mardi 8 février 2022

Mes derniers cultivateurs, de Vendée en Charente-Maritime

Par le biais du Généathème de février proposé par Généatech, je trouve l'occasion d'écrire sur les derniers cultivateurs de mon ascendance, mes grands parents paternels Marcel PONTOIZEAU (1900-1971) et Léonide DUPOND (1905-2004). 

Leur parcours, commun à beaucoup de jeunes ou moins jeunes vendéens, est celui d'un jeune couple qui décide de quitter son "pays" natal pour migrer vers une zone professionnelle plus propice à une vie meilleure.

Cette migration de Vendéens vers des départements plus au sud est liée à la situation post crise du phylloxéra dans ces départements là. De nombreux écrits existent sur ce sujet là, juste un lien pour étayer mon propos.

"Les terres en friche ont attiré des paysans vendéens qui étaient alors en surnombre et ont décidé de tenter leur chance au sud. Ils avaient d’ailleurs une double spécialité professionnelle qu’ils ont apportée avec eux et que les Charentais ignoraient : l’élevage et le labour profond."

De ferme en ferme, de département en département, mes grands parents ont eu un parcours professionnel évolutif comme vous allez le découvrir. 

J'ai eu la chance de connaitre ce parcours par la voix même de ma grand mère, même si j'ai du le compléter par des recherches n'ayant pas eu le réflexe de poser certaines questions en son temps.

La Vendée

Marcel et Léonide commencent à se fréquenter lorsque Marcel revient de son service militaire à l'automne 1922. Ils se marient en mai 1923 sur la commune de Léonide, Notre-Dame de Riez. Lors de leur mariage, Marcel est journalier agricole et Léonide servante.

Après leur mariage, ils louent une borderie dans le petit village du Vigneau (16 habitants en 1926) sur la commune de Commequiers, en bordure de la Vie, et non loin de leurs parents respectifs. Marcel continue de partir "en journée" malgré tout pour nourrir sa famille qui s'agrandit de deux enfants en 1924 et 1926.

Anecdote : Le couple loue peut être la même borderie (deux borderies mitoyennes) que les arrière grands parents de Marcel ont loué dans les années 1830, où sa grand mère maternelle est né en 1838 et où son arrière grand père est décédé l'année suivante. Je n'ai pas encore trouvé les baux.

Vue aérienne du Vigneau aujourd'hui

En 1927, le couple prend la décision de rejoindre la sœur de Léonide, Emilie (1898-1990), et son époux, Louis CHARRON (1894-1979) qui travaillent depuis quelques années (Emilie rejoint son époux après leur union en 1921) en Charente et y exploitent depuis peu une borderie.

Marcel, Léonide et leurs enfants quittent donc leur Vendée natale pour la Charente à la Saint Michel 1927.

La Charente

La famille PONTOIZEAU arrive dans la borderie qu'exploite les CHARRON dans le village du Veillard (105 habitants en 1926) de Bourg-Charente à l'automne 1927. 

L'entente est de courte durée, et Marcel et son épouse prennent la décision de chercher leur propre borderie voir métairie.

C'est rapidement le cas et un an après leur arrivée, ils quittent la Charente pour une petite métairie en Charente-Inférieure à une soixantaine de kilomètres à l'ouest.

La Charente-Inférieure 

(ancienne appellation de la Charente-Maritime jusqu'en 1941)


Marcel et Léonide prennent donc en charge une petite métairie dans le village de Chez Vinet  (12 habitants en 1931) sur la commune de Boutenac à la St Michel 1928.

Ils y resteront trois années.

Recensement de population 1931

En septembre 1931, ils travaillent dans une ferme à une dizaine de kilomètres de leur précédente métairie, dans le village de Civrac (62 habitants en 1926) de Saint Fort sur Gironde.

Trois ans plus tard, ils changent de nouveau de ferme mais toujours sur la commune de Saint Fort sur Gironde.

C'est alors qu'ils ont l'occasion de prendre en charge une métairie de plus grande envergure à une vingtaine de kilomètres, la métairie du Breuil de la commune d'Arces sur Gironde.

