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mercredi 20 avril 2022

1701, les récoltes de Sébastien

Comme pour mon précédent billet "Thomas et Marguerite Aimée, un contrat de mariage en 1717", je vais partager aujourd'hui avec vous un autre acte notarié retrouvé dans les archives notariales mises en ligne en début de semaine par les archives de Vendée.

Cet acte notarié, une "desclaration (...) du bled amassé", concerne mon aïeul Sébastien AYRAULT (ca 1665-1711/), sosa 1698 à la 11ème génération, vivant dans le village Brillouet de la paroisse de Saint Etienne de Brillouet.

Cette déclaration est faite devant Me BREVET, notaire à Chantonnay.


"le 11ème jour du mois d'avril 1702, pardevant nous notaires des Barronies de Puibelliard, Chantonnay et Sigournay, sont comparus en leurs personnes Sébastien AYRAULT laboureur et Pierre CHAUVEAU bordier demeurants au village de Brillouet paroisse de St Etienne, lesquels pour satisfaire au réquisitoire de Me Jacques CLEMENCEAU sieur des Chaffaux tendant à une desclaration sincère et véritable des fruits et grains qui ont esté recuillis l'année dernière, 1701, dans les terres et dommaines qu'ils exploitent appartenants audit sieur des Chaffaux et pris et enlevé par le nommé Jean GUINOT son disant adjudicataire iceux dits AYRAULT et CHAUVEAU ont présentement devant nous dits notaires fait leurs desclarations ainsy quelle suivent scavoir de la part dudit AYRAULT qu'il a ladite année dernière ammassé dans la mestairie qu'il exploite le nombre de :

  • 110 boiceaux de froment mesure de Ste Hermine, 
  • le mesme nombre de baillarge, 
  • 73 boiceaux de mesture, 
  • 16 boiceaux d'orge, 
  • 80 boiceaux de jarosse ou vesces
  • 56 boiceaux d'avoine, 
  • 32 boiceaux de seigle, 
  • 6 boiceaux de febve, 
  • 2 boiceaux de petit pois, 
  • 10 boiceaux de poix roux, 
  • 10 douzainne de lin,
  • 20 livres de chanvre, 
tous lesquels grains lin et chanvre, ledit GUINOT a partagé par moitié avecq ledit AYRAULT et icelle fait emmener partie chez luy et l'autre au bourg de Thiré et out ce que dessus le dit AYRAULT a desclaré avoir donné audit GUINOT la somme de 25 livres tant pour les herbages qu'autres profits de ladite mestairie dont il a receu de 20 livres seullement et luy a encore donné :
  • 4 chappons, 
  • 6 poullets, 
pour mesme scuffrages toutes lesquelles choses ledit AYRAULT a desclaré contenir veritté  et estre prest de laffirmer cy besoing et sest soussigné."



Sébastien AYRAULT est l'époux de Marthe BERTRAND (ca 1668-1718). Mariés en 1693, ils eurent cinq enfants dont mon ancêtre Louise (1695-1742).



samedi 16 avril 2022

Thomas et Marguerite Aimée, un contrat de mariage en 1717

Le 15 avril, les archives de Vendée mettent en ligne les minutes notariales de 1667 à 1806 du canton de Chantonnay.

Dans ce canton, j'ai de nombreux ancêtres à cette période là.

La référence de quelques contrats de mariage m'était déjà connu, mais je n'avais pas pris le temps de les consulter sur place. En effet, mes déplacements physiques aux archives se concentrent principalement sur des minutes notariales du 19ème siècle. J'ai donc pu enfin en prendre connaissance en ligne.

Et aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous le contenu du contrat de mariage de mes ancêtres à la 11ème génération : Thomas DURAND (1695-ca 1737) et Marguerite Aimée BRETHE (1693-1773), sosas 1688 et 1689. 


