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mardi 7 juin 2022

Enfants naturels dans la descendance de Jeanne

Pour le #généathème de juin 2022, Généatech nous propose d'écrire sur les enfants nés hors mariage ou autrement dit les enfants naturels.


Depuis des années, j'avais remarqué dans une branche de ma généalogie, dans la famille DUPONT(D), une répétition de naissances d'enfants naturels génération après génération. Dans cette famille, la situation précitée commence avec Jeanne GROUSSET, ma sosa 81 à la 7ème génération.

Tous les lieux cités se situent en Vendée.

Génération 1

Jeanne GROUSSET, née le 22 mai 1773 sur la paroisse de Challans, de Alexis (ca 1723-1793) laboureur et de Jeanne BOUHIER (ca 1737-1789).

Jeanne est la 8ème enfant du couple sur 10, Alexis ayant eu d'un premier mariage une petite fille décédée en bas âge. Des enfants d'Alexis et Jeanne, Jeanne sera la seule fille a atteindre l'âge adulte, ainsi que quatre de ses frères mais dont seulement deux convoleront en justes noces.

Lors du "dénombrement de population de plus de 12 ans" de l'an IV de la République, on retrouve Jeanne alors dite âgée de 26 ans en la métairie de la Barre Ferrée sur la commune de Commequiers. Dans ce dénombrement, une information indique qu'elle vit sur la commune depuis 6 ans. Ce document liste la population par ordre alphabétique. Il n'est pas daté, il parait donc anachronique avec ce qui suit, ou les informations (lieu de vie et état matrimonial) sur Jeanne sont erronées...

C'est dans cette même commune que Jeanne donne naissance à un enfant né hors mariage le 31 mai 1795 (soit le 12 prairial an III) et retrouvé sur le registre des baptêmes clandestins célébrés par le prêtre réfractaire TENEBRE seulement le 5 août suivant. Ce délai peut s'expliquer par les troubles dans le secteur en cette période (guerre de Vendée). 

L'acte de baptême rédigé d'un premier jet comme un acte de baptême d'un enfant légitime et ensuite corrigé et modifié dans le sens d'une naissance d'un enfant né de père inconnu !


Je suppose donc que ce petit Pierre est né fin mai 1795 hors mariage, mais que ses parents, André DUPONT (ca 1773-1837) et Jeanne, se sont unis avant le baptême début août. Cette interprétation est d'autant plus plausible que la métairie du "Boisvio" (Boisviaud) est exploitée par la famille DUPONT à cette époque et que, de plus, la métairie de la Barre ferrée n'est distante que de quelques centaines de mètres du Boisviaud.

En avez-vous la même interprétation ?

Le registre clandestin, qui ne couvre que la période du 4 mai au 10 août, contient quelques mariages mais pas celui du couple DUPONT-GROUSSET.

Par la suite le couple aura sept autres enfants dont deux filles que nous retrouverons dans le paragraphe suivant. 

Pierre quant à lui aura une vie relativement courte puisqu'il décède peu avant ses 18 ans alors qu'il était domestique. Il meurt chez ses parents dans le petit village de la Charreau de Commequiers le 19 février 1813.

Génération 2

Marie, première fille et second enfant du couple DUPONT-GROUSSET, est née le 13 octobre 1797 (22 vendémiaire an VI) en la métairie du Boisviaud de Commequiers.

Lors du recensement de la population de 1816, disponible pour la commune de Commequiers, Marie, âgée de 18 ans, ne vit plus avec ses parents et je ne la retrouve pas sur la commune. Elle doit être domestique sur une autre commune puisque je retrouve à Commequiers ses frère et sœur cadets déjà placés (âgés de 13 et 12 ans).

Marie, devenue journalière et âgée de plus de 30 ans, n'est toujours pas mariée lorsqu'elle tombe enceinte à la fin du printemps 1828.

Elle met au monde un petit garçon le 24 février 1829, chez ses parents au Creux Rouge à Commequiers. Ce même jour, c'est le grand père André DUPONT, journalier, qui va déclarer la naissance à la mairie.


Dès lors, Marie et son fils vont vivre quelques années chez les parents DUPONT. En effet, on les retrouve lors du recensement de population de 1831 au Creux Rouge. Marie y est d'ailleurs prénommée Jeanne !


Marie reste célibataire, et continue de vivre chez ses parents avec son fils. Après la disparition de sa mère en 1841, veuve depuis 1837, elle vit seule comme journalière alors que son fils est placé comme domestique.

Quelques années plus tard, François revient vivre avec sa mère dans le village de la Charreau de Commequiers.

En vieillissant, Marie indigente est "secourue par la charité". François quant à lui se marie en novembre 1862 avec une jeune fille de 20 ans, Rose BOURON (1842-1900). Il est alors journalier à la Charreau.

Marie s'installe avec le jeune couple au grand Village de Commequiers et y meurt quelques années après, le 12 octobre 1867, la veille de ses 70 ans. Son fils François va déclarer cette disparition à la mairie le lendemain et il donne à sa mère l'âge de 78 ans !

François, après avoir eu de nombreux enfants jusqu'en 1882, meurt quelques années plus tard le 25 avril 1891 à 62 ans dans sa maison du Point du Jour de Commequiers. 


Revenons quelques décennies plus tôt avec la jeune sœur de Marie, Rose Charlotte.

Rose Charlotte, est née le 19 octobre 1802 (27 vendémiaire an XI), toujours à Commequiers. Elle est la quatrième enfant et seconde fille du couple DUPONT-GROUSSET.

Lors du recensement de la population de 1816, cité plus haut, Rose alors prénommée Marie, âgée de 13 ans, est domestique à l'Hermitage de Commequiers chez Jean PRAUD.

Quelques années plus tard, en 1822, Rose tombe enceinte à l'approche de ses 20 ans. Elle met au monde une petite fille, Joséphine, le 11 mars 1823. Cette naissance a lieu chez ses grand parents DUPONT à la Charreau, proche du grand Village. C'est André, le grand père, qui déclare la naissance le jour même.


Rose et sa fille restent vivre dans le foyer DUPONT-GROUSSET. On les retrouve lors du recensement de 1831 (voir plus haut) et 1836. 



En 1839, en quelques jours, Joséphine puis sa mère vont perdre la vie. Tout d'abord, le 31 mars, Joséphine, alors domestique chez Jean BOURMAUD des Plantes, s'éteint chez sa grand mère au Creux Rouge, là où elle a vu le jour tout juste 16 ans plus tôt. Et puis, le 17 avril, Rose Charlotte meurt à son tour au Creux Jaune (!), elle y vivait avec sa mère et y était journalière. Rose avait 36 ans. C'est son frère André (1806-1855) qui déclare son décès le lendemain.

C'est d'ailleurs avec les filles d'André, mon aïeul, que nous allons continuer.

Génération 3

André, le frère cadet de Marie et Rose Charlotte, est né le 18 décembre 1806 à la Charreau. Il est le 6ème enfant et quatrième fils du couple DUPONT-GROUSSET.

Il est placé comme domestique aux alentours de ses 10-12 ans comme c'était la coutume dans les familles pauvres à l'époque. En 1828, il est domestique sur la commune voisine de Commequiers, Notre-Dame de Riez. Dans les années 1830, il entre aux services de Jean MILCENT dans la métairie de St Ambroise. C'est là qu'il rencontre sa future épouse, Marie-Louise MILCENT (1818-1876), la nièce de son patron, orpheline de père depuis son enfance (1823) et aussi domestique.

André et Marie-Louise s'unissent en juin 1838. Ils auront 8 enfants entre 1839 et 1854.

Rose Adelle, est la troisième enfant et seconde fille du couple DUPOND-MILCENT. Elle est née le 23 septembre 1843 dans le village de la Bloire de Notre-Dame de Riez.

Domestique dès la fin de son enfance, en 1856, elle y est dans le village des Boucheries chez Charles BOURMAUD, puis en 1866, elle y est au Clouzis chez François BERTHOME, le frère de son beau-frère.

C'est cette année-là que Rose tombe enceinte. Au début de l'année suivante, le 17 février 1867, une petite Rose Eulalie voit le jour dans le village de Port Neuf. Le lendemain, c'est Alexandre DUPOND (1841-1912), le frère aîné de Rose, chez qui elle vit et a fini sa grossesse, qui déclare la naissance.