Cette métairie appartient à la famille CASIMIR qui exploitait elle même leurs terres auparavant avec quelques ouvriers (trois en 1926). Au début du 20ème siècle, la famille avait déjà baillé la métairie et n'y vivait plus, ayant une autre propriété sur la commune à la Croix. Le propriétaire, Léon (1880-1965), décide de reprendre un métayer, Marcel et Léonide s'installent donc au Breuil en septembre 1937.


C'est là, qu'une année plus tard, Léonide donne naissance à un troisième enfant, Lucien (mon père).
Pour l'aider dans ses taches suite à cette naissance, la mère de Léonide, Eulalie BIRON (1874-1947) vient de Vendée passer quelques semaines à la métairie.

L'exploitation de cette métairie, 14 années, est le point d'orgue de la carrière professionnelle du couple PONTOIZEAU-DUPOND.

Marcel et son taureau

Durant la seconde guerre mondiale, Marcel est mobilisé quelques mois au printemps 1940. Léonide reste seule avec ses trois enfants dont les aînés (16 et 14 ans) qui l'aident.

Arces sur Gironde se trouve à une vingtaine de kilomètres de Royan, où l'Histoire se déroule en 1944 et 1945 pour bouter l'envahisseur hors du pays. La fameuse "poche de Royan" et les bombardements sont restés en tête de ma grand mère et de mon père pourtant très jeune à l'époque. Dans ces circonstances historiques, mon oncle Marcel (1926-1953) s'engage à 18 ans auprès des FFI en septembre 1944 et quitte sa famille.

C'est aussi à cette période, que la fille du couple, Irène se marie à 20 ans avec un cultivateur du secteur, André PRAUD, de neuf ans son aîné. Le couple s'installe à Saint Georges de Didonne, après quelques années passées au Breuil.

Marcel et Léonide continuent d'exploiter le Breuil jusqu'à l'automne 1951. 

un jour de moisson à la fin des années 40,
avec une famille amie, les PIVETEAU, aussi des migrants vendéens

Anecdote : Le 29 mars 2000, avec mes parents nous avons pu entrer au Breuil, visiter la ferme et voir les pièces de vie. La propriétaire, une des filles CASIMIR née en 1930, se souvenait très bien de mes grands parents et nous livra quelques souvenirs. Ma grand mère encore vivante à cette époque mais trop âgée pour se déplacer (95 ans) fut très contente du retour de cette visite mémorielle.


Pour une raison inconnue (sans doute l'âge), le couple quitte la métairie. Marcel trouve un emploi d'ouvrier agricole chez les CAMUS, Louis (1898-1974) et Marie Madeleine (1897-1981), propriétaires sur la petite commune de Chaunac (85 habitants en 1954), à plus de cinquante kilomètres du Breuil, au sud est du département.

Les CAMUS seront aussi les premiers employeurs de mon père qui commence sa carrière professionnelle. Son premier salaire date de janvier 1953, il a 14 ans.

Après cinq années chez les CAMUS, la famille PONTOIZEAU changent de nouveau d'employeur mais aussi de département, à une quarantaine de kilomètres au nord est de Chaunac.

La Charente


En effet, c'est à l'automne 1956 que la famille PONTOIZEAU arrivent à Saint-Preuil, plus précisément  dans le petit village de Sègeville. Ils sont ouvriers agricoles chez un certain BILLOUET.

Ce qui est original, c'est que Sègeville se trouve à moins de dix kilomètres du Veillard de Bourg Charente, où Marcel et Léonide se sont installés après leur départ de leur Vendée près de trente plus tôt !

Anecdote : j'ai eu la chance d'aller en pèlerinage avec mes parents dans ce petit village il y a une dizaine d'années.

Léonide ayant l'envie d'une retraite sereine, et "ne voulant plus vivre chez les autres", d'autant plus que Marcel commence à avoir quelques soucis de santé, décide de rechercher une maison a acheter avec leurs économies, économies d'une vie de labeur.

C'est donc sur une petite annonce dans un journal qu'elle trouve son bonheur à l'été 1957. Une petite maison dans le bourg de la commune de Mazeray en Charente Maritime.

La Charente-Maritime 


L'achat est acté en octobre 1957 devant un notaire de Saint Jean d'Angély et la famille PONTOIZEAU intègre leur maison en décembre.



