lundi 19 novembre 2018

P comme Pasteur Pierre POUGNARD du Poitou

La lettre P du ChallengeAZ, me permet de vous présenter un personnage important parmi mes collatéraux, le Pasteur Pierre POUGNARD, dit Dézerit, un pasteur du renouveau protestantisme de l’Ouest.


Dans mon Poitou ancestral, le protestantisme a tenu une grande place. De nombreuses familles ont été protestantes, et une, la famille POUGNARD a même eu en son sein un pasteur, Pierre.

Pierre est le 10ème enfant de Daniel (ca 1682-ca 1732) laboureur métayer et de Marie VANDIER (1687-ca 1761), mes sosa 1932 & 1933. Il voit le jour le 23 mars 1731 dans le village de Chamier sur la paroisse d'Azay le Brûlé (79) et reçoit le même jour le baptême catholique. 


Très tôt orphelin de père, il restera vraisemblablement sous le giron familial, puisque son frère aîné Daniel a déjà 24 ans lors de sa naissance.
Sa famille est protestante depuis longtemps, malgré les abjurations forcées de ses ancêtres lors des dragonnades de 1681 et 1685.

Après la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, l’Eglise réformée fut d’abord dans le désarroi mais pu se ressaisir et se réorganiser en sortant peu à peu d’une période de la clandestinité.

 « Vers 1740, les églises protestantes du Poitou commencèrent à se reconstituer et le 31 mars 1744 eut lieu, à Prailles, le premier synode poitevin au Désert (période de plus d’un siècle entre la révocation de 1685 et l’Edit de tolérance de 1787, mais divisée en deux, la première plus violente avec de nombreuses persécutions jusqu’aux environs de 1760, la seconde, plus apaisée avec une tolérance relative). Si les persécutions violentes avaient cessé depuis peu (le dernier pasteur martyr du Poitou périt sur le gibet en août 1738 (source : bulletin de la Société Historique du Protestantisme Français n° 54 de 1905, page 308)), la situation des protestants restait précaire et les tracasseries ne leur étaient pas épargnées : emprisonnement ou enfermement dans des couvents, baptême ou re-baptême forcé des enfants par les ministres catholiques, destruction ou fermeture de temples, dispersion d'assemblées de prière, le tout assorti parfois d'agressions physiques et souvent de pressions morales qui nous paraissent aujourd'hui intolérables. »

Après cette mise en contexte, revenons-en à Pierre et à son parcours.

Tout d’abord élève puis proposant, c’est à dire qu’il avait été examiné en synode et qu’il avait été habilité à prêcher des propositions ou sermons, auprès du pasteur Pierre GAMAIN dit Lebrun, il passe ensuite quelques années au séminaire de Lausanne en Suisse pour parfaire sa formation.
C’est d’ailleurs, durant cette période où Pierre était étudiant auprès de GAMAIN qu’il fut le dimanche 10 mai 1750, lors d’une assemblée surprise près de Prailles, surpris et qu’ils purent, lui et son maître s'échapper de justesse.

Attendu pour son aide précieuse par GAMAIN, il reçut la consécration en janvier 1760 et le synode du Poitou du 4 mars suivant l’adjoint audit GAMAIN.

C'est sans doute dès cette époque, que Pierre prend le pseudonyme Dézerit, vraisemblablement en rapport avec son activité au "désert".

GAMAIN et Pierre sont maintenant 2 pour desservir les 14 églises du Poitou. Pierre va se donner corps et âme à son ministère. Ainsi, on sait qu’en seulement 3 ans, de 1760 à 1763, il va célébrer 478 mariages et 1584 baptêmes ! Un autre exemple de sa tâche, le 9 février 1763, 20 mariages et 10 baptêmes … 
Cette charge de travail se complète par de nombreuses démarches pour l’église réformée :
- Susciter des vocations,
- L’organisation de colloques et synodes, 
- Diverses correspondances avec les autres provinces, 
- Des requêtes au pouvoir royal pour demander plus de tolérance et de justice.

C’est donc avec impatience que les deux pasteurs attendent de nouveaux collègues. 