Par la suite, Rose et sa fille, prénommée usuellement Marie-Rose, s'installent dans la maison de sa mère près du Moulin Rouge. En effet, cette dernière était louée depuis le remariage de Marie-Louise MILCENT en 1862, mais vient d'être libérée depuis peu en 1867.

C'est là que, alors qu'elle n'a que 26 ans, Rose s'éteint le 27 juin 1870. Sa mère était devenu veuve depuis le 11 !

La petite Marie-Rose, qui n'a que 3 ans, est pris en charge par sa grand mère, revenu dans sa maison après son veuvage, et sa jeune tante Hortense (1854-1877). Marie-Rose est "secouru par la Charité".


Après le décès de sa grand mère à l'été 1876, Marie-Rose s'installe dans le foyer de sa tante Marie (1839-1883), veuve de Pierre Louis BERTHOME (1831-1870) et mère d'un petit Pierre (1869-1898), un peu plus jeune qu'elle.

Ensuite placée comme domestique, je perds sa trace jusqu'à son mariage, le 22 août 1898 sur la commune de Croix de Vie avec un marin, Charles VINCENDEAU (1870-1925). A cette date, elle est domestique sur ladite commune. Ses témoins sont ses cousins germains, elle a donc garder contact avec les membres de sa famille.

Après 1909, le couple et leurs deux filles s'installent sur la commune voisine de Saint Gilles sur Vie. Charles s'éteint le premier en 1925 à l'âge de 55 ans. Je perds la trace de sa veuve à partir de là.

Je ne trouve pas la trace de Marie-Rose dans les tables de successions et absences jusqu'en 1954... peut-être est-elle décédée après ? ou a-t-elle suivi sa seule fille survivante ? (Elle-même décède en 1973 à Lorient et inhumée à Riantec dans le Morbihan).

De nouveau, revenons un peu en arrière.

Marie Aimée, usuellement simplement Aimée, est la 5ème enfant et 4ème fille du couple DUPOND-MILCENT. Elle est née le 11 mars 1850 au Moulin Rouge dans la bourrine du couple construite depuis environ 5 ans.

Aimée, orpheline de père à l'âge de 5 ans, reste dans le foyer dans sa bourrine natale jusqu'au remariage de sa mère en 1862. Elle est alors mise aux services d'un cultivateur dans une ferme alentour (pas sur le territoire de la commune de Notre Dame de Riez en 1866 et 1872).

A l'automne 1875, Aimée se trouve enceinte. Elle vient finir sa grossesse chez sa mère au Moulin Rouge. C'est là que Mathurin Célestin voit le jour le 20 juin 1876. Sa naissance est déclaré le soir même par un voisin et sa mère est dite journalière.


Quelques semaines plus tard, le 8 août, la grand mère, Marie-Louise meurt à l'âge de 57 ans. Aimée et son fils quittent donc la bourrine et s'installent alors à la Maison Neuve. Mathurin ne vivra pas très longtemps après, le 27 août il décède à seulement deux mois.

Aimée s'installe alors au Bois Blanc où on la retrouve seule lors du recensement de population de 1876, en fin d'année.

Par la suite, on retrouve Aimée dans le bourg. C'est là, qu'elle tombe de nouveau enceinte à la fin de l'été 1879. Elle accouche le soir du 25 mai 1880 d'une petite fille, Marie-Rose Aimée. Un cousin éloigné va déclarer la naissance à la mairie le lendemain, il prénomme la mère Aimée Marie-Rose et la dit âgée de 32 ans.


Malheureusement, la petite Marie-Rose meurt aussi en bas âge le 2 novembre suivant à l'âge de 5 mois. Le décès est déclaré par un voisin, Jean-Marie POGU, à la profession bien particulière : preneur de taupes !

Quatre ans plus tard, alors journalière sur la commune voisine de Saint Hilaire de Riez, Aimée, âgée de 34 ans, finit par se marier avec un veuf (par deux fois) de 23 ans son aîné, Jean VRIGNAUD (1827-1908). Les témoins de Aimée, sont son oncle André BRIAND (1829-1894) et son frère Alexandre (déjà cité plus haut). Le couple n'aura pas d'enfant.

Aimée s'installe chez son époux à la Maison Neuve, où il vit avec ses fils.

Une fois veuve, elle continue de vivre avec les fils de Jean. C'est donc à la Maison Neuve que Aimée s'éteint à l'âge de 71 ans le 4 octobre 1921.

Pour la génération suivante, nous allons partir de la dernière fille d'Alexandre (cité plus haut), frère aîné de Rose et Aimée, et mon aïeul.

Génération 4

Clératine Melda, usuellement Imelda, est la 8ème enfant et 3ème fille d'Alexandre et Marie-Rose BURGAUD (1843-1939). Elle est née dans le village de Port Neuf de Notre Dame de Riez le 23 décembre 1884.

Imelda, contrairement à ses frères et sœurs, ne sera jamais placé comme domestique et deviendra couturière-tailleuse. Elle restera chez ses parents jusqu'à son union en pleine guerre mondiale en 1917.

Entre temps, en 1906, Imelda, qui vit donc dans la maison de ses parents aux Acacias, tombe enceinte. 

Son fils Emile Pierre Auguste Joseph voit le jour le 19 mars 1907. Le lendemain, le grand père va déclarer la naissance. Imelda ira reconnaitre son fils à la mairie le 9 avril suivant.


Quelques années plus tard, lors de son mariage avec Imelda, le 6 novembre 1917, Louis BONHOMMEAU (1891-1929) reconnait Emile, qui change donc de patronyme à 10 ans. Louis est mobilisé, cette union se fait lors d'une permission. Il ne sera libéré qu'en août 1919 et retrouve son épouse. Par la suite, il sera employé des chemins de fer de l'Etat.

Malgré cette union, Emile continue de vivre avec sa grand mère veuve depuis 1912. Il devient menuisier. 

Emile adolescent

Très attaché à son aïeule, c'est lui et son épouse qui l'accompagneront dans ses derniers jours (vous pouvez lire mon billet sur cette fin de vie) à la fin des années 1930.

Imelda et son époux auront deux autres fils dont un qui meurt à 2 ans et demi, peu de temps après son père en février 1929.

Longtemps veuve, Imelda meurt chez son second fils, Gabriel (1920-1997), à Saint Hilaire de Riez en décembre 1972, quelques jours avant ses 88 ans.

Emile aura la même longévité et s'éteint à l'âge de 88 ans le 8 mai 1995. 

Hors sujet : C'est sa veuve Angélina BARBREAU (1911-2004), rencontré en 1998, qui me donna à ma grande joie, l'unique photo de l'aïeule Marie-Rose BURGAUD avec d'autres photos de la famille et de nombreuses anecdotes.


Voici donc ce que je peux dire de cette lignée, 7 enfants nés hors mariage sur 4 générations et un peu plus d'un siècle. Comme vous avez pu le lire, les jeunes filles qui ont connu la situation d'être enceinte hors mariage n'ont pas été rejetées par les membres de la famille, contrairement aux idées reçues sur le sujet. Le milieu relativement pauvre et donc plus solidaire n'y est peut-être pas pour rien.
Pour résumer tout cela, une frise chronologique : 




mercredi 7 avril 2021

Cinq mariages et deux paires de jumeaux !

Grâce au généathème d’avril, relancé par l’équipe de @généatech_,  je vais mettre en avant un aïeul un peu particulier dans mon ascendance puisqu’il cumule 2 records : 

  • S’être uni pas moins de cinq fois,
  • Avoir engendré deux paires de jumeaux.

Cet ancêtre est Louis BERTHOME (BRETHOME), sosa 380.

Il est né le 28 juillet 1712 sur la paroisse vendéenne de Saint Hilaire de Riez, fils de Jean (1683-1719) et de Marie BERTHOME (1692-1759). Il est le 3ème enfant du couple, 3ème sur 5 du côté paternel, 3ème sur 10 du côté maternel.