Une fois installé, Marcel et Léonide louent une parcelle de terre avec un jardin et une petite vigne, à quelques centaines de mètres de leur maison, pour leur quotidien.

Leur fils Lucien quitte l'agriculture et devient ouvrier menuisier quelques mois avant de partir au service militaire en novembre 1958.

La carrière professionnelle du couple PONTOIZEAU-DUPOND s'arrête donc là.



J'espère que vous aurez eu plaisir à lire le parcours de mes grands parents paternels dont voici un résumé sur une carte interactive couvrant la période de 1927 à 1957 :

lundi 18 octobre 2021

A jamais jeune femme

Aujourd’hui je vais mettre en avant une aïeule invisible qui a vécu moins de trois décennies.

Louise RICOLLEAU 
ancêtre de la 7ème génération ~ sosa 93.

- image d'illustration -

Louise fait partie des 12 aïeules (dont j’ai la date de naissance exacte) qui sont décédées avant l’âge de 30 ans. Son décès est survenu il y a exactement 212 ans.

Enfance

Louise est née le 30 novembre 1780, à la borderie (et bourrine) des Cloisons, quartier du grand marais, sur la paroisse du Perrier, au cœur du marais breton. Ses parents, Jean et Jeanne CROCHET, sont tous les deux âgés de 40 ans, ils sont bordiers dans ladite borderie (depuis septembre 1770) en limite, c’est un étier qui fait cette limite, de la paroisse voisine de Saint Jean de Monts. 


Louise est leur quatrième enfant. Avant elle, trois garçons ont vu le jour : 

  1. Jean (1769-1808), 
  2. Pierre (1771-1803), 
  3. et Denis (1774-1841).

Un an plus tard, une petite Louise Jeanne voit le jour, le 6 décembre 1781 exactement (cette dernière est décédée en bas âge à une date inconnue).

Puis au début de l’été 1782, le père de famille décède dans la borderie  à l’âge de 41 ans. Louise n’a pas encore 2 ans !

Jeanne, sa mère, ne se remarie pas et continue d’exploiter la borderie avec ses enfants, l’aîné a 13 ans…

Une décennie passe et les troubles vendéens sont là et c’est à cette époque, et donc à une date inconnue (entre le printemps 1793 et juillet 1795), que Jeanne meurt à environ 54 ans.

La fratrie RICOLLEAU continue de vivre aux Cloisons en communauté familiale. L’aîné, Jean s’est marié clandestinement (voir note plus bas) en juillet 1795 avec Renée DELAVAUD (1768-1840), native de la paroisse de Saint Hilaire de Riez mais domestique au Perrier depuis 3 ans. C’est le curé de Croix de Vie « desservant le marais » qui célèbre l’union. Les témoins de Jean sont Pierre, son frère et son oncle maternel Martin CROCHET (1744-1809), de la borderie voisine du Porteau. Lors de cette union, Louise est une adolescente de 14 ans.

Union & famille

Quelques années passent, et Louise convole en justes noces à 22 ans le 15 janvier 1803 (25 nivôse an XI) sur la commune de Notre Dame de Riez avec Jean MASSONNEAU, 29 ans, bordier de ladite commune. Il exploite depuis 1796 en communauté familiale avec son frère Pierre (1756-1815), sa belle-sœur, Jeanne DELAVAUD (1764-1827), épouse du précédent, et son père Pierre (1730-1820), la borderie des petites rues non loin du bourg de Notre Dame de Riez. Sa mère est décédée lorsqu'il n'avait que 15 ans, son père ne s'est jamais remarié. Les familles RICOLLEAU et MASSONNEAU se connaissent bien puisque Renée et Jeanne DELAVAUD sont sœurs, ce qui fait que les frères de Jean et Louise sont des beaux frères...

Louise change donc de lieu de vie et de communauté.