En effet, ils écrivent au séminaire de Lausanne « Nous ne pouvons plus suffire pour répondre aux diverses occupations qui se présentent et se multiplient chaque jour » le 2 octobre 1764, demandant au séminaire de Lausanne qu'on leur envoie TRANCHEE au plus vite En 1765, le pasteur TRANCHEE arrive donc, suivi en 1768, par le pasteur GIBAUD.

Grâce à un écrit d’août 1762, conservé à la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (SHPF), on apprend que la santé de Pierre est chancelante.

Malgré tout cela, son ancien maître et collègue le marie le 26 décembre 1765 avec Marie DELECHELLE, jeune femme de l’Angoumois, plus précisément de Villefagnan, âgée d’environ 28 ans, Pierre a déjà 34 ans.


Ils auront à ma connaissance qu’un fils unique, Pierre-Henry né en novembre 1769.

C’est à cette époque qu’il écrit le « Vocabulaire secret d'un pasteur du Poitou au XVIIIe ». Cet écrit est conservé en 3 copies, une à la Société Historique du Protestantisme Français à Paris, une au musée du Désert dans le Gard et une autre copie au musée du Protestantisme de l’Ouest à Monsireigne en Vendée.

Folio 22 du "vocabulaire" de Pierre

Après le renfort de deux autres pasteurs en juin 1771, les frères METAYER, Jacques et Pierre, Pierre officie en Saintonge, à Jonzac, St Just, Marennes et Bourcefranc et en Angoumois, à Segonzac, en 1771 et 1772.
On peut noter ses périodes d'absences sur ses registres aux dates suivantes :
- du 24 juin au 4 août 1771, 
- du 23 décembre 1771 au 8 février 1772, 
- du 7 septembre au 4 octobre 1772, 
- du 6 décembre 1772 au 25 janvier 1773.

En juin 1773, Pierre demande au Synode de Poitou un an de congé, il signe son dernier acte le 22 juin. Sa demande acceptée, en juillet, Pierre part du Poitou et retourne officier en intérim en Angoumois (premier acte le 1er août) mais suite à une place vacante, il est admis officiellement à partir de juin 1774 pour des honoraires de 800 livres, à une place de pasteur dans ces provinces de Saintonge et Angoumois. Est-ce pour sa santé que Pierre a décidé de quitter le Poitou ? ou pour ces honoraires plus avantageux qu’en Poitou ?

Ce poste englobe les églises de Segonzac, chez Piet, St Fort et Mortagne.

En Poitou, c’est un ami de Pierre, François GOBINAUD  dit Bazel qui le remplace.

En 1774 et 1775, Pierre revient quelques fois en Poitou, à Pouzauges par exemple.

Sa santé se dégradant, son secteur de prêche n’est désormais que les églises de Jonzac, et plus précisément, au temple situé dans le village de chez Piet sur la paroisse de Lignières-Sonneville et de Segonzac.

l'église chez Piet, se trouve dans une zone très rurale avec seulement des chemins pour aller d'un village à l'autre
En 1782, le colloque de Saintonge et d’Angoumois signale que « la maladie fâcheuse que vient d’essuyer Mr POUGNARD, nostre pasteur, exige plusieurs mois de repos et l’usage de quelques remèdes pour parvenir au rétablissement de sa santé, qui était déjà affaiblie depuis longtemps avant l’accident qu’il vient d’éprouver ». Considérant que Pierre est « hors d’état de fonctionner et surtout de voyager » le synode demande de lui adjoindre de l’aide. C'est sans doute pour cela que le registre s'arrête en octobre 1782.

dernier acte conservé de Pierre le 16 octobre 1782
A partir de là, il n’exerce plus guère et sur une lettre (conservée à la bibliothèque de la SHPF) du 15 août 1783 qu’il envoie à son ami pasteur, GOBINAUD, il dit « ma santé est toujours beaucoup chancelante, je vaque néanmoins à mes fonctions ».

Pierre meurt à Segonzac, le 14 mars 1784 à l’âge de 52 ans.