Cinq unions

De sa première union avec Madeleine BABU (ca 1707-1747) en 1736, Louis aura 7 enfants dont 2 paires de jumeaux de sexe masculin ! (voir paragraphe suivant) :

  1. Marie (1737)
  2. Jacques (1738)
  3. Louis (1741-1794)
  4. Mathurin (1741-1796)
  5. Marie Madeleine (1743-1748)
  6. Jean  (1746-ca1796)
  7. Jacques Robert (1746-1805)

Madeleine était déjà mère de 3 fils, nés de sa précédente union avec Mathurin BERTHOME (1701-ca1735). Elle n'aura pas survécu a ses nombreux accouchements.

Louis se remarie en secondes noces en juin 1748 avec Marguerite BESSONNET (1709-1749), une « vieille fille » de 38 ans, qui décède 1 an jour pour jour après le mariage.

Pour ses troisièmes noces, Louis épouse en mai 1750 une femme de 31 ans, Marie ROUSSEAU (1718-1751), qui décède à son tour, sans doute d’une fausse couche, quelques mois après l’union.

Il faudra attendre le quatrième mariage de Louis à l’été 1751 avec Louise MASSONNEAU (1713-1766) pour qu’il engendre de nouveaux des enfants, mais tous décédés avant leur père :

  1. Marie-Anne (1752-1767)
  2. Marie (1755-1757)
  3. Louis (1757-1760)

Sa cinquième union se fera en 1768, le même jour que celle de son fils avec la fille de sa future, Ursule Véronique FOUQUET (ca 1720-1781), veuve de Mathurin BARDON (1719-1764) de la métairie de la petite Angibaudrie de la paroisse de Notre Dame de Riez, sosas 382 & 383.

Louis finira sa vie dans la métairie du grand Lacois dans sa paroisse natale, où il vivait en communauté familiale. Il y meurt en octobre 1780 à l'âge de 68 ans.


Deux paires de jumeaux

Louis a donc eu de sa première union avec Madeleine BABU (sosa 381) deux paires de jumeaux de sexe masculin, et qui de plus ont, les 4 garçons, survécu jusqu’à l’âge adulte. 

La première paire nait le 11 février 1741 à Saint Hilaire de Riez :


- Mathurin 

Il épouse Marie Marguerite MECHIN (1747-1791) en 1774, et meurt en 1796 (date exacte inconnue) vers 55 ans. Il a vécu toute sa vie sur Saint Hilaire de Riez.

- Louis

Il se marie en 1767 avec Jeanne RABALLAN (1739-1799) et meurt en septembre 1794 à l'âge de 53 ans. Comme son jumeau, il n'a jamais quitté Saint Hilaire de Riez.


La seconde paire nait le 5 mars 1746 au même lieu :


- Jean, sosa 190.

Il se marie le même jour que son père (5ème union), le 13 janvier 1768 à Notre Dame de Riez, avec Marie BARDON (ca 1744-1816), sosa 191.

Il décède vers 1796 (entre le 15 septembre 1796 et le 3 avril de l’année suivante), dans le quartier des Jaries de Saint Hilaire de Riez à environ 50 ans.

- Jacques Robert

Célibataire, il meurt en novembre 1805 dans le bourg de Notre Dame de Riez à l'âge de 59 ans.





lundi 24 août 2020

Il y a 100 ans : Lucie, août 1920

En ce début du mois d’août 1920, dans la famille MARTIN, du village de la porte de l’Ile de la commune vendéenne de Saint Pierre le Vieux, aux portes du marais poitevin, il y a effervescence. En effet, la fille aînée de la famille, Lucie âgée de 19 ans va épouser son fiancé, Maurice LAURENT, 24 ans, natif de ladite commune mais installé à Paris depuis peu comme employé des chemins de fer.



Les parents MARTIN, Aristide (1870-1947), charron de son état, et Augustine (1878-1943), et la fratrie de Lucie, Laurence 18 ans, Suzanne 8 ans, Gilbert 6 ans et Raymond bientôt 4 ans, sont heureux de cet événement familial. Tout le monde sait qu’après les noces, Lucie partira pour Paris et qu’ils ne la reverront pas de sitôt.

Le 7, c’est le jour des noces, tout le monde profite une dernière fois de Lucie avant le départ prévu pour la capitale peu après.

Le jeune couple prend le train à Niort pour rejoindre Paris. 

Là-bas, Lucie et Maurice s’installent dans le quartier des Batignolles au 43 de la rue de la Félicité dans le 17ème arrondissement (aujourd’hui s’y trouve l’hôtel de la Félicité, était-ce déjà un hôtel à l’époque ?).

Mais le bonheur du jeune couple est de courte durée, Lucie tombe malade ou est victime d’un accident (recherches à faire) …

Elle est hospitalisée à l’hôpital BEAUJON*, au 208 du Faubourg St Honoré dans le 8ème arrondissement, où elle meurt le 29 peu avant 23 heures … seulement 3 semaines après son mariage …




Sans doute à la demande de la famille MARTIN et du fait de la situation professionnelle de Maurice, le jeune corps de Lucie est rapatrié dans sa commune natale pour y être inhumé dans le cimetière.



Trois ans plus tard Maurice se remarie, il devient chauffeur de bus et meurt à l’âge de 86 ans en 1982 dans le Val d’Oise.

Lucie était la cousine germaine de mon arrière-grand-mère Alexandrine MARTIN (1885-1974).


* Hospice et maison d'éducation construits en 1784 par Nicolas-Claude GIRARDIN pour le financier Nicolas BEAUJON (1718-1786). Dirigée par les sœurs de la Charité, il s'agissait à l'origine d'une institution destinée à recevoir 24 orphelins pauvres de la paroisse, mais dès 1795, elle accueille des malades et devient au début du XIXe siècle un hôpital dépendant de l'Assistance publique. Ce dernier est transféré dans de nouveaux bâtiments à Clichy-sur-Seine en 1935 en conservant le nom d'hôpital BEAUJON tandis que le bâtiment du Faubourg-St-Honoré est transformé en commissariat de police. Aujourd'hui, le bâtiment abrite également diverses activités culturelles de la mairie du 8ème arrondissement. D'un néoclassicisme austère, l'ensemble comprenait à l'origine quatre corps de bâtiments à trois niveaux autour d'une cour à laquelle on accédait par un portique voûté fermé par une grille.


vendredi 19 juin 2020

La Grande Guerre - impact familial - Louis DUPOND et Eulalie BIRON

Foyer 2 : Louis DUPOND (1871-1942) & Eulalie BIRON (1874-1947) – Notre-Dame de Riez
(toutes les communes citées se situent en Vendée)

Lors de la mobilisation générale, Louis 43 ans, ouvrier maçon et Eulalie, qui aura 40 ans dans quelques semaines, vivent dans leur bourrine de la Croix Blanche avec leurs deux dernières filles, Florina 11 ans et Léonide 9 ans, ma grand-mère. Leurs trois autres enfants Emilie, 15 ans, Lucie 14 ans et Jérémie 12 ans, sont déjà placés comme domestique de ferme. La mère de Louis, Marie-Rose BURGAUD 70 ans veuve depuis 2 ans, vit avec sa fille Imelda, mère célibataire d’un petit garçon. Ils vivent dans leur maison des Acacias sur ladite commune de Notre-Dame de Riez. Les parents d'Eulalie sont décédés respectivement en 1887 et 1892.

Louis de par son arrêt du développement et donc de sa petite taille, 1.40m, n’a pas fait de service militaire et donc n’est pas mobilisé. Cet arrêt du développement est sans doute lié à une maladie génétique puisque de nombreux membres de sa famille sont de petite taille, son frère aîné Alexandre mesure 1.45m et son frère cadet Toussaint 1.48m. Son fils Jérémie et certains de ses neveux seront aussi de petite taille.

Le couple ne voit, lors de la mobilisation générale, partir qu’un seul neveu, celui d’Eulalie, François BARANGER 33 ans de Saint Hilaire de Riez (fils de François (1851-1901) et de Hortense BIRON (1857-1936)). 
Les mois suivants, le petit frère de ce dernier, Pierre 19 ans de Beauvoir sur Mer et un cousin germain de Louis, Jérémie ELINEAU 37 ans (fils unique de Pierre (1850-1932) et de Mélanie BURGAUD (1854-1921)), cantonnier de Saint Gilles sur Vie, partent pour le front. Ce dernier est l’unique neveu de Marie-Rose.

