 10, Alexis ayant eu d'un premier mariage une petite fille décédée en bas âge. Des enfants d'Alexis et Jeanne, Jeanne sera la seule fille a atteindre l'âge adulte, ainsi que quatre de ses frères mais dont seulement deux convoleront en justes noces.

Lors du "dénombrement de population de plus de 12 ans" de l'an IV de la République, on retrouve Jeanne alors dite âgée de 26 ans en la métairie de la Barre Ferrée sur la commune de Commequiers. Dans ce dénombrement, une information indique qu'elle vit sur la commune depuis 6 ans. Ce document liste la population par ordre alphabétique. Il n'est pas daté, il parait donc anachronique avec ce qui suit, ou les informations (lieu de vie et état matrimonial) sur Jeanne sont erronées...

C'est dans cette même commune que Jeanne donne naissance à un enfant né hors mariage le 31 mai 1795 (soit le 12 prairial an III) et retrouvé sur le registre des baptêmes clandestins célébrés par le prêtre réfractaire TENEBRE seulement le 5 août suivant. Ce délai peut s'expliquer par les troubles dans le secteur en cette période (guerre de Vendée). 

L'acte de baptême rédigé d'un premier jet comme un acte de baptême d'un enfant légitime et ensuite corrigé et modifié dans le sens d'une naissance d'un enfant né de père inconnu !


Je suppose donc que ce petit Pierre est né fin mai 1795 hors mariage, mais que ses parents, André DUPONT (ca 1773-1837) et Jeanne, se sont unis avant le baptême début août. Cette interprétation est d'autant plus plausible que la métairie du "Boisvio" (Boisviaud) est exploitée par la famille DUPONT à cette époque et que, de plus, la métairie de la Barre ferrée n'est distante que de quelques centaines de mètres du Boisviaud.

En avez-vous la même interprétation ?

Le registre clandestin, qui ne couvre que la période du 4 mai au 10 août, contient quelques mariages mais pas celui du couple DUPONT-GROUSSET.

Par la suite le couple aura sept autres enfants dont deux filles que nous retrouverons dans le paragraphe suivant. 

Pierre quant à lui aura une vie relativement courte puisqu'il décède peu avant ses 18 ans alors qu'il était domestique. Il meurt chez ses parents dans le petit village de la Charreau de Commequiers le 19 février 1813.

Génération 2

Marie, première fille et second enfant du couple DUPONT-GROUSSET, est née le 13 octobre 1797 (22 vendémiaire an VI) en la métairie du Boisviaud de Commequiers.

Lors du recensement de la population de 1816, disponible pour la commune de Commequiers, Marie, âgée de 18 ans, ne vit plus avec ses parents et je ne la retrouve pas sur la commune. Elle doit être domestique sur une autre commune puisque je retrouve à Commequiers ses frère et sœur cadets déjà placés (âgés de 13 et 12 ans).

Marie, devenue journalière et âgée de plus de 30 ans, n'est toujours pas mariée lorsqu'elle tombe enceinte à la fin du printemps 1828.

Elle met au monde un petit garçon le 24 février 1829, chez ses parents au Creux Rouge à Commequiers. Ce même jour, c'est le grand père André DUPONT, journalier, qui va déclarer la naissance à la mairie.


Dès lors, Marie et son fils vont vivre quelques années chez les parents DUPONT. En effet, on les retrouve lors du recensement de population de 1831 au Creux Rouge. Marie y est d'ailleurs prénommée Jeanne !


Marie reste célibataire, et continue de vivre chez ses parents avec son fils. Après la disparition de sa mère en 1841, veuve depuis 1837, elle vit seule comme journalière alors que son fils est placé comme domestique.

Quelques années plus tard, François revient vivre avec sa mère dans le village de la Charreau de Commequiers.

En vieillissant, Marie indigente est "secourue par la charité". François quant à lui se marie en novembre 1862 avec une jeune fille de 20 ans, Rose BOURON (1842-1900). Il est alors journalier à la Charreau.

Marie s'installe avec le jeune couple au grand Village de Commequiers et y meurt quelques années après, le 12 octobre 1867, la veille de ses 70 ans. Son fils François va déclarer cette disparition à la mairie le lendemain et il donne à sa mère l'âge de 78 ans !

François, après avoir eu de nombreux enfants jusqu'en 1882, meurt quelques années plus tard le 25 avril 1891 à 62 ans dans sa maison du Point du Jour de Commequiers. 


Revenons quelques décennies plus tôt avec la jeune sœur de Marie, Rose Charlotte.

Rose Charlotte, est née le 19 octobre 1802 (27 vendémiaire an XI), toujours à Commequiers. Elle est la quatrième enfant et seconde fille du couple DUPONT-GROUSSET.

Lors du recensement de la population de 1816, cité plus haut, Rose alors prénommée Marie, âgée de 13 ans, est domestique à l'Hermitage de Commequiers chez Jean PRAUD.

Quelques années plus tard, en 1822, Rose tombe enceinte à l'approche de ses 20 ans. Elle met au monde une petite fille, Joséphine, le 11 mars 1823. Cette naissance a lieu chez ses grand parents DUPONT à la Charreau, proche du grand Village. C'est André, le grand père, qui déclare la naissance le jour même.


Rose et sa fille restent vivre dans le foyer DUPONT-GROUSSET. On les retrouve lors du recensement de 1831 (voir plus haut) et 1836. 



En 1839, en quelques jours, Joséphine puis sa mère vont perdre la vie. Tout d'abord, le 31 mars, Joséphine, alors domestique chez Jean BOURMAUD des Plantes, s'éteint chez sa grand mère au Creux Rouge, là où elle a vu le jour tout juste 16 ans plus tôt. Et puis, le 17 avril, Rose Charlotte meurt à son tour au Creux Jaune (!), elle y vivait avec sa mère et y était journalière. Rose avait 36 ans. C'est son frère André (1806-1855) qui déclare son décès le lendemain.

C'est d'ailleurs avec les filles d'André, mon aïeul, que nous allons continuer.

Génération 3

André, le frère cadet de Marie et Rose Charlotte, est né le 18 décembre 1806 à la Charreau. Il est le 6ème enfant et quatrième fils du couple DUPONT-GROUSSET.

Il est placé comme domestique aux alentours de ses 10-12 ans comme c'était la coutume dans les familles pauvres à l'époque. En 1828, il est domestique sur la commune voisine de Commequiers, Notre-Dame de Riez. Dans les années 1830, il entre aux services de Jean MILCENT dans la métairie de St Ambroise. C'est là qu'il rencontre sa future épouse, Marie-Louise MILCENT (1818-1876), la nièce de son patron, orpheline de père depuis son enfance (1823) et aussi domestique.

André et Marie-Louise s'unissent en juin 1838. Ils auront 8 enfants entre 1839 et 1854.

Rose Adelle, est la troisième enfant et seconde fille du couple DUPOND-MILCENT. Elle est née le 23 septembre 1843 dans le village de la Bloire de Notre-Dame de Riez.

Domestique dès la fin de son enfance, en 1856, elle y est dans le village des Boucheries chez Charles BOURMAUD, puis en 1866, elle y est au Clouzis chez François BERTHOME, le frère de son beau-frère.

