mercredi 8 avril 2020

Fin de vie d'une nonagénaire

Jusqu’au décès de ma grand-mère paternelle, Léonide DUPOND veuve PONTOIZEAU, en juillet 2004 à l’âge de 99 ans, sa propre grand-mère paternelle, Marie-Rose BURGAUD veuve DUPOND, était l’aïeule de mon ascendance à avoir vécu le plus longtemps. En effet, Marie-Rose est décédée dans sa 96ème année en 1939.

Ce billet relate la fin de vie de Marie-Rose.

Marie-Rose dans les années 1930 - archives familiales - 


1936


Marie-Rose, 92 ans, vit depuis quelques temps chez son fils aîné Alexandre, 68 ans ancien maçon, et son épouse Marie-Rose MOREAU, 57 ans, dans leur maison du village dit du Moulin Rouge, sur la commune de Notre Dame de Riez en Vendée. Mère et fils font partie de la liste des « vieillards, infirmes et incurables » (loi du 14 juillet 1905) assistés par la municipalité via le bureau de bienfaisance. Marie-Rose est entré dans ladite liste dès 1913 suite à son veuvage et sur décision du conseil municipal du 16 février, et son fils plus récemment. Cette assistance consiste en une pension mensuelle, Marie-Rose la touche à taux plein, soit 50 francs (37,83 euros d’aujourd’hui), Alexandre quant à lui ne perçoit que 30 francs.

Source : Recensement de population de Notre Dame de Riez - 1936 - 

1938


Alexandre qui a eu 70 ans en avril, est tombé malade, et le 9 octobre, il fait une demande à la municipalité pour avoir « l’assistance médicale gratuite » (loi du 15 juillet 1893) afin d’avoir accès aux soins que nécessite sa maladie, une « prostatite ». 

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

Malheureusement, Alexandre meurt le 15 décembre avant que le conseil municipal n’ai pu se prononcer sur sa demande. Mais lors de la session dudit conseil le 22, l’accord est donné pour cette aide, je suppose donc que les frais médicaux furent pris en charge.

Marie-Rose alors âgé de 95 ans (une semaine avant le décès de son fils), sans doute déjà très affaiblie par son grand âge, doit affronter un deuil bien particulier.

Dès lors, elle quitte la maison de son fils, pour s’installer dans son ancien domicile, la maison que son mari avait fait bâtir en 1895, sise au lieu dit les Acacias, quartier du fief du Moulin, à quelques centaines de mètres du Moulin rouge, le long de la voie ferrée. Marie-Rose est prise en charge par son petit-fils Emile BONHOMMEAU, menuisier, et sa jeune épouse Angélina BARBREAU, âgés respectivement de 31 et 27 ans, parent d’une petite Emilienne de 10 ans. 

Maison des Acacias à la fin des années 1990 - photo personnelle - 

1939


Emile devant l’état de sa grand-mère fait, tout d’abord le 17 janvier, une demande d’assistance médicale gratuite pour des soins à domicile. Puis, après une visite de Dr POTEL le 28, sans doute alors que l'état de son aïeule s’aggrave, une nouvelle demande est faite le lendemain cette fois-ci pour une majoration spéciale de son assistance aux vieillards. Cette seconde demande, accompagnée du certificat médical, notifie une paraplégie nécessitant un alitement continuel et l’aide d’une tierce personne pour les soins, et les revenus de Marie-Rose, n’étant que d’un montant total de 90 francs, incluant son assistance mensuelle de 50 francs, ne peuvent suffire aux soins nécessaires. Le conseil municipal dans sa session du 26 février donne un avis favorable aux deux demandes d’Emile.

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

De mémoire familiale, Marie-Rose était surnommée « mémé Seigneur » de par sa piété religieuse. Ses prières journalières devaient l’aider à supporter son grand âge et son handicap. Surtout que la vie ne l’épargne pas pour autant.

En effet, sur cette même période, elle apprend que son autre fils, Louis, mon arrière-grand-père, âgé de 68 ans, vivant tout près, dans sa bourrine de la Croix Blanche, vient d’être hospitalisé en urgences à l’hôpital départemental de la Roche sur Yon (à environ 42 kilomètres) pour « une maladie cérébrale », vraisemblablement un accident vasculaire cérébral. Son épouse Eulalie BIRON, fait aussitôt une demande à la municipalité, le 23 février, d’une assistance médicale gratuite pour son époux, déjà sur la liste des vieillards assistés depuis 1931, pour les frais engendrés par cette hospitalisation.

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

Marie-Rose, après toutes ces épreuves et souffrances en fin de vie, s’éteint au cœur du printemps, le 30 mai en fin d'après midi.
Elle est inhumée près de son mari et très proche de son fils.

Louis les rejoint en 1942, suivi en 1943 par Marie, une des filles de Marie-Rose.

Aujourd’hui, dans le petit cimetière de Notre Dame de Riez, ils sont tous proches, Marie-Rose et ses enfants, petits-enfants et même son arrière-petite-fille Emilienne depuis juin dernier …




lundi 9 mars 2020

Objet ancestral et empreinte visuelle

Pour le généathème de mars, Sophie BOUDAREL nous propose de parler de l'histoire et de la transmission d'un objet de famille.