Le parrain de ma grand-mère Léonide, Olivier GIRAUDET, fils des anciens voisins de Louis et Eulalie, jeune homme de tout juste 22 ans, incorporé au service militaire depuis octobre 1913, est tué dès septembre 1914 dans la Somme, mais son décès n’est officiellement déclaré qu’en octobre 1920.



En 1915, en février, un autre neveu d’Eulalie est mobilisé, Auguste MILCENT 26 ans de Nieul le Dolent (fils de Félix (1864-1935) et de Angèle BIRON (1864-1925)). Ce dernier meurt seulement quelques jours plus tard de maladie à l’hôpital de Fontenay le Comte sans être aller sur le front, son corps est rapatrié et inhumé à Nieul le Dolent à la demande de sa veuve, Alphonsine CHEVOLEAU (1892-1959), elle restera veuve le reste de sa vie. En mars, c’est le frère de Louis, Toussaint âgé de 39 ans de Notre Dame de Riez qui est mobilisé. Il sera le dernier proche du couple à partir.

Cette même année, en octobre, le cousin Jérémie ELINEAU est reformé. Il décédera chez lui à Coëx en février 1918 de la tuberculose, ses enfants seront adoptés par la nation et sa veuve viendra s'installer chez ses beaux-parents à Saint Maixent sur Vie.

Toussaint quant à lui, après être passé plusieurs fois devant des commissions de réforme pour maladie, finit par être détaché agricole au printemps 1917 et rentre dans son foyer à Notre-Dame de Riez.

En novembre 1917, Imelda, la jeune sœur de Louis, âgée de 33 ans épouse à Notre-Dame de Riez un jeune permissionnaire du 29ème Régiment d’Infanterie, Louis BONHOMMEAU, âgé de 26 ans.

Louis BONHOMMEAU (1891-1929)

La guerre se termine enfin en novembre 1918. Les neveux BARANGER rentrent après avoir été malades et blessés, François en mars 1919 et Pierre en septembre. De même, Louis BONHOMMEAU ne rentre qu’en août 1919.

Durant la grande guerre, ma grand-mère Léonide a été placée comme domestique de ferme chez les parents de son parrain Mort pour la France, Auguste (1858-1928) et Esther JOLY (1862-1935).

Léonide DUPOND (1905-2004) vers 1922

Les apparentés mobilisés de ce foyer (en comptant les alliés unis après la guerre) ne représentent seulement que 6.5% de la totalité des mobilisés de ma généalogie.

Note : vous pouvez retrouver tous les mobilisés de ma généalogie dans ces deux articles : 


A suivre > foyer 3 : Augustin BOUCHET (1882-1957) et Marie MAJOU (1889-1962)


mardi 16 juin 2020

La Grande Guerre - impact familial - Jean PONTOIZEAU et Joséphine RAFFIN

Avant de lire la suite, et si vous ne l'avez pas encore fait, je vous invite à la lecture de l'introduction de cette série de billets.

Foyer 1 : Jean PONTOIZEAU (1865-1940) & Joséphine RAFFIN (1865-1938) - Commequiers

(toutes les communes citées sont en Vendée)

En août 1914, mes arrières grands parents Jean PONTOIZEAU et Joséphine RAFFIN, sont à quelques jours, semaines, de leurs 49 ans. Leurs parents sont déjà décédés, ceux de Jean : Baptiste et Rose MARTINEAU depuis le début des années 1880, ceux de Joséphine : Joseph, depuis le début de l'année 1913, et Eléonore GUERINEAU depuis de nombreuses années, au printemps 1871. De par son âge, Jean n’est pas concerné par la mobilisation générale du 2 août. Ils vivent alors en location dans une petite maison sise au lieu-dit les Barres ferrées (cette habitation n'existe plus depuis de nombreuses années) proche du moulin neuf de la commune de Commequiers. Le couple pauvre vit chichement de journées et a encore la charge de leur dernière fille Marie âgée de 10 ans. Leur fils aîné, mon grand-père, Marcel âgé de 13 ans est déjà domestique de ferme dans les alentours (je ne connais pas le lieu exact, ni le nom de son patron). Le fils de Joséphine, issu d'une première union, Frédéric NORMAND, âgé de 24 ans, n'est pas mobilisable de par sa petite taille et de sa myopie.

Du point de vue purement professionnel, Jean et Joséphine ont peut-être pu se réjouir du départ de nombreux hommes de leur commune et des environs. En effet, cela leur permet d’augmenter les possibilités de travail, mais cela n’est que mon point de vue actuel, cent ans plus tard !

Même si leur foyer n’est aucunement impacté par la mobilisation générale, il en n’est pas de même pour leur environnement familial.

Jean, entre la mobilisation générale et la fin de l’année 1914, voit partir au front :
  • un neveu, Henri BRISSON 20 ans de Challans (fils de Pierre (1861-1943) et de Marie-Rose PONTOIZEAU (1862-1926)),
  • Deux neveux par alliance :
    •  Pierre MOREAU 27 ans aussi de Challans (époux depuis juin 1913 de Marie-Louise BRISSON (1887-1962)), beau-frère du précédent,
    • et Jean-Louis PONTOIZEAU 31 ans de Notre Dame de Riez (époux depuis 1908 de Clémence PONTOIZEAU (1888-1964) et gendre de Auguste (1861-1915) et Clémence PEROCHEAU (1867-1920)),
  • Et un cousin germain, Jean PEIGNE 40 ans de Challans (fils de Louis (1832-1900) et de Marie-Rose PONTOIZEAU (1838-1914), cette dernière étant décédée fin août 1914 !).

Son épouse Joséphine, quant à elle, est touchée de façon plus proche. Sur la même période, elle voit partir :
  • son frère consanguin, Joseph RAFFIN 31 ans de Commequiers,
  • son beau-frère, Jean-Marie BARREAU 36 ans de Saint Maixent sur Vie (époux depuis 1902 de Marguerite RAFFIN (1881-1943)), 
  • et un cousin germain, Jean-Louis GUERINEAU 35 ans de Saint Hilaire de Riez (fils de Pierre (1833-1912) et de Marie MORINEAU (1842-1916)).

Puis durant l’année 1915, Jean apprend le départ de 8 de ses plus jeunes cousins germains, ayant, tout de même, tous plus de 35 ans, ainsi qu’un autre neveu par alliance, Alexandre DUPE âgé de 36 ans de Saint Christophe du Ligneron (époux depuis janvier 1914 d'Aurélie PONTOIZEAU et gendre de Jean-Louis (1857-1928)). Alors qu’un autre beau-frère de Joséphine, Henri RAFFIN 41 ans de Commequiers (époux depuis 1905 de Marie-Louise RAFFIN (1879-1971), est mobilisé au printemps de ladite année.

Par la suite, aucun autre membre de leur parenté ne sera mobilisé.

En 1917, deux membres des familles de Jean et Joséphine sont réformés car atteint de maladies incurables :
  • Alexandre DUPE, le neveu par alliance de Jean, est réformé en mars pour « asthme et hypertrophie cardiaque », il décédera en mars 1919 chez lui à Saint-Christophe du Ligneron à l'âge de 40 ans.
  • Henri RAFFIN, le beau-frère de Joséphine, réformé en juin, décédera en décembre 1920 de la tuberculose à la Tonnelle de Commequiers, il était alors âgé de 46 ans. Ses enfants avaient été adoptés par la nation dès juillet 1919.
Henri RAFFIN (1874-1920)

La guerre terminée, tous les autres membres des familles de Jean et Joséphine sont rentrés, certains blessés.

Quant au frère de Joséphine, Joseph RAFFIN, après avoir été prisonnier quelques mois à Hameln en Basse-Saxe, est rapatrié en janvier 1919 et rentre à Commequiers en mars.

Joseph RAFFIN âgé (1883-1962)

Le neveu de Jean, Henri BRISSON, aussi prisonnier en Allemagne durant les derniers mois de la guerre, est rapatrié pareillement en janvier 1919 mais ne sera démobilisé qu’en septembre.

