lundi 18 mars 2019

La vie d'une maison à travers une famille - Epilogue

Voilà maintenant plus de deux ans que j'ai écrit le dernier épisode sur "la vie d'une maison à travers une famille", la famille de néné "LU", mon aïeule Marie JOURNOLLEAU (1839-1924). Il est donc temps, avec de nouvelles informations, de vous livrer l'épilogue de cette série de billets. 



Avant de lire cet épilogue, je vous conseille vivement de vous remémorer les autres billets, qui relatent la vie de la maison de néné "LU" sur 7 périodes :

  • Prologue
    • Dans ce billet, je plante le "décor" et vous présente "Néné Lu".
  • Episode 1
    • Je relate les périodes 1 & 2 qui se déroulent entre 1870 et 1884.
  • Episode 2
    • S'en suivent les périodes 3, 4 & 5, de 1884 à 1894.
  • Dernier épisode
    • Puis les périodes 6 & 7, de 1894 à 1915.

Après vous avoir remis en tête la vie de la maison sur l'Autise, je vais donc vous apporter les dernières informations sur ladite maison.


1884 : un inventaire après décès

Lorsque j'ai écrit les précédents billets, je n'avais pas encore retrouvé cet acte notarié qui fut rédigé quelques jours avant le remariage de néné "LU", et qui nous apporte une description des biens mobiliers qui existaient à cette époque dans la maison sur l'Autise et permet de mieux visualiser l'environnement quotidien. 
Un aperçu de cet inventaire dans un de mes #RDVAncestral que vous pouvez lire : Dans la peau d'un tiers en mai 1884.


1908 : une donation-partage

En 1908, néné "LU" se décide à faire une donation-partage entre ses trois enfants issus de son union avec Alexandre MARTIN (1841-1877) : Alexandre (1865-1924), mon aïeul, Aristide (1870-1947) et Marie (1872-1934). 
Par cette donation-partage, la maison sur l'Autise devient la propriété de son fils aîné, mais néné "LU" en garde la jouissance jusqu'à son décès !


Après 1915, les locataires

Comme vous avez pu le lire, néné "LU" repart vivre à la Garenne, chez sa fille Marie lorsque son gendre, François GACHIGNARD (1869-1943) est mobilisé et part au front en 1915. C'est donc à cette période qu'elle décide de mettre sa maison en location.
La famille CHABOT, Jean (1860-1922) et son épouse Alexandrine BOUHIER (1869-1943), et ses enfants Louis (1899-1965), Jeanne (1897-1976) et Charlotte (1906-1990), ainsi que la belle-mère, la veuve BOUHIER, s'installe donc dans la maison sur l'Autise vers 1915-1916.

Recensement de Population de St Sigismond pour l'année 1921


1922 : une union et un décès

En mai 1922, néné "LU" assiste au mariage de son arrière petite fille Marie POUVREAU (1905-1995) avec le fils de ses locataires, Louis CHABOT
Coïncidence ou pas, le lendemain de la noce, le père CHABOT décède dans la maison sur l'Autise, son domicile !

Acte de décès de Jean CHABOT, il est dit du bourg, comme souvent dans les recensements, on retrouve la maison sur l'Autise dans le bourg. Mon AGP, François POUVREAU (1877-1946), est l'autre déclarant, avec son gendre, le fils du défunt.


1924 : deux décès

En août 1924, néné "LU" meurt chez sa fille à la Garenne à l'âge de 85 ans. Son fils Alexandre devient donc le propriétaire à part entière de la maison sur l'Autise. Mais seulement quelques semaines plus tard, en novembre, il décède lui même chez lui à la Pointe à l'âne sur la commune voisine de Benet, à l'âge de 58 ans. 
Après une transaction familiale entre sœurs en avril 1925, Alexandrine MARTIN (1885-1974) épouse POUVREAU, mon arrière grand mère, la fille aînée d'Alexandre, devient l'unique propriétaire de la maison sur l'Autise. Elle continue de la louer à la famille de son gendre, la veuve CHABOT qui y vit avec son gendre et sa fille.

Les 2 Alexandrine, à gauche la propriétaire, mon AGM,
et à droite, la veuve CHABOT, la locataire.
Les deux grand'mères de ma cousine Marie Louise (1923-2013) qui m'a transmis cette photo.


1935 : la vente

Après dix ans, Alexandrine décide de vendre la maison sur l'Autise. 
Elle la vend à un couple de la région parisienne, Mr et Mr GOTHY, sans doute via l'intermédiaire du notaire pour un investissement financier, l'acheteur est représenté par un mandataire. La famille CHABOT continue de louer la maison encore quelques années. 
La vente est faite le 4 février 1935 pour la somme de 1500 francs (soit environ 118000 euros selon le convertisseur de l'INSEE).


Voici donc comment la maison de néné "LU", la maison sur l'Autise, aux Bourgnons de St Sigismond, est restée dans la famille de sa construction en 1870 jusqu'à sa vente en 1935. 

J'espère que cette histoire, ce lien entre une maison ancestrale et une famille, vous aura aussi donné l'envie de découvrir et d'en savoir plus sur les maisons de vos ancêtres.


samedi 16 mars 2019

RDVAncestral devant l'entrée du cimetière

Me voilà dans le bourg de Damvix, en plein cœur du marais poitevin. Je ne sais quelle est la date du jour, mais nous sommes un dimanche, un magnifique dimanche ensoleillé, les oiseaux chantent et annoncent un printemps prochain. La messe dominicale vient de se terminer depuis quelques minutes, les cloches de l'église sonnent ...

Je ne sais pas encore pourquoi je me retrouve devant l'entrée du cimetière, en plein bourg, à quelques mètres de l'église. Cette église là, je ne l'ai jamais vu puisque démolie pour faire place à une nouvelle construite au même endroit au milieu du 19ème siècle.

Je suis complètement dépaysé, ce cimetière à cette endroit là du bourg me perturbe aussi, pourtant ce bourg je le connais bien mais tout est tellement différent, et tellement moins de maisons ...

Les villageois regagnent peu à peu leur maison après ladite messe, certains descendent vers le port, à l'opposé du cimetière, pour retrouver leur "plate" afin de prendre la Sèvre Niortaise pour rentrer chez eux via les voies d'eau.