Le contrat est acté sous le seing de Me LOYAU, puis celui de Me ARNAUD, notaires du marquisat de Creil-Bournezeau, l'après midi du 10 mai 1717, en la demeure de la mère de la future épouse à l'Augouère de la paroisse de Puymaufrais (fusion par la suite en 1833 avec Saint Vincent Fort du Lay, puis rattachement à la commune de Bournezeau en 1972).

"Thomas DURAND, marchand fils de Thomas et de Jeanne PELLETREAU demeurants au bourg de Sainct Ouing des gastz d'une part (Saint Ouen des Gâts fut rattaché aux Pineaux en 1820) et Marguerite Aymée BRETHE fille majeure de deffunt Me Jacques BRETHE vivant Sr du fief et de dame Marguerite Aymée BARREAU demeurants au village de Laugouère parroisse de puymaufray d'autre part."


Les futurs sont assistés de leurs proches :

  • Pour Thomas :
    • Thomas DURAND (ca 1660) et Jeanne PELLETREAU (ca 1665), conjoints père et mère, 
    • Louise DURAND (ca 1692-1756) et Pierre THOMAS (ca 1684-1724), sœur et beau-frère, 
    • Renée DURAND (1697-/1738) et Pierre GIRARDEAU (+/1738), sœur et beau-frère.
  • Pour Marguerite Aimée :
    • Dame Marguerite Aymée BARREAU (ca 1660-1718) veuve dudit Jacques BRETHE (1658-1708) Sr du fief, 
    • Louise Marie (1699-1762) et Marie Anne (1704) BRETHE sœurs.
"Les conventions duquel dit futur mariage sonts telles et sans lesquelles il nauroit son executtion" :
  • "les proparlez feronts uns et commun en touts biens meubles et acquetz immeubles quils feronts et acqueronts pendant icelle".
  • "Ils ont déclarez quils se prenent avec touts et chascun leurs droits qui consistent à lesgard dudit DURAND la somme de cent cinquante livres de laquelle lesdits Thomas DURAND et Jeanne PELLETREAU conjoints ont promis et promettent celle de quarante livres qu'ils lui bailleront et payeront dans le jour de la bénédiction nuptiale et ce en attendant leur succession future et le surplus de la somme de cent cinquante livres."
  • "ladite dame BARREAU a quitté, ceddé et dellaissé la propriétté possession et jouissance à la future espouse et ce par préciput et advantage et en attendant sa succession future, les dommaines qui suivent sçavoir :
    • un petit pré appelé le pré du cormier contenant deux journaux ou environ, 
    • plus deux boicellée de terre sçise champ du chastaigner
    • plus deux petits champs appelez les ousches contenant trois boicellée ou environ, 
    • plus une pièce de terre appellée les Routtes contenant aussi le champ du nouinaud tenant douze boicellée ou environ, 
    • plus une petite maison et jardin y joignant jusque au fossé qui sépare celluy de la maison ou demeure ladite dame BARREAU tenant laquelle maison à la celle de Pierre BARREAU Sr de Villiers (frère de Marguerite Aymée), 
    • plus la moitié de la vigne à prendre du costé de ladite maison et jusque à la route qui est au millieu de ladite vigne."
  • "de touts lesquels dommaines cy dessus les proparlés entreront en jouissance et poccession dès le jour de leur bénédiction nuptialle."
  • "Dans le succession future de ladite BARREAU lesdits futurs époux ne seronts tenus de reportés que les terres du chateigner, les ousches, les routtes et du nouinaud, le surplus des autres dommaines cy dessus mentionnez estant donnez par préciput et advantage à ladite proparlée sans report ny précompte ny d'aucunes jouissances des domaines yceux quittes des arrérages des rentes."
  • "ladite dame BARREAU s'oblige de bailler aux futurs époux dans ledit jour de leur bénédiction nuptialle :
    • un lit garny d'une parie de grand draps, 
    • un coffre de bois de noyer, 
    • une vache, 
    • quatre brebis
    • deux aigneaux."
  • "et encore lesdits DURAND et PELLETREAU se sont obligez de bailler aux futurs epoux dans ledit jour de leur bénédiction nuptiale :
    • une paire de grand draps, 
    • deux nappes, 
    • un plat destain, 
    • une couverte de lit, 
    • une couchette de bois de chesne sans garniture, 
    • deux essuyemain."
  • "il a esté dit et conveneu que lesdits futturs espoux après leur bénédiction nuptialle demeure avec ladite dame BARREAU et lesdites Louise Marie et Marie Anne BRETHE, ils ne pourront contracter aucune communauté ny sociéttés ensemble et cependant ils seronts touts tenus de joindre ensemble les gains et profits quils feronts et de conférer les revenus de touts leurs immeubles."