C'est cette année-là que Rose tombe enceinte. Au début de l'année suivante, le 17 février 1867, une petite Rose Eulalie voit le jour dans le village de Port Neuf. Le lendemain, c'est Alexandre DUPOND (1841-1912), le frère aîné de Rose, chez qui elle vit et a fini sa grossesse, qui déclare la naissance.


Par la suite, Rose et sa fille, prénommée usuellement Marie-Rose, s'installent dans la maison de sa mère près du Moulin Rouge. En effet, cette dernière était louée depuis le remariage de Marie-Louise MILCENT en 1862, mais vient d'être libérée depuis peu en 1867.

C'est là que, alors qu'elle n'a que 26 ans, Rose s'éteint le 27 juin 1870. Sa mère était devenu veuve depuis le 11 !

La petite Marie-Rose, qui n'a que 3 ans, est pris en charge par sa grand mère, revenu dans sa maison après son veuvage, et sa jeune tante Hortense (1854-1877). Marie-Rose est "secouru par la Charité".


Après le décès de sa grand mère à l'été 1876, Marie-Rose s'installe dans le foyer de sa tante Marie (1839-1883), veuve de Pierre Louis BERTHOME (1831-1870) et mère d'un petit Pierre (1869-1898), un peu plus jeune qu'elle.

Ensuite placée comme domestique, je perds sa trace jusqu'à son mariage, le 22 août 1898 sur la commune de Croix de Vie avec un marin, Charles VINCENDEAU (1870-1925). A cette date, elle est domestique sur ladite commune. Ses témoins sont ses cousins germains, elle a donc garder contact avec les membres de sa famille.

Après 1909, le couple et leurs deux filles s'installent sur la commune voisine de Saint Gilles sur Vie. Charles s'éteint le premier en 1925 à l'âge de 55 ans. Je perds la trace de sa veuve à partir de là.

Je ne trouve pas la trace de Marie-Rose dans les tables de successions et absences jusqu'en 1954... peut-être est-elle décédée après ? ou a-t-elle suivi sa seule fille survivante ? (Elle-même décède en 1973 à Lorient et inhumée à Riantec dans le Morbihan).

De nouveau, revenons un peu en arrière.

Marie Aimée, usuellement simplement Aimée, est la 5ème enfant et 4ème fille du couple DUPOND-MILCENT. Elle est née le 11 mars 1850 au Moulin Rouge dans la bourrine du couple construite depuis environ 5 ans.

Aimée, orpheline de père à l'âge de 5 ans, reste dans le foyer dans sa bourrine natale jusqu'au remariage de sa mère en 1862. Elle est alors mise aux services d'un cultivateur dans une ferme alentour (pas sur le territoire de la commune de Notre Dame de Riez en 1866 et 1872).

A l'automne 1875, Aimée se trouve enceinte. Elle vient finir sa grossesse chez sa mère au Moulin Rouge. C'est là que Mathurin Célestin voit le jour le 20 juin 1876. Sa naissance est déclaré le soir même par un voisin et sa mère est dite journalière.


Quelques semaines plus tard, le 8 août, la grand mère, Marie-Louise meurt à l'âge de 57 ans. Aimée et son fils quittent donc la bourrine et s'installent alors à la Maison Neuve. Mathurin ne vivra pas très longtemps après, le 27 août il décède à seulement deux mois.

Aimée s'installe alors au Bois Blanc où on la retrouve seule lors du recensement de population de 1876, en fin d'année.

Par la suite, on retrouve Aimée dans le bourg. C'est là, qu'elle tombe de nouveau enceinte à la fin de l'été 1879. Elle accouche le soir du 25 mai 1880 d'une petite fille, Marie-Rose Aimée. Un cousin éloigné va déclarer la naissance à la mairie le lendemain, il prénomme la mère Aimée Marie-Rose et la dit âgée de 32 ans.


Malheureusement, la petite Marie-Rose meurt aussi en bas âge le 2 novembre suivant à l'âge de 5 mois. Le décès est déclaré par un voisin, Jean-Marie POGU, à la profession bien particulière : preneur de taupes !

Quatre ans plus tard, alors journalière sur la commune voisine de Saint Hilaire de Riez, Aimée, âgée de 34 ans, finit par se marier avec un veuf (par deux fois) de 23 ans son aîné, Jean VRIGNAUD (1827-1908). Les témoins de Aimée, sont son oncle André BRIAND (1829-1894) et son frère Alexandre (déjà cité plus haut). Le couple n'aura pas d'enfant.

Aimée s'installe chez son époux à la Maison Neuve, où il vit avec ses fils.

Une fois veuve, elle continue de vivre avec les fils de Jean. C'est donc à la Maison Neuve que Aimée s'éteint à l'âge de 71 ans le 4 octobre 1921.

Pour la génération suivante, nous allons partir de la dernière fille d'Alexandre (cité plus haut), frère aîné de Rose et Aimée, et mon aïeul.

Génération 4

Clératine Melda, usuellement Imelda, est la 8ème enfant et 3ème fille d'Alexandre et Marie-Rose BURGAUD (1843-1939). Elle est née dans le village de Port Neuf de Notre Dame de Riez le 23 décembre 1884.

Imelda, contrairement à ses frères et sœurs, ne sera jamais placé comme domestique et deviendra couturière-tailleuse. Elle restera chez ses parents jusqu'à son union en pleine guerre mondiale en 1917.

Entre temps, en 1906, Imelda, qui vit donc dans la maison de ses parents aux Acacias, tombe enceinte. 

Son fils Emile Pierre Auguste Joseph voit le jour le 19 mars 1907. Le lendemain, le grand père va déclarer la naissance. Imelda ira reconnaitre son fils à la mairie le 9 avril suivant.


Quelques années plus tard, lors de son mariage avec Imelda, le 6 novembre 1917, Louis BONHOMMEAU (1891-1929) reconnait Emile, qui change donc de patronyme à 10 ans. Louis est mobilisé, cette union se fait lors d'une permission. Il ne sera libéré qu'en août 1919 et retrouve son épouse. Par la suite, il sera employé des chemins de fer de l'Etat.

Malgré cette union, Emile continue de vivre avec sa grand mère veuve depuis 1912. Il devient menuisier. 

Emile adolescent

Très attaché à son aïeule, c'est lui et son épouse qui l'accompagneront dans ses derniers jours (vous pouvez lire mon billet sur cette fin de vie) à la fin des années 1930.

Imelda et son époux auront deux autres fils dont un qui meurt à 2 ans et demi, peu de temps après son père en février 1929.

Longtemps veuve, Imelda meurt chez son second fils, Gabriel (1920-1997), à Saint Hilaire de Riez en décembre 1972, quelques jours avant ses 88 ans.

Emile aura la même longévité et s'éteint à l'âge de 88 ans le 8 mai 1995. 

Hors sujet : C'est sa veuve Angélina BARBREAU (1911-2004), rencontré en 1998, qui me donna à ma grande joie, l'unique photo de l'aïeule Marie-Rose BURGAUD avec d'autres photos de la famille et de nombreuses anecdotes.


Voici donc ce que je peux dire de cette lignée, 7 enfants nés hors mariage sur 4 générations et un peu plus d'un siècle. Comme vous avez pu le lire, les jeunes filles qui ont connu la situation d'être enceinte hors mariage n'ont pas été rejetées par les membres de la famille, contrairement aux idées reçues sur le sujet. Le milieu relativement pauvre et donc plus solidaire n'y est peut-être pas pour rien.
Pour résumer tout cela, une frise chronologique : 




mardi 8 février 2022

Mes derniers cultivateurs, de Vendée en Charente-Maritime

Par le biais du Généathème de février proposé par Généatech, je trouve l'occasion d'écrire sur les derniers cultivateurs de mon ascendance, mes grands parents paternels Marcel PONTOIZEAU (1900-1971) et Léonide DUPOND (1905-2004). 