Les villageois qui me voient devant le cimetière me saluent et, sans aucun doute, me trouvent suspect.
Quelques personnes entrent dans le cimetière et vont se recueillir sur les tombes de leurs proches.

J'observe, discret, ces scènes de recueillement dans ce cimetière emplie des croix de bois, très rare sont les stèles en pierre. Je vois quelques tombes dont la terre a été récemment retournée.
En appréciant tous ces éléments,  j'estime être dans le premier quart du 19ème siècle.

Le temps s’assombrit, quelques cumulus voilent le soleil. 
Sans l'avoir aperçu auparavant, un jeune garçon d'un aspect chétif, que j'estime être âgé d'une dizaine d'années, est assis par terre à quelques mètres de moi et m'observe. Le garçonnet se lève et s'approche de moi. Dans un patois que je comprends étonnamment, il dit : "bonjour, Frédéric, maman m'a dit que tu allais venir me voir, elle avait raison". 
Très surpris, je commence par lui demander comment il se nomme, il me répond : "Je suis Louis BOUCHET".


Quelques secondes pour me remettre de cette approche surprenante, et le petit Louis me prend la main, comme s'il me connaissait depuis toujours, et me demande de le suivre ...

Je l'interroge alors : "Tu es donc le fils de Jacques et d'Elisabeth ?

Louis me répond : "oui bien sur, et maman, avant d'aller au ciel m'avait dit que tu n'allais pas tarder à venir me voir !"

"Ah bon ?!, mais comment sais tu que je suis le Frédéric dont ta maman t'a parlé ?"

Louis me raconte alors ce qu'Elisabeth, sa mère, lui avait dit : "quelques jours après que je sois parti au ciel, Frédéric viendra d'un autre temps et t'attendra devant le cimetière pour te voir et te dire que je ne suis plus malade et que je prends soin de toi de là haut"

A ce moment, là, Louis qui me tient toujours fermement la main, s'arrête devant une tombe dont la terre est encore humide d'un ensevelissement récent et dont la croix de bois a été nouvellement plantée. De sa voix qui est devenue plus émue, il me dit : "c'est ici que le corps de maman a été enterré la semaine dernière", il rajoute en sanglotant : "alors c'est vrai qu'elle ne souffre plus et qu'elle va prendre soin de moi depuis le ciel ?"

Ma réponse ne peut être qu'empathique et bienveillante envers ce petit garçonnet attristé par la disparition récente de sa maman : "Oui, elle est maintenant sereine et apaisée, et comme je suis là avec toi comme elle te l'avais dit, tu peux me croire, elle nous regarde de là où elle est, et souhaite que tu deviennes un jeune homme courageux, que tu sois heureux, et que tu vives de très nombreuses années ..."

Louis, qui me regarde affectueusement, ne pleure plus, il me sourit et me dit "Merci Frédéric". 
Il me lâche la main et on entend alors une grosse voix criée "Louiiissss !!!". Cette voix qui me semble familière est venue d'une maison toute proche du cimetière. En effet, la maison familiale BOUCHET ne se trouve qu'à quelques dizaines de mètres dudit cimetière. 


Le garçonnet me dit alors : "c'est papa". Il se dirige vers l'entrée du cimetière, là où nos regards se sont croisés quelques minutes plus tôt, et après quelques pas, il se retourne vers moi et me lance d'une voix malicieuse "à bientôt Frédéric !".

Très ému de cette rencontre complètement impromptue, je met quelques minutes à vraiment réaliser que je suis devant la tombe de mon aïeule Elisabeth THIBODEAU
Cette dernière est décédée en fin de nuit, le dimanche 16 mars 1806, dans sa maison du bourg de Damvix à l'âge de 48 ans. 
Quelle émotion en effet, d'avoir pu durant quelques minutes, côtoyer et échanger quelques mots avec son fils Louis, né en janvier 1796. Louis, ce garçonnet de 10 ans, qui deviendra l'arrière grand père de mon grand père maternel ... 

Maintenant seul dans le cimetière, je m'agenouille devant la tombe d'Elisabeth et ferme les yeux ... 



lundi 4 février 2019

1844, les familles GAUTRON et le généalogiste

Au printemps dernier, lors d'un séjour aux archives départementales de la Vendée, en consultant les minutes notariales du notaire de Maillezais, Me POEYDAVANT, pour l'année 1844, je suis tombé sur un acte qui a attiré mon attention. J'avais d'ailleurs twitté ceci : 


L'intitulé de l'acte a donc attiré mon attention et j'ai collecté le contenu pour l'exploiter plus tard, c'est à dire maintenant !