Voilà, le contrat est fait, sans doute suivi quelques jours plus tard par la bénédiction nuptiale en la paroisse de Saint Ouen des Gâts. En effet, le village de Laugouère (aujourd'hui l'Augoire) étant plus proche dudit bourg que du bourg de Puymaufrais dont il dépendait, comme vous pouvez le voir sur la carte de CASSINI plus haut. A mon grand dam puisque les registres paroissiaux de cette paroisse comportent une grosse lacune entre 1709 et 1735 ! 

Thomas et Marguerite Aimée auront sept enfants à ma connaissance, tous nés à l'Augoire : 
  1. Louise Françoise, née 23 mai 1718, 
  2. Pierre (mon ancêtre et unique fils du couple), né le 20 octobre 1719 et décédée le 22 décembre 1788, 
    • première union en 1741 avec Françoise MAILLET (ca 1721-1754), 5 enfants
    • seconde union en 1756 avec Louise GODILLON (1721-ca 1757), 1 fille
    • troisième union en 1759 avec Rose TURCOT (ca 1737-1801), 5 enfants
  3. Renée, née le 15 novembre 1721 et décédée le 11 septembre 1727, 
  4. Marguerite Aimée, née le 21 février 1724 et décédée le 7 juillet 1789, 
    • première union en 1743 avec André VALET (1721-1754)
    • seconde union en 1764 avec Jacques FEVRE (ca 1741-1785)
  5. Louise, née le 27 mars 1726 et décédée le 8 novembre 1736, 
  6. Marie, née vers 1728, 
    • mariée en 1750 avec Charles ARNAUD (ca 1723-1772)
  7. Marie Gabrielle, née le 9 avril 1734 et décédée le 13 septembre de la même année.
Thomas décède après 1736, à une date et en un lieu inconnu...
Marguerite Aimée se remarie en 1739 avec Jacques CHATELLIER (ca 1690-1762), le frère de son beau-frère Louis (époux de Marie Anne BRETHE).

Veuve depuis une dizaine d'années, Marguerite Aimée s'éteint à l'âge honorable pour l'époque de 80 ans, le 1er mai 1773 dans sa maison (natale) de l'Augoire.




lundi 18 octobre 2021

A jamais jeune femme

Aujourd’hui je vais mettre en avant une aïeule invisible qui a vécu moins de trois décennies.

Louise RICOLLEAU 
ancêtre de la 7ème génération ~ sosa 93.

- image d'illustration -

Louise fait partie des 12 aïeules (dont j’ai la date de naissance exacte) qui sont décédées avant l’âge de 30 ans. Son décès est survenu il y a exactement 212 ans.

Enfance

Louise est née le 30 novembre 1780, à la borderie (et bourrine) des Cloisons, quartier du grand marais, sur la paroisse du Perrier, au cœur du marais breton. Ses parents, Jean et Jeanne CROCHET, sont tous les deux âgés de 40 ans, ils sont bordiers dans ladite borderie (depuis septembre 1770) en limite, c’est un étier qui fait cette limite, de la paroisse voisine de Saint Jean de Monts. 