Leur parcours, commun à beaucoup de jeunes ou moins jeunes vendéens, est celui d'un jeune couple qui décide de quitter son "pays" natal pour migrer vers une zone professionnelle plus propice à une vie meilleure.

Cette migration de Vendéens vers des départements plus au sud est liée à la situation post crise du phylloxéra dans ces départements là. De nombreux écrits existent sur ce sujet là, juste un lien pour étayer mon propos.

"Les terres en friche ont attiré des paysans vendéens qui étaient alors en surnombre et ont décidé de tenter leur chance au sud. Ils avaient d’ailleurs une double spécialité professionnelle qu’ils ont apportée avec eux et que les Charentais ignoraient : l’élevage et le labour profond."

De ferme en ferme, de département en département, mes grands parents ont eu un parcours professionnel évolutif comme vous allez le découvrir. 

J'ai eu la chance de connaitre ce parcours par la voix même de ma grand mère, même si j'ai du le compléter par des recherches n'ayant pas eu le réflexe de poser certaines questions en son temps.

La Vendée

Marcel et Léonide commencent à se fréquenter lorsque Marcel revient de son service militaire à l'automne 1922. Ils se marient en mai 1923 sur la commune de Léonide, Notre-Dame de Riez. Lors de leur mariage, Marcel est journalier agricole et Léonide servante.

Après leur mariage, ils louent une borderie dans le petit village du Vigneau (16 habitants en 1926) sur la commune de Commequiers, en bordure de la Vie, et non loin de leurs parents respectifs. Marcel continue de partir "en journée" malgré tout pour nourrir sa famille qui s'agrandit de deux enfants en 1924 et 1926.

Anecdote : Le couple loue peut être la même borderie (deux borderies mitoyennes) que les arrière grands parents de Marcel ont loué dans les années 1830, où sa grand mère maternelle est né en 1838 et où son arrière grand père est décédé l'année suivante. Je n'ai pas encore trouvé les baux.

Vue aérienne du Vigneau aujourd'hui

En 1927, le couple prend la décision de rejoindre la sœur de Léonide, Emilie (1898-1990), et son époux, Louis CHARRON (1894-1979) qui travaillent depuis quelques années (Emilie rejoint son époux après leur union en 1921) en Charente et y exploitent depuis peu une borderie.

Marcel, Léonide et leurs enfants quittent donc leur Vendée natale pour la Charente à la Saint Michel 1927.

La Charente

La famille PONTOIZEAU arrive dans la borderie qu'exploite les CHARRON dans le village du Veillard (105 habitants en 1926) de Bourg-Charente à l'automne 1927. 

L'entente est de courte durée, et Marcel et son épouse prennent la décision de chercher leur propre borderie voir métairie.

C'est rapidement le cas et un an après leur arrivée, ils quittent la Charente pour une petite métairie en Charente-Inférieure à une soixantaine de kilomètres à l'ouest.

La Charente-Inférieure 

(ancienne appellation de la Charente-Maritime jusqu'en 1941)


Marcel et Léonide prennent donc en charge une petite métairie dans le village de Chez Vinet  (12 habitants en 1931) sur la commune de Boutenac à la St Michel 1928.

Ils y resteront trois années.

Recensement de population 1931

En septembre 1931, ils travaillent dans une ferme à une dizaine de kilomètres de leur précédente métairie, dans le village de Civrac (62 habitants en 1926) de Saint Fort sur Gironde.

Trois ans plus tard, ils changent de nouveau de ferme mais toujours sur la commune de Saint Fort sur Gironde.

C'est alors qu'ils ont l'occasion de prendre en charge une métairie de plus grande envergure à une vingtaine de kilomètres, la métairie du Breuil de la commune d'Arces sur Gironde.

Cette métairie appartient à la famille CASIMIR qui exploitait elle même leurs terres auparavant avec quelques ouvriers (trois en 1926). Au début du 20ème siècle, la famille avait déjà baillé la métairie et n'y vivait plus, ayant une autre propriété sur la commune à la Croix. Le propriétaire, Léon (1880-1965), décide de reprendre un métayer, Marcel et Léonide s'installent donc au Breuil en septembre 1937.


C'est là, qu'une année plus tard, Léonide donne naissance à un troisième enfant, Lucien (mon père).
Pour l'aider dans ses taches suite à cette naissance, la mère de Léonide, Eulalie BIRON (1874-1947) vient de Vendée passer quelques semaines à la métairie.

L'exploitation de cette métairie, 14 années, est le point d'orgue de la carrière professionnelle du couple PONTOIZEAU-DUPOND.

Marcel et son taureau

Durant la seconde guerre mondiale, Marcel est mobilisé quelques mois au printemps 1940. Léonide reste seule avec ses trois enfants dont les aînés (16 et 14 ans) qui l'aident.

Arces sur Gironde se trouve à une vingtaine de kilomètres de Royan, où l'Histoire se déroule en 1944 et 1945 pour bouter l'envahisseur hors du pays. La fameuse "poche de Royan" et les bombardements sont restés en tête de ma grand mère et de mon père pourtant très jeune à l'époque. Dans ces circonstances historiques, mon oncle Marcel (1926-1953) s'engage à 18 ans auprès des FFI en septembre 1944 et quitte sa famille.

C'est aussi à cette période, que la fille du couple, Irène se marie à 20 ans avec un cultivateur du secteur, André PRAUD, de neuf ans son aîné. Le couple s'installe à Saint Georges de Didonne, après quelques années passées au Breuil.

Marcel et Léonide continuent d'exploiter le Breuil jusqu'à l'automne 1951. 

un jour de moisson à la fin des années 40,
avec une famille amie, les PIVETEAU, aussi des migrants vendéens

Anecdote : Le 29 mars 2000, avec mes parents nous avons pu entrer au Breuil, visiter la ferme et voir les pièces de vie. La propriétaire, une des filles CASIMIR née en 1930, se souvenait très bien de mes grands parents et nous livra quelques souvenirs. Ma grand mère encore vivante à cette époque mais trop âgée pour se déplacer (95 ans) fut très contente du retour de cette visite mémorielle.


Pour une raison inconnue (sans doute l'âge), le couple quitte la métairie. Marcel trouve un emploi d'ouvrier agricole chez les CAMUS, Louis (1898-1974) et Marie Madeleine (1897-1981), propriétaires sur la petite commune de Chaunac (85 habitants en 1954), à plus de cinquante kilomètres du Breuil, au sud est du département.

Les CAMUS seront aussi les premiers employeurs de mon père qui commence sa carrière professionnelle. Son premier salaire date de janvier 1953, il a 14 ans.

Après cinq années chez les CAMUS, la famille PONTOIZEAU changent de nouveau d'employeur mais aussi de département, à une quarantaine de kilomètres au nord est de Chaunac.

La Charente


En effet, c'est à l'automne 1956 que la famille PONTOIZEAU arrivent à Saint-Preuil, plus précisément  dans le petit village de Sègeville. Ils sont ouvriers agricoles chez un certain BILLOUET.