J'ai assez rapidement pensé à un modeste meuble que beaucoup d'entre vous ont déjà vu sans s'en rendre compte. En effet, ce meuble est un buffet sur lequel est exposé quelques photos de famille et cet ensemble est l'empreinte visuelle de "De Moi à la Généalogie" via mon bandeau de blog, de ma page généalogique Facebook et de mon profil Twitter.


Histoire de ce buffet

Ce meuble est l'un des cadeaux de mariage de mes grands parents paternels, Marcel (1900-1971) et Léonide (1905-2004), unis en mai 1923 sur la commune natale de la mariée, Notre-Dame de Riez en Vendée. 
De qui est venu ce présent ? si je l'ai su, aujourd'hui je serais incapable de vous le dire malheureusement.
Ce meuble se compose de deux parties : 
  • partie haute, un petit vaisselier,
  • partie basse, un buffet à deux portes et deux tiroirs.

Toute leur vie, mes grands parents ont gardés ce meuble. Au gré de leurs nombreux déménagements, dont le premier, le départ de leur Vendée natale à l’automne 1927 pour la Charente, avec l’espoir d’une vie meilleure.

Dans mon enfance, j’ai toujours connu ce meuble au même endroit de la pièce de vie de ma grand-mère Léonide (mon grand-père étant décédé avant ma naissance). 
A l’époque, sur ce meuble se trouvait, entre autre, la boite métallique de couture de ma grand-mère, un poste de radio des années 60 et un moulin à café Peugeot. Sur le vaisselier, un petit chalet en bois, avec un thermomètre et un baromètre, qui voit sortir un homme ou une femme selon la météo, mais aussi un Christ sur sa croix, cette dernière parée d’un chapelet.

 Le buffet chez ma grand-mère en mars 2004 lors son 99ème et dernier anniversaire.

Transmission

Dans mon adolescence, ma grand-mère (nous avions 70 ans d'écart) me déclara vouloir me léguer la plus grande partie de ses meubles, puisque mes six sœurs aînées avaient déjà été "dotées".

De nombreuses années plus tard, après le décès de ma grand-mère, j'ai récupéré ce meuble et me décida à ne me servir que de la partie basse, le buffet, et de lui redonner un coup de jeune. Ma grand-mère le cirait régulièrement mais sans jamais le poncer, ce qui avait fini par lui donner une teinte très foncée. Après un nettoyage, un ponçage et un petit coup de cire de protection, il était prêt à vivre encore de nombreuses années chez moi.



De par son histoire, il était l'objet idéal pour me servir de support d'exposition de portraits et photos de famille, et surtout être partie prégnante de l'empreinte visuelle de ma passion.

Objets en vrac

Je viens de vous parler de cet objet de famille mais j'ai aussi récupéré au fil des années divers autres objets, des plus petits, dont la montre à gousset et l'alliance de mon grand-père paternel dont j'ai déjà parlé sur Twitter lors du #Généalogie30 de juin 2018.



Des objets plus volumineux et encombrants, même lourds, comme le moulin à venter de mon grand-oncle maternel, Armand BOUCHET (1910-1991) récupéré quelques années après sa disparition, ou encore le pressoir à raisins de mon père, récupéré en 2016 après son décès. 

moulin à venter en l'état actuel

en arrière plan le moulin à venter
et au premier plan partie haute du pressoir
pressoir fonctionnel, photo extraite d'une vidéo familiale de 1999

Ces objets hors du temps "reposent", avec de nombreux autres, dans une dépendance de ma maison, qui est devenue un vrai capharnaüm, et sont loin d'être actuellement mis en valeur par manque de place.

mon capharnaüm en 2017


mardi 3 mars 2020

Chroniques des maisons ancestrales

Il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, j'annonçais que par l'avancement de mon projet "maisons ancestrales" (lire ici la genèse de ce projet) j’espérais pouvoir éditer un premier tome des chroniques de ces maisons ancestrales au cours de l'été prochain.


Cette édition se fera en très peu d'exemplaires et n'a pas pour but d'être largement diffusée.

Voulant tout de même partager avec vous, je vous dévoile ci dessous l'introduction (non définitive) de ce premier tome, suivie d'un résumé des chroniques contenues dans ce tome.
"Après de nombreuses années de passion pour la généalogie, donc de nombreuses années de recherches et de collectes d’informations sur mes ancêtres, puis sur leurs lieux de vie, j’ai eu l’envie, et le besoin, de consigner ces informations dans un écrit.
Dans cet écrit, je relate mon histoire ancestrale par le biais des chroniques des habitations. J’entends chronique des habitations ancestrales comme l’histoire commune de mes ancêtres avec leur maison, car comme le dit si bien Thierry SABOT, auteur de la collection THEMA : la maison est à la fois cellule de vie, unité de production, et signe d’inégalité sociale.
Devant l’ampleur de la tâche, je me suis contraint à une période récente qui englobe les 19ème et 20ème siècles. Cette contrainte temporelle est toutefois bonifiée par le grand nombre et la richesse des archives de cette période. 
Durant la période précitée, le nombre d’habitations ancestrales étant déjà très important, je me donne l’opportunité d’étaler mes écrits sur plusieurs tomes. 
Dans ce premier tome, j’ai rédigé la chronique de chacune des habitations dont mes ancêtres furent propriétaire dans la seconde moitié du 19ème siècle. Cela pouvait donc s’agir de propriétés ancestrales plus anciennes mais dont mes aïeux étaient encore propriétaire durant la période susdite.
Les habitations ancestrales plus anciennes, celles de la première moitié du 19ème siècle, ou plus récentes, celles du 20ème siècle, ainsi que les logements loués (métairies, borderies ou autres), feront l’objet de tomes ultérieurs.
Dans cette seconde moitié du 19ème siècle, les habitations ancestrales sont au nombre de 32. Ces habitations sont réparties sur 14 communes de l’époque, sur le département de la Vendée."