La famille GAUTRON, dont il est question, est bien entendue dans mon ascendance, mais avant tout, voici la transcription dudit acte :
"Traité entre les héritiers GAUTRON et Mr MANGOU entre le 26 et le 30 janvier 1844
Pardevant Me Cyprien POEYDAVANT notaire à la résidence de Maillezais, chef lieu de canton, arrondissement de Fontenay le Comte, département de la Vendée, et son collègue, soussignés.
Ont comparu :
1- François GAUTRON propriétaire demeurant à Liez,
2- Jacques GAUTRON journalier demeurant au même lieu,
3- Louis GAUTRON bûcheron demeurant au même lieu,
4- Jeanne GAUTRON sans profession épouse assistée et autorisée de Sr François MITTARD scieur de long demeurant aussi à Liez, le dit sieur MITTARD ici présent,
5- Marie GAUTRON sans profession demeurant au même lieu
et 6- Françoise GAUTRON sans profession épouse assistée et autorisée du Sr Louis FAVARD propriétaire demeurant ensemble à Maillezais, le dit sr FAVARD ici présent,
tous les six représentant Jean GAUTRON leur père.
1- René MORIN journalier demeurant à Denant commune de Nieul Denant,
2- Louise MORIN sans profession veuve du Sr Louis VEILLET demeurant à St Pierre le Vieux,
3- Jeanne MORIN, sans profession épouse assistée et autorisée du Sr Charles BAUDRY, journalier demeurant ensemble au bourg de St Pierre le Vieux,
tous trois représentant Marianne GAUTRON leur mère.
1- Louis GAUTRON, maçon demeurant à Liez,
2- Pierre GAUTRON, journalier au même lieu,
3- Jean GAUTRON, cultivateur demeurant au Coudreau, commune de St Sigismond,
4- Marie GAUTRON, sans profession épouse assistée et autorisée du Sr René BOUTEILLER, à ce présent, maçon demeurant à la Villette, commune de Liez,
tous quatre représentant Pierre GAUTRON leur père.
1- Jean MOREAU, cultivateur demeurant au Coudreau de St Sigismond,
2- et Marianne MOREAU, majeure sans profession demeurant à St Sigismond,
tous deux représentant Marie GAUTRON leur mère.
Marianne GAUTRON, sans profession, veuve de Jean HUGUET, demeurant au Mazeau, commune de St Sigismond,
représentant Jean GAUTRON son père.
1- Louis SAGOT farinier, demeurant à Dompierre, Charente Inférieure,
2- Jean BOUCHET, charron demeurant à Andilly les marais, canton de Marans, Charente Inférieure,
tous deux au nom et comme le porteur de Marie Jeanne GAUTRON, leur mère et belle mère veuve de Simon SAGOT demeurant au moulin de Margori commune de Dompierre,
dont ils promettent la ratification sous vingt jours à partir d'aujourd'hui.
Ladite Marie Jeanne GAUTRON représentant Pierre GAUTRON son père.
Tous d'une part.
Et Mr Jean Louis MANGOU propriétaire demeurant à St Hilaire des Loges,
d'autre part.
Lesquels ont exposé qu'ils ont appris par la voix des journaux qu'un Sieur GAUTRON, dont le nom de baptême leur est inconnu, fils de René GAUTRON et petit fils de Pierre GAUTRON et de Marie GAZEAUD, était décédé à Ancenis, (Loire inférieure) dans le courant de l'année mil huit cent quarante ou mil huit cent quarante et un, ne laissant aucun ascendant ni descendant, ni aucun parent connu dans la ligne paternelle,
et que sa succession qui parait être assez considérable a été entièrement recueillie par la ligne maternelle.
Que ces renseignements leur on été fournis par la voix publique et par le journal intitulé Mémorial de l'Ouest, feuille n°49 du vingt juin mil huit cent quarante un.
Dans cette position, tous les sus-nommés dont le nom des ayeux concordant avec ceux du dit Sieur GAUTRON, espérant être les héritiers dans la ligne paternelle dudit Sr GAUTRON, d'après les renseignements qu'ils ont pu recueillir par la commune dénommée et par leurs traditions de famille, ont fait avec Mr MANGOU, le traité suivant.
Article premier : Mr MANGOU s'engage à faire toutes les démarches nécessaires pour parvenir à établir leur droits à la succession du dit sieur GAUTRON, à faire tous les dibourrés qu'il faudra, à se présenter chez tous notaires, officiers de l'Etat civil et chez tous les autres dépositaires de pièces, titres ou archives, à requérir les représentations, expéditions ou extraits de toutes pièces qui pourraient être nécessaires pour prouver et établir leur parenté avec le dit feu sr GAUTRON, à se présenter devant tous les tribunaux compétens, pour obtenir communication ou copie des pièces qu'il croirait être nécessaires, en cas de refus de tous officiers ou dépositaires, à plaider et obtenir toutes ordonnances du président près les tribunaux, ou tous jugements et à généralement faire tout ce qui sera utile et nécessaire, ainsi que le porte une procuration en brevet, donnée par tous les sus-nommés au dit Sr MANGOU, recue par Me POEYDAVANT, notaire soussigné le quatorze janvier présent mois enregistré; dans laquelle procuration cependant ladite Marie Jeanne GAUTRON, veuve de Simon SAGOT n'était pas intervenu et que ses enfants et gendre sus-nommés déclarent ratifier en son nom et comme le portant fort pour elle.
Article deuxième : tous les frais qui seront faits pour parvenir aux fins ci dessus seront avancés et supportés par Mr MANGOU, sans pouvoir les réclamer contre les sus-nommés sous quelque prétexte que ce soit, ou puisse être.
Art. troisième : de leur côté, tous les sus-nommés en leurs noms et en leurs dites qualités, pour indemniser Mr MANGOU des sommes qu'il pourra débourser, et pour le payer de ses peines et soins, lui abandonnent le quart de leurs drois mobiliers et immobiliers dans la succession du dit Sr GAUTRON, si toute fois cette succession existe, et si Mr MANGOU, parvient à établir leur parenté avec le de cujus, bien entendu, que Mr MANGOU sera tenu d'un quart dans toutes les dettes et rentes qui pourront être dues par la dite succession en sorte qu'il aura un quart net de la dite succession.
Article quatrième : dans le cas ou cette succession n'existerait point ou que Mr MANGOU ne parviendrait pas à établir leur parenté, tous les frais qu'il a fait ou pourra faire, resteront à sa charge, sans qu'il puisse demander aucune indemnité ou honoraire.
Pour l'exécution des présentes, les parties font élection de domicile en leur demeures respectives.
Dont acte fait et passé à Maillezais, en l'étude de Me POEYDAVANT, le vingt six janvier mil huit cent quarante quatre, pour tout le monde à l'exception de Marie GAUTRON, femme de René BOUTEILLER et de Jeanne GAUTRON, femme de MITTARD, et de Jeanne MORIN femme de Charles BAUDRY et après lecture faites les sieurs : François, Jacques et Louis GAUTRON, Jean MOREAU, Louis SAGOT et Jean BOUCHET, ont seuls signés avec les notaires soussignés; quant aux autres ils ont déclaré ne savoir signer, de ce requis, pour les notaires soussignés avec lesquels le dit sr MANGOU a aussi signé.
Et pour ce qui concerne la dite Jeanne MORIN femme de Charles BAUDRY en l'étude à Maillezais de Me POEYDAVANT le vingt huit janvier mil huit cent quarante quatre et après lecture faite elle a déclaré ne savoir signer, de ce requis, par les notaires soussignés.
Et pour ce qui concerne la dite Marie GAUTRON femme BOUTEILLER en sa demeure à la Villette, commune de Liez, le trente janvier mil huit cent quarante quatre et après lecture faite elle a déclaré ne savoir signer, de ce requis, par les notaires soussignés.
Et pour ce qui concerne la dite Jeanne GAUTRON femme MITTARD en sa demeure à Liez, le trente janvier mil huit cent quarante quatre et après lecture faite elle a déclaré ne savoir signer, de ce requis, par les notaires soussignés."
Annexé à cet acte, une copie de la ratification faite le 7 mai 1844, "pardevant Me LANDRIAU notaire de Dompierre et Angoulins, canton est de la Rochelle, chef lieu du département de la Charente Inférieure, Marie Jeanne GAUTRON veuve de sieur Simon SAGOT, demeurant au moulin de Margori, commune de Dompierre, ratifie le traité précédent".
Elle déclare "être la fille unique de Louis GAUTRON maréchal ferrant décédé à Andilly les marais il y a soixante trois ans, lequel était fils d'un GAUTRON marchand de bois demeurant à Nieul sur l'Autise, Vendée".