Ce qui est original, c'est que Sègeville se trouve à moins de dix kilomètres du Veillard de Bourg Charente, où Marcel et Léonide se sont installés après leur départ de leur Vendée près de trente plus tôt !

Anecdote : j'ai eu la chance d'aller en pèlerinage avec mes parents dans ce petit village il y a une dizaine d'années.

Léonide ayant l'envie d'une retraite sereine, et "ne voulant plus vivre chez les autres", d'autant plus que Marcel commence à avoir quelques soucis de santé, décide de rechercher une maison a acheter avec leurs économies, économies d'une vie de labeur.

C'est donc sur une petite annonce dans un journal qu'elle trouve son bonheur à l'été 1957. Une petite maison dans le bourg de la commune de Mazeray en Charente Maritime.

La Charente-Maritime 


L'achat est acté en octobre 1957 devant un notaire de Saint Jean d'Angély et la famille PONTOIZEAU intègre leur maison en décembre.



Une fois installé, Marcel et Léonide louent une parcelle de terre avec un jardin et une petite vigne, à quelques centaines de mètres de leur maison, pour leur quotidien.

Leur fils Lucien quitte l'agriculture et devient ouvrier menuisier quelques mois avant de partir au service militaire en novembre 1958.

La carrière professionnelle du couple PONTOIZEAU-DUPOND s'arrête donc là.



J'espère que vous aurez eu plaisir à lire le parcours de mes grands parents paternels dont voici un résumé sur une carte interactive couvrant la période de 1927 à 1957 :

vendredi 14 mai 2021

La mystérieuse troisième épouse... ou comme telle

Pour ce second billet du #généathème de mai sur les histoires de remariages, je vais vous exposer le cas particulier d’un aïeul qui a convolé en justes noces 4 fois ou presque…


Jacques GROUSSIN, mon sosa 2250 à la 12ème génération, a vécu au moins sa vie d’adulte sur la paroisse de Challans (aujourd’hui en Vendée).

Né vers 1590, il fut marchand de profession (je ne sais dans quel domaine).

Je trouve sa trace pour la première fois lors de son union avec Françoise CYTEAU le 6 octobre 1610 dans ladite paroisse de Challans.

"Octobre, le sixiesme jour dud moys ont receu ensemble le sainct sacrement de mariage Jacques GROUSSIN et Françoyse CYTEAU servante pour lors chez Jehan POTIN sieur de la Juisière leurs a administré les sacrements Mre Germain REGNAUDINEAU ptre et vicaire de Challans"

 Le couple engendre au moins 3 enfants :

  • Nicolas, le 22 juin 1611
  • Pierre, le 19 avril 1615
  • Et Jacques le 8 novembre 1617.

Malheureusement, entre 1618 et 1642, les registres paroissiaux sont lacunaires pour les baptêmes…

Françoise meurt le 4 octobre 1632 dans le village de Ponthabert, sans notion d’âge.

"Octobre 1632, le quatriesme jour dud moys décéda au vilage de Ponthabert Françoyse CYTEAU vivante femme de Jacques GROUSSIN son corps fut enssépulturé dans le cimetière de ce lieu de Challans"

Quelques mois plus tard, Jacques s’unit une seconde fois, le 19 janvier 1633 avec Mathurine SOURIT, mon aïeule.

"Janvier, le mercredi dix neuviesme jour dud moys Jacques GROUSSIN marchand et Mathurinne SOURIT fille de deffunct Dominique SOURIT et Marie BRUNEAU vivant conjoints ses père et mère ont ensemble recu les St sacrements de mariage en l'église de ce lieu de Challans par moy Germain REGNAUDINEAU ptre curé de ce lieu de Challans led GROUSSIN en segondes nopces lad SOURIT en premières nopces"

Le couple a au moins une fille, Louise, née vers 1634.

Puis, Mathurine décède à une date inconnue.

On retrouve Jacques pour une nouvelle union, le 15 janvier 1637, toujours à Challans avec Marie ROUSSEAU. Et c’est là que le prêtre écrit « ledit GROUSSIN en quatriesme nopces ou toutes filles estimées pour telles, et ladite ROUSSEAU en premières nopces qui fait la quatriesme ».

"janvier 1637, le jeudi quinzièsme jour du moys de janvier an susdit Jacques GROUSSIN et Marie ROUSSEAU fille de desfunct Louis ROUSSEAU et Marie vivant ses père et mère ont (...) ensemble receu le sainct sacrement de mariage en l'église de ce lieu de Challans et ce par moy ptre recteur de ce lieu ledit GROUSSIN en quatriesme nopces ou toutes filles estimées pour telles, et ladite ROUSSEAU en premières nopces qui fait la quatriesme"

Alors que sous entend cette mystérieuse formulation ? Serez vous m’apporter une réponse ?

Toujours est il que je ne trouve nul part trace dans les unions entre 1633 et 1636 à Challans de Jacques avec une troisième épouse…

De sa 4ème union, Jacques aura au moins un fils né en 1643, Louis.

Puis il décède avant le 28 juillet 1654, date du mariage de sa fille Louise, mon aïeule.

"le 28è du mois de juillet 1654 furent espousés Guillaume fils de Pierre BOYSARD et de Jullienne MENUET et Louise fille de feu Jacques GROUSSIN et de defft Mathurine LA SOURIT par BRISSET ptre"

J'ai hâte d'avoir vos points de vue sur cette situation que je n'ai jamais rencontré hormis pour Jacques.



lundi 10 mai 2021

L'union des septuagénaires


Pour le #généathème de mai sur les histoires de remariages voici ce que je vous propose : 

Nous sommes au début de l’été 1876, plus exactement le 5 juillet.

Louis ROYER épouse en troisièmes noces, Marie Rose BONNET à Mervent (Vendée).


Louis et Marie Rose sont natifs tous les deux du mois d’août, Louis aura donc bientôt 74 ans et Marie Rose 71 ans…

Voici donc le mariage le plus tardif dans mon ascendance.

Cette union a été scellée par un contrat de mariage quelques jours plus tôt, je n’ai malheureusement pas encore récupéré ce dernier. Ce contrat doit contenir de nombreuses informations sur les conditions de cette union quelque peu atypique.

Les témoins sont :

  • Pour Louis : son beau frère, François DEPRE (frère de sa seconde épouse) et son fils Louis (premier enfant issu de sa seconde union).
  • Pour Marie Rose : son frère, Victor BONNET et son fils Alexis GOGNARD.

Louis est mon sosa 124 à la 7ème génération, il avait épousé tout d’abord mon aïeule Françoise GOUPIL en janvier 1826, soit 50 ans plus tôt. Veuf en janvier 1842 avec 5 enfants vivants (une petite fille étant décédée à l’âge de 6 ans), Louis s’unit ensuite en novembre 1843 avec Marie DESPRE. Cette dernière lui donne aussi 6 enfants. Les trois derniers enfants meurent respectivement à 6 semaines, 23 ans et 6 ans, avant le décès de leur mère en mai 1875 à l’âge de 66 ans.

Marie Rose, quant à elle, est aussi veuve deux fois avant cette union. Elle a tout d’abord épousé en 1827 Pierre GOGNARD. Ce dernier meurt après 37 ans de mariage et plusieurs enfants. Marie Rose s’unit, déjà à un âge avancé, en 1872 à 66 ans avec Henri MORISSET, qui décède après seulement 13 mois de mariage en juillet 1873 à l’âge de 68 ans.