Mon grand-père Marcel qui eut 18 ans quelques jours après l’armistice du 11 novembre 1918, échappa de peu à la mobilisation …
Marcel a vécu ses premières années professionnelles durant la grande guerre, il a dû travailler durement pour compenser la rareté de la main d’œuvre agricole.
Il part en octobre 1920 au service militaire.

Marcel PONTOIZEAU (1900-1971) pendant son service militaire

Les apparentés mobilisés de ce foyer ne représentent que 17% de la totalité des mobilisés de ma généalogie.

Note : vous pouvez retrouver tous les mobilisés de ma généalogie dans ces deux articles : 





jeudi 11 juin 2020

La Grande Guerre - impact familial - introduction


De par mes origines vendéennes et deux-sévriennes, la grande guerre n'eut pas d'impact géographique sur le territoire ancestral, contrairement aux départements du nord et de l'est de la France. Mais comme dans toutes les familles, l'impact fut plutôt lié au départ des mobilisés. Ces derniers, âgés de 18 à 45 ans, ont quittés leur foyer, leurs parents pour les plus jeunes, leur femme et leurs enfants pour les plus âgés. Certains ne sont jamais revenus, d'autres reviennent blessés ou malades, et marqués à jamais.


Mes billets à venir, au nombre de quatre (voir plus bas), vont me permettre une analyse familiale sur l’impact de la grande guerre sur mes ancêtres vivants alors. Cette analyse va se baser sur les foyers ancestraux à la veille de la mobilisation d’août 1914, le vécu de ces foyers durant le conflit, et enfin au retour de la guerre au printemps 1919.

Au-delà des foyers ancestraux, j’évoquerais l’impact familial plus largement. En effet, je n’oublie pas que la mobilisation large dépeupla les contrées ancestrales et désorganisa la vie quotidienne et saisonnière de mes ancêtres.

Le point de départ de cette analyse sera les quatre foyers composés par mes arrières grands-parents, en adéquation avec leurs parents, voir grands-parents pour le dernier foyer. Point de départ qui m’a déjà servi à l’analyse statistique de « mes poilus » lors d’un précédent billet.  Ces poilus, « mes » poilus, les combattants de la grande guerre de ma famille (ancêtres, frères, beaux-frères ou cousins …) sont au nombre d'un peu plus d’une centaine. 


mardi 3 mars 2020

Chroniques des maisons ancestrales

Il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, j'annonçais que par l'avancement de mon projet "maisons ancestrales" (lire ici la genèse de ce projet) j’espérais pouvoir éditer un premier tome des chroniques de ces maisons ancestrales au cours de l'été prochain.


Cette édition se fera en très peu d'exemplaires et n'a pas pour but d'être largement diffusée.

Voulant tout de même partager avec vous, je vous dévoile ci dessous l'introduction (non définitive) de ce premier tome, suivie d'un résumé des chroniques contenues dans ce tome.
"Après de nombreuses années de passion pour la généalogie, donc de nombreuses années de recherches et de collectes d’informations sur mes ancêtres, puis sur leurs lieux de vie, j’ai eu l’envie, et le besoin, de consigner ces informations dans un écrit.
Dans cet écrit, je relate mon histoire ancestrale par le biais des chroniques des habitations. J’entends chronique des habitations ancestrales comme l’histoire commune de mes ancêtres avec leur maison, car comme le dit si bien Thierry SABOT, auteur de la collection THEMA : la maison est à la fois cellule de vie, unité de production, et signe d’inégalité sociale.
Devant l’ampleur de la tâche, je me suis contraint à une période récente qui englobe les 19ème et 20ème siècles. Cette contrainte temporelle est toutefois bonifiée par le grand nombre et la richesse des archives de cette période. 
Durant la période précitée, le nombre d’habitations ancestrales étant déjà très important, je me donne l’opportunité d’étaler mes écrits sur plusieurs tomes. 
Dans ce premier tome, j’ai rédigé la chronique de chacune des habitations dont mes ancêtres furent propriétaire dans la seconde moitié du 19ème siècle. Cela pouvait donc s’agir de propriétés ancestrales plus anciennes mais dont mes aïeux étaient encore propriétaire durant la période susdite.
Les habitations ancestrales plus anciennes, celles de la première moitié du 19ème siècle, ou plus récentes, celles du 20ème siècle, ainsi que les logements loués (métairies, borderies ou autres), feront l’objet de tomes ultérieurs.
Dans cette seconde moitié du 19ème siècle, les habitations ancestrales sont au nombre de 32. Ces habitations sont réparties sur 14 communes de l’époque, sur le département de la Vendée."



Sur la commune de Benet
Dans le village de Nessier, les maisons situées rue de la Fontaine, maisons à l’origine de la partie sud du village. Construites par plusieurs huttiers (1) dans les années 1780 dans le marais de Benet. Mes ancêtres, parmi ceux-là, y vécurent de ces années-là jusqu'en 1903. A l’heure actuelle, des cousins éloignés y vivent encore.

Non loin de là, près de Gorge Bataille, la partie nord à l'origine du village de Nessier, la cabane (2) de la Loge, qui a appartenu à mes ancêtres jusqu’en 1872, et qui était déjà occupée par eux à la fin du 18ème siècle. Elle sera détruite en 1885.

Un peu plus loin, près du village de Banzay, la maison du Pré Paradis construite en 1858 par un ancêtre sur une parcelle acquise peu avant. Elle fut propriété ancestrale jusqu’à une donation en 1888.

Près de là, la maison de la Meugne, construite vraisemblablement au début des années 1800, devient propriété ancestrale en 1817. Mon dernier ancêtre à y avoir vécu, y meurt en 1866.

Sur la commune de Sainte Christine
Dans le village actuel de la Garenne, qui à l’époque de la construction ne se nommait que le bois du Breuil, une maison bâtie en 1844. La dernière aïeule la quitte vers 1874 et elle est transmise à un collatéral qui la vend peu après.

La maison et le moulin dit de Volette, propriétés dès 1803, seront vendus en 1855. Le moulin sera détruit une douzaine d’années plus tard.

Sur la commune de Saint Sigismond
Sur le bord du canal de la vieille Autise, créé en 1833, la maison des Bourgnons fut construite en 1870, et restera dans la famille jusqu’en 1935, mais était louée les 20 dernières années.


Sur la commune de Damvix
Dans le bourg, deux maisons feront l’objet d’une chronique. Ces deux maisons propriétés depuis le 18ème siècle le resteront jusqu’au milieu des années 1850. L’une sera vendue et l’autre donnée à un collatéral.

Sur la Sèvre, une maison, bâtie sur une parcelle acquise en 1864, qui n’eut sans doute pas le temps d’être habitée par mes ancêtres car vendue à peine finie en 1868.

Plus loin, aux cabanes du marais Lussaud, toujours sur la Sèvre, la maison sise actuellement rue des petites cabanes construite en 1855 et vendue en 1903.

Sur la commune de Liez
Dans le bourg, sise rue basse, la propriété, divisée en deux avant d’être de nouveau une seule entité, fut acquise dans la dernière décennie du 18ème siècle et sera vendue près d’un siècle plus tard en 1885 à un collatéral.

Dans le village du Courtiou, la maison acquise en 1803, sera vendue en fin d’année 1880, et détruite dans la décennie.

Dans le village des Plantes, à l’écart, mes ancêtres achètent tardivement une maison, en 1838, transmise après décès en 1865 à une collatérale.

Sur la commune de Saint Pierre le Vieux
Dans le village de la Porte de l’Ile, une petite maison acquise tardivement sous seing privé en 1878 et revendue dès 1889.

Sur la commune de Mervent
Dans le village de la Jamonière, tout d’abord une borderie (3) acquise en copropriété par un ancêtre et son frère dès la première décennie du 19ème siècle, ledit frère la vend en viager à mon ancêtre peu après, puis transmise par testament en 1830 et officiellement habitée par mes ancêtres seulement en 1834. Transmise ensuite par donation, et mon dernier aïeul, à y avoir vécu, décède en 1870. Une trentaine d’année plus tard, elle est vendue.

Dans ledit village, une autre maison fut construite en 1864 sur un terrain hérité, la maison sera vendue en 1901.