« La douleur de la mort de Pierre se fit sentir vivement dans les églises, il laissait en effet un souvenir béni, d’un caractère doux et pacifique quoique ferme, il sut se faire apprécier et aimer de tous ceux qu’il approcha » (extrait du bulletin de 1889 de la Société Historique du Protestantisme Français).

Sa veuve devra réclamait à plusieurs reprises « l’entier paiement des arrérages du à feu mon mari par l’église de chez Piet ». De même, on lui demande de restituer de nombreux documents que son mari avait en sa possession, comme « un recueil des pasteurs et églises du Royaume qui subsistaient  avant la révocation de l’Edit ».

En juin 1784, par le synode qui lui donne un remplaçant, son fils âgé d’une quinzaine d’années est accepté au nombre des étudiants pasteur de la province de Saintonge.

Ce dernier exercera quelques temps au temple de la Tremblade, après avoir été consacré par le Synode de Gémozac en avril 1791. C’est dans cette ville de la Tremblade qu’il se marie fin 1792 (religieusement) et début 1793 (civilement) et y fonde une famille. Il y sera « agent communal » dans la période post-révolutionnaire, tout en étant greffier de la justice de Paix.

Sa veuve, Marie DELECHELLE, retournée vivre à une période inconnue dans sa commune natale de Villefagnan, y meurt en avril 1808 à 72 ans, c’est un neveu qui déclare son décès.

Son fils Pierre-Henry, meurt propriétaire à Arvert en 1832 à 62 ans.
Son petit-fils, Pierre-Henry, né en 1795, exercera la profession de notaire puis de juge de Paix du canton de la Tremblade. En 1865, il écrit un « Guide des Juges de Paix ». Il meurt en 1872 à 77 ans à la Tremblade.

Les registres conservés de Pierre pour le Poitou, de 1761 à 1773, sont en ligne ici : https://archinoe.fr/v2/ad79/visualiseur/etatcivil.html?id=790005167

Son premier registre de mars 1760 à septembre 1761 a disparu pour les archives des Deux-Sèvres mais la bibliothèque de la  Société Historique du Protestantisme Français aurait une copie de tous ses registres …

Pendant son ministère dans le Poitou, Pierre aura célébré 1149 mariages et 4061 baptêmes.

On retrouve ses actes dans le registre protestant de Lignières-Sonneville en Charente à partir du 1er août 1773 (pour mémoire, il a signé son dernier acte en Poitou le 22 juin) et jusqu'en octobre 1782, voir plus haut.

J’ai écrit ce billet en m’inspirant et/ou en extrayant certains passages de l’excellent article « Le vocabulaire secret d'un pasteur du Poitou (vers 1770) » de Pierre RÉZEAU du CNRS de Nancy. 
Cet article a été écrit pour le tricentenaire de la révocation de l’Edit de Nantes et paru en mai 1985 dans la revue Aguiaine : revue de recherches ethnographiques, revue éditée par les sociétés suivantes : 
Société d'études folkloriques du Centre-Ouest de Grandjean (17)
Société d'ethnologie et de folklore du Centre-Ouest de Saint-Jean-d'Angély (17)

dimanche 18 novembre 2018

O comme Objets

Pour la lettre O du ChallengeAZ, j'ai choisi de vous parler d'Objets que nos ancêtres ruraux utilisés au quotidien jusqu'au milieu du siècle dernier et qui sont maintenant des objets inconnus pour une très grande majorité.

Les quelques objets qui suivent sont extrait de l'inventaire après décès de novembre 1881 de mon aïeul François POUVREAU (1840-1881), sosa 28. Ces objets se trouvaient dans sa ferme ancestrale située dans le village de Nessier de Benet (85).

Voici donc ces objets :

Une baille en bois



Sorte de tonneau coupé en deux.
Cet objet pouvait avoir plusieurs utilitées :
- Servir de baquet de blanchisseuse, 
- Sorte de cuve dans laquelle on fait fermenter le raisin.

Une boelle ou bouelle :

Outil de travail pour la terre, une houe à lame pleine qui fait avec le manche un angle de 60°.
Cet outil pouvait servir à semer du lin, du chanvre ou encore de l'ail ...

Une bourgne :


Nasse de pêche en osier, possédant deux goulets.