Ces changements engendrent quelques démarches avec son époux puis avec ses frères. Ces démarches sont actées devant le notaire MALESCOT de Croix de Vie au cours de l’année 1803 :

Don mutuel entre époux le 13 mars (22 ventôse an XI).
  • "lesquels se sont volontairement, par les présentes, donné et donnent l'un à l'autre, par forme de don mutuel et au profit du survivant d'eux, tous et chacuns leurs biens meubles, effets mobiliers et immeubles de quelque espèce et nature qu'ils puissent être, qu'ils ont actuellement et pourront avoir à leurs décès, sans aucunes exceptions n'y réserves, pour, par le survivant jouir de tous les dits biens, en usufruit seulement, et s'en mettre en possession aussitôt le décès du prémourant..."
Le 18 mars (7 germinal an XI), sous l'autorité de son mari Louise donne quittance de portion de communauté entre Louise et la communauté RICOLLEAU à Cloison du Perrier.
  • "Entre lesquelles parties il a été reconnue par ces présentes que pour remplir lad. Louise RICOLLEAU, femme dudit Jean MASSONNEAU, de la cinquième partie au total, portion pour laquelle elle était fondée dans la communauté ou société qui était entr'elle et ledit Jean RICOLLEAU, son frère, la femme dudit RICOLLEAU, et lesdits Pierre et Denis RICOLLEAU, ses autres frères, il a été par expert convenus à l'amiable entr'elles fait estimation de tous les meubles et effets mobiliers, vifs et morts, composant la communauté dont il s'agit, d'après laquelle estimation et tous comptes et précomptes faits entre les parties qui se sont fait raison, ainsi que de droit, comme elles le reconnaissent, lad. cinquième partie de lad. communauté revenant à lad. Louise RICOLLEAU femme dudit Jean MASSONNEAU, s'est trouvé monter à la somme de deux cents cinquante francs, en conséquence ledit Jean MASSONNEAU et lad. RICOLLEAU sa femme, reconnaissent avoir enlevé et retiré en leur domicile, avant ces heures des meubles et effets mobiliers qui leur ont été délivrés par ledit Jean RICOLLEAU et audit nom, jusqu'à la concurrence de lad. somme de deux cents cinquante francs..."
    • Cet acte est passé chez eux à la borderie des petites rues. 
Le 20 novembre (28 brumaire an XII), partage avec la communauté RICOLLEAU suite au décès de son frère Pierre le 27 octobre précédent (3 jours avant ses 32 ans).
  • "lesquels ont par les présents reconnu avoir fait partage et division des meubles et effets mobiliers délaissés par feu Pierre RICOLLEAU, leur frère et beau frère, dans lesquels ils étaient fondés chacun pour un tiers et d'avoir enlevés et retirés chacun par-devant soi les meubles et effets mobiliers qui composaient leurs tiers dans ladite succession mobiliaire d'après l'estimation préalablement faite entr'eux desdits meubles et effets mobiliers par experts convenus à l'amiable entr'eux et après tous comptes et décomptes faits entr'eux (...), lesdits meubles et effets estimés cent francs."
  • "et par les mêmes présentes, lesdites parties ont aussi reconnu avoir fait partage et division des immeubles délaissé tant par ledit feu Pierre RICOLLEAU, leur frère et beau frère, que par feux Jean RICOLLEAU et Jeanne CROCHET, leur père & mère, beau père & belle mère, dans lesquelles elles sont aussi fondées chacune pour un tiers, l'effet duquel partage et pour y parvenir, elles reconnaissent pareillement avoir fait estimer lesdits biens immeubles par experts convenus à l'amiable entr'elles, et en ayant composé trois lots, les plus justes et les plus égaux qu'il leur a été possible qu'elles ont tiré au sort à la manière accoutumée..."
  • "le second desdits lots, est échu et demeure par l'évènement dudit sort audit Jean MASSONNEAU et à ladite Louise RICOLLEAU sa femme, du consentement des autres copartageants constituent dans le domaine qui suit :
    • les deux tiers à prendre au bout du midi de la pièce de terre labourable désignée et confrontée à l'article dernier du premier lot, auquel l'autre tiers de ladite pièce de terre est échue. Ce sont tous les domaines échus au second lot."
    • Cette pièce de terre, dont le tiers au nord fait partie du lot de Jean RICOLLEAU, est ainsi désignée dans ledit lot :
      • "pièce de terre labourable, d'environ trente ares (une demie charruie) située au quartier du grand champ, commune de Saint Jean de Monts, séparé des deux tiers échus au second lot, par une tranchée où il sera placé une borne, tenant ladite pièce en grand du levant terre de GUITTONNEAU de St Gilles, et du couchant à celle de Martin CROCHET (oncle maternel)."