Ce traité est donc un mandat donné à Jean Louis MANGOU (1803-1872), propriétaire et chirurgien de son état, mais aussi ancien maire de St Hilaire des Loges, par les héritiers GAUTRON, pour rechercher, et surtout retrouver, le lien familial pouvant leur faire hériter de cet inconnu portant le même patronyme et qu'ils, les héritiers, pensent être un cousin. J'assimile donc Jean Louis MANGOU à un généalogiste, même si il engage tous les frais de recherches sans avoir aucune certitude du résultat !

A partir des informations contenues dans ce traité, j'ai pu retrouvé l'autre famille GAUTRON mais avant d'en venir à elle, je vais commencer par "ma" famille GAUTRON. 

Ces héritiers GAUTRON cités sont en fait tous les petits enfants de Jean GAUTRON (1694-1766), mon sosa 412, et issus de ses deux épouses. Et non, comme ils le pensaient, de Pierre et Marie GAZEAUD comme mentionné dans le traité.

Ci dessous, les descendants de Jean, ceux cités dans le traité sont en bleu et en gras. J'ai volontairement supprimé les enfants décédés en bas âge, pour alléger cette liste.

Nom et prénoms, Date et lieu de Mariage Date et lieu de naissance Date et lieu de décès Profession

GAUTRON Jean, N° 412 20/08/1694 Oulmes (85) 28/01/1766 Liez (85) Cabaretier, Journalier
   1715/1720 Liez (85)
x BOURGOUIN Marie ../../1694 03/08/1734 Liez (85)
|___GAUTRON Louis ../../1721 Liez (85) 11/12/1783 Oulmes (85) Notaire et greffier de la baronnie d'Oulmes, Régisseur du château
|___  28/10/1750 Liez (85)
|___x CAQUINEAU Jeanne 16/02/1760 St Sigismond (85)
|___|___GAUTRON Pierre Louis 07/11/1751 Liez (85) > ../../1782
|___|___GAUTRON Louis 26/05/1753 Liez (85) 15/03/1808 Xanton (85) Garçon boulanger
|___|___  10/05/1780 Oulmes (85)
|___|___x LUSSAUD Marie Rose 26/01/1755 Nieul sur l'Autise (85) 10/01/1832 Oulmes (85)
|___|___GAUTRON François Etienne ../../1756 10/06/1837 Oulmes (85) Notaire, Régisseur du château, Propriétaire, Instituteur
|___|___  03/10/1791 Oulmes (85)
|___|___x FAVARRE Louise ../../1763 Maillé (85) 27/11/1833 Oulmes (85)
|___|___GAUTRON Honorée Françoise 07/02/1758 St Sigismond (85) 20/02/1841 Oulmes (85)
|___|___  26/01/1785 Oulmes (85)
|___|___x THIBAUDEAU Louis 06/07/1756 Fontenay St Nicolas (85) 05/07/1825 Oulmes (85) Maréchal
|___   1761/1764 St Sigismond (85)
|___x LUCAS Françoise ca ../../1723 27/09/1818 Oulmes (85)
|___|___GAUTRON Charles ../../1765 St Sigismond (85) 16/03/1837 Oulmes (85) Propriétaire
|___|___  13/07/1784 Courdault (85)
|___|___x NIGOT Françoise 03/09/1752 Oulmes (85) 03/11/1840 Oulmes (85)
|___|___GAUTRON Philippe 17/02/1767 Oulmes (85) > ../../1785
|___|___GAUTRON Jean-Baptiste Pierre 28/05/1769 Oulmes (85) > ../../1785
|___GAUTRON Michelle ../../1723 Liez (85) 25/10/1799 Liez (85)
|___GAUTRON Marie ../../1730 Liez (85) 26/02/1802 St Sigismond (85)
|___  20/01/1757 Liez (85)
|___x MOREAU Jean ../../1728 01/03/1806 St Sigismond (85)
|___|___MOREAU Françoise 20/11/1763 Damvix (85) 09/09/1833 St Sigismond (85)
|___|___MOREAU Jean ca ../../1767 St Sigismond (85) 17/03/1849 Maillé (85) Sabotier, Cultivateur
|___|___  25/10/1797 St Sigismond (85)
|___|___x CHATAIGNER Jeanne 12/12/1779 Nieul sur l'Autise (85) 08/01/1847 St Sigismond (85)
|___|___MOREAU Marianne 01/05/1776 St Sigismond (85) 21/12/1866 St Sigismond (85)
   13/06/1736 Liez (85)
x GEAN Marie, N° 413 22/08/1713 Oulmes (85) 30/03/1782 Andilly (17)
|___GAUTRON Jean 21/05/1737 Liez (85) 16/04/1813 St Sigismond (85) Journalier
|___  ca ../../1766 St Sigismond (85)
|___x CHOLLET Marie Anne ../../1734 St Sigismond (85) 27/12/1798 St Sigismond (85)
|___|___GAUTRON Françoise ../../1768 St Sigismond (85) 06/09/1832 St Sigismond (85)
|___|___  17/01/1797 St Sigismond (85)
|___|___x GODILLON Pierre ../../1762 16/04/1809 St Sigismond (85) Journalier
|___|___GAUTRON Marie Anne 17/10/1773 Liez (85) 19/03/1849 St Sigismond (85)
|___|___  20/11/1800 St Sigismond (85)
|___|___x HUGUET Jean 19/04/1774 St Sigismond (85) 05/12/1837 St Sigismond (85) Journalier
|___|___GAUTRON Madeleine 31/03/1776 St Sigismond (85) 02/03/1812 Coulon (79)
|___|___  13/11/1804 St Sigismond (85)
|___|___x BRILLET Louis 16/07/1778 St Sigismond (85) 28/10/1861 Coulon (79) Journalier, Batelier
|___GAUTRON Mathieu 16/02/1741 Liez (85) 15/09/1803 Andilly (17) Domestique
|___GAUTRON Louis dit Pierre 12/09/1743 Liez (85) 1804/1809 Liez (85) Journalier
|___  01/02/1775 St Pierre le Vieux (85)
|___x MORIN Marie 02/05/1754 St Pierre le Vieux (85) 09/11/1796 Liez (85)
|___|___GAUTRON Marie 09/11/1775 Liez (85) 29/06/1846 Liez (85)
|___|___  20/12/1796 Liez (85)
|___|___x BOUTEILLER René 19/02/1773 Liez (85) 09/07/1859 Liez (85) Maçon
|___|___GAUTRON Marie Françoise 01/09/1777 Liez (85) 24/04/1838 Liez (85)
|___|___  01/10/1798 Maillezais (85)