Sur la commune de Benet
Dans le village de Nessier, les maisons situées rue de la Fontaine, maisons à l’origine de la partie sud du village. Construites par plusieurs huttiers (1) dans les années 1780 dans le marais de Benet. Mes ancêtres, parmi ceux-là, y vécurent de ces années-là jusqu'en 1903. A l’heure actuelle, des cousins éloignés y vivent encore.

Non loin de là, près de Gorge Bataille, la partie nord à l'origine du village de Nessier, la cabane (2) de la Loge, qui a appartenu à mes ancêtres jusqu’en 1872, et qui était déjà occupée par eux à la fin du 18ème siècle. Elle sera détruite en 1885.

Un peu plus loin, près du village de Banzay, la maison du Pré Paradis construite en 1858 par un ancêtre sur une parcelle acquise peu avant. Elle fut propriété ancestrale jusqu’à une donation en 1888.

Près de là, la maison de la Meugne, construite vraisemblablement au début des années 1800, devient propriété ancestrale en 1817. Mon dernier ancêtre à y avoir vécu, y meurt en 1866.

Sur la commune de Sainte Christine
Dans le village actuel de la Garenne, qui à l’époque de la construction ne se nommait que le bois du Breuil, une maison bâtie en 1844. La dernière aïeule la quitte vers 1874 et elle est transmise à un collatéral qui la vend peu après.

La maison et le moulin dit de Volette, propriétés dès 1803, seront vendus en 1855. Le moulin sera détruit une douzaine d’années plus tard.

Sur la commune de Saint Sigismond
Sur le bord du canal de la vieille Autise, créé en 1833, la maison des Bourgnons fut construite en 1870, et restera dans la famille jusqu’en 1935, mais était louée les 20 dernières années.


Sur la commune de Damvix
Dans le bourg, deux maisons feront l’objet d’une chronique. Ces deux maisons propriétés depuis le 18ème siècle le resteront jusqu’au milieu des années 1850. L’une sera vendue et l’autre donnée à un collatéral.

Sur la Sèvre, une maison, bâtie sur une parcelle acquise en 1864, qui n’eut sans doute pas le temps d’être habitée par mes ancêtres car vendue à peine finie en 1868.

Plus loin, aux cabanes du marais Lussaud, toujours sur la Sèvre, la maison sise actuellement rue des petites cabanes construite en 1855 et vendue en 1903.

Sur la commune de Liez
Dans le bourg, sise rue basse, la propriété, divisée en deux avant d’être de nouveau une seule entité, fut acquise dans la dernière décennie du 18ème siècle et sera vendue près d’un siècle plus tard en 1885 à un collatéral.

Dans le village du Courtiou, la maison acquise en 1803, sera vendue en fin d’année 1880, et détruite dans la décennie.

Dans le village des Plantes, à l’écart, mes ancêtres achètent tardivement une maison, en 1838, transmise après décès en 1865 à une collatérale.

Sur la commune de Saint Pierre le Vieux
Dans le village de la Porte de l’Ile, une petite maison acquise tardivement sous seing privé en 1878 et revendue dès 1889.

Sur la commune de Mervent
Dans le village de la Jamonière, tout d’abord une borderie (3) acquise en copropriété par un ancêtre et son frère dès la première décennie du 19ème siècle, ledit frère la vend en viager à mon ancêtre peu après, puis transmise par testament en 1830 et officiellement habitée par mes ancêtres seulement en 1834. Transmise ensuite par donation, et mon dernier aïeul, à y avoir vécu, décède en 1870. Une trentaine d’année plus tard, elle est vendue.

Dans ledit village, une autre maison fut construite en 1864 sur un terrain hérité, la maison sera vendue en 1901.

  • un billet fut consacré à cette maison lors du challengeAZ 2018 : C comme Champs

Dans le village de la Chopinière, une maison acquise en 1842 par un père et son fils, et sera transmise de façon collatérale après 1889.

Dans le village de la Gajonnière, une borderie acquise en 1798 et transmise à des collatéraux en 1852.

Sur la commune du Simon la Vineuse
Sur l’ancienne commune de la Vineuse, rattachée en 1828 au Simon pour devenir le Simon la Vineuse, au lieu-dit la Crulière, deux maisons qui en n’étaient qu’une à l’origine (achat de 1785), entrent dans les biens ancestraux de façon collatérale en 1815 et par le biais d’un achat en 1843. L’une, quoique bien collatéral dès 1848 y accueille une ancêtre jusqu’en 1861. Elle sera vendue ensuite en 1881. L’autre restera maison ancestrale jusqu’en 1889.

Sur la commune de la Réorthe
Dans le village de la Forêt, deux maisons ancestrales depuis le 18ème siècle qui se sont transmises de partage en donation jusqu’en 1883, puis de façon collatérale. Abandonnées en 1906, elle fut détruite vers 1909.