Louise est leur quatrième enfant. Avant elle, trois garçons ont vu le jour : 

  1. Jean (1769-1808), 
  2. Pierre (1771-1803), 
  3. et Denis (1774-1841).

Un an plus tard, une petite Louise Jeanne voit le jour, le 6 décembre 1781 exactement (cette dernière est décédée en bas âge à une date inconnue).

Puis au début de l’été 1782, le père de famille décède dans la borderie  à l’âge de 41 ans. Louise n’a pas encore 2 ans !

Jeanne, sa mère, ne se remarie pas et continue d’exploiter la borderie avec ses enfants, l’aîné a 13 ans…

Une décennie passe et les troubles vendéens sont là et c’est à cette époque, et donc à une date inconnue (entre le printemps 1793 et juillet 1795), que Jeanne meurt à environ 54 ans.

La fratrie RICOLLEAU continue de vivre aux Cloisons en communauté familiale. L’aîné, Jean s’est marié clandestinement (voir note plus bas) en juillet 1795 avec Renée DELAVAUD (1768-1840), native de la paroisse de Saint Hilaire de Riez mais domestique au Perrier depuis 3 ans. C’est le curé de Croix de Vie « desservant le marais » qui célèbre l’union. Les témoins de Jean sont Pierre, son frère et son oncle maternel Martin CROCHET (1744-1809), de la borderie voisine du Porteau. Lors de cette union, Louise est une adolescente de 14 ans.

Union & famille

Quelques années passent, et Louise convole en justes noces à 22 ans le 15 janvier 1803 (25 nivôse an XI) sur la commune de Notre Dame de Riez avec Jean MASSONNEAU, 29 ans, bordier de ladite commune. Il exploite depuis 1796 en communauté familiale avec son frère Pierre (1756-1815), sa belle-sœur, Jeanne DELAVAUD (1764-1827), épouse du précédent, et son père Pierre (1730-1820), la borderie des petites rues non loin du bourg de Notre Dame de Riez. Sa mère est décédée lorsqu'il n'avait que 15 ans, son père ne s'est jamais remarié. Les familles RICOLLEAU et MASSONNEAU se connaissent bien puisque Renée et Jeanne DELAVAUD sont sœurs, ce qui fait que les frères de Jean et Louise sont des beaux frères...

Louise change donc de lieu de vie et de communauté.

Ces changements engendrent quelques démarches avec son époux puis avec ses frères. Ces démarches sont actées devant le notaire MALESCOT de Croix de Vie au cours de l’année 1803 :