|___|___x PICORON Eugène 24/02/1774 Vieux Pouzauges (85) 29/04/1838 Liez (85) Scieur de long
|___|___GAUTRON Louis 13/05/1782 Liez (85) 29/02/1856 Liez (85) Maçon
|___|___  14/02/1804 St Martin de Fraigneau (85)
|___|___x SACRE Marie 08/09/1780 St Martin de Fraigneau (85)
|___|___GAUTRON Jean 02/06/1784 Liez (85) 05/05/1853 St Sigismond (85) Cultivateur
|___|___  01/02/1809 Maillezais (85)
|___|___x RISTORD Françoise 07/06/1780 St Sigismond (85) 16/12/1819 St Sigismond (85)
|___|___  30/01/1822 Liez (85)
|___|___x POUPEAU Louise 03/02/1794 Liez (85) 02/01/1866 St Sigismond (85)
|___|___GAUTRON Jeanne 28/03/1787 Liez (85) 03/02/1830 Maillezais (85)
|___|___  18/04/1815 Maillezais (85)
|___|___x LARGEAU Louis 10/08/1781 St Sigismond (85) 04/02/1850 Maillezais (85) Journalier, Pêcheur, Cabaretier
|___|___GAUTRON Pierre 03/05/1789 Liez (85) 02/07/1870 Liez (85) Journalier
|___|___  13/05/1818 Nieul sur l'Autise (85)
|___|___x BRIZARD Louise Marie 16/12/1793 Nieul sur l'Autise (85) 05/03/1878 Liez (85)
|___GAUTRON Jeanne 29/11/1747 Liez (85) 12/09/1772 Liez (85)
|___GAUTRON Marie Anne 10/01/1750 Liez (85) 22/09/1807 St Pierre le Vieux (85)
|___  17/02/1773 Liez (85)
|___x MORIN René ../../1747 20/03/1792 St Pierre le Vieux (85)
|___|___MORIN Pierre 12/12/1773 Liez (85) 30/11/1838 Liez (85) Journalier
|___|___  11/09/1803 Liez (85)
|___|___x BONNEAU Suzanne ../../1773 28/04/1825 Liez (85)
|___|___MORIN Jeanne 02/02/1783 St Pierre le Vieux (85) 09/03/1864 St Pierre le Vieux (85) Journalière
|___|___  28/09/1814 St Pierre le Vieux (85)
|___|___x BAUDRY Charles 02/04/1772 St Hilaire sur l'Autise (85) 11/11/1846 St Pierre le Vieux (85) Journalier
|___|___MORIN René 28/01/1787 St Pierre le Vieux (85) 09/01/1866 Nieul sur l'Autise (85) Domestique, Journalier
|___|___  21/06/1819 Xanton (85)
|___|___x COQUILLEAU Suzanne 22/09/1793 Xanton (85) 11/04/1833 Nieul sur l'Autise (85)
|___|___  04/02/1834 Nieul sur l'Autise (85)
|___|___x NAUD Anne 15/10/1799 Nieul sur l'Autise (85) 11/10/1843 Nieul sur l'Autise (85)
|___|___  08/10/1850 Nieul sur l'Autise (85)
|___|___x DAVID Marie 21/11/1808 Xanton-Chassenon (85) 13/09/1881 Nieul sur l'Autise (85) Servante, Ménagère
|___|___MORIN Louise 11/10/1788 St Pierre le Vieux (85) 15/06/1864 St Pierre le Vieux (85)
|___|___  13/05/1813 St Pierre le Vieux (85)
|___|___x VEILLET François 13/09/1791 Liez (85) < ../../1844 Jounalier
|___GAUTRON Louis 11/12/1751 Liez (85) 08/04/1782 Andilly (17) Maréchal ferrant
|___  08/02/1779 Andilly (17)
|___x BOUTIN Marie Jeanne 26/11/1758 Andilly (17) 15/07/1780 Andilly (17)
|___|___GAUTRON Marie Jeanne 30/10/1779 Andilly (17) 16/03/1852 Dompierre sur Mer (17)
|___|___  27/11/1797 Andilly (17)
|___|___x SAGOT Simon 27/04/1768 Chaillé les Marais (85) 13/12/1829 Andilly (17) Farinier
|___|___|___SAGOT Françoise Rosalie dite Rose 15/01/1804 Andilly (17) 03/02/1871 Andilly (17)
|___|___|___  24/01/1831 Andilly (17)
|___|___|___x BOUCHET Jean Jacques César Alexandre 02/09/1806 Marans (17) Charron
|___|___|___SAGOT Louis Maixent 09/09/1812 Andilly (17) 13/12/1860 Dompierre sur Mer (17) Farinier
|___  29/10/1781 Marans (17)
|___x GUILLEMENT Marie Jeanne
|___GAUTRON Jean, N° 206 13/07/1755 Liez (85) 30/04/1837 Liez (85) Journalier, Bûcheron, Marchand de bois
|___  06/11/1782 Cm Me Prézeau à Maillezais (85)
|___x MACAUD Jeanne, N° 207 ../11/1758 Liez (85) 15/03/1829 Liez (85)
|___|___GAUTRON Marie 28/11/1783 Liez (85) 14/02/1866 Liez (85)
|___|___GAUTRON Françoise 27/02/1786 Liez (85) 17/12/1849 Maillezais (85)
|___|___  18/08/1812 Liez (85)
|___|___x AVRARD Mathieu 15/06/1787 Maillezais (85) 28/11/1814 Maillezais (85)
|___|___  21/04/1836 Maillezais (85)
|___|___x FAVARD Louis 27/02/1769 Maillezais (85) 15/02/1854 Maillezais (85) Propriétaire
|___|___GAUTRON François 27/10/1787 Liez (85) 16/02/1864 Liez (85) Propriétaire, Maire de Liez (1833-1848)
|___|___  24/11/1811 Liez (85)
|___|___x GUILLOTEAU Marie 26/10/1787 Liez (85) 04/09/1847 Liez (85)
|___|___GAUTRON Jean dit Jacques 26/10/1789 Liez (85) 16/11/1845 Liez (85) Bûcheron
|___|___  26/05/1813 Maillé (85)
|___|___x CAILLAUD Jeanne 29/12/1784 Liez (85) 19/04/1825 Liez (85)
|___|___  28/01/1829 Liez (85)
|___|___x GUILLOTEAU Rose 08/11/1795 Liez (85) 04/02/1867 St Sigismond (85)
|___|___GAUTRON Louis 20/11/1794 Liez (85) 11/01/1814 Mayence (AL) Soldat de l'Armée Napoléonienne
|___|___GAUTRON Jeanne, N° 103 p 14/01/1797 Liez (85) p 17/06/1884 Liez (85) Journalière, Ménagère
|___|___   p 06/11/1820 Liez (85)
|___|___x MITTARD François, N° 102 25/08/1796 Liez (85) p 13/03/1866 Liez (85) Charron, Journalier, Scieur de long
|___|___GAUTRON Jean "Louis"  30/06/1800 Liez (85) 03/05/1889 Liez (85) Bûcheron, Marchand de bois
|___|___  21/11/1836 Liez (85)
|___|___x GUILLON Jeanne 26/05/1808 St Martin de Fraigneau (85) 06/01/1895 St Sigismond (85)