Vient ensuite le temps des grossesses et des naissances :

1. Pierre, sosa 46, né le 16 février 1804, 
2. Jeanne Louise, née le 28 février 1806, 
3. Jean, né le 16 mars 1809 et décédé le 24 septembre 1809 à l'âge de 6 mois. 

Fin de vie et Succession

Seulement quelques semaines après la disparition de son fils, Louise s’éteint chez elle à la borderie des petites rues, le 18 octobre à « midy », près des siens, à l’âge de 28 ans, mais peu avant ses 29 ans.

Son époux et son beau-frère déclarent son décès le lendemain.

Jean MASSONNEAU, pourtant âgé de seulement 35 ans lors de son veuvage, ne se remarie jamais. Les deux jeunes enfants du couple sont pris en charge par Jeanne DELAVAUD, la belle-sœur de Jean, qui vit dans la communauté et qui n'a jamais pu enfanter.

La déclaration de succession de Louise est enregistrée le 7 avril 1810, ses deux enfants sont ses héritiers et son époux usufruitier de la moitié des biens en vertu du don mutuel :
  • "les meubles estimés cent francs"
  • "22 ares de terre labourable au grand champs à St Jean de Monts estimés deux cents francs"

Dès 1820, après la disparition de Pierre MASSONNEAU, le jeune, en 1815, et celle de Pierre, le père, Jean et sa belle-sœur vivent tous les deux jusqu'à leur décès à 4 jours d'écart en septembre 1827 !


Note : 
En juillet 1795, l'union fut célébré clandestinement car le prêtre était un prêtre réfractaire. Quelques explications données au début du 20ème siècle en avant de son registre clandestin :



Voici en quelques paragraphes la vie "reconstituée" de Louise, qui restera à jamais une jeune femme.



lundi 20 septembre 2021

La maison

-  Image d'illustration - 

La maison est un lieu commun et pourtant c’est un lieu où l’on se sent en sécurité, à l’abri des difficultés extérieures.

La maison est un lieu de vie, de transmission et d’éducation.

La maison est un lieu affectif et possessif.

La maison est un lieu à la fois matériel et immatériel aux travers des souvenirs, souvenirs d’un instant ou d’une vie entière.

La maison familiale ou parentale, maison d’une génération à plusieurs générations successives, lieu d’enfance et de vieillesse.

La maison est un lieu évolutif et pourtant intemporel.

La maison est un endroit où l’on met tout notre affect. 

La maison est un lieu de partages et d’échanges.

La maison, ce lieu, cet endroit que l’on rêve tous d’acquérir, de construire, d’hériter, de transmettre.


Pourquoi ce texte aujourd’hui ?

Vous connaissez tous mon intérêt particulier pour les maisons ancestrales*. 

Et aujourd’hui, dans la longue lignée de mes ancêtres, je suis dans la situation de beaucoup de mes aïeux avant moi, je vais « reprendre » la maison parentale.

Cette maison, acquise peu après le mariage de mes parents, modifiée, agrandie, entretenue par ces derniers, deviendra mienne.

Ainsi, de par l’affect que j’entretiens pour le lieu, au-delà, de mes souvenirs et de ceux de mes parents, je vais, comme nombre de mes aïeux, devenir propriétaire de ma maison d’enfance.

Jamais, avant l’évènement à la genèse de cette décision, je n’avais imaginé qu’un jour cela adviendrait.


* J'ai déjà consacré de nombreux billets à ces dernières, et depuis peu un premier tome d'un livre :


jeudi 16 septembre 2021

Une identité ~ deux prénoms

Ma mère, ma maman, se prénommait pour tout le monde Elise, et pourtant son prénom officiel à l’état civil était légèrement différent : Lise.


Pourquoi cette différence ?

Depuis ma naissance, et jusqu’à ce que je m’intéresse à la généalogie vers mes 12 ans, j’ai toujours entendu les personnes de notre entourage appeler ma mère Elise. 