Don mutuel entre époux le 13 mars (22 ventôse an XI).
  • "lesquels se sont volontairement, par les présentes, donné et donnent l'un à l'autre, par forme de don mutuel et au profit du survivant d'eux, tous et chacuns leurs biens meubles, effets mobiliers et immeubles de quelque espèce et nature qu'ils puissent être, qu'ils ont actuellement et pourront avoir à leurs décès, sans aucunes exceptions n'y réserves, pour, par le survivant jouir de tous les dits biens, en usufruit seulement, et s'en mettre en possession aussitôt le décès du prémourant..."
Le 18 mars (7 germinal an XI), sous l'autorité de son mari Louise donne quittance de portion de communauté entre Louise et la communauté RICOLLEAU à Cloison du Perrier.
  • "Entre lesquelles parties il a été reconnue par ces présentes que pour remplir lad. Louise RICOLLEAU, femme dudit Jean MASSONNEAU, de la cinquième partie au total, portion pour laquelle elle était fondée dans la communauté ou société qui était entr'elle et ledit Jean RICOLLEAU, son frère, la femme dudit RICOLLEAU, et lesdits Pierre et Denis RICOLLEAU, ses autres frères, il a été par expert convenus à l'amiable entr'elles fait estimation de tous les meubles et effets mobiliers, vifs et morts, composant la communauté dont il s'agit, d'après laquelle estimation et tous comptes et précomptes faits entre les parties qui se sont fait raison, ainsi que de droit, comme elles le reconnaissent, lad. cinquième partie de lad. communauté revenant à lad. Louise RICOLLEAU femme dudit Jean MASSONNEAU, s'est trouvé monter à la somme de deux cents cinquante francs, en conséquence ledit Jean MASSONNEAU et lad. RICOLLEAU sa femme, reconnaissent avoir enlevé et retiré en leur domicile, avant ces heures des meubles et effets mobiliers qui leur ont été délivrés par ledit Jean RICOLLEAU et audit nom, jusqu'à la concurrence de lad. somme de deux cents cinquante francs..."
    • Cet acte est passé chez eux à la borderie des petites rues. 
Le 20 novembre (28 brumaire an XII), partage avec la communauté RICOLLEAU suite au décès de son frère Pierre le 27 octobre précédent (3 jours avant ses 32 ans).
  • "lesquels ont par les présents reconnu avoir fait partage et division des meubles et effets mobiliers délaissés par feu Pierre RICOLLEAU, leur frère et beau frère, dans lesquels ils étaient fondés chacun pour un tiers et d'avoir enlevés et retirés chacun par-devant soi les meubles et effets mobiliers qui composaient leurs tiers dans ladite succession mobiliaire d'après l'estimation préalablement faite entr'eux desdits meubles et effets mobiliers par experts convenus à l'amiable entr'eux et après tous comptes et décomptes faits entr'eux (...), lesdits meubles et effets estimés cent francs."
  • "et par les mêmes présentes, lesdites parties ont aussi reconnu avoir fait partage et division des immeubles délaissé tant par ledit feu Pierre RICOLLEAU, leur frère et beau frère, que par feux Jean RICOLLEAU et Jeanne CROCHET, leur père & mère, beau père & belle mère, dans lesquelles elles sont aussi fondées chacune pour un tiers, l'effet duquel partage et pour y parvenir, elles reconnaissent pareillement avoir fait estimer lesdits biens immeubles par experts convenus à l'amiable entr'elles, et en ayant composé trois lots, les plus justes et les plus égaux qu'il leur a été possible qu'elles ont tiré au sort à la manière accoutumée..."
  • "le second desdits lots, est échu et demeure par l'évènement dudit sort audit Jean MASSONNEAU et à ladite Louise RICOLLEAU sa femme, du consentement des autres copartageants constituent dans le domaine qui suit :
    • les deux tiers à prendre au bout du midi de la pièce de terre labourable désignée et confrontée à l'article dernier du premier lot, auquel l'autre tiers de ladite pièce de terre est échue. Ce sont tous les domaines échus au second lot."
    • Cette pièce de terre, dont le tiers au nord fait partie du lot de Jean RICOLLEAU, est ainsi désignée dans ledit lot :
      • "pièce de terre labourable, d'environ trente ares (une demie charruie) située au quartier du grand champ, commune de Saint Jean de Monts, séparé des deux tiers échus au second lot, par une tranchée où il sera placé une borne, tenant ladite pièce en grand du levant terre de GUITTONNEAU de St Gilles, et du couchant à celle de Martin CROCHET (oncle maternel)."

Vient ensuite le temps des grossesses et des naissances :

1. Pierre, sosa 46, né le 16 février 1804, 
2. Jeanne Louise, née le 28 février 1806, 
3. Jean, né le 16 mars 1809 et décédé le 24 septembre 1809 à l'âge de 6 mois. 

Fin de vie et Succession

Seulement quelques semaines après la disparition de son fils, Louise s’éteint chez elle à la borderie des petites rues, le 18 octobre à « midy », près des siens, à l’âge de 28 ans, mais peu avant ses 29 ans.

Son époux et son beau-frère déclarent son décès le lendemain.