Un charnier


Grand vase de grès ou de bois dans lequel est salé et gardé le lard. 
Réserve où l'on garde les viandes salées, et en général, toute espace de viande.

Le crochet à peser ou balance romaine :


Instrument dont on se sert pour peser, dit aussi romaine à levier.

la forge à faux et son marteau


Petite enclume portative sur laquelle le faucheur rebat sa faux.

Le peigne à filasse


Instrument de fer dont les cardeurs se servent pour apprêter la laine.

Une puisette


Vase, généralement en métal, muni d'une anse et quelquefois d'un ou de deux goulots, dont on se servait pour puiser de l'eau et l'apporter à la cuisine.

Le rouleau à battre :


Instrument en bois ou en pierre utilisé pour battre les grains, et les haricots (les "mogettes") dans le marais.

Le seau et sa coussotte


La coussotte est vase de bois ou de cuivre, à manche creux, pour puiser de l'eau dans un seau et boire commodément.

Les images sont des images collectées sur internet et les définitions, plus ou moins adaptées de l'indispensable "Dictionnaire du monde Rural" de Marcel LARCHIVER.

Voilà, j'espère que cette dizaine d'objets du quotidien de mes ancêtres vous auront aussi donner l'envie de découvrir plus en détail ceux de vos ancêtres !


N comme Nourrices

Aujourd'hui, pour le ChallengeAZ, je vous propose d'aller à la rencontre de mes aïeules Nourrices.

Dans mon ascendance, je n'ai clairement identifié que 2 aïeules ayant exercé cette profession. 
Mais, je pense que beaucoup plus des femmes de mon ascendance l'ont exercé mais que je n'en trouve nulle part la mention. En effet, les femmes mourant très souvent en couches, leur enfant survivant devait très rapidement être pris en charge par une nourrice. Cette prise en charge pouvant durer de quelques jours à plusieurs mois, on ne trouve pas forcément d'acte pouvant le mentionner.

La première de mes aïeules ayant été nourrice, n'est autre que mon arrière grand mère, Alexandrine MARTIN (1885-1974) épouse POUVREAU, sosa 15.

Alexandrine en 1916
La mention de son état de nourrice se retrouve lors du recensement de 1906 à St Sigismond (85) :


Cette petite Nadège MASSE, née en juin 1905, était la première fille d'un couple de propriétaire du village du Coudreau. Elle fut placée chez les POUVREAU sans doute pour une raison pratique, surtout qu'Alexandrine avait une petit fille de 2 mois de plus que Nadège.

Dans la mémoire familiale aucune personne ne se souvient qu'elle avait était nourrice, elle le fut sans doute que très peu de temps.

Elle côtoya toute sa vie la petite fille qu'elle avait eu en charge, puisque les deux femmes ont vécu dans la même commune après cette période de nourrice. Alexandrine aura même la douleur de voir mourir Nadège en 1958.

La deuxième nourrice dans mon ascendance, se retrouve beaucoup plus loin dans le temps.
Il s'agit de Suzanne RIBREAU (ca 1690-1761) épouse FAVREAU du village de Celette de Ste Christine (85), sosa 979.

C'est sur un acte d'inhumation assez détaillé du 12 novembre 1724 de ladite paroisse de Ste Christine que je trouve la mention de nourrice accolée au nom de Suzanne :


Je ne sais pas pourquoi le curé a rayé l'âge de la petite Marie ?!

En remontant les actes, je retrouve donc le décès de la mère de la petite Marie, le 29 octobre et son baptême le 25 juillet. 
Suzanne n'aura donc eu en nourrice la petite Marie que deux semaines avant le décès de cette dernière. Suzanne avait alors une petite fille de 14 mois, mon aïeule Jeanne, née en août 1723.

Pour l'anecdote, le père de Marie, Louis BOUHIER (ca 1674) était le dernier fils de mes sosas Pierre (ca 1616-1686) et Marie LUCAS (ca 1627-1699).

jeudi 15 novembre 2018

M comme Maires

Pour ce billet du ChallengeAZ, je vais mettre en avant les Maires de ma famille.