Au début de mes recherches, en consultant le livret de famille de mes parents, j’ai donc appris qu’en fait ma mère se prénommait Lise. Interrogatif, ma mère me donna comme explication une erreur de son père lors de la déclaration à la mairie le lendemain de sa naissance avec les prénoms Lise Janine Françoise.

Evolution

Sur tous les documents non officiels, le prénom d’Elise apparaissait, à une époque où l’on pouvait verbalement donner son identité sans le justifier.

Puis, peu à peu, à partir des années 90, le prénom officiel devient la norme sur tous les documents de ma mère. Mais tout le monde continuait de l’appeler usuellement Elise.

Origine

Quelques années après le début de mes recherches généalogiques, j’ai fait la demande de l’acte de baptême de ma mère. Et là, j’ai eu la surprise de voir que pour la religion, ma mère se prénommait bien Elise, et plus précisément, Elise Jeanne Françoise, soit une différence avec l’état civil même avec son second prénom.

Epilogue

Lors de la cérémonie religieuse de la sépulture de ma mère, le prêtre utilisa son prénom officiel. Cela posa beaucoup d’interrogation pour les personnes n’ayant toujours connu ma mère que sous son prénom usuel.

Aujourd’hui, j’ai un regret, celui d’avoir fait inscrire son prénom officiel sur sa pierre tombale et non l’usuel…


vendredi 14 mai 2021

La mystérieuse troisième épouse... ou comme telle

Pour ce second billet du #généathème de mai sur les histoires de remariages, je vais vous exposer le cas particulier d’un aïeul qui a convolé en justes noces 4 fois ou presque…


Jacques GROUSSIN, mon sosa 2250 à la 12ème génération, a vécu au moins sa vie d’adulte sur la paroisse de Challans (aujourd’hui en Vendée).

Né vers 1590, il fut marchand de profession (je ne sais dans quel domaine).

Je trouve sa trace pour la première fois lors de son union avec Françoise CYTEAU le 6 octobre 1610 dans ladite paroisse de Challans.

"Octobre, le sixiesme jour dud moys ont receu ensemble le sainct sacrement de mariage Jacques GROUSSIN et Françoyse CYTEAU servante pour lors chez Jehan POTIN sieur de la Juisière leurs a administré les sacrements Mre Germain REGNAUDINEAU ptre et vicaire de Challans"

 Le couple engendre au moins 3 enfants :

  • Nicolas, le 22 juin 1611
  • Pierre, le 19 avril 1615
  • Et Jacques le 8 novembre 1617.

Malheureusement, entre 1618 et 1642, les registres paroissiaux sont lacunaires pour les baptêmes…

Françoise meurt le 4 octobre 1632 dans le village de Ponthabert, sans notion d’âge.

"Octobre 1632, le quatriesme jour dud moys décéda au vilage de Ponthabert Françoyse CYTEAU vivante femme de Jacques GROUSSIN son corps fut enssépulturé dans le cimetière de ce lieu de Challans"

Quelques mois plus tard, Jacques s’unit une seconde fois, le 19 janvier 1633 avec Mathurine SOURIT, mon aïeule.

"Janvier, le mercredi dix neuviesme jour dud moys Jacques GROUSSIN marchand et Mathurinne SOURIT fille de deffunct Dominique SOURIT et Marie BRUNEAU vivant conjoints ses père et mère ont ensemble recu les St sacrements de mariage en l'église de ce lieu de Challans par moy Germain REGNAUDINEAU ptre curé de ce lieu de Challans led GROUSSIN en segondes nopces lad SOURIT en premières nopces"

Le couple a au moins une fille, Louise, née vers 1634.

Puis, Mathurine décède à une date inconnue.

On retrouve Jacques pour une nouvelle union, le 15 janvier 1637, toujours à Challans avec Marie ROUSSEAU. Et c’est là que le prêtre écrit « ledit GROUSSIN en quatriesme nopces ou toutes filles estimées pour telles, et ladite ROUSSEAU en premières nopces qui fait la quatriesme ».