  • un billet fut consacré à cette maison lors du challengeAZ 2018 : C comme Champs

Dans le village de la Chopinière, une maison acquise en 1842 par un père et son fils, et sera transmise de façon collatérale après 1889.

Dans le village de la Gajonnière, une borderie acquise en 1798 et transmise à des collatéraux en 1852.

Sur la commune du Simon la Vineuse
Sur l’ancienne commune de la Vineuse, rattachée en 1828 au Simon pour devenir le Simon la Vineuse, au lieu-dit la Crulière, deux maisons qui en n’étaient qu’une à l’origine (achat de 1785), entrent dans les biens ancestraux de façon collatérale en 1815 et par le biais d’un achat en 1843. L’une, quoique bien collatéral dès 1848 y accueille une ancêtre jusqu’en 1861. Elle sera vendue ensuite en 1881. L’autre restera maison ancestrale jusqu’en 1889.

Sur la commune de la Réorthe
Dans le village de la Forêt, deux maisons ancestrales depuis le 18ème siècle qui se sont transmises de partage en donation jusqu’en 1883, puis de façon collatérale. Abandonnées en 1906, elle fut détruite vers 1909.

Sur la commune de Notre Dame de Riez
Dans le secteur nommé la Bloire, maison dite de la Triée, acquise avec son moulin, dit le grand moulin (renommé le moulin rouge après la guerre de Vendée), dans les années 1760. Le moulin est transmis à un collatéral lors d’un partage en 1798. Maison transmise et partagée, la dernière aïeule a y décédée, meurt en 1859. Transmise ensuite de façon collatérale, mon arrière-grand-père, y fut, chez son grand-oncle, domestique jusqu’au décès de ce dernier en 1894.

Dans le secteur du Creux Jaune, la bourrine (4) ancestrale construite vers 1840 sur un terrain acquis en 1801, sera propriété jusqu’à sa destruction en 1897 et la vente du terrain l’année suivante.

Près du moulin rouge, cité plus haut, la bourrine construite vers 1844, sur un terrain acquis après un héritage collatéral, accueillera mes ancêtres jusqu’au décès de la dernière habitante en 1876. La bourrine est détruite et le terrain vendu peu après ce décès.

Près de la métairie de la Fruchette, entre le village de Port Neuf et celui des Boucheries, la bourrine acquise dans les derniers jours de l’année 1871, sera vendue en ruine une douzaine d’années plus tard.

Au lieu-dit les Acacias, sur une parcelle échangée lors d’un héritage collatéral, la maison est construite en 1895. Devenue bien collatéral en 1925, elle héberge néanmoins une aïeule jusqu'en 1939.

Sur la commune de Commequiers
Au lieu-dit la Tonnelle, la maison construite en 1797 sur un terrain acquis en 1791, restera en partie propriété ancestrale jusqu’en 1913, avant de l’être de façon collatéral jusqu’à la fin des années 1950.

Sur la commune du Perrier
Au lieu-dit de la Chaussée du moulin, la maison de la Chaussée, propriété familiale depuis 1742, est transmise par partage et donation au début du 19ème siècle, et perd son moulin transmis à un collatéral puis vendu. Elle sera divisée lors de partage et vente, et finie par être entièrement vendue en 1857.

Sur la commune de Saint Hilaire de Riez
Près de la métairie de la petite Martinière, le moulin et sa maison sont propriétés ancestrale depuis 1773. La maison est transmise de façon collatérale, et vendue en 1821, et le moulin en copropriété. Non loin, une nouvelle maison est construite vers 1792. Cette dernière sera en partie bien ancestral jusqu’en 1853, alors que le moulin fut vendu en 1836 et détruit peu après. La maison fut ensuite bien collatéral jusqu’à la première décennie du 20ème siècle, tout en étant loué depuis 1898.

Sur la commune de Saint Jean de Monts
Dans le village d’Orouët, au pré la Poëlière, la maison est bâtie dans les années 1790 sur un terrain acquis en 1784. Après un partage, la maison reste bien ancestral et collatéral jusqu’en 1872. Mais en partie louée dès la fin des années 1850. 



(1) Huttier : cultivateur qui exploite et vit dans une hutte, ferme typique du marais poitevin.
(2) Cabane : ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un cabanier.
(3) Borderie : petite métairie, avec une notion de surface labourable inférieure.
(4) Bourrine : habitation avec murs en terre et couverte de bourrées d’herbes aquatiques ou roseaux, habitation typique du marais breton.

samedi 13 juillet 2019

Rose, une invisible vendéenne du XIXème siècle - Deuxième partie

Dans la première partie, nous avons pu voir le cheminement de vie de mon aïeule Rose MARTINEAU, entre sa naissance en 1831, dans le lieu-dit le moulin de la Chaussée de la commune vendéenne du Perrier, dans le marais breton, et l'année 1864, quelques années après son mariage, installée en communauté familiale dans sa belle famille, les PONTOIZEAU, dans une métairie neuve dite la métairie du Caillou Blanc dans le quartier des Chênes de Challans.

Tableau de Julien DUPRE (1851-1910)

Nous allons donc retrouver Rose, au printemps 1865, lorsqu'elle se rend compte de sa quatrième grossesse (hors fausses couches totalement impossible à quantifier sauf propos familiaux).

Le 10 septembre, vers 18 heures, Rose met au monde mon arrière grand père, Jean Baptiste, dans le logement de la métairie du Caillou Blanc. 
Baptiste va faire la déclaration à la mairie le lendemain matin avec Jean "Louis" PEROCHAUD, le fils de sa belle-mère, maintenant domestique au Caillou Blanc.



Peu après, Rose apprend que sa sœur aînée, Marie (1826-1870), épouse de Pierre BABU (1824-1877) depuis 1850 et qui vit sur la commune de Notre Dame de Riez à quelques kilomètres, a aussi accouchée le 10, mais quelques heures plus tôt, de son septième et dernier enfant, une petite Aimée Adélaïde.

Au Caillou Blanc, Rose voit que Louis, le fils de sa belle-mère et sa belle-sœur Henriette, se  sont rapprochés au fil des mois, depuis que ce dernier est venu en renfort à la métairie.

Ayant "fait pâques avant les rameaux", les deux tourtereaux se marient rapidement, avec l'accord parental, le matin du 29 janvier 1866 à Challans. A cette date, Henriette est enceinte de plus de six mois ! Malgré cette union, Louis ne reconnait pas le petit Pierre qui vient d'avoir 20 mois.

Lors du recensement de population de l'année 1866, effectué en juin, on peut s'apercevoir que la communauté familiale PONTOIZEAU au Caillou Blanc s’agrandit rapidement. 

Extrait du recensement de population Challans 1866.
Le petit Pierre, enfant naturel d'Henriette est nommé PEROCHAUD par erreur ...
Aparté : le patriarche du Caillou Blanc est dit cultivateur-colon lors des recensements suivants, vous trouverez une définition du colonage partiaire ici. 

Le petit Pierre, le fils naturel d'Henriette et neveu de Rose, meurt le 12 août de la même année à 27 mois. C'est le premier décès d'enfant en bas âge de la communauté familiale PONTOIZEAU. C'est Baptiste qui ira faire la déclaration du décès.

Rose s'installe dans la routine de son labeur au Caillou Blanc lorsque vient sa cinquième grossesse à l'automne 1867. Durant cette grossesse, en décembre, elle apprend le décès de son frère François à l'âge de 31 ans ! Ce dernier laisse une veuve et deux fillettes de 2 ans et 2 mois ...

La grossesse de Rose touche à sa fin, et le 5 avril 1868 en milieu d'après midi, François Victor voit le jour. Rose va avoir 37 ans dans quelques jours. Le lendemain, Baptiste et son beau-frère Louis PEROCHAUD se rendent à la mairie pour faire la déclaration officielle de la naissance.

Peu après cette naissance, le propriétaire de la métairie, Philippe YGNARD vient à mourir dans son logis des Chênes à l'âge de 74 ans. C'est maintenant, son fils Charles "Alfred" (1824-1889), qui devient le seul propriétaire et bailleur de la communauté familiale PONTOIZEAU. Ce dernier, par le biais d'une donation en 1865 et du décès de son frère cadet en 1867, était déjà propriétaire d'une partie des biens paternels.

