lundi 19 février 2018

La très (trop) jeune mariée

En ce mois de février, un des généathèmes proposés par Sophie BOUDAREL est de partager les diverses curiosités de nos arbres.

Aujourd'hui, je vais donc vous faire part d'une curiosité en la personne de Marie Madeleine CHAILLOU, la fille de mes ancêtres Antoine (ca 1677+1749) et Marie PILLET (1691+1739), sosas 534-535 et 1038-1039.

jeune fille vendéenne

Tout se passe lors du mariage de Marie avec François MARAIS, le 7 juin 1728 sur la paroisse de Soullans, située dans le Bas-Poitou, aujourd'hui sur le département de la Vendée :



Comme vous pouvez le voir dans le corps de l'acte, rien d'anormal mais une mention marginale nous interpelle : 


"nul (le mariage) la proparlée nayant pas lâge compétans"

Marie n'avait donc pas atteint l'âge nubile, ce que le prêtre appelle simplement l'âge compétent, qui est l'âge exigé par la loi pour qu'un individu puisse contracter mariage (en âge de procréer). Sous l'ancien régime, cet âge était de 12 ans pour les filles et de 14 pour les garçons.

En effet, Marie est née le 8 novembre 1716 sur la paroisse voisine, Challans, et n'a donc lors de cette bénédiction nuptiale que 11 ans et 7 mois (moins 1 jour) !!


Comment se fait-il que le prieur qui célèbre cette union n'a pas vérifié cet état de fait ?
Toujours est-il que le mariage est donc annulé ... mais réhabilité le 25 février suivant lorsque Marie a atteint l'âge nubile de 12 ans et 3 mois ...

Les mariages précoces sont très courant dans la famille :


Dans cette vue partielle de la famille proche de Marie vous pouvez voir que :
  • sa mère s'est unie à 13 ans et demi
  • sa tante maternelle s'est mariée à un mois de ses 14 ans
  • et que sa soeur cadette Anne va se marier vers ses 14 ans (avec le cousin germain de son mari par ailleurs !)

Marie est-elle restée avec chez son époux pendant la période entre l'annulation et la réhabilitation du mariage ou est-elle revenue chez ses parents ? J'ai mon idée ...

Une fois le mariage devenu valide, le couple n'aura son premier enfant que le 16 janvier 1735, une petite Jeanne à Soullans (décédée le 14 août 1742 à Challans), Marie a alors 18 ans.

En janvier 1737, c'est une petite Marie qui voit le jour mais qui meurt le 9 février suivant.

Par la suite, Marie donne la vie plusieurs fois sur la paroisse de Challans :
Marie Magdelaine née le 6 mai 1738
Ursulle Victoire née le 10 septembre 1740
François né le 25 décembre 1743
Claude Louis né le 5 février 1746
Françoise née le 12 mars 1748
Etienne né le 3 mars 1752
Louise née le 28 février 1755
Pierre né le 11 juillet 1756

Voilà donc la curiosité du mariage très, trop précoce de ma collatérale Marie CHAILLOU.


1 commentaire:

  1. Houla ! Ça fait drôle ces mariages plus que précoces ! Difficile de juger avec nos regards d'aujourd'hui les pratiques de nos ancêtres mais tout de même, ça met mal à l'aise !

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