Jean MASSONNEAU, pourtant âgé de seulement 35 ans lors de son veuvage, ne se remarie jamais. Les deux jeunes enfants du couple sont pris en charge par Jeanne DELAVAUD, la belle-sœur de Jean, qui vit dans la communauté et qui n'a jamais pu enfanter.

La déclaration de succession de Louise est enregistrée le 7 avril 1810, ses deux enfants sont ses héritiers et son époux usufruitier de la moitié des biens en vertu du don mutuel :
  • "les meubles estimés cent francs"
  • "22 ares de terre labourable au grand champs à St Jean de Monts estimés deux cents francs"

Dès 1820, après la disparition de Pierre MASSONNEAU, le jeune, en 1815, et celle de Pierre, le père, Jean et sa belle-sœur vivent tous les deux jusqu'à leur décès à 4 jours d'écart en septembre 1827 !


Note : 
En juillet 1795, l'union fut célébré clandestinement car le prêtre était un prêtre réfractaire. Quelques explications données au début du 20ème siècle en avant de son registre clandestin :



Voici en quelques paragraphes la vie "reconstituée" de Louise, qui restera à jamais une jeune femme.



mercredi 8 avril 2020

Fin de vie d'une nonagénaire

Jusqu’au décès de ma grand-mère paternelle, Léonide DUPOND veuve PONTOIZEAU, en juillet 2004 à l’âge de 99 ans, sa propre grand-mère paternelle, Marie-Rose BURGAUD veuve DUPOND, était l’aïeule de mon ascendance à avoir vécu le plus longtemps. En effet, Marie-Rose est décédée dans sa 96ème année en 1939.

Ce billet relate la fin de vie de Marie-Rose.

Marie-Rose dans les années 1930 - archives familiales - 


1936


Marie-Rose, 92 ans, vit depuis quelques temps chez son fils aîné Alexandre, 68 ans ancien maçon, et son épouse Marie-Rose MOREAU, 57 ans, dans leur maison du village dit du Moulin Rouge, sur la commune de Notre Dame de Riez en Vendée. Mère et fils font partie de la liste des « vieillards, infirmes et incurables » (loi du 14 juillet 1905) assistés par la municipalité via le bureau de bienfaisance. Marie-Rose est entré dans ladite liste dès 1913 suite à son veuvage et sur décision du conseil municipal du 16 février, et son fils plus récemment. Cette assistance consiste en une pension mensuelle, Marie-Rose la touche à taux plein, soit 50 francs (37,83 euros d’aujourd’hui), Alexandre quant à lui ne perçoit que 30 francs.

Source : Recensement de population de Notre Dame de Riez - 1936 - 

1938


Alexandre qui a eu 70 ans en avril, est tombé malade, et le 9 octobre, il fait une demande à la municipalité pour avoir « l’assistance médicale gratuite » (loi du 15 juillet 1893) afin d’avoir accès aux soins que nécessite sa maladie, une « prostatite ». 

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

Malheureusement, Alexandre meurt le 15 décembre avant que le conseil municipal n’ai pu se prononcer sur sa demande. Mais lors de la session dudit conseil le 22, l’accord est donné pour cette aide, je suppose donc que les frais médicaux furent pris en charge.

Marie-Rose alors âgé de 95 ans (une semaine avant le décès de son fils), sans doute déjà très affaiblie par son grand âge, doit affronter un deuil bien particulier.

Dès lors, elle quitte la maison de son fils, pour s’installer dans son ancien domicile, la maison que son mari avait fait bâtir en 1895, sise au lieu dit les Acacias, quartier du fief du Moulin, à quelques centaines de mètres du Moulin rouge, le long de la voie ferrée. Marie-Rose est prise en charge par son petit-fils Emile BONHOMMEAU, menuisier, et sa jeune épouse Angélina BARBREAU, âgés respectivement de 31 et 27 ans, parent d’une petite Emilienne de 10 ans. 