Sur la commune de Notre Dame de Riez
Dans le secteur nommé la Bloire, maison dite de la Triée, acquise avec son moulin, dit le grand moulin (renommé le moulin rouge après la guerre de Vendée), dans les années 1760. Le moulin est transmis à un collatéral lors d’un partage en 1798. Maison transmise et partagée, la dernière aïeule a y décédée, meurt en 1859. Transmise ensuite de façon collatérale, mon arrière-grand-père, y fut, chez son grand-oncle, domestique jusqu’au décès de ce dernier en 1894.

Dans le secteur du Creux Jaune, la bourrine (4) ancestrale construite vers 1840 sur un terrain acquis en 1801, sera propriété jusqu’à sa destruction en 1897 et la vente du terrain l’année suivante.

Près du moulin rouge, cité plus haut, la bourrine construite vers 1844, sur un terrain acquis après un héritage collatéral, accueillera mes ancêtres jusqu’au décès de la dernière habitante en 1876. La bourrine est détruite et le terrain vendu peu après ce décès.

Près de la métairie de la Fruchette, entre le village de Port Neuf et celui des Boucheries, la bourrine acquise dans les derniers jours de l’année 1871, sera vendue en ruine une douzaine d’années plus tard.

Au lieu-dit les Acacias, sur une parcelle échangée lors d’un héritage collatéral, la maison est construite en 1895. Devenue bien collatéral en 1925, elle héberge néanmoins une aïeule jusqu'en 1939.

Sur la commune de Commequiers
Au lieu-dit la Tonnelle, la maison construite en 1797 sur un terrain acquis en 1791, restera en partie propriété ancestrale jusqu’en 1913, avant de l’être de façon collatéral jusqu’à la fin des années 1950.

Sur la commune du Perrier
Au lieu-dit de la Chaussée du moulin, la maison de la Chaussée, propriété familiale depuis 1742, est transmise par partage et donation au début du 19ème siècle, et perd son moulin transmis à un collatéral puis vendu. Elle sera divisée lors de partage et vente, et finie par être entièrement vendue en 1857.

Sur la commune de Saint Hilaire de Riez
Près de la métairie de la petite Martinière, le moulin et sa maison sont propriétés ancestrale depuis 1773. La maison est transmise de façon collatérale, et vendue en 1821, et le moulin en copropriété. Non loin, une nouvelle maison est construite vers 1792. Cette dernière sera en partie bien ancestral jusqu’en 1853, alors que le moulin fut vendu en 1836 et détruit peu après. La maison fut ensuite bien collatéral jusqu’à la première décennie du 20ème siècle, tout en étant loué depuis 1898.

Sur la commune de Saint Jean de Monts
Dans le village d’Orouët, au pré la Poëlière, la maison est bâtie dans les années 1790 sur un terrain acquis en 1784. Après un partage, la maison reste bien ancestral et collatéral jusqu’en 1872. Mais en partie louée dès la fin des années 1850. 



(1) Huttier : cultivateur qui exploite et vit dans une hutte, ferme typique du marais poitevin.
(2) Cabane : ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un cabanier.
(3) Borderie : petite métairie, avec une notion de surface labourable inférieure.
(4) Bourrine : habitation avec murs en terre et couverte de bourrées d’herbes aquatiques ou roseaux, habitation typique du marais breton.

samedi 15 février 2020

J'ai 45 ans et mes trisaïeux aussi !

Au printemps 2016, j'avais eu l'idée, quelques mois après mon anniversaire, de vous exposer un instantané de la vie de mes aïeux au même âge que le mien. Cet instantané décrit en quelques lignes la vie de mes ascendants, de mon père à mes arrières grand-pères, lors de leur 41 ans et 3 mois.

Aujourd'hui, pour mes 45 ans, je réitère l'exercice, mais cette fois-ci avec mes trisaïeux, mes ancêtres de sexe masculin à la 5ème génération.

Sur huit trisaïeux, seuls six ont atteint leur 45 ans. 
MAJOU Louis, sosa 26, n'a vécu que 25 années (1863-1888) et POUVREAU François, sosa 28, s'est éteint à l'âge de 41 ans (1840-1881).

Vous allez donc pouvoir découvrir, à un instant T, six vies uniques, et bien sûr différentes, six vies vendéennes entre 1871 et 1910.

Répartition géographique de mes trisaïeux lors de leur 45 ans

Les 45 ans de mes trisaïeux.


PONTOIZEAU Jean « Baptiste » Louis, sosa 16 : 45 ans le samedi 3 février 1877

Natif de la commune de Challans, Baptiste est un homme de 1.66m, boiteux, métayer en communauté familiale. Cette communauté est composée, depuis le décès du patriarche en septembre 1874, de Baptiste et de son épouse Rose MARTINEAU (1831-1881) ainsi que son beau-frère, Louis PEROCHAUD (1842-1898), et sa sœur cadette, Henriette PONTOIZEAU (1842-1880), et leurs enfants. 



La famille exploite, depuis près de 20 ans, la métairie du Caillou blanc dans le village des Chênes de Challans, appartenant et construite par la famille IGNARD. La surface d’exploitation de ladite métairie est de 53 hectares avec un cheptel (bœufs, vaches, veaux et génisses) d’une valeur d'environ 2000 francs (dont 500 francs au propriétaire). Le prix du fermage est de 1000 francs annuel.