Dans mon ascendance directe, de nombreux conseillers municipaux, mais aucun aïeul n'a eu la mission municipale ultime.

Il faut donc rechercher du côté des fils (et frères, cela va de soi) de mes ancêtres pour retrouver ces premiers édiles.

Avant de lister ces collatéraux, un petit rappel historique (source : wikipédia) :
"De 1799 à 1848, la Constitution du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799) revient sur l'élection du maire, qui sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans.
Après la Révolution de 1848, du (3 juillet) à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants.
La Deuxième République prévoit, en 1851 la nomination des maires par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour cinq ans à partir de 1855. Ces règles s'appliquent pendant le Second Empire
Après la chute du Second Empire, la Troisième République instaure en 1871 l'élection des maires et maires-adjoints de la plupart des communes par leurs conseils municipaux et en leur sein, à la suite de l'élection des conseillers municipaux au suffrage universel. Cette règle est généralisée à l'ensemble des communes (sauf Paris) par la loi municipale du 5 avril 1884, dont les principes fondamentaux inspirent toujours la législation actuelle."
Le plus récent, Joseph RAFFIN (1883-1962).
Fils de Joseph (1837-1913), sosa 18, et de sa troisième épouse Henriette CAILLONNEAU (1841-1914), frère consanguin de mon arrière grand mère Joséphine (1865-1938).


Ce dernier fut d'abord élu conseiller municipal de la commune de Commequiers (85), sa commune natale et ancestrale. La première fois en mai 1925, quelques jours avant ses 42 ans. Il exerçait alors la profession d'entrepreneur de battage.

Par la suite, il est réélu à chaque élection et en 1945, aux élections d'avril-mai, Joseph est élu maire pour un premier mandat avec 10 voix sur 16 conseillers.  Il a alors près de 62 ans.


D'élections en élections, Joseph est réélu maire :
élections du 19 octobre 1947, réélu 16 voix sur 17, 
élections du 26 avril 1953, réélu 13 voix sur 16.
Il quitte toutes responsabilités municipales en mars 1959, l'année de ses 76 ans.
Son fils Joseph (1914-2001) prendra la suite : 1er adjoint de mars 1959 à mars 1965, puis maire de mars 1965 à mars 1983, soit trois mandats, puis de nouveau 1er adjoint de mars 1983 à mars 1989.

Autre collatéral, Jean ALLARD (1809-1876).
Fils de Jean (1754-1831) et de Marie-Anne MANSEAU (1774-1838), sosa 254 & 255, frère de Marie (1815-1844), sosa 127.

Jean est maire de Pissotte (85), sa commune natale, très tôt.
En effet, il est nommé en février 1835, il n'a que 25 ans ! Il était alors meunier et farinier.


Son mandat durera moins de 6 ans, il se termine début novembre 1840, sans doute sur une démission. C'est d'ailleurs pendant son mandat, que sa mère décède et il signe son acte de décès en tant que maire.
Il reste pour autant conseiller municipal jusque fin 1849, date de son départ de la commune pour la commune voisine, Fontenay le Comte.

François GAUTRON (1787-1864)
Fils de Jean (1755-1837) et de Jeanne MACAUD (1758-1829), sosa 206 & 207, frère de Jeanne (1797-1884), sosa 103.

François est nommé maire fin mai 1833 de sa commune natale, Liez (85), suite au décès du maire en place le 23 mai. François était auparavant adjoint. Lors de sa nomination, il a 45 ans, il est propriétaire.


Durant son mandat, il enregistre le décès de son père, de son frère et de son épouse !
Il a côtoyé lors du conseil municipal, un de mes ascendants, Pierre CADET (1775-1865) sosa 218, conseiller municipal entre 1843 et 1852.

Le 8 octobre 1848, un nouveau maire est nommé par le préfet, François reste conseiller jusqu'à son décès.

Jean MILCENT (1767-1843)
Fils de Jean (1739-1799), sosa 164, et de Renée MORINEAU (1745-1779), et frère consanguin de André (1781-1823).

Jean, riche propriétaire de la commune de Notre Dame de Riez (85), est nommé maire en août 1815 à l'âge de 48 ans.


