jeudi 24 janvier 2019

l'oncle incestueux, légende familiale ... ou pas

Aujourd'hui je vais vous narrer une histoire bien particulière, une histoire d'inceste !


Même si les protagonistes sont décédés depuis bien longtemps et que la personne m'ayant révélé cette histoire l'est aussi depuis quelques années, j'ai décidé de changer les prénoms des personnes concernées et de ne pas dévoiler l'identité de mes ancêtres concernés, sans doute par pudeur et par respect pour leur mémoire ...

Tout commence en 1998, lors d'un périple généalogique, j'avais pris rendez-vous avec la veuve d'un cousin d'un de mes grand parents, pour pouvoir savoir si elle avait en sa possession des documents, photos et anecdotes sur la famille de feu son époux et donc de la famille de mon aïeul.

Cette cousine avait alors dépassé les 85 ans, commençait à perdre la vue mais gardait intacte "sa tête" !

Lors de notre entrevue, chez elle, qui dura plusieurs heures, on échangea beaucoup, en effet elle était très bavarde et contente de pouvoir échanger sur le passé, elle me donna énormément de photos de familles. Dans sa jeunesse, après son mariage à la fin des années 1920, elle avait vécue quelques années avec la grand mère de son époux, Agathe, et donc la grand mère de mon aïeul !

Quasiment à la fin de cette rencontre, elle me demande si j'avais trouvé, lors de mes recherches, un enfant naturel qu'Agathe aurait mis au monde avant son mariage.
Ma réponse est négative et je lui demande pourquoi cette question ? La vieille dame me dit alors : "Agathe m'a dit qu'avant son mariage, elle avait eu un enfant avec un oncle !"
Je suis alors stupéfait de cette révélation et dans ma tête, je ne vois qu'un seul oncle, un oncle maternel, qui aurait pu être le fautif de cet ignominie mais le contexte familial ne collait pas ... 
Sans doute à la fin de sa vie, Agathe avait voulu se libérer de ce lourd fardeau qu'elle porté depuis la fin de son enfance, en livrant cette histoire à sa petite belle fille à peine plus âgée qu'elle à l'époque ...

Pendant de longues années, j'ai cru à une légende familiale mais en regardant et en étudiant de plus près le contexte familial, je crois en la véracité de cette histoire, même si je n'ai jamais trouvé d'enfant naturel, mais peut-être que cette sordide histoire s'est soldée par une fausse couche et c'est tant mieux ! Et que dans les dires de l'aïeule Agathe, "avoir eu un enfant" signifiait surtout être tombée enceinte ...

Voici le contexte qui me permet de croire en cette histoire :

Nous sommes au milieu des années 1850, Jean, le père d'Agathe, une cinquantaine d'années, vit dans la maison familiale qu'il partage avec son frère célibataire, Philippe, son cadet d'un an. Jean est marié depuis quelques années avec Anne, et Agathe est leur fille aînée.
Ladite maison familiale, ainsi que les terres attenantes, sont un héritage de la mère des deux frères et ils se le partagent à 50% chacun.

Entre 1856 et 1861, Agathe est alors adolescente, Jean et toute sa famille quittent la maison familiale laissant Philippe seul pour exploiter les terres familiales !
Mais aucune vente, Jean garde l'entière propriété de ses biens. Et sans doute, met-il en location sa portion de maison et de terre ...
La famille de Jean s'installe en location, dans une autre commune à plus de 3h30 de marche, là où jadis sa femme, Anne, fut servante dans la belle famille de son frère (le fameux oncle maternel qui m'était venu en tête initialement).

Pourquoi ce départ ? alors que depuis leur enfance, les deux frères avaient vécus et travaillaient ensemble. 
Pourquoi partir mais ne pas vendre ? sans doute justement pour "embêter" ce frère !

Alors pourquoi tout cela si ce n'est pour une histoire de famille très grave, illisible à travers les sources disponibles, autre que la transmission familiale ?

Quid de la suite : 

Agathe se marie dans les années 1860. L'oncle Philippe, meurt seul en 1871, il avait vendu sa maison en 1868, tout en gardant l'usage d'une partie de celle-ci. Si tôt son frère décédé, Jean se "débarrasse" de sa part d'héritage familiale (l'acheteur n'est autre que l'acheteur de son frère) et achète une maison pour loger la famille de sa fille Agathe !
Peu après, Jean meurt à son tour ...

Voici donc l'histoire bien particulière que j'ai, aujourd'hui, voulu mettre noir sur blanc.


mercredi 16 janvier 2019

Bilan Généalogique 2013-2018

En ce début d’année 2019, pour mon premier billet, j’ai eu l’envie de faire un bilan de mes dernières années de recherches généalogiques.

Depuis cinq ans environ, j’ai réorienté mes recherches généalogiques vers mes ancêtres les plus proches, ceux ayant vécus aux 19ème et début 20ème, soit ceux de la 3ème à la 9ème génération environ.