Comment ces deux septuagénaires se sont rencontrés ?

Je ne connais pas la réponse, d’autant plus qu’ils ne vivaient pas dans la même commune, même si leurs lieux de vie n’étaient pas très éloignés. Louis vivait lors de son mariage dans sa maison à la Chopinière de Mervent (que son père décédé en mars 1874 à près de 93 ans lui avait laissé). Marie Rose vivait pour sa part dans le village de Puy de Serre à plus de 6 kilomètres au nord-est de la maison de Louis.


L’union durera un peu plus de 10 ans. 

Marie Rose décède la première en mars 1887 à 81 ans. Louis lui survit 2 ans et meurt en juin 1889 à l’âge de 86 ans. Ils sont tous les deux décédés dans la maison de la Chopinière.


Le petit plus de cette union tardive : Quelques mois après le décès de Marie Rose, en août 1887, Louis aura assisté au mariage de son petit-fils Valentin DUTAUD (1862-1927) avec la petite fille de Marie Rose, Marie MACOUIN (1866-1951)… 


mercredi 7 avril 2021

Cinq mariages et deux paires de jumeaux !

Grâce au généathème d’avril, relancé par l’équipe de @généatech_,  je vais mettre en avant un aïeul un peu particulier dans mon ascendance puisqu’il cumule 2 records : 

  • S’être uni pas moins de cinq fois,
  • Avoir engendré deux paires de jumeaux.

Cet ancêtre est Louis BERTHOME (BRETHOME), sosa 380.

Il est né le 28 juillet 1712 sur la paroisse vendéenne de Saint Hilaire de Riez, fils de Jean (1683-1719) et de Marie BERTHOME (1692-1759). Il est le 3ème enfant du couple, 3ème sur 5 du côté paternel, 3ème sur 10 du côté maternel.


Cinq unions

De sa première union avec Madeleine BABU (ca 1707-1747) en 1736, Louis aura 7 enfants dont 2 paires de jumeaux de sexe masculin ! (voir paragraphe suivant) :

  1. Marie (1737)
  2. Jacques (1738)
  3. Louis (1741-1794)
  4. Mathurin (1741-1796)
  5. Marie Madeleine (1743-1748)
  6. Jean  (1746-ca1796)
  7. Jacques Robert (1746-1805)

Madeleine était déjà mère de 3 fils, nés de sa précédente union avec Mathurin BERTHOME (1701-ca1735). Elle n'aura pas survécu a ses nombreux accouchements.

Louis se remarie en secondes noces en juin 1748 avec Marguerite BESSONNET (1709-1749), une « vieille fille » de 38 ans, qui décède 1 an jour pour jour après le mariage.

Pour ses troisièmes noces, Louis épouse en mai 1750 une femme de 31 ans, Marie ROUSSEAU (1718-1751), qui décède à son tour, sans doute d’une fausse couche, quelques mois après l’union.

Il faudra attendre le quatrième mariage de Louis à l’été 1751 avec Louise MASSONNEAU (1713-1766) pour qu’il engendre de nouveaux des enfants, mais tous décédés avant leur père :

  1. Marie-Anne (1752-1767)
  2. Marie (1755-1757)
  3. Louis (1757-1760)

Sa cinquième union se fera en 1768, le même jour que celle de son fils avec la fille de sa future, Ursule Véronique FOUQUET (ca 1720-1781), veuve de Mathurin BARDON (1719-1764) de la métairie de la petite Angibaudrie de la paroisse de Notre Dame de Riez, sosas 382 & 383.

Louis finira sa vie dans la métairie du grand Lacois dans sa paroisse natale, où il vivait en communauté familiale. Il y meurt en octobre 1780 à l'âge de 68 ans.


Deux paires de jumeaux

Louis a donc eu de sa première union avec Madeleine BABU (sosa 381) deux paires de jumeaux de sexe masculin, et qui de plus ont, les 4 garçons, survécu jusqu’à l’âge adulte. 

La première paire nait le 11 février 1741 à Saint Hilaire de Riez :


- Mathurin 

Il épouse Marie Marguerite MECHIN (1747-1791) en 1774, et meurt en 1796 (date exacte inconnue) vers 55 ans. Il a vécu toute sa vie sur Saint Hilaire de Riez.

- Louis

Il se marie en 1767 avec Jeanne RABALLAN (1739-1799) et meurt en septembre 1794 à l'âge de 53 ans. Comme son jumeau, il n'a jamais quitté Saint Hilaire de Riez.


La seconde paire nait le 5 mars 1746 au même lieu :


- Jean, sosa 190.

Il se marie le même jour que son père (5ème union), le 13 janvier 1768 à Notre Dame de Riez, avec Marie BARDON (ca 1744-1816), sosa 191.

Il décède vers 1796 (entre le 15 septembre 1796 et le 3 avril de l’année suivante), dans le quartier des Jaries de Saint Hilaire de Riez à environ 50 ans.

- Jacques Robert

Célibataire, il meurt en novembre 1805 dans le bourg de Notre Dame de Riez à l'âge de 59 ans.





lundi 9 mars 2020

Objet ancestral et empreinte visuelle

Pour le généathème de mars, Sophie BOUDAREL nous propose de parler de l'histoire et de la transmission d'un objet de famille.

J'ai assez rapidement pensé à un modeste meuble que beaucoup d'entre vous ont déjà vu sans s'en rendre compte. En effet, ce meuble est un buffet sur lequel est exposé quelques photos de famille et cet ensemble est l'empreinte visuelle de "De Moi à la Généalogie" via mon bandeau de blog, de ma page généalogique Facebook et de mon profil Twitter.


Histoire de ce buffet

Ce meuble est l'un des cadeaux de mariage de mes grands parents paternels, Marcel (1900-1971) et Léonide (1905-2004), unis en mai 1923 sur la commune natale de la mariée, Notre-Dame de Riez en Vendée. 
De qui est venu ce présent ? si je l'ai su, aujourd'hui je serais incapable de vous le dire malheureusement.
Ce meuble se compose de deux parties : 
  • partie haute, un petit vaisselier,
  • partie basse, un buffet à deux portes et deux tiroirs.

Toute leur vie, mes grands parents ont gardés ce meuble. Au gré de leurs nombreux déménagements, dont le premier, le départ de leur Vendée natale à l’automne 1927 pour la Charente, avec l’espoir d’une vie meilleure.

Dans mon enfance, j’ai toujours connu ce meuble au même endroit de la pièce de vie de ma grand-mère Léonide (mon grand-père étant décédé avant ma naissance). 
A l’époque, sur ce meuble se trouvait, entre autre, la boite métallique de couture de ma grand-mère, un poste de radio des années 60 et un moulin à café Peugeot. Sur le vaisselier, un petit chalet en bois, avec un thermomètre et un baromètre, qui voit sortir un homme ou une femme selon la météo, mais aussi un Christ sur sa croix, cette dernière parée d’un chapelet.

 Le buffet chez ma grand-mère en mars 2004 lors son 99ème et dernier anniversaire.

Transmission

Dans mon adolescence, ma grand-mère (nous avions 70 ans d'écart) me déclara vouloir me léguer la plus grande partie de ses meubles, puisque mes six sœurs aînées avaient déjà été "dotées".