Les jours et les saisons passent au fil des travaux agricoles et domestiques, Rose est maintenant une mère de famille comblée et à la fleur de l'âge.

En juin 1869, le 9, c'est la noce au Caillou Blanc. Le beau-frère de Rose, Auguste, a dit oui à sa fiancée Françoise VRIGNAUD (1840-1900), une domestique des Echarneaux de Challans, orpheline et âgée de 28 ans, qu'il fréquentait depuis peu. Lors de cette noce, Rose revoit ses anciens patrons, Jean HUGUET et son épouse. Ce dernier étant l'oncle et le témoin du marié !
Avec ce mariage, et la décision d'Auguste de quitter la métairie, la communauté familiale va être un peu chamboulée et les bras d'Auguste vont manquer. Le jeune couple s'installe sur la commune voisine de la Garnache.

Un nouveau deuil dans la "grande" fratrie de Rose : sa sœur Marie épouse BABU, décède prématurément le 15 mai 1870 chez elle aux Fillées des Rouches de la commune de Notre-Dame de Riez. Marie avait 44 ans.

La quarantaine 

L'horloge tourne, témoin du temps qui passe, Rose vient d'avoir 40 ans ce 25 avril 1871. Sait-elle qu'elle n'enfantera plus ?

Le retour à la ferme  - Julien DUPRE (1851-1910)

Quelques semaines plus tard, un mois après sa naissance, le quatrième enfant de sa belle-sœur Henriette meurt fin août. C'est le deuxième enfant qui meurt au Caillou Blanc ... 
Rose se sent chanceuse de n'avoir perdu aucun de ses cinq enfants, elle pense aussi à sa petite sœur Rosalie, qui vient de perdre ses 3 enfants en bas-âge en 3 ans ! De part cet état de fait, Rose relativise sans doute les soucis de ses fils. En effet, Auguste, 10 ans, souffre de bégaiements et Jean, qui n'a pas encore 6 ans, fait de l'épilepsie ...

En novembre, le 21 plus précisément, le bail à ferme pour la métairie est renouvelé par le propriétaire, Charles "Alfred" YGNARD, pour 6 années à compter du 29 septembre de l'année suivante, 1872. 



Ce bail est rédigé par Me HERBERT en son étude du bourg de Challans. Ce renouvellement de bail nous apprend, outre les conditions d'exploitation habituelles, que :
  • les preneurs exploiteront 53 hectares, surface comprenant bâtiments d'habitations et d'exploitations, cairoy, ruages, jardin, prés et terres labourables et prés marais.
  • défricheront le plus grand des deux prés de la Davière afin de pouvoir le mettre en culture, puis après deux récoltes, faire de même pour l'autre près de la Davière. Les preneurs seront obligés de bien niveler les terrains.
  • s'engagent à exercer la plus sévère surveillance sur leurs enfants, domestiques et bestiaux (!).
  • abandonneront au bailleur un hectare de terre à défricher pour y planter les plants et graines fournis par ledit bailleur.
  • abandonneront au bailleur 80 ares de terre pour y planter une vigne, à charge pour les preneurs de faire toutes les "guéritures" (travaux de la terre) nécessaires pour la plantation et fournir la moitié de la main d'oeuvre pour ladite plantation.
  • le bailleur se réserve "pour l'amélioration en grand de la propriété des Chênes la direction des eaux sur les terres de la métairie affermée".
  • le cheptel en bestiaux est d'une valeur de 500 francs.
  • le prix du fermage consenti et accepté est de 1000 francs par an, payable en deux termes, le 29 septembre et le 25 décembre. Le premier paiement au 29 septembre 1873.


Le fils aîné de Rose et Baptiste, Jean-Louis, est maintenant un adolescent de 14 ans et son aide à la métairie est précieuse pour son oncle, son père et son grand père, le patriarche PONTOIZEAU.

Recensement de population Challans 1872

L'année 1873 voit arriver un nouvel enfant au Caillou Blanc, en effet, Henriette donne naissance à son cinquième enfant en août. La communauté familiale compte maintenant huit enfants ! Les plus grands aident les plus petits, quand aux adolescents de Rose et Baptiste, les garçons Jean et Auguste, ils aident les hommes aux travaux agricoles de la ferme.

Vient ensuite 1874 ...
Le patriarche, Louis PONTOIZEAU, qui vient d'avoir 65 ans en juillet, sans doute malade, décide de faire venir le notaire, Me HERBERT, au Caillou Blanc pour faire une donation entre époux avec Marie-Anne le 3 août. Cette donation est faite en présence du propriétaire Charles "Alfred" YGNARD.
Moins d'un mois plus tard, à 6 heures du matin, le 1er septembre, le patriarche s'éteint.
Son fils Baptiste et son gendre PEROCHAUD déclarent le décès 3 heures plus tard !

Quelques jours passent et toute la famille PONTOIZEAU se rend chez Me HERBERT pour gérer les suites du décès du patriarche, qui entraîne la dissolution de la société agricole créée en janvier 1864, comme l'article 3 le mentionnait. Ce 20 septembre, alors que tous les hommes de la famille ainsi que la veuve du patriarche sont chez le notaire, Rose est resté au Caillou Blanc avec sa belle sœur Henriette sur le point d'accoucher de son sixième enfant !
Cet acte notarié gère donc la dissolution de la société de la manière suivante :
  • La veuve, Auguste PONTOIZEAU et Louis PEIGNE pour son épouse Marie-Rose PONTOIZEAU, cèdent leurs parts à Baptiste et Louis PEROCHAUD pour son épouse Henriette, pour moitié chacun.
  • la cession est consentie et acceptée moyennant :
    • pour Auguste : la somme de 214 francs et 80 centimes,
    • pour Louis PEIGNE : la somme de 9 francs 80 centimes,
    • pour la veuve : la somme de 151 francs et 70 centimes.
  • la cession est consentie à la charge pour les cessionnaires de payer le prix de la ferme de l'année courante ainsi que les autres charges et dettes.
  • la part des cédants est évaluée à 600 francs.

Un nouveau cycle

Par cet acte, Baptiste et son beau-frère deviennent tacitement et à part égale les exploitants du Caillou-Blanc. Rose, quant à elle, devient à moitié, et enfin, la patronne de la métairie !
Même si sa belle-mère reste vivre avec eux ...

La traite - Julien DUPRE (1851-1910)

Quelques jours plus tard, Henriette accouche donc au Caillou Blanc dans le milieu de la nuit du 28 au 29 d'un fils. Rose l'assiste pendant que les hommes de la métairie partent faire la déclaration officielle.

L'automne passe, l'hiver est là lorsque Louis, le beau-frère PEROCHAUD, va faire à l'administration la déclaration de succession de son beau-père, le 2 février 1875. Cette déclaration nous apprend que la métairie du Caillou Blanc compte un beau cheptel dont une bonne partie appartient à la société récemment dissoute :
  • Moutons et brebis pour une valeur estimée à 123 francs
  • Vaches pour une valeur estimée à 330 francs
  • Veaux pour une valeur estimée à 240 francs
  • Génisses et taureaux pour une valeur estimée à 320 francs
  • Bœufs pour une valeur estimée à 790 francs
  • truie et cochons pour une valeur estimée à 80 francs
    • soit un total de 1883 francs dont 500 francs pour le propriétaire
      • soit pour la société un cheptel de 1383 francs
  • les autres valeurs mobilières de la société (meubles, outils, matériels et instruments de travail, bois et récoltes) sont estimées à 1305 francs
  • toutes les valeurs de la société PONTOIZEAU sont donc estimées à 2688 francs
    • dont 4/16 pour le couple du patriarche défunt soit 672 francs
      • soit pour la succession du patriarche 336 francs

Au printemps, quelques jours après ses 44 ans,  Rose apprend que son frère aîné Jean, âgé de 55 ans, journalier de son état, vient de mourir dans le village homonyme de la métairie, le Caillou Blanc ! Il laisse une veuve avec trois filles de 16, 14 et 10 ans ...