Comme vous pouvez le voir, tous les petits enfants issus du fils aîné de Jean sont décédés en 1844. Aucun descendant de la génération suivante, ce qui laisse à supposer que la génération suivante n'aurait pu hériter du fait d'un degré de parenté trop lointain.

Maintenant voici la véritable histoire de l'inconnu GAUTRON et de sa famille telle que j'ai pu en découvrir les éléments avec les informations mentionnées dans le traité.

"Lesquels ont exposé qu'ils ont appris par la voix des journaux qu'un Sieur GAUTRON, dont le nom de baptême leur est inconnu, fils de René GAUTRON et petit fils de Pierre GAUTRON et de Marie GAZEAUD (2), était décédé à Ancenis, (Loire inférieure) dans le courant de l'année mil huit cent quarante ou mil huit cent quarante et un (4), ne laissant aucun ascendant ni descendant, ni aucun parent connu dans la ligne paternelle,
et que sa succession qui parait être assez considérable a été entièrement recueillie par la ligne maternelle 
(3).
Que ces renseignements leur ont été fournis par la voix publique et par le journal intitulé Mémorial de l'Ouest, feuille n°49 du vingt juin mil huit cent quarante un 
(1)."


1 - journal intitulé Mémorial de l'Ouest, feuille n°49 du vingt juin mil huit cent quarante un

J'ai pu retrouvé en ligne sur les AD des Deux-Sèvres ce journal et l'avis publié concernant ladite histoire.



"AVIS.
  On désire connaitre la famille de René GAULTRON, de Maison-Blanche, qui, en 1718, quitta la province du Poitou pour aller s'établir en Bretagne. Son acte de mariage est muet sur le lieu de sa naissance : seulement il y est dit qu'il est natif de la province du Poitou. Ses trois enfants sont morts sans postérité, et le dernier, décédé à l'âge de 91 ans, a laissé une succession considérable, qui a été recueillie par la ligne maternelle. Cette dernière famille cherche à découvrir la ligne paternelle pour faire avec elle le partage de ladite succession. Messieurs les maires sont priés de faire des recherches à ce sujet.

S'adresser à la préfecture, bureau de la police, pour donner des renseignements"
Cet avis m'apporte quelques informations supplémentaires et essentielles pour retrouver cette famille :
  • le patronyme est associé à une propriété : "de maison blanche", 
  • ce René a eu 3 enfants restés sans postérité,
  • le dernier est décédé à l'âge de 91 ans.
Ces compléments, cumulés avec les informations sur la filiation indiquée sur le (2) vont m'aider dans mes recherches.

Sur cet avis par contre, aucune mention d'Ancenis, ni d'un décès en 1840 ou 1841, ni du sexe du dernier enfant décédé à l'âge de 91 ans. Par contre, une mention de Bretagne ...


2 - fils de René GAUTRON et petit fils de Pierre GAUTRON et de Marie GAZEAUD 

Si vers 1840, le dernier enfant de René est décédé à 91 ans, il serais né vers 1730.
Première recherche sur le site de relevés géré par les archives de Vendée, NomsdeVendée, un mariage d'un René GAUTRON vers 1715-1730, qui serait fils d'un Pierre et d'une Marie GAZEAUD. Et là, je tombe sur un mariage en 1718 (année citée sur l'avis de recherche) sur la paroisse de Notre Dame de Fontenay (aujourd'hui Fontenay le Comte). 



Surprise ! en allant consulté l'acte en ligne, je retrouve en face dudit acte, une feuille volante des recherches de MANGOU qui est toujours dans le registre depuis 1844 et qui a été numérisée !!


Le généalogiste a mâché mon travail, c'est quasi incroyable ...