Marié depuis 1856 avec Rose, leurs cinq enfants, Jean 19 ans, Augustin 16 ans, Marie-Rose 14 ans, Jean 11 ans, mon AGP et François 8 ans, vivent encore tous dans la communauté.
Peu de temps avant cet anniversaire, fin janvier, Baptiste et sa famille avaient mis en terre la matriarche, Marie JOLLY, dernière épouse du patriarche et mère du beau frère PEROCHAUD
Cette année 1877, sera l’année du renouvellement du bail à ferme de la métairie.


RAFFIN François « Joseph », sosa 18 : 45 ans le lundi 19 juin 1882

Joseph, du haut de son 1.56m, est maçon, mais aussi charpentier et tonnelier selon les saisons et la demande. Il demeure à la Tonnelle sur la commune de Commequiers, sa maison natale, en périphérie du bourg. 



Il y vit avec sa troisième épouse, Henriette CAILLONNEAU (1841-1914) et leurs filles, Marie-Louise 3 ans et Marguerite 16 mois. Ses filles aînées, issues de sa première union, sont placées comme servantes, la dernière Joséphine, 16 ans, mon AGM, l'est depuis quelques mois. Joseph et son épouse auront un fils d’ici une année.
En plus de ses activités professionnelles, Joseph exploite son jardin d’environ 150m² et une vigne, pour sa consommation personnelle. Le jardin et la vigne sont mitoyens de la maison de la Tonnelle. Joseph va aussi à la chasse avec son vieux fusil.



Joseph licitera avec ses filles aînées, dès leur majorité, pour obtenir la pleine propriété de la maison familiale, dont la superficie du terrain est de 3 ares dont 35m² pour la maison. 
Cette dernière, maison basse typique, qui ne compte à l’époque qu’une pièce unique, est chichement meublée.


DUPOND André Alexis prénommé usuellement « Alexandre », sosa 20 : 45 ans le mercredi 17 mars 1886

Alexandre est un journalier, blond aux yeux bleu d’1.55m. Il vit en location depuis environ 3 ans dans un logement au Port neuf, village de la commune de Notre Dame de Riez, près des marais et non loin de la Vie. Ce logement appartient à un cousin, MILCENT Henry (1832-1909). Notre Dame de Riez est sa commune natale.



Alexandre est l’époux depuis 20 ans de Marie-Rose BURGAUD (1843-1939), et le couple a eu 8 enfants dont deux fils décédés à quelques semaines. A cette date anniversaire, les deux fils aînés dont, Louis 15 ans, mon AGP, sont déjà placés comme domestique de ferme chez des oncle et grand'oncle. Ne reste au foyer que les quatre derniers : Toussaint 10 ans, Marie 7 ans, Rosalie 4 ans et Imelda 14 mois. 



La famille avait dû quitter 3 ans plus tôt, la bourrine que les beaux-parents d'Alexandre avaient acquise à quelques centaines de mètres de là, près de la métairie de la Fruchette, pour loger sa famille au début de la décennie précédente. Le délabrement de cette dernière la rendant inhabitable, la famille l’abandonne et elle fut vendue en ruines.
Une petite quinzaine d’années plus tôt, Alexandre avait eu affaire à la justice et avait connu la prison pendant une année pour une mauvaise histoire de vol.


BIRON Jean-Louis, sosa 22 : 45 ans le jeudi 9 mars 1871

Natif de la commune de St Hilaire de Riez, Jean-Louis est un journalier d’1.60m, et souffre d’asthme. Il vit depuis son mariage, en 1853, dans la bourrine de son épouse, Marie MASSONNEAU (1833-1892), au Creux Jaune près du champ de foire de la commune de Notre Dame de Riez, à plusieurs centaines de mètres de sa maison natale, la petite Martinière. 



Sa femme est enceinte de quelques mois de leur sixième fille. Il n’y a seulement que quelques mois que leur dernière-née, Eulalie est décédée peu après ses 2 ans.  
La bourrine familiale est construite sur un terrain contenant de nombreux ajoncs (d’où son nom relatif à la couleur jaune), mais aussi quelques rangs de vignes et un jardin, pour le quotidien alimentaire de la famille.



Indigente, la famille de Jean-Louis est secourue par la charité de la commune, et ses trois filles aînées sont placées comme servante dès leurs 10 ans environ.  La dernière en date, Eglantine 11 ans, l’est depuis quelques mois seulement.
A cette date anniversaire, le foyer de Jean-Louis n’a donc qu’une seule fillette, Angèle âgée de 7 ans.


BOUCHET Louis « Henri », sosa 24 : 45 ans le lundi 9 juin 1884

Henri, homme d’1.57m, est cultivateur et marchand d’osiers, mais aussi pêcheur.
Veuf depuis 2 ans d’Alexandrine CAQUINEAU, il vit avec ses six enfants âgés de 16 à 2 ans, dont le dernier, Augustin, mon AGP, a survécu au décès de sa mère une semaine après sa naissance. 
La famille d'Henri demeure dans sa maison, en bordure de la Sèvre Niortaise aux Cabanes du marais Lussaud à Damvix.