"janvier 1637, le jeudi quinzièsme jour du moys de janvier an susdit Jacques GROUSSIN et Marie ROUSSEAU fille de desfunct Louis ROUSSEAU et Marie vivant ses père et mère ont (...) ensemble receu le sainct sacrement de mariage en l'église de ce lieu de Challans et ce par moy ptre recteur de ce lieu ledit GROUSSIN en quatriesme nopces ou toutes filles estimées pour telles, et ladite ROUSSEAU en premières nopces qui fait la quatriesme"

Alors que sous entend cette mystérieuse formulation ? Serez vous m’apporter une réponse ?

Toujours est il que je ne trouve nul part trace dans les unions entre 1633 et 1636 à Challans de Jacques avec une troisième épouse…

De sa 4ème union, Jacques aura au moins un fils né en 1643, Louis.

Puis il décède avant le 28 juillet 1654, date du mariage de sa fille Louise, mon aïeule.

"le 28è du mois de juillet 1654 furent espousés Guillaume fils de Pierre BOYSARD et de Jullienne MENUET et Louise fille de feu Jacques GROUSSIN et de defft Mathurine LA SOURIT par BRISSET ptre"

J'ai hâte d'avoir vos points de vue sur cette situation que je n'ai jamais rencontré hormis pour Jacques.



lundi 10 mai 2021

L'union des septuagénaires


Pour le #généathème de mai sur les histoires de remariages voici ce que je vous propose : 

Nous sommes au début de l’été 1876, plus exactement le 5 juillet.

Louis ROYER épouse en troisièmes noces, Marie Rose BONNET à Mervent (Vendée).


Louis et Marie Rose sont natifs tous les deux du mois d’août, Louis aura donc bientôt 74 ans et Marie Rose 71 ans…

Voici donc le mariage le plus tardif dans mon ascendance.

Cette union a été scellée par un contrat de mariage quelques jours plus tôt, je n’ai malheureusement pas encore récupéré ce dernier. Ce contrat doit contenir de nombreuses informations sur les conditions de cette union quelque peu atypique.

Les témoins sont :

  • Pour Louis : son beau frère, François DEPRE (frère de sa seconde épouse) et son fils Louis (premier enfant issu de sa seconde union).
  • Pour Marie Rose : son frère, Victor BONNET et son fils Alexis GOGNARD.

Louis est mon sosa 124 à la 7ème génération, il avait épousé tout d’abord mon aïeule Françoise GOUPIL en janvier 1826, soit 50 ans plus tôt. Veuf en janvier 1842 avec 5 enfants vivants (une petite fille étant décédée à l’âge de 6 ans), Louis s’unit ensuite en novembre 1843 avec Marie DESPRE. Cette dernière lui donne aussi 6 enfants. Les trois derniers enfants meurent respectivement à 6 semaines, 23 ans et 6 ans, avant le décès de leur mère en mai 1875 à l’âge de 66 ans.

Marie Rose, quant à elle, est aussi veuve deux fois avant cette union. Elle a tout d’abord épousé en 1827 Pierre GOGNARD. Ce dernier meurt après 37 ans de mariage et plusieurs enfants. Marie Rose s’unit, déjà à un âge avancé, en 1872 à 66 ans avec Henri MORISSET, qui décède après seulement 13 mois de mariage en juillet 1873 à l’âge de 68 ans.

Comment ces deux septuagénaires se sont rencontrés ?

Je ne connais pas la réponse, d’autant plus qu’ils ne vivaient pas dans la même commune, même si leurs lieux de vie n’étaient pas très éloignés. Louis vivait lors de son mariage dans sa maison à la Chopinière de Mervent (que son père décédé en mars 1874 à près de 93 ans lui avait laissé). Marie Rose vivait pour sa part dans le village de Puy de Serre à plus de 6 kilomètres au nord-est de la maison de Louis.


L’union durera un peu plus de 10 ans. 

Marie Rose décède la première en mars 1887 à 81 ans. Louis lui survit 2 ans et meurt en juin 1889 à l’âge de 86 ans. Ils sont tous les deux décédés dans la maison de la Chopinière.