En janvier 1876, la métairie est encore en deuil, deux décès successifs que Baptiste et son beau-frère Louis iront déclarer :
  • le 3, Joseph, le dernier fils d'Henriette et Louis, meurt à 15 mois, 
  • le 10, c'est un frère PEROCHAUD, Alexis, qui décède célibataire à l'âge 38 ans, il était domestique dans le village de Chambourg.
Avec ces décès, la doyenne du Caillou Blanc, Marie-Anne, veuve du patriarche, vient de perdre un petit fils et un fils !

Lors du recensement de l'année 1876, plusieurs coquilles, l'agent a rajeunit Rose de 10 ans ! Outre les prénoms fluctuants comme depuis toujours, l'agent a aussi nommé la doyenne par le nom de son premier époux ...

Recensement de population Challans 1876
Durant cette année 1876, Henriette et Louis auront une petite fille, Rosalie qui ne vivra que 4 mois ...
Rose fut-elle sa marraine ?

L'année 1877 commence juste lorsque la grande faucheuse repasse par la métairie du Caillou Blanc. La doyenne, la veuve du patriarche, Marie-Anne JOLLY, s'éteint le 23 janvier à 23 heures à l'âge de 65 ans. C'est Baptiste, se disant son gendre (alors qu'il était son beau fils), qui déclare ledit décès à la mairie le lendemain dans la matinée. Quelques mois plus tard, pour l'administration de l'Enregistrement, la mairie de Challans établira un certificat de carence pour la succession.

Pour Rose, cette disparition lui permet de devenir la doyenne de la métairie, en a-t-elle conscience ?!

Rose est de nouveau endeuillée en avril : sa petite sœur Rosalie est morte à 31 ans sur la commune voisine de Soullans. Rosalie, après avoir enfantée cinq fois, laisse à son mari, Pierre JOUBERT (1841-1909) la charge d'un seul garçonnet de 5 ans (qui décédera à l'âge de 12 ans ...).

Au cœur de l'été, en pleine période de moissons, un peu de joie dans la métairie : un nouveau-né. 
Henriette, qui n'a pas encore 35 ans, vient d'être délivrée de sa huitième grossesse, un fils, Jean Pierre. 

Tableau de Julien DUPRE (1851-1910)

En novembre, les deux beaux frères, Baptiste PONTOIZEAU et Louis PEROCHAUD, ont rendez-vous avec le propriétaire, Charles "Alfred" YGNARD, chez le notaire Me HERBERT pour le renouvellement du bail de la métairie. Ce renouvellement est acté le 27. Cette fois, le bail est signé pour 4 années à compter du 29 septembre 1878. Aucune nouvelle condition d'exploitation, le prix du bail est toujours de 1000 francs par an, mais en un seul paiement annuel dont le premier paiement le 29 septembre 1879.



Les difficiles dernières années

Au printemps 1878, Rose et Baptiste, sont sans doute fier de leur fils aîné, Jean Louis 20 ans, qui a rendez-vous au conseil de révision dans le bourg. On y apprend qu'il mesure 1 mètre 69 centimètres, a les cheveux châtains clair et les yeux bleus et qu'il est "bon pour le service". Il sera donc incorporé à l'automne au régiment d'infanterie de la Roche sur Yon, le chef lieu du département de la Vendée, puis après ses "classes", il part au régiment d'artillerie de Vannes dans le Morbihan.

En 1879, au Caillou Blanc, le fils aîné parti au service, ses bras manquent pour les travaux agricoles. Même si les autres fils adolescents de Rose et Baptiste, Auguste 18 ans et Jean 13 ans, sont là pour prêter mains fortes aux métayers. Tandis que les cousines, Marie-Rose 16 ans et Marie 13 ans aident leurs mères. Les "petits", François 10 ans et Jean 9 ans, sont affectés à des tâches en adéquation avec leurs capacités. La communauté familiale gère tant bien que mal la métairie. 

Tableau de Julien DUPRE (1851-1910)

A l'automne, le fils de Rose revient de son service militaire.


Une nouvelle décennie est maintenant là et l'année 1880 apporte encore son lot de deuils pour Rose.
Tout d'abord, Henriette, sa belle sœur, sans doute épuisée par ses nombreuses grossesses, se meurt et décède le 20 mai peu après minuit à l'âge de 37 ans dans son lit au Caillou Blanc. 
Par ce décès, Rose devient la seule femme de la métairie, que de travail pour une seule femme !
La vie à la métairie est totalement différente avec ce deuil.
Quelques mois après, Rose apprend le décès de sa sœur cadette Marie. Cette dernière est morte le 2 septembre à l'âge de 40 ans dans le village des Landes. Elle laisse à son mari, Pierre Jean TOUZEAU (1838-1908), leur huit enfants dont le petit dernier, Théophile, n'a que 5 mois (ce dernier épousera en 1905 une petite fille de Rose !). Après ce décès, Pierre TOUZEAU et ses enfants s'installent dans la métairie des Rigonnières, proche de celle du Caillou Blanc.

L'année 1880 se termine, et 1881 commence ... Rose a maintenant 50 ans et sa charge de travail à la métairie depuis la disparition de sa belle-sœur l'épuise.

Tableau de Julien DUPRE (1851-1910)

C'est donc, sans aucun doute, usée par son labeur que Rose s'éteint le matin du 5 juillet vers les 7 heures.

Baptiste, après avoir perdu sa sœur Henriette, avec qui il a passé toute sa vie, vient maintenant de perdre Rose, son épouse depuis près de 25 ans. 



Ses enfants, Jean Louis 23 ans, Auguste 20 ans, Marie Rose 18 ans, Jean 15 ans et François 13 ans, accompagnent Rose jusqu'à sa dernière demeure.

Après le décès de Rose, la vie au Caillou Blanc devient très compliquée.
Le 1er octobre suivant, Me LAURENT, notaire de Challans, vient à la métairie pour y faire l'inventaire des biens "professionnels" de la communauté suite aux décès des épouses des métayers. Avec cet inventaire, on va pouvoir connaitre l'environnement professionnel de Rose avant sa disparition.
  • Cheptel :
    • deux grands bœufs
    • deux autres bœufs
    • deux bœufs de 3 ans
    • deux veaux de 2 ans
    • deux vaches
    • une génisse noire de 2 ans
    • un petit veau de 1 an
    • une petite génisse de 1 an
    • une génisse maraîchine et une petite génisse de l'année
    • cochons
    • coq, poules et poulets
      • on peut s'apercevoir que depuis 1875, ils se sont débarrassés des moutons.
  • Ustensiles aratoires et objets mobiliers :
    • une charrette garnie
    • un tombereau et une vieille roue
    • une petite charrette garnie
    • un vieux versoir
    • un autre versoir
    • une charrue et accessoires
    • deux petits versoirs
    • une meule à aiguiser
    • deux herses
    • deux mauvais versoirs
    • six béchoirs et deux fourches
    • trois socs et contre
    • jougs et courroies
    • un fauchet et un râteau
    • une petite scie à main en ferraille
    • un peigne à lin
    • une hache
    • un crible, un passeur et un tamis
    • pelles à four et travouil
    • une poêle à lessive et huit faucilles
    • trois crochets et un panier
    • un essuie main et un cor
    • un brancard et une pelle de fer

Cet acte m'apprend aussi que la communauté était endettée quasiment à la hauteur de l'actif. C'est pour cela que pour la succession de Rose, la mairie établira un certificat de carence au début de l'année 1882.
Après la rédaction de cet acte, Louis PEROCHAUD et ses enfants quittent le Caillou Blanc malgré le bail qui le lie à son propriétaire (d'ailleurs je ne retrouve pas sa famille lors du recensement de 1881) .

Recensement de population Challans 1881 - effectué entre décembre 1881 et janvier 1882, document non daté !

Baptiste y reste avec ses enfants encore quelques mois, jusqu'à la fin du bail en septembre 1882 ... avant de mourir à son tour en octobre de ladite année 1882 à l'hôpital de Challans. J'ai encore quelques actes notariés à découvrir sur cette période ...


Ainsi s'achève donc l'existence de mon aïeule Rose MARTINEAU, cette invisible vendéenne sortie des méandres du temps par le biais de mes recherches.

J'espère que ces deux billets vous auront donné l'envie de sortir vos invisibles de la pénombre  ...