De nombreuses années plus tard, après le décès de ma grand-mère, j'ai récupéré ce meuble et me décida à ne me servir que de la partie basse, le buffet, et de lui redonner un coup de jeune. Ma grand-mère le cirait régulièrement mais sans jamais le poncer, ce qui avait fini par lui donner une teinte très foncée. Après un nettoyage, un ponçage et un petit coup de cire de protection, il était prêt à vivre encore de nombreuses années chez moi.



De par son histoire, il était l'objet idéal pour me servir de support d'exposition de portraits et photos de famille, et surtout être partie prégnante de l'empreinte visuelle de ma passion.

Objets en vrac

Je viens de vous parler de cet objet de famille mais j'ai aussi récupéré au fil des années divers autres objets, des plus petits, dont la montre à gousset et l'alliance de mon grand-père paternel dont j'ai déjà parlé sur Twitter lors du #Généalogie30 de juin 2018.



Des objets plus volumineux et encombrants, même lourds, comme le moulin à venter de mon grand-oncle maternel, Armand BOUCHET (1910-1991) récupéré quelques années après sa disparition, ou encore le pressoir à raisins de mon père, récupéré en 2016 après son décès. 

moulin à venter en l'état actuel

en arrière plan le moulin à venter
et au premier plan partie haute du pressoir
pressoir fonctionnel, photo extraite d'une vidéo familiale de 1999

Ces objets hors du temps "reposent", avec de nombreux autres, dans une dépendance de ma maison, qui est devenue un vrai capharnaüm, et sont loin d'être actuellement mis en valeur par manque de place.

mon capharnaüm en 2017


samedi 21 décembre 2019

Noël, une date, des aïeux

Le 15 décembre dernier, Sophie BOUDAREL, la généalogiste et blogueuse de la Gazette des Ancêtres, propose sur Twitter de dévoiler nos aïeux prénommés Noël.



Je me suis donc mis à la recherche dans mon logiciel de généalogie de mes Noël.

Ils sont au nombre de 5, et 4 d'entre eux sont de la même génération nés aux environs de 1600. Le cinquième, grand-père de l'un des 4 autres est quant à lui né au début du troisième quart du 16ème siècle. Bien sûr, ces aïeux sont issus du territoire du Bas-Poitou.

A quelques jours de Noël, et pour mon dernier billet de l'année, j'ai donc pris la décision de vous présenter ces 5 aïeux en 100 mots chacun.


La vie de "mes" Noël


Noël MARTIN est né vers 1560, vraisemblablement sur la paroisse de Fontaines, non loin de la capitale du Bas Poitou, Fontenay le Comte. Ses parents me sont inconnus, mais je lui connais une sœur, Marie, mère de Nicolas CARDIN (peut-être un aïeul). Après le décès de sa sœur, Noël devient le curateur de Nicolas, qu’il placera en pension chez un marchand cordonnier en 1586.
Mention de Noël MARTIN dans un acte notarié de 1589 chez Me LYMONNEAU à Fontenay (85)
Fabriqueur de Fontaines et maréchal ferrant dans le bourg, il épouse vers 1590 Perrette COUAILLEAU. Le couple aura au moins trois enfants, Mathurin, Gabrielle et Marguerite, avant le décès prématuré de Noël dans les premières années du 17ème siècle.

Noël CYBARD est né vers 1615 sur la paroisse de Maillé, fils de Gabrielle MARTIN et donc petit fils du précédent. Son père, dont je ne connais pas le prénom, est le fils de Jacques CYBARD, second époux de sa grand-mère maternelle Perrette COUAILLEAU.
Marié vers 20 ans avec Michelle GODILLON, du même âge. Le couple aura au moins trois enfants qui s’unissent, Nicolas né vers 1638, Louis né vers 1645 et la dernière Michelle née en 1652.
Acte de baptême de Michelle de juin 1652 à Maillé (85), dernière fille de Noël
Je ne connais pas la profession exercée par Noël durant sa vie.
Noël meurt avant 1667 dans la force de l’âge …

Noël BOUTIN est né vers 1600, en périphérie de Fontenay. Ses parents me sont actuellement inconnus. Je lui connais une sœur, Catherine (vers 1609-1669), aussi mon aïeule avec son époux Mathurin MOTET.
Meunier de profession et marié vers 1625 avec Jeanne DEBOUTE, jeune fille d’une vingtaine d’années.
Jeanne donne au moins cinq enfants à Noël : Jacques, Nicolas, qui sera sergent royal, Jeanne née vers 1636, Pierre né vers 1639, mon aïeul, et enfin Jean qui sera farinier à Puy de Serre.
Noël et Jeanne meurent avant le 8 avril 1670, date du contrat de mariage de leur fils Pierre.
Extrait du contrat de mariage de Pierre, fils de Noël, d'avril 1670 chez Me FEVRE à Fontenay (85)


Noël BESSONNET est né vers 1605, vraisemblablement sur la paroisse de Coëx. Il est mon seul aïeul paternel à porter le prénom de Noël. Ses ascendants me sont inconnus.
Marié avec Mathurine GRONDIN aux débuts des années 1630, je connais deux filles nées du couple, Anne alias Jeanne, mon ancêtre et Jeanne, nées respectivement en 1635 et 1639 à Coëx.
La profession de Noël m’est inconnue.
Noël meurt deux jours après le noël 1655 à environ 50 ans, après avoir assisté au mariage de sa fille Anne l’année précédente. Sa veuve meurt le 30 mai 1669 à environ 60 ans. 
Acte de sépulture de Noël BESSONNET en décembre 1655 à Coëx (85)


Noël BABIN est né vers 1611 sans doute dans le marais poitevin. Ses parents et son épouse me sont inconnus à l’heure actuelle.
A une certaine époque, je l’ai confondu avec son homonyme contemporain vivant sur la ville voisine de Niort, avant de m’apercevoir de l’homonymie.
J’ai retrouvé deux enfants de Noël, Laurence et Louis, mon ancêtre. Les deux se sont unis sur la paroisse de Coulon, Laurence en 1663 et Louis en 1670.
Je retrouve Noël que lors de son inhumation dans le petit cimetière de Coulon le 8 février 1686 à l’âge de 75 ans.
Acte de sépulture de Noël BABIN en février 1686 à Coulon (79)


Et ce dernier billet, me donne aussi l'occasion de vous souhaiter à tous, mes fidèles lecteurs, 
de très joyeuses fêtes de fin d'année !!!

vendredi 22 juin 2018

Louis PONTOISEAU, une vie simple et courte

Voici deux mois que je n'ai rien écrit sur mon blog mais le généathème de juin proposé par Sophie BOUDAREL, m'a titillé ...



J'ai donc lancé le générateur de sosa, avec une condition, le choix d'un ancêtre de la 6ème ou 7ème génération. Et, j'ai fait l'annonce via Twitter du résultat il y a quelques jours.



C'est donc mon sosa agnatique numéro 64 qui a été généré.

Ce dernier étant Louis PONTOISEAU, mon agnat à la 7ème génération.

Je vais vous présenter ici la vie de Louis de façon chronologique, en commençant quelques mois avant sa naissance avec le mariage de ses parents et une présentation succincte de son environnement familial.
Tous les événements se sont déroulés sur la paroisse puis commune de Challans en Vendée, sauf mention contraire.