Il le restera près de 20 ans, jusqu'en février 1835.


A cette date, son neveu Pierre (1807-1876), alors adjoint, prend sa place au poste de maire.

Les MILCENT seront nombreux parmi les maires de la commune de Notre Dame de Riez, en effet, un de leur descendant, marie ma grand mère, leur lointaine cousine, avec mon grand père en mai 1923 !

C'est tout pour les maires du 19e et 20e siècle, même si j'ai eu aussi quelques collatéraux maires lors de la période post-révolutionnaire.

Pour écrire ce billet, je me suis servis des registres d'Etat Civil bien sûr, mais aussi des délibérations des conseils municipaux, ainsi que les arrêtés des maires.




mercredi 14 novembre 2018

L comme l'Epaissière

Pour la lettre L du ChallengeAZ, j'avais décidé de vous parler d'une maison ancestrale très ancienne, l'Epaissière sur la paroisse puis commune de St Cyr des Gâts en Vendée.

En effet, un lointain aïeul, sosa 13894 à la 14ème génération, Jean GODEREAU, était fermier, sieur de l'Epaissière, déformé en Lépessière en 1605 sur un acte notarié à Fontenay le Comte. 

extrait d'une transaction chez Me ROBERT à Fontenay le 9 avril 1605

Carte de Cassini, l'Epaissière est nommé l'Epéessière
Jean GODEREAU y est né vers 1575. Par son union vers 1598 avec Marie BRUNET et par le décès son beau-père, Nicolas BRUNET vers 1606, et après diverses transactions familiales, il devient sieur de la Maisonneuve sur la paroisse d'Auzay. 

signature de Jean en 1615
Jean et Marie n'ont à ma connaissance qu'une fille unique. Jean a du vendre l'Epaissière à un neveu ... 


En voulant en savoir plus sur ce lieu-dit de l'Epaissière, je lance une recherche sur le site des archives de Vendée et je tombe sur des archives de famille remontant à la fin du XVème siècle !!


J'ai donc hâte de pouvoir consulter cette nouvelle source, pour remonter un peu plus haut l'ascendance de Jean, et connaître la lointaine histoire de l'Epaissière, devenu métairie dans une période plus récente, aujourd'hui dite la Petite et la Grande Epaissière, deux fermes différentes.


Encore une preuve que les déplacements aux archives sont encore nécessaire et souhaités pour faire de superbes découvertes !

lundi 12 novembre 2018

J comme JOIE

Pour ce billet du ChallengeAZ, je vais vous faire partager ma Joie d'avoir, en quelques heures, pu retrouver et redonner une identité à un couple adorable.

Depuis des années, un couple de personnes âgées, filmé dans les années 1970 par Pierre BONTE pour l'émission télévisée "La Lorgnette", me mettait en joie à chaque fois que je visionnais ce reportage.


Vous pouvez voir ce reportage sur Youtube en suivant ce lien : https://youtu.be/thIEtABh3CM

Hier, jour du centenaire de l'armistice de la Grande Guerre, j'ai eu une pensée pour ce couple et j'ai eu l'envie de leur redonner une identité.

J'ai donc lancé un SOS sur les réseaux sociaux, en espérant que soit quelqu'un les reconnaisse, soit qu'on m'apporte une piste pour les retrouver.


Très rapidement, une de mes contacts généalogistes sur Facebook, Laurence MERCIER-BIZARD d'Esnandes en Charente-Maritime, m'apporte un élément qui me permet d'avoir le patronyme et la région du couple. Il s'agit d'un lien commercial pour un DVD de ladite émission avec le descriptif succinct des reportages : 


Il ne me restait plus qu'à partir à l'assaut de toutes les sources disponibles en ligne pour faire aboutir ma recherche et retrouver Mr et Mme DUREUIL de la Borde en Bourgogne.

Et après quelques heures de recherches, je mettais enfin une identité sur ce couple :
Marcel et Marguerite DUREUIL, vivant dans le village de Laborde au château sur la commune de Meursanges en Côte d'Or.