Maison des Acacias à la fin des années 1990 - photo personnelle - 

1939


Emile devant l’état de sa grand-mère fait, tout d’abord le 17 janvier, une demande d’assistance médicale gratuite pour des soins à domicile. Puis, après une visite de Dr POTEL le 28, sans doute alors que l'état de son aïeule s’aggrave, une nouvelle demande est faite le lendemain cette fois-ci pour une majoration spéciale de son assistance aux vieillards. Cette seconde demande, accompagnée du certificat médical, notifie une paraplégie nécessitant un alitement continuel et l’aide d’une tierce personne pour les soins, et les revenus de Marie-Rose, n’étant que d’un montant total de 90 francs, incluant son assistance mensuelle de 50 francs, ne peuvent suffire aux soins nécessaires. Le conseil municipal dans sa session du 26 février donne un avis favorable aux deux demandes d’Emile.

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

De mémoire familiale, Marie-Rose était surnommée « mémé Seigneur » de par sa piété religieuse. Ses prières journalières devaient l’aider à supporter son grand âge et son handicap. Surtout que la vie ne l’épargne pas pour autant.

En effet, sur cette même période, elle apprend que son autre fils, Louis, mon arrière-grand-père, âgé de 68 ans, vivant tout près, dans sa bourrine de la Croix Blanche, vient d’être hospitalisé en urgences à l’hôpital départemental de la Roche sur Yon (à environ 42 kilomètres) pour « une maladie cérébrale », vraisemblablement un accident vasculaire cérébral. Son épouse Eulalie BIRON, fait aussitôt une demande à la municipalité, le 23 février, d’une assistance médicale gratuite pour son époux, déjà sur la liste des vieillards assistés depuis 1931, pour les frais engendrés par cette hospitalisation.

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

Marie-Rose, après toutes ces épreuves et souffrances en fin de vie, s’éteint au cœur du printemps, le 30 mai en fin d'après midi.
Elle est inhumée près de son mari et très proche de son fils.

Louis les rejoint en 1942, suivi en 1943 par Marie, une des filles de Marie-Rose.

Aujourd’hui, dans le petit cimetière de Notre Dame de Riez, ils sont tous proches, Marie-Rose et ses enfants, petits-enfants et même son arrière-petite-fille Emilienne depuis juin dernier …




mardi 3 mars 2020

Chroniques des maisons ancestrales

Il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, j'annonçais que par l'avancement de mon projet "maisons ancestrales" (lire ici la genèse de ce projet) j’espérais pouvoir éditer un premier tome des chroniques de ces maisons ancestrales au cours de l'été prochain.


Cette édition se fera en très peu d'exemplaires et n'a pas pour but d'être largement diffusée.

Voulant tout de même partager avec vous, je vous dévoile ci dessous l'introduction (non définitive) de ce premier tome, suivie d'un résumé des chroniques contenues dans ce tome.
"Après de nombreuses années de passion pour la généalogie, donc de nombreuses années de recherches et de collectes d’informations sur mes ancêtres, puis sur leurs lieux de vie, j’ai eu l’envie, et le besoin, de consigner ces informations dans un écrit.
Dans cet écrit, je relate mon histoire ancestrale par le biais des chroniques des habitations. J’entends chronique des habitations ancestrales comme l’histoire commune de mes ancêtres avec leur maison, car comme le dit si bien Thierry SABOT, auteur de la collection THEMA : la maison est à la fois cellule de vie, unité de production, et signe d’inégalité sociale.
Devant l’ampleur de la tâche, je me suis contraint à une période récente qui englobe les 19ème et 20ème siècles. Cette contrainte temporelle est toutefois bonifiée par le grand nombre et la richesse des archives de cette période. 
Durant la période précitée, le nombre d’habitations ancestrales étant déjà très important, je me donne l’opportunité d’étaler mes écrits sur plusieurs tomes. 
Dans ce premier tome, j’ai rédigé la chronique de chacune des habitations dont mes ancêtres furent propriétaire dans la seconde moitié du 19ème siècle. Cela pouvait donc s’agir de propriétés ancestrales plus anciennes mais dont mes aïeux étaient encore propriétaire durant la période susdite.
Les habitations ancestrales plus anciennes, celles de la première moitié du 19ème siècle, ou plus récentes, celles du 20ème siècle, ainsi que les logements loués (métairies, borderies ou autres), feront l’objet de tomes ultérieurs.
Dans cette seconde moitié du 19ème siècle, les habitations ancestrales sont au nombre de 32. Ces habitations sont réparties sur 14 communes de l’époque, sur le département de la Vendée."