La maison est composée de deux chambres avec grenier au dessus, une écurie, un four et un fournil, et se trouve sur un terrain d'environ 8 ares. Cette maison, construite en 1855 par ses parents, lui appartient par le biais d’une donation parentale de 1878, faite de sa mère, Louise METHAYER (1806-1884). Par ailleurs, sa mère, vit avec lui, cette dernière étant veuve depuis août 1883. 
Il est aidé dans l’éducation de ses enfants par ses beaux-parents, Jean CAQUINEAU (1810-1890) et Véronique MITTARD (1822-1892) dont son beau-père toujours éclusier, malgré son âge très avancé, aux Bourdettes à quelques centaines de mètres de chez Henri



Henri est propriétaire de nombreux pré-marais et bois, dont la grande majorité lui sont venus de la donation parentale.
Henri était le père « putatif » de la fameuse Célina qui occupa une partie de mon année généalogique 2017 !


MARTIN Jules Auguste « Alexandre », sosa 30 : 45 ans le jeudi 17 février 1910

Alexandre, châtain aux yeux « châtains » d’1.72m, vit en location rue des Tombeaux dans le bourg de Benet. Il y demeure avec son épouse, Eglantine ROYER (1865-1934), et leur fils Alexandre qui vient d’avoir 18 ans. 



Père et fils travaillent pour Eugène BOURDEAU (1870-1945) comme carrier dans les carrières de Richebonne de Benet. 



Depuis mai 1908, Alexandre par le biais d’une donation faite par sa mère, Marie JOURNOLLEAU (1839-1924), est propriétaire de la nue-propriété de la maison parentale située sur le bord de l’Autise sur la commune de St Sigismond, à environ 7.5 kms de chez lui.
Alexandre est déjà grand-père plusieurs fois par ses deux filles aînées ; Alexandrine, mon AGM, 24 ans épouse POUVREAU qui vit dans le bourg de St Sigismond (environ 8 kms) et qui a trois enfants de 6 à 2 ans, et Mélina, 23 ans épouse BOUTIER, qui vit dans le bourg de Villiers en Plaine (environ 7.5 kms), qui a deux enfants dont le second vient de naître ce 14 février !
Alexandre, « assez doux de nature » à quelques soucis avec l’alcool, puisqu’il fut condamné à 1 mois de prison avec sursis quelques années plus tôt, en 1905, par le tribunal de Niort, pour « coups et blessures » sous l’emprise de l’alcool sur plusieurs personnes dont son épouse !
Il est le seul de mes trisaïeux vivants à leur 45 ans à savoir signer ...




samedi 8 février 2020

A la recherche de la vente du moulin

Par ce billet, je vais vous conter ma mésaventure de ces derniers jours lors de la recherche de la vente du moulin à vent ancestral de la Petite Martinière, sur la commune vendéenne de St Hilaire de Riez.


Ayant en ma possession la matrice cadastrale de mon aïeul Louis BIRON (1784-1837), meunier et propriétaire dudit moulin (en copropriété avec un autre farinier, un certain LOUE), matrice cadastrale portant le n° 203, je savais que la vente s'était faite peu avant son décès. En effet, la matrice indique une transcription à l'administration (mutation) en 1838, sachant que cette transcription, sauf erreur ou omission, intervient dans un délai d'environ 18 mois à 2 ans. L'acquéreur avait le numéro de matrice n° 603.



De là, rien de plus simple, la matrice n° 603 était celle de DURY veuve PROTEAU (1), de la ville de Nantes, il ne me restait plus qu'à consulter la table des vendeurs pour retrouver l'acte notarié ayant acté cette vente.


Premier problème : une lacune de table des vendeurs entre 1830 et 1840 ...
Connaissant l'acquéreur, le problème se contourne rapidement avec la table des acquéreurs de la même période qui elle n'est pas lacunaire, mais se trouve répartie en deux tables : 1830 à 1836 et 1836 à 1840. 1836 étant bien entendue l'année approximative de la vente qui m'intéresse.


Quelques minutes de recherches, et second problème, et pas des moindres, aucune acquisition faite par la veuve PROTEAU dans ce laps de temps !

Je regarde de plus près la matrice cadastrale de la dite veuve et elle mentionne un changement de titulaire de la matrice en 1842 (toujours compter le délai de transcription mentionné plus haut). Ayant déjà vu par ailleurs que ces informations de dates ne sont pas d'une précision "suisse", je me décide donc à regarder une éventuelle acquisition faite par le successeur de la matrice, un certain de la GUIMERAIS, propriétaire de la ville de Nantes, selon la matrice.

Mais non, toujours RIEN !

Je ne désespère pas, la persévérance est de mise en généalogie.

Je prends donc l'initiative de consulter l'ensemble de deux tables, qui ne représente après tout que 200 vues environ chacune ....

Et ...

Arrivé à la lettre H de la table, je tombe sur une vente, la vente de la métairie de la petite Martinière, métairie voisine du moulin, qui appartenait aussi à ladite veuve PROTEAU. Cette vente est faite en mai 1834 pour 30 000 francs à un certain Louis René HOCHEDE de la GUIMERAIS (2) !!

Et voilà, tout s'explique, le patronyme complet de monsieur de la GUIMERAIS est HOCHEDE de la GUIMERAIS ...

Quelques minutes de recherches de plus, et je tombe sur la vente recherchée du moulin, en date du 26 octobre 1836 chez Me RENAUD ... 


Il ne me reste plus qu'à attendre ma prochaine visite aux archives départementales pour obtenir cet acte de vente. 
Peu de temps après cette vente, le moulin est détruit et Louis meurt ...