Challans et les lieux de vie de Louis sur la carte de Cassini

1784

Le mercredi 10 novembre 1784, en l’église de Challans a lieu le mariage de :
Louis PONTOISEAU, 20 ans, deuxième du nom, natif de la paroisse voisine de Soullans mais vivant dans la métairie des Hommeaux (Hommaux sur Cassini et Ommeaux sur le cadastre de 1832) de Challans depuis plus de 15 ans, fils de Louis, 47 ans, le patriarche, premier du nom, métayer aux Hommeaux depuis 1769 (année où il est venu aider son beau-père, Jean ROBION (1716-1772), dans ladite métairie que ce dernier exploitait depuis 1755 environ), et de Louise ROBION, 36 ans,
et de Marie Rose Louise HUGUET, 25 ans, fille de Pierre, 51 ans dans quelques jours, métayer dans le village de Logerie (Lorgerie sur Cassini et L'Orgerie sur le cadastre de 1832) sur ladite paroisse et de Louise MONNERON, 43 ans.
Les témoins de l’union sont les deux pères ainsi que le cousin germain de la mère de Louis, André ROBION (né en 1756), 28 ans de Soullans, et l’oncle maternel de Marie, Jean MONNERON (1745-1820), 39 ans de Challans.
Aucun membre de la famille présent ne sait signer.



Ils sont tous les deux ainés de leur fratrie ;
• Louis, malgré la présence de 10 enfants dans sa fratrie, n’a plus qu’une sœur, Louise (1766-1826), de deux ans sa cadette, qui d’ailleurs se marie ce dit jour avec Jacques PEIGNE (1751-1805), et deux frères, Jean (1767-1828) et Jacques (1773-1829) qui travaillent aussi à la métairie des Hommeaux avec le patriarche.
• Marie, quant à elle, n’a pas moins de 7 petits frères et 1 sœur. Le dernier de sa fratrie n’a qu’un an !

1785

Louis est né le lundi 10 octobre 1785. Il est baptisé le même jour et comme il est de coutume, son parrain est son aïeul paternel, Louis PONTOISEAU et sa marraine, son aïeule maternelle  Louise MONNERON. Il est le troisième du nom.



Il est vraisemblable qu’il soit né à la métairie des Hommeaux.

Métairie des Hommeaux avec les parcelles en dépendant sur le plan cadastral de 1832
Tout comme ses parents, il est l’aîné de sa fratrie.

1786

Jean, son frère, voit le jour le samedi 16 décembre 1786. Contrairement à son frère aîné, la mention de lieu est faite sur son acte de baptême, il est né aux Hommeaux (il est le seul membre de la famille pour lequel je n'ai aucun devenir ... ).

1787
Louise RAFIN veuve ROBION, l’arrière-grand-mère de Louis, meurt le jeudi 10 mai 1787 à l'âge de 69 ans à la métairie des Hommeaux. Elle est inhumée le lendemain en présence de son gendre Louis et de son petit-fils par alliance Jacques PEIGNE.



1788

François est né le mercredi 27 août 1788, il est le second frère de Louis.

1790

Marie, sa soeur, quant à elle, est née le jeudi 23 décembre 1790.

1792

Louise ROBION, sa grand-mère paternelle, meurt le vendredi 16 mars 1792 à l'âge de 43 ans.
Le lendemain son oncle Jean et son oncle par alliance Jacques PEIGNE sont présents entre autres à l'inhumation.



Sa sœur Marie décède le vendredi 27 juillet 1792 à l'âge de 19 mois.

1793 et 1794, le secteur connait les troubles vendéens, sans aucun doute, la famille PONTOISEAU fut de près ou de loin touchée par ce que l’on appelle « guerre de Vendée ». Cette période coïncide avec l’arrivée de Louis dans l’âge dite de raison. Il a sans doute gardé en mémoire cette période.

1794

Le vendredi 7 novembre 1794 (17 brumaire an III) est décédé Louis PONTOISEAU, son grand-père paternel, à l'âge de 57 ans. Son père et son oncle, Louis et Jean font la déclaration à la mairie en mentionnant un âge d’environ 60 ans.



Après la disparition du patriarche, les frères PONTOISEAU continuent l’exploitation de la métairie.

1795

Marie, sa soeur, naît le jeudi 15 janvier 1795 (26 nivôse an III).

Louis, son père, meurt le samedi 14 mars 1795 (24 ventôse an III) à la métairie  des Hommeaux à l'âge de 31 ans.
Ses oncles François HUGUET, et Jean PONTOISEAU déclarent le décès à la mairie de Challans, et le disent âgé d’environ 40 ans !



Après son veuvage, Marie reste avec ses enfants, dont la dernière n’a que 2 mois, dans la communauté familiale PONTOISEAU, aux Hommeaux, dirigée maintenant par Jean, l’oncle de Louis (Jean est marié depuis 8 ans avec Françoise CHAUVET (1768-1823)).

Louis qui approche de ses 10 ans, a dû être très affecté par les disparitions successives de son grand père et père …
(cette situation se renouvellera de façon quasi identique dans la famille PONTOIZEAU 80 ans plus tard).

1796

François, son frère, meurt le jeudi 1er septembre 1796 (15 fructidor an IV) à l'âge de 8 ans.
Son décès est déclaré par le chef de famille, son oncle Jean.

1799

Le mardi 29 janvier 1799 (10 pluviôse an VII), a lieu l’union de François CHATELLIER, âgé d’environ 47 ans et veuf de Marie GUIGNARD avec Marie Rose Louise HUGUET, la mère de Louis, qui aura 40 ans dans quelques jours et qui vit toujours aux Hommeaux.
Les témoins de Marie sont : son père, Pierre,  65 ans toujours laboureur à Logerie et son frère Jacques (1764-1808) journalier.
Ce même jour, Jacques PONTOISEAU, le dernier oncle de Louis, épouse Rose BONNIN (1774-1825), jeune fille de la métairie voisine des Hommeaux, la Bouchardière.

Malgré le remariage de sa mère et son départ, Louis reste dans la communauté familiale PONTOISEAU à la métairie des Hommeaux, il a alors 13 ans.

1800

Pierre CHATELLIER, son frère utérin, naît le dimanche 2 février 1800 (13 pluviôse an VIII) à la ferme du Rochin sur la paroisse voisine de Soullans. Sa mère a alors près de 41 ans.

1803

Le lundi 20 juin 1803 (1er messidor an XI), décès de François CHATELLIER, le beau-père, à la métairie de la Motte Fouquerand, non loin des Hommeaux.

Après ce décès, sa mère et ses jeunes frère et sœur, Pierre 3 ans et Marie 8 ans, retrouvent Louis, qui est devenu le chef de famille malgré son jeune âge, pas encore 18 ans. Sa famille maternelle, les HUGUET, à commencer par le patriarche, son grand père, a dû être là pour l'épauler.

1805

C’est vraisemblablement cette année-là, que Louis et sa famille s’installent à la Proutière, où il est journalier et sa mère journalière.
La Proutière (Protière sur Cassini) est la métairie d’un logis du même nom (aujourd’hui ne subsiste que quelques éléments de cet ensemble rural dans une zone devenue urbaine).

La Proutière sur le plan cadastral de 1832

1806

Louis fait parti de la liste des conscrits vendéens de l’année 1806. Il est le 151ème conscrit du département et de l'arrondissement des Sables d'Olonne, 55ème du canton de Challans et le 30ème de la commune et on y apprend alors qu’il mesure 1.666m et se dit laboureur.