Après quelques recherches, voici la famille GAUTRON de maison blanche, tel que j'ai pu la reconstituer :

GAULTRON René 
né le 26 janvier 1670 à Nalliers (85) 
fils de Pierre, décédé le 7 septembre 1680 à Nalliers à 50 ans, notaire et sergent royal, 
et de Marie GAZEAU, décédée le 24 mars 1687 à Nalliers à 38 ans, Marie s'était remarié en 1683 avec Jean ENGELS un « allemand de nation ».

Sieur de la maison blanche, capitaine réformé d’infanterie au régiment de Picardie, capitaine des grenadiers au régiment de Fumée - bataillon de Bernay, chevalier de l'ordre royal et militaire de St Louis.

Décédé le 17 septembre 1740 à N-D. de Fontenay à l'âge de 70 ans.



Marié le 18 octobre 1718 à N-D. de Fontenay avec
MOREL Anne Thérèse 

Née vers 1686
Décédée le 19 octobre 1741 à N-D. de Fontenay à 55 ans.

Enfants du couple, tous nés dans ladite paroisse :

- Jean René 
né le 27 septembre 1719, 
dernière citation au décès de son père.

- Jeanne Marie Thérèse 
née le 16 mai 1721, 
aucune autre mention de cette fille.

- Marie Anne Thérèse 
née le 14 juillet 1722 et décédée le 18 août 1755 à 33 ans, dite « Melle de maison blanche ».

- Marie Anne 
née le 16 août 1723 et décédée célibataire le 10 floréal an 10 (10 avril 1802) à Fontenay "le Peuple" à l'âge de 78 ans.

- Anne « Madeleine » 
née le 8 octobre 1728 et décédée rue Pont aux Chèvres à Fontenay le Comte le 4 octobre 1818, quelques jours avant ses 90 ans (!), dite « Melle GAUTRON de beauregard ».

- Marguerite Renée 
née vers 1731,  
dite « GAULTRON des Mottes »
Mariée à Fontenay, le 28 juillet 1766 avec Charles Joseph DUVAL de la Vergne, (né à Saint-Florent-des-Bois le 22 octobre 1733, fils de François Alexandre, écuyer seigneur de la Vergne, président trésorier de France à Poitiers, et de Jeanne Marie BOUHIER, mariés aux Sables-d’Olonne, le 5 mai 1727).
Conseiller du roi, président de l’élection de Fontenay. Membre de l’Assemblée provinciale en 1787. Habite « près la Coupe ». Sur la liste des nobles de Fontenay, lors des Etats Généraux de 1789. Verse une contribution patriotique de 1300 livres en 1790. 
Parents d’un émigré, leur fils, Charles Augustin Alexandre (né le 28 mai 1773 à Fontenay et décédé avant sa tante puisque aucune mention par la suite),  Marguerite et son époux sont sur la liste des personnes à désarmer le 7 octobre 1792, puis sur celle des otages du 14 mars 1793, ils sont arrêtés, le 30, par l’officier municipal CHESSEBOEUF. Délivrés par les Vendéens, le 25 mai 1793, à nouveau arrêtés le 14 septembre 1793, ils sont envoyés à l’abbaye de Celles sur Belle (Deux-Sèvres), où ils meurent tous les deux, Marguerite le 10 mars 1794 à environ 63 ans et Charles le 30 mai suivant à 60 ans.

A ce moment là de mes recherches, je m'aperçois que seules les trois derniers enfants, trois filles décédées entre 1794 et 1818, sont présentes dans la mémoire familiale et elles sont bien sans postérité vivante. De plus, la dernière est bien décédée à 90 ans, donc dans sa 91ème année (comme citée dans l'avis de recherche) ... seule problème, ce décès date de 1818, soit plus de 20 ans avant cet avis de recherche ...

Je pars alors à la recherche de la déclaration de succession de cette dernière fille décédée en 1818.


Cette déclaration datant du 27 janvier 1819, indique que par testament le 22 novembre 1816 chez Me MILLOUAIN de Fontenay, et plusieurs codicilles, Melle GAUTRON de beauregard, avait fait plusieurs dons et remise :

- à ses deux filles de confiance (servantes), Madeleine HERAULT et Marie BROCHARD, 
- à son métayer, Pierre NAULEAU et Marie GAUVAIN, son épouse, de Sérigné, 
- aux pauvres de Fontenay et de St Médard des Près, 
- à l'hospice de Fontenay, 
- au séminaire de la Rochelle, 

mais pour la part principale de l'héritage ce sont :

- les neveux de son beau-frère DUVAL, des nommés de ROSSY (enfants et petits enfants de Marie Olympe DUVAL et de Louis Philippe DE ROSSY, Seigneur de Rortheau), pour :
  • la moitié d'une rente qu'ils ont en commun, et une somme de 600 francs pour un total de 7100 francs,
  • une pièce de pré de 8 journaux (3 hectares) sur la commune de St Médard des Près, estimée à 8000 francs.
    • soit un total de 15100 francs.
- des cousins au 5ème degré du côté maternel (elle est alors dite tante à la mode de bretagne !), "tous et seuls héritiers du côté maternel""à défaut d'héritiers connus dans la ligne paternelle" : 
Gabriel BRUNET de MONTREUIL (1766-1848) de Fontenay le Comte, petit fils de Gabriel et de Françoise MOREL, tante maternelle de la décédée, 
Jean François JOFFRION (1759-1821), 
Pierre Joseph JOFFRION (1763-1831), tous les deux de la Chataigneraie, 
et leur sœur, Thérèse Françoise JOFFRION (1769-1855) épouse Benjamin MOREAU de Vouvant, tous trois petits enfants de Pierre JOFFRION et de Madeleine MOREL, tante maternelle de la décédée.
Tous pour : 
  • mobiliers, rentes, argent et en nature, pour 8170 francs, 
  • deux métairies, une borderie et des terres pour 50875 francs.
    • soit un total de 59045 francs (par mesure de comparaison, la succession d'une de mes aïeules décédée en 1821 dans le même secteur géographique, propriétaire de deux moulins à vents avec terres et une hutte (maison du marais), ainsi qu'un mobilier, est d'un montant total d'environ 2400 francs).
Les mentions dans ladite déclaration "tous et seul héritiers du côté maternel" et "à défaut d'héritiers connus dans la ligne paternelle" portent à croire que je suis sur la bonne voie, puisqu'elles correspondent à la mention dans le traité de janvier 1844 "sa succession qui parait être assez considérable a été entièrement recueillie par la ligne maternelle (3), malgré les nombreuses années entre cette déclaration de succession et l'avis de recherche !