Les sources qui servent à « mettre en chair » le squelette généalogique, constitué des fameuses 3 dates des BMS ou NMD, sont très nombreuses dans cette période. Mon objectif est d’en exploiter un plus grand nombre et d’en extraire la substantifique moelle, pour connaître le plus possible l’existence de mes aïeux, si proches et pourtant déjà si lointains.



Une des chances de ma généalogie, c’est d’être concentrée sur une petite zone géographique et pour lesdits siècles sur seulement deux départements, la Vendée et les Deux-Sèvres. Une chance en effet, car, mes recherches, en ligne ou sur place, sont simplifiées par la connaissance, une fois acquise, et la gestion de ces sources disponibles.

Ces sources, comme je l’ai mentionné plus haut, sont nombreuses et apportent de très nombreuses « joies » généalogiques à leur découverte et à leur exploitation.

Les recensements de population :

Le recensement de population est, je le pense, la source la plus connue et exploitée par les généalogistes après l’Etat-Civil.

Avant même la réorientation de mes recherches, dès les années 1990, j’avais exploité sur place aux AD cette source et j’avais alors, malgré quelques manques, établi un listing par commune avec les familles ancestrales recensées. 

Avec la mise en ligne des recensements, j’ai pu compléter ce manque et aujourd’hui, il ne me reste que quelques lacunes dues aux lacunes même de la source.

Vous pouvez consulter la liste des communes concernées où se trouvaient mes ancêtres lors desdits recensements de population : ici.

J’ai alors pu créer un tableau excel par sosa pour connaître d’année en année de recensement le lieu de vie de ses derniers.



Le cadastre napoléonien :

Le cadastre est une source magnifique qui se compose de plusieurs documents :
  • Les plans cadastraux, 
  • les tables des propriétaires, 
  • les augmentations et diminutions, 
  • et bien entendus les matrices cadastrales.

Dès l’apparition de cette source en ligne, soit les trois premiers items ci-dessus, j’ai commencé à étudier chaque commune pour connaitre les biens de mes ancêtres à l’époque de la confection dudit cadastre napoléonien (entre les années 1810 et 1840 selon les communes).

J'avais alors écris un billet sur ce sujet : "le cadastre ... voyage virtuel sur les terres ancestrales"

Ce n’est qu’à l'été 2018, sur place aux AD de Vendée, que j’ai commencé à compléter cette étude par les matrices cadastres, la suite de cette étude est programmée pour cet été.
Pour chaque commune, je collecte la ou les matrices cadastrales, selon les époques : 
  • matrices des propriétés foncières (à partir de 1882, ne concerne que les propriétés non bâties), 
  • matrices des propriétés bâties (de 1882 à 1911
  • puis matrices des propriétés bâties (à partir de 1912), 
  • matrices des propriétés non bâties (à partir de 1912), 
de chaque ancêtre et collatéral qui a un lien avec une maison ancestrale. Cette collecte me permet de mieux appréhender l’historique desdites maisons ancestrales.

Matrice des propriétés foncières de la commune de Benet, n° 713, de mon sosa 238, François MARTIN (1767-1855)

Les délibérations des conseils municipaux :

Lorsque cette source fut mise en ligne, j’ai, bien entendu, commencé à l’étudier pour chacune des communes où mes ancêtres vivaient et j’ai pu faire de belles découvertes sur ces derniers ou leurs collatéraux. 

tweet concernant une de ces découvertes

J’ai, par ailleurs, écrit un billet sur les aides sociales communales qui ont été créées (avant la sécurité sociale et les allocations familiales) et dont nos ancêtres ont pu bénéficier à la fin du 19ème et au début du 20ème : à lire ici.

Les fiches matricules et les registres de conscriptions :

Ces sources qui apportent de nombreuses informations sur nos ancêtres masculins furent mis en ligne en Vendée, il y a déjà quelques années. Avant cette mise en ligne, j'avais déjà étudié cette source sur place aux AD de Vendée et des Deux-Sèvres dans les années 2000.
J’ai donc pu retrouver toutes les fiches matricules de mes aïeux mais aussi de mes collatéraux, et j’ai aussi consulté les registres de conscriptions : 
  • tableaux généraux des conscrits (jusqu’en 1810), 
  • listes du tirage des conscrits (jusqu’en 1815), 
  • devenues listes de tirage aux sort des jeunes gens (jusqu’en 1880), 
  • listes départementales du contingent (jusqu’en 1871), 
  • devenues listes du recrutement cantonal (jusqu’en 1880), 
  • ensuite devenues listes de tirage au sort et du recrutement cantonal des jeunes gens (jusqu’en 1904), 
  • et enfin les tableaux de recensement cantonal des jeunes gens (de 1905 à 1940, en ligne seulement jusqu’en 1916).

Avec ces sources, j’ai pu lister mes ancêtres et collatéraux ayant effectués un service militaire et ceux ayant été exemptés, et connaître le motif de cette exemption. Vous pouvez voir cette liste sur mon site ici.