Les archives départementales de la Côte d'Or sont en ligne, l'Etat Civil et les recensements de population le sont jusqu'au milieu des années 1930. J'ai aussi consulté la fiche matricule de Marcel.

J'ai pu établir une rapide biographie et généalogie du couple. 

Mariés en mai 1914 à Meursanges, juste avant la guerre, alors que Marcel, né en 1890 sur ladite commune audit village de Laborde, était revenu de son service militaire depuis novembre et que Marguerite, née en 1894 en la ville de Beaune, était servante dans le village natal de Marcel.

Marcel a peu connu sa mère, décédée en 1894. De même, Marguerite a perdu dans l'enfance, en 1905, son père, qui était déjà âgé lors de sa naissance puisqu'elle était issu d'un remariage. Ni l'un, ni l'autre n'a connu ses grands parents.

Quand Marcel est mobilisé en août 1914, Marguerite est juste enceinte et mettra au monde son premier enfant en avril 1915.

Durant la guerre, Marcel, avant de partir en Orient, perdra son petit frère, Louis tué aux Dardanelles en Turquie en mai 1915 à 22 ans.

Après l'armistice, Marcel n'est démobilisé que fin juillet 1919, et la vie du couple va pouvoir vraiment démarrer ...


Plus de cinquante ans après, Pierre BONTE vient les filmer.

En avril 1978, Marcel meurt quelques jours après son frère. Marcel avait 87 ans.
Marguerite lui a survécu mais je ne sait pas quand elle est décédée.

Voici leur famille :


Si un de vous, gentil lecteur, vivez près de Meursanges, peut-être pourriez vous m'apporter cette dernière information quant au décès de Marguerite, ainsi qu'une photo de leur tombe vraisemblablement dans le cimetière de cette commune ... Noël approche ...

samedi 10 novembre 2018

I comme Implexes

I comme Implexes, voici donc le billet du jour du ChallengeAZ 2018 que je vous propose.

Dans nos généalogies nous avons tous, tôt ou tard, à des degrés divers, un puis des implexes généalogiques.

Un implexe est tout simplement le fait de retrouver dans son ascendance au moins deux fois le même couple.

Niveau statistique, dans mon ascendance, c'est plus de 460 ancêtres que je retrouve au moins deux fois, voir plus.

L'implexe le plus récent dans mon ascendance, date du mariage en 1830 de Louis PONTOIZEAU (1809-1874) et de Marie Marie-Anne HUGUET (1806-1842), mes sosa 32 & 33, les grand parents de mon arrière grand père dans ma ligne agnatique. En effet, Louis épouse la cousine germaine de son père, comme vous pouvez le voir sur ce schéma :

Du côté maternel, le plus récent, date du mariage en 1815 de Louis REGNIER (1795-1866) et de Marie-Anne MARTIN (1794-1842), mes sosa 118 & 119. Dans leur ascendance de multiples cousinages : 
- Louis et Marie-Anne sont cousins issus de germains, en effet les deux pères sont cousins germains, 
- mais les parents de Louis sont eux-même cousins germains, 
- et la mère de Louis et le père de Marie-Anne sont aussi cousins issus de germains ...

Avec l'ascendance de Louise (1826-1864), mon aïeule, la fille de Louis et Marie-Anne, sur 5 générations vous visualiserez mieux ces multiples cousinages !


Ce qui donne à la 5ème génération, seulement 7 couples là où il devrait y en avoir 16 !

En remontant dans mon ascendance, dans le temps, je retrouve bien entendu d'autres cas d'implexes comme je l'ai mentionné plus haut, plus de 460 ancêtres trouvent place plus d'une fois :

2 fois : 305 ancêtres, 
3 fois : 111, 
4 fois : 37, 
5 fois : 8, 
6 fois : 3,
7 fois : 1

Mon ancêtre ayant le plus grand nombre de sosa, est un ancêtre virtuel, N... BENETEAU, né vers 1570 sans doute à St Hilaire de Riez (85), que je retrouve 8 fois :
6 fois avec son fils Luc (ca 1597-1677), sosa 2238, 2634, 5294, 5330, 5470, 5582
2 fois avec son autre fils, Jacques (ca 1605-1666), sosa 2628, 2668