En conclusion, même lorsque l'on pense avoir toutes les informations et que la recherche va s'avérer simple, c'est sans compter sur l'approximation des informations administratives du 19ème siècle !

(1) Gabrielle Josèphe DURIS (1786-1862) avait épousé en 1814 à Nantes, Jacques François PROTEAU (1740-1824). Il était l'ancien propriétaire de la rente foncière dudit moulin. Ce couple avait plus de 46 ans d'écart d'âge !
(2) Louis René HOCHEDE de la GUIMERAIS (ou GUEMERAIS) vivait à l'Echo de Derval (44) où il meurt en 1852 à 90 ans.

samedi 21 décembre 2019

Noël, une date, des aïeux

Le 15 décembre dernier, Sophie BOUDAREL, la généalogiste et blogueuse de la Gazette des Ancêtres, propose sur Twitter de dévoiler nos aïeux prénommés Noël.



Je me suis donc mis à la recherche dans mon logiciel de généalogie de mes Noël.

Ils sont au nombre de 5, et 4 d'entre eux sont de la même génération nés aux environs de 1600. Le cinquième, grand-père de l'un des 4 autres est quant à lui né au début du troisième quart du 16ème siècle. Bien sûr, ces aïeux sont issus du territoire du Bas-Poitou.

A quelques jours de Noël, et pour mon dernier billet de l'année, j'ai donc pris la décision de vous présenter ces 5 aïeux en 100 mots chacun.


La vie de "mes" Noël


Noël MARTIN est né vers 1560, vraisemblablement sur la paroisse de Fontaines, non loin de la capitale du Bas Poitou, Fontenay le Comte. Ses parents me sont inconnus, mais je lui connais une sœur, Marie, mère de Nicolas CARDIN (peut-être un aïeul). Après le décès de sa sœur, Noël devient le curateur de Nicolas, qu’il placera en pension chez un marchand cordonnier en 1586.
Mention de Noël MARTIN dans un acte notarié de 1589 chez Me LYMONNEAU à Fontenay (85)
Fabriqueur de Fontaines et maréchal ferrant dans le bourg, il épouse vers 1590 Perrette COUAILLEAU. Le couple aura au moins trois enfants, Mathurin, Gabrielle et Marguerite, avant le décès prématuré de Noël dans les premières années du 17ème siècle.

Noël CYBARD est né vers 1615 sur la paroisse de Maillé, fils de Gabrielle MARTIN et donc petit fils du précédent. Son père, dont je ne connais pas le prénom, est le fils de Jacques CYBARD, second époux de sa grand-mère maternelle Perrette COUAILLEAU.
Marié vers 20 ans avec Michelle GODILLON, du même âge. Le couple aura au moins trois enfants qui s’unissent, Nicolas né vers 1638, Louis né vers 1645 et la dernière Michelle née en 1652.
Acte de baptême de Michelle de juin 1652 à Maillé (85), dernière fille de Noël
Je ne connais pas la profession exercée par Noël durant sa vie.
Noël meurt avant 1667 dans la force de l’âge …

Noël BOUTIN est né vers 1600, en périphérie de Fontenay. Ses parents me sont actuellement inconnus. Je lui connais une sœur, Catherine (vers 1609-1669), aussi mon aïeule avec son époux Mathurin MOTET.
Meunier de profession et marié vers 1625 avec Jeanne DEBOUTE, jeune fille d’une vingtaine d’années.
Jeanne donne au moins cinq enfants à Noël : Jacques, Nicolas, qui sera sergent royal, Jeanne née vers 1636, Pierre né vers 1639, mon aïeul, et enfin Jean qui sera farinier à Puy de Serre.
Noël et Jeanne meurent avant le 8 avril 1670, date du contrat de mariage de leur fils Pierre.
Extrait du contrat de mariage de Pierre, fils de Noël, d'avril 1670 chez Me FEVRE à Fontenay (85)


Noël BESSONNET est né vers 1605, vraisemblablement sur la paroisse de Coëx. Il est mon seul aïeul paternel à porter le prénom de Noël. Ses ascendants me sont inconnus.
Marié avec Mathurine GRONDIN aux débuts des années 1630, je connais deux filles nées du couple, Anne alias Jeanne, mon ancêtre et Jeanne, nées respectivement en 1635 et 1639 à Coëx.
La profession de Noël m’est inconnue.
Noël meurt deux jours après le noël 1655 à environ 50 ans, après avoir assisté au mariage de sa fille Anne l’année précédente. Sa veuve meurt le 30 mai 1669 à environ 60 ans. 
Acte de sépulture de Noël BESSONNET en décembre 1655 à Coëx (85)


Noël BABIN est né vers 1611 sans doute dans le marais poitevin. Ses parents et son épouse me sont inconnus à l’heure actuelle.
A une certaine époque, je l’ai confondu avec son homonyme contemporain vivant sur la ville voisine de Niort, avant de m’apercevoir de l’homonymie.
J’ai retrouvé deux enfants de Noël, Laurence et Louis, mon ancêtre. Les deux se sont unis sur la paroisse de Coulon, Laurence en 1663 et Louis en 1670.
Je retrouve Noël que lors de son inhumation dans le petit cimetière de Coulon le 8 février 1686 à l’âge de 75 ans.
Acte de sépulture de Noël BABIN en février 1686 à Coulon (79)


Et ce dernier billet, me donne aussi l'occasion de vous souhaiter à tous, mes fidèles lecteurs, 
de très joyeuses fêtes de fin d'année !!!

samedi 5 octobre 2019

Des actes notariés par centaines


Comme vous avez pu le lire dans mon billet de bilan de recherches sur ces dernières années (accessible ici), je me suis concentré sur mes ancêtres du 19ème siècle afin d’y exploiter toutes les sources disponibles pour mieux affiner mes connaissances.