Il me reste encore à approfondir le service militaire de mes aïeux de la première moitié du 19ème siècle, car si je sais qu’ils étaient « bon pour le service », je n’ai pas plus d’infos quant aux lieux et dates précises. Exception faite pour un d'entre eux, qui ayant eu une carrière par la suite dans les Ponts et Chaussées, son dossier de pension (obtenu grâce à l’entraide) m’a apporté de nombreuses informations y compris sur son service militaire.

Un des documents concernant le service militaire de mon aïeul dans son dossier de pension des Ponts et Chaussées

Les déclarations de succession :

De même que pour le cadastre, dès la mise en ligne de cette source, je me suis lancé à la recherche de toutes les déclarations de successions de mes ancêtres. J’ai complété cette recherche sur place avec les déclarations non en ligne, c’est-à-dire celles du début du 20ème siècle.

J’ai ainsi pu créer un tableau excel par sosa pour mieux visualiser la situation de chacun face à cette déclaration. En effet, malheureusement, de nombreuses lacunes m’empêchent d’avoir la totalité desdites déclarations.



L’Enregistrement et les actes notariés :

Lorsque les AD de Vendée ont mis en ligne les déclarations de successions et leurs tables, ils ont aussi mis en ligne de nombreuses tables de l’Enregistrement très intéressantes et indispensables quand on recherche des actes notariés.
Ces tables sont les suivantes : 
  • Table des extraits de sépulture, 
  • Table des décès,
  • Table des testaments,
  • Table des partages,
  • Table des copartageants,
  • Table des donations,
ces tables sont existantes jusqu’en 1825, puis les tables suivantes jusqu'en 1865 :
  • Table des testaments, donations et dispositions,
  • Table des contrats de mariage,
  • Table des vendeurs,
  • Table des acquéreurs.

Ces tables, ainsi que certaines déclarations de succession, m’ont apportées de nombreuses références à des actes notariés divers et variés.

Sur place, aux AD, ces dernières années, j’ai collecté un maximum de ces actes, en complément, je consulte les répertoires de chaque notaire pour référencer les actes qui n’apparaissent dans aucune des tables précitées ou qui sont plus récents. 
Cette collecte continuera encore plusieurs années au vue des centaines d'actes consultables.

En complément, j’ai aussi consulté les répertoires de l’Enregistrement pour retrouver chaque ancêtre, et aussi, en cas d’absence de dépôt de certains fonds notariaux, j’ai consulté les registres de transcriptions des actes et certains autres registres, comme celui des transcriptions des actes sous seings privés ou des baux.

En ce début d’année, j’ai mis en place deux fichiers excel pour gérer ces actes notariés, et pouvoir visualiser pour chaque sosa ou chaque notaire les actes dont j’ai la référence et/ou une copie.




Fin 2016, l’arrivée de l’indexation de l’Etat Civil du 19ème siècle par Filae, m’a permis de compléter et de « boucher » les trous de NMD que j’avais pour certains collatéraux. 
Toujours avec l’aide de Filae, je suis aussi allé à la recherche de tous les cousins germains de mes ancêtres de la 4ème et 5ème génération, même si, j'en connaissais déjà quelques uns. Cette recherche m’a été précieuse pour le centenaire de la Grande Guerre et établir la liste de tous les membres proches de ma famille ayant été mobilisés lors de ce conflit mondial.

Avec toutes ces sources exploitées, en croisant, en juxtaposant les informations collectées, j’ai commencé récemment la réalisation de ligne de vie de quelques ancêtres pour mieux visualiser cette multitude d’informations amassées.
De même, j'ai décidé d'écrire les historiques des maisons ancestrales, une soixantaine de maisons encore existantes ou totalement disparues. Ce projet avance doucement mais surement...

Autre moment fort de cette période, mes déplacements sur les terres ancestrales à la découverte de ces maisons, mais aussi de celles dont mes ancêtres ne furent que locataires sur de plus ou moins longues périodes. Ces retours aux sources sur les lieux de vie de mes ancêtres, avec quelques surprises, bonnes ou mauvaises, ou même des rencontres avec des cousins lointains vivants encore dans les lieux, m'ont apportés, à chaque fois, un immense bien être ! 
Avant, j'allais dans certaines communes, ou même village, sans savoir exactement quelle maison était celle de mes aïeux, maintenant ce n'est plus le cas...

tweet sur une de mes surprises devant une maison ancestrale

Me voici donc à la fin de ce bilan généalogique de ces dernières années de recherches et, même si l’orientation de mes recherches se portent sur le 19ème et début 20ème siècle, lorsque je tombe sur des sources nouvelles en ligne concernant les siècles précédents, je m’empresse bien sûr d’y découvrir la trace de mes ancêtres, comme récemment avec les « Justices inférieures d'Ancien Régime ».