Extrait du registre de conscription de l'année 1806
Mais il est peu probable qu’il fut incorporé au vue de sa situation familiale, fils aîné de veuve et donc soutien de famille.

D’ailleurs, quelques mois plus tard, Louis, alors âgé de 21 ans et toujours journalier à la Proutière, épouse, le mercredi 15 octobre 1806 à Challans, Jeanne Angélique MIGNE, 20 ans, jeune fille de confiance de la métairie voisine de la Proutière, la Rémonière.
Jeanne, est native de la commune voisine, Commequiers, elle est la fille de défunt André (1747-1788) et de feu Jeanne FUSILLER (1753-1806), cette dernière étant décédée depuis le mois de mai de cette dite année. Autorisée par son cousin germain et curateur aux causes, François MIGNE, 34 ans, cabaretier dans le village de la Bloire de Challans.

Les témoins de Louis sont :

  • son grand père maternel, Pierre, âgé de 73 ans,
  • et son oncle maternel François (1767-1847), âgé de 39 ans.

Ceux de Jeanne sont :

  • son oncle paternel, Etienne (1745-1820), 61 ans de Commequiers (ce dernier y exploite la métairie de la Vrisaugnière, que la famille MIGNE exploite depuis au moins 2 générations),
  • et son cousin germain, Charles Etienne, 24 ans, fils du précédent, vivant au même lieu.

Louis et les autres membres présents ne savent signer.

acte de mariage religieux de Louis et Jeanne

1807

À la Proutière, naît Jeanne Angélique, sa première fille, le samedi 1er août 1807.

1809

Au début de cette année, Louis et sa famille (y compris sa mère, qui aura 50 ans dans l’année), s’installent dans le petit village des Plantes, qui ne compte qu’une poignée de maisons.

Village des Plantes sur le plan cadastral de 1832

Ils prennent possession de la maison laissée vacante après le décès de l’oncle Jacques HUGUET en décembre 1808, à l’âge de 44 ans. C'est la seule maison isolée du village, toutes les autres sont mitoyennes (à droite du village sur le plan cadastral).

C’est dans cette maison, aux Plantes, que voit le jour Louis, son premier fils (le quatrième du nom et mon sosa 32), le samedi 15 juillet 1809.

Acte de baptême de Louis, le 4ème du nom

1810

À Logerie est décédé Pierre HUGUET, son grand-père maternel, le dimanche 7 octobre 1810 à l'âge de 76 ans.

1811

Le mardi 1er janvier 1811 est décédée Jeanne Angélique, sa fille, aux Plantes à l'âge de 3 ans.

Au même lieu, est née Gabrielle Marie, sa seconde fille, le vendredi 19 juillet 1811 (elle décédera à la Proutière 1 jour avant ses 25 ans)

1812

Cette année-là, après les décès successifs de son grand père maternel et de son oncle maternel Pierre « le jeune » (1773-1812) (pour le différencier de son frère du même prénom né 2 ans plus tôt), Louis installe sa famille à Logerie, vraisemblablement dans la métairie délaissée par lesdits HUGUET car dorénavant il est dit laboureur et non plus journalier (je ne sais pas encore précisément de quelle métairie il s'agit). Louis a alors 27 ans.

1814

Jean-Baptiste, son second fils, naît le lundi 21 février 1814 (il décédera célibataire en mai 1840, journalier à la Proutière à l’âge de 26 ans).

1815

À La Romangerie meurt Louise MONNERON, la grand-mère maternelle de Louis, le vendredi 10 février 1815 à l'âge de 73 ans chez son dernier fils André HUGUET (1783-1830)
Ce dernier s'est marié un mois après Louis, en 1806, avec une très lointaine cousine Catherine PONTOIZEAU (1789-1827).

1816

Marie-Anne surnommée Mariette, sa troisième fille, naît le mercredi 16 octobre 1816 (mariée à 33 ans, veuve à 37, elle meurt à 43 ans).

1820

Le lundi 13 mars 1820 voit le jour Marie-Rose, sa quatrième fille.

Le samedi 16 septembre 1820, Marie Rose Louise HUGUET, sa mère, décède à Logerie à l'âge de 61 ans. Elle est inhumée le lendemain.

acte de sépulture de Marie
Après le décès de cette dernière, Louis part quelques temps s'installer dans le village de la Bloire (la petite et la grande Bleire (sic) sur Cassini), qui porte le nom du ruisseau le traversant, l’Abloire. Ce village est connu depuis un certain nombre d’années pour ses tuileries, et de nombreuses familles (d’ailleurs d’autres familles de PONTOIZEAU, dont une descendante religieuse, Marie, œuvrera à l’édification d’une chapelle dans le village en 1857) y vivent de cette activité (un livre sur l’histoire de ce village a été écrit il y a une dizaine d’années par un généalogiste, Alain JOUANNEAU).
Louis y devient donc ouvrier tuilier, il a alors 35 ans.



1822

Le mercredi 20 février 1822 naît Augustin dit simplement Auguste, son troisième fils, audit village de La Bloire (il y meurt le 10 mai 1826 à l’âge de 4 ans).

1823

Louis revient pour une raison inconnue à Logerie pendant quelques mois, où il est de nouveau journalier.

Le mercredi 5 février 1823, il est le témoin de son frère utérin Pierre CHATELLIER, alors âgé de 22 ans, qui se marie sur la commune voisine de Soullans avec Françoise GUILLONNEAU (1804-1865).

Deux jours plus tard, Marie-Rose, sa fille, meurt à l'âge de 2 ans.

1824

Cette année-là, Louis réinstalle sa famille à la Bloire et redevient tuilier (il doit louer une maison dans le village mais je ne sais pas encore précisément où).

1825

C’est donc à la Bloire que voit le jour François Louis, son quatrième fils, le lundi 21 mars 1825 (marié en 1853, il fait souche sur les Sables d’Olonne où il meurt en 1882. Deux fils migreront sur la Rochelle et Rochefort, en Charente-Maritime au début du 20ème siècle comme ouvriers sur des chantiers navals).

Malheureusement, peu de temps après, Louis meurt le vendredi 27 mai 1825 à l'âge de 39 ans.
Son frère utérin Pierre et son oncle François HUGUET déclarent son décès.



Louis ne possédait aucun bien pouvant nécessiter une déclaration de succession, le maire de Challans fait donc un certificat d’indigence pour l’administration le 1er mai de l’année suivante…

Extrait de la table de déclaration de succession

La situation que Louis avait connu enfant se renouvelle, laissant Jeanne, sa veuve et son fils aîné Louis, le quatrième du nom, qui n’a pas encore 16 ans, subvenir aux besoins de la famille.
Ils ont vraisemblablement pu compter sur la famille HUGUET, puisque Louis épousera 5 ans plus tard, Marie Marie-Anne HUGUET (1806-1842) une cousine germaine de son père !

Louis, le quatrième, sera un battant et malgré des débuts difficiles il arrivera à devenir comme son aïeul Louis, le premier, un patriarche à la tête d’une communauté familiale exploitant une métairie pendant de nombreuses années (voir mon billet sur la société agricole PONTOIZEAU) avant que les décès successifs ne ruinent de nouveau l’élan familial …

Simple et courte ainsi fut donc la vie de mon agnat 64, 
Louis PONTOISEAU (1785-1825)
tel que j’ai pu la retracer avec les éléments en ma possession actuellement.