Une des sources la plus prolifique est bien entendu les actes notariés.


En effet, nos ancêtres pour gérer leur vie quotidienne devaient très souvent se rendre chez un notaire.
Chaque ancêtre doit y être allé au minimum une fois durant son existence.

Mes derniers séjours aux archives départementales de Vendée, principalement, et des Deux-Sèvres, ont été consacrés quasi exclusivement à la consultation de cette source.



La diversité des actes notariés nous apporte une multitude d’informations complémentaires pour une meilleure connaissance de nos aïeux.

Certaines informations, que je considère comme « basiques » dans la vie de nos aïeux, vous seront seulement connues par le biais d’un acte notarié. 
Un seul et simple exemple :  
mon aïeul Louis MARTINEAU (1796-1857) s’installe à la Bigotterie de Challans, en Vendée, d’après l’état civil (la naissance de ses enfants) et les recensements de population de 1836 et 1841. Grâce aux actes notariés, je vais apprendre qu’en fait il ne vivait pas à la Bigotterie mais dans une borderie proche dudit lieu, le petit Breuil. Je vais aussi apprendre à quelle date il y est entré et sorti grâce aux baux qu’il a contractés avec le propriétaire, qui n’est autre que son oncle maternel, et je vais aussi apprendre plusieurs choses sur les finances de mon aïeul.

La collecte d’actes notariés est chronophage, il ne faut pas se voiler la face, mais tellement essentielle à tout "bon" généalogiste voulant approfondir la biographie ancestrale et non pas se contenter d’un arbre généalogique insipide.

Comment connaitre le mobilier, les outils ou le cheptel de nos ancêtres sans les actes notariés ?
Comment estimer le niveau de vie de nos ancêtres sans les actes notariés ?
Comment connaitre la gestion d’une communauté familiale sans les actes notariés ?
Comment connaitre les dernières volontés de nos ancêtres sans les actes notariés ?

La liste pourrait être encore longue mais vous ne pouvez pas passer à côté de la joie généalogique de tomber un acte notarié que jamais vous ne cherchiez, et qui vous amène à moult réflexions sur vos ancêtres et leur vie quotidienne.

Alors comment trouver ces actes notariés ?


L’accès direct à ces actes n’existe pas mais l'on peut y accéder par plusieurs biais.

Lors du ChallengeAZ 2017, je vous avais indiqué une piste pour accéder aux actes notariés avec, bien entendu, la série Q dite des "Domaines, Enregistrement et Hypothèques", et ses diverses tables établies, pour rappel :
  • Les tables des contrats de mariage : jusqu'au 31 décembre 1865.
  • Les tables de successions : trois types de tables existent jusqu'au 31 décembre 1824 : 
    1. tables des extraits de sépulture et personnes réputées mortes après une longue absence, 
    2. tables des inventaires après décès, 
    3. tables des successions acquittées. 
      • Une table unique à partir de 1825 : la table des successions et absences.
  • Les tables des testaments : trois types de tables jusqu'en 31 décembre 1824, refondues en une seule jusqu'en 1865.
  • Les tables des vendeurs et acquéreurs : quatre types de tables existent de la fin du XVIIIe siècle jusqu'en décembre 1824 : 
    1. tables des vendeurs et anciens possesseurs, 
    2. tables des acquéreurs et nouveaux possesseurs, 
    3. tables des partages, 
    4. tables des copartageants. 
      • Deux tables subsistent jusqu'en 1865 : 
      1. table des acquéreurs et nouveaux possesseurs, 
      2. table des vendeurs et anciens possesseurs.
  • Les tables des baux : elles subsistent jusqu'en décembre 1865.
Vous pouvez retrouver mon billet en question ici.

Ensuite lorsque vous connaissez le ou les notaires du secteur concerné par vos ancêtres, vous pouvez consulter leurs répertoires (s’ils ont étaient conservés). Cette consultation peut être aussi longue et facétieuse, comme vous pouvez le voir ci-dessous !


Une astuce, toujours consulter une liasse entière en feuilletant tous les actes, le hasard vous apporte des surprises ! (Voir mon billet ici).

Souvent un acte notarié va vous signaler la référence d’un ou plusieurs autres actes et ainsi de suite. 
La référence d’un acte notarié est aussi assez souvent mentionnée dans les déclarations de succession.

Après la collecte, la gestion.


Une fois collectés, vous devez avoir une bonne gestion de ces actes notariés car très vite vous allez vous retrouver avec des centaines d’actes. Pour cette gestion, j’ai créé un fichier Excel avec une ligne par ancêtre cité dans un acte retrouvé. Sur cette ligne toutes les informations me permettant d’accéder rapidement dans mon classement à l’acte concerné.


Pour finir ce billet, je tiens à vous dire que ma vie généalogique actuelle serait bien fade sans les actes notariés.

Alors, si vous avez envie de donner un peu de "pep's" à votre vie généalogique pensez aux actes notariés !!