Après toutes ces recherches et à la fin de cette aventure généalogique, il me reste encore plusieurs interrogations :
  • décédé à Ancenis, (Loire inférieure) dans le courant de l'année mil huit cent quarante ou mil huit cent quarante et un (4): d'où vient cette information ? après vérification, aucun décès sur Ancenis concernant un quelconque membre de cette famille !
  • "quitta la province du Poitou pour aller s'établir en Bretagne" dans l'avis de recherche ? peut-être une réminiscence dans la mémoire familiale concernant la carrière militaire de l'ancêtre René ..?
  • Pourquoi cet écart de temps entre la succession de la dernière fille de René et l'avis de recherche de la famille côté paternel ?
  • Je ne sais ce que furent les résultats des recherches du généalogiste MANGOU à l'époque, quel a été son compte rendu fait à la famille ...? 
  • Et je ne sais qui était à l'initiative de cette aventure à l'époque, le mandataire ou les mandants ? Peut-être une interaction entre MANGOU, ancien maire et l'un des héritiers GAUTRON, François, maire de Liez à l'époque ...?
Mais une certitude, le pauvre généalogiste a engagé des frais pour faire "choux blanc" puisque ces deux familles GAUTRON ne sont pas liées, enfin pas suffisamment de près pour avoir une quelconque possibilité de mettre la main sur cet héritage !

jeudi 24 janvier 2019

l'oncle incestueux, légende familiale ... ou pas

Aujourd'hui je vais vous narrer une histoire bien particulière, une histoire d'inceste !


Même si les protagonistes sont décédés depuis bien longtemps et que la personne m'ayant révélé cette histoire l'est aussi depuis quelques années, j'ai décidé de changer les prénoms des personnes concernées et de ne pas dévoiler l'identité de mes ancêtres concernés, sans doute par pudeur et par respect pour leur mémoire ...

Tout commence en 1998, lors d'un périple généalogique, j'avais pris rendez-vous avec la veuve d'un cousin d'un de mes grand parents, pour pouvoir savoir si elle avait en sa possession des documents, photos et anecdotes sur la famille de feu son époux et donc de la famille de mon aïeul.

Cette cousine avait alors dépassé les 85 ans, commençait à perdre la vue mais gardait intacte "sa tête" !

Lors de notre entrevue, chez elle, qui dura plusieurs heures, on échangea beaucoup, en effet elle était très bavarde et contente de pouvoir échanger sur le passé, elle me donna énormément de photos de familles. Dans sa jeunesse, après son mariage à la fin des années 1920, elle avait vécue quelques années avec la grand mère de son époux, Agathe, et donc la grand mère de mon aïeul !

Quasiment à la fin de cette rencontre, elle me demande si j'avais trouvé, lors de mes recherches, un enfant naturel qu'Agathe aurait mis au monde avant son mariage.
Ma réponse est négative et je lui demande pourquoi cette question ? La vieille dame me dit alors : "Agathe m'a dit qu'avant son mariage, elle avait eu un enfant avec un oncle !"
Je suis alors stupéfait de cette révélation et dans ma tête, je ne vois qu'un seul oncle, un oncle maternel, qui aurait pu être le fautif de cet ignominie mais le contexte familial ne collait pas ... 
Sans doute à la fin de sa vie, Agathe avait voulu se libérer de ce lourd fardeau qu'elle porté depuis la fin de son enfance, en livrant cette histoire à sa petite belle fille à peine plus âgée qu'elle à l'époque ...

Pendant de longues années, j'ai cru à une légende familiale mais en regardant et en étudiant de plus près le contexte familial, je crois en la véracité de cette histoire, même si je n'ai jamais trouvé d'enfant naturel, mais peut-être que cette sordide histoire s'est soldée par une fausse couche et c'est tant mieux ! Et que dans les dires de l'aïeule Agathe, "avoir eu un enfant" signifiait surtout être tombée enceinte ...

Voici le contexte qui me permet de croire en cette histoire :

Nous sommes au milieu des années 1850, Jean, le père d'Agathe, une cinquantaine d'années, vit dans la maison familiale qu'il partage avec son frère célibataire, Philippe, son cadet d'un an. Jean est marié depuis quelques années avec Anne, et Agathe est leur fille aînée.
Ladite maison familiale, ainsi que les terres attenantes, sont un héritage de la mère des deux frères et ils se le partagent à 50% chacun.

Entre 1856 et 1861, Agathe est alors adolescente, Jean et toute sa famille quittent la maison familiale laissant Philippe seul pour exploiter les terres familiales !
Mais aucune vente, Jean garde l'entière propriété de ses biens. Et sans doute, met-il en location sa portion de maison et de terre ...
La famille de Jean s'installe en location, dans une autre commune à plus de 3h30 de marche, là où jadis sa femme, Anne, fut servante dans la belle famille de son frère (le fameux oncle maternel qui m'était venu en tête initialement).

Pourquoi ce départ ? alors que depuis leur enfance, les deux frères avaient vécus et travaillaient ensemble. 
Pourquoi partir mais ne pas vendre ? sans doute justement pour "embêter" ce frère !

Alors pourquoi tout cela si ce n'est pour une histoire de famille très grave, illisible à travers les sources disponibles, autre que la transmission familiale ?

Quid de la suite : 

Agathe se marie dans les années 1860. L'oncle Philippe, meurt seul en 1871, il avait vendu sa maison en 1868, tout en gardant l'usage d'une partie de celle-ci. Si tôt son frère décédé, Jean se "débarrasse" de sa part d'héritage familiale (l'acheteur n'est autre que l'acheteur de son frère) et achète une maison pour loger la famille de sa fille Agathe !
Peu après, Jean meurt à son tour ...

Voici donc l'histoire bien particulière que j'ai, aujourd'hui, voulu mettre noir sur blanc.