Le petit plus de cette union tardive : Quelques mois après le décès de Marie Rose, en août 1887, Louis aura assisté au mariage de son petit-fils Valentin DUTAUD (1862-1927) avec la petite fille de Marie Rose, Marie MACOUIN (1866-1951)… 


mercredi 7 avril 2021

Cinq mariages et deux paires de jumeaux !

Grâce au généathème d’avril, relancé par l’équipe de @généatech_,  je vais mettre en avant un aïeul un peu particulier dans mon ascendance puisqu’il cumule 2 records : 

  • S’être uni pas moins de cinq fois,
  • Avoir engendré deux paires de jumeaux.

Cet ancêtre est Louis BERTHOME (BRETHOME), sosa 380.

Il est né le 28 juillet 1712 sur la paroisse vendéenne de Saint Hilaire de Riez, fils de Jean (1683-1719) et de Marie BERTHOME (1692-1759). Il est le 3ème enfant du couple, 3ème sur 5 du côté paternel, 3ème sur 10 du côté maternel.


Cinq unions

De sa première union avec Madeleine BABU (ca 1707-1747) en 1736, Louis aura 7 enfants dont 2 paires de jumeaux de sexe masculin ! (voir paragraphe suivant) :

  1. Marie (1737)
  2. Jacques (1738)
  3. Louis (1741-1794)
  4. Mathurin (1741-1796)
  5. Marie Madeleine (1743-1748)
  6. Jean  (1746-ca1796)
  7. Jacques Robert (1746-1805)

Madeleine était déjà mère de 3 fils, nés de sa précédente union avec Mathurin BERTHOME (1701-ca1735). Elle n'aura pas survécu a ses nombreux accouchements.

Louis se remarie en secondes noces en juin 1748 avec Marguerite BESSONNET (1709-1749), une « vieille fille » de 38 ans, qui décède 1 an jour pour jour après le mariage.

Pour ses troisièmes noces, Louis épouse en mai 1750 une femme de 31 ans, Marie ROUSSEAU (1718-1751), qui décède à son tour, sans doute d’une fausse couche, quelques mois après l’union.

Il faudra attendre le quatrième mariage de Louis à l’été 1751 avec Louise MASSONNEAU (1713-1766) pour qu’il engendre de nouveaux des enfants, mais tous décédés avant leur père :

  1. Marie-Anne (1752-1767)
  2. Marie (1755-1757)
  3. Louis (1757-1760)

Sa cinquième union se fera en 1768, le même jour que celle de son fils avec la fille de sa future, Ursule Véronique FOUQUET (ca 1720-1781), veuve de Mathurin BARDON (1719-1764) de la métairie de la petite Angibaudrie de la paroisse de Notre Dame de Riez, sosas 382 & 383.

Louis finira sa vie dans la métairie du grand Lacois dans sa paroisse natale, où il vivait en communauté familiale. Il y meurt en octobre 1780 à l'âge de 68 ans.


Deux paires de jumeaux

Louis a donc eu de sa première union avec Madeleine BABU (sosa 381) deux paires de jumeaux de sexe masculin, et qui de plus ont, les 4 garçons, survécu jusqu’à l’âge adulte. 

La première paire nait le 11 février 1741 à Saint Hilaire de Riez :


- Mathurin 

Il épouse Marie Marguerite MECHIN (1747-1791) en 1774, et meurt en 1796 (date exacte inconnue) vers 55 ans. Il a vécu toute sa vie sur Saint Hilaire de Riez.

- Louis

Il se marie en 1767 avec Jeanne RABALLAN (1739-1799) et meurt en septembre 1794 à l'âge de 53 ans. Comme son jumeau, il n'a jamais quitté Saint Hilaire de Riez.


La seconde paire nait le 5 mars 1746 au même lieu :


- Jean, sosa 190.

Il se marie le même jour que son père (5ème union), le 13 janvier 1768 à Notre Dame de Riez, avec Marie BARDON (ca 1744-1816), sosa 191.

Il décède vers 1796 (entre le 15 septembre 1796 et le 3 avril de l’année suivante), dans le quartier des Jaries de Saint Hilaire de Riez à environ 50 ans.

- Jacques Robert

Célibataire, il meurt en novembre 1805 dans le bourg de Notre Dame de Riez à l'âge de 59 ans.