Sur la commune de Benet
Dans le village de Nessier, les maisons situées rue de la Fontaine, maisons à l’origine de la partie sud du village. Construites par plusieurs huttiers (1) dans les années 1780 dans le marais de Benet. Mes ancêtres, parmi ceux-là, y vécurent de ces années-là jusqu'en 1903. A l’heure actuelle, des cousins éloignés y vivent encore.

Non loin de là, près de Gorge Bataille, la partie nord à l'origine du village de Nessier, la cabane (2) de la Loge, qui a appartenu à mes ancêtres jusqu’en 1872, et qui était déjà occupée par eux à la fin du 18ème siècle. Elle sera détruite en 1885.

Un peu plus loin, près du village de Banzay, la maison du Pré Paradis construite en 1858 par un ancêtre sur une parcelle acquise peu avant. Elle fut propriété ancestrale jusqu’à une donation en 1888.

Près de là, la maison de la Meugne, construite vraisemblablement au début des années 1800, devient propriété ancestrale en 1817. Mon dernier ancêtre à y avoir vécu, y meurt en 1866.

Sur la commune de Sainte Christine
Dans le village actuel de la Garenne, qui à l’époque de la construction ne se nommait que le bois du Breuil, une maison bâtie en 1844. La dernière aïeule la quitte vers 1874 et elle est transmise à un collatéral qui la vend peu après.

La maison et le moulin dit de Volette, propriétés dès 1803, seront vendus en 1855. Le moulin sera détruit une douzaine d’années plus tard.

Sur la commune de Saint Sigismond
Sur le bord du canal de la vieille Autise, créé en 1833, la maison des Bourgnons fut construite en 1870, et restera dans la famille jusqu’en 1935, mais était louée les 20 dernières années.


Sur la commune de Damvix
Dans le bourg, deux maisons feront l’objet d’une chronique. Ces deux maisons propriétés depuis le 18ème siècle le resteront jusqu’au milieu des années 1850. L’une sera vendue et l’autre donnée à un collatéral.

Sur la Sèvre, une maison, bâtie sur une parcelle acquise en 1864, qui n’eut sans doute pas le temps d’être habitée par mes ancêtres car vendue à peine finie en 1868.

Plus loin, aux cabanes du marais Lussaud, toujours sur la Sèvre, la maison sise actuellement rue des petites cabanes construite en 1855 et vendue en 1903.

Sur la commune de Liez
Dans le bourg, sise rue basse, la propriété, divisée en deux avant d’être de nouveau une seule entité, fut acquise dans la dernière décennie du 18ème siècle et sera vendue près d’un siècle plus tard en 1885 à un collatéral.

Dans le village du Courtiou, la maison acquise en 1803, sera vendue en fin d’année 1880, et détruite dans la décennie.

Dans le village des Plantes, à l’écart, mes ancêtres achètent tardivement une maison, en 1838, transmise après décès en 1865 à une collatérale.

Sur la commune de Saint Pierre le Vieux
Dans le village de la Porte de l’Ile, une petite maison acquise tardivement sous seing privé en 1878 et revendue dès 1889.

Sur la commune de Mervent
Dans le village de la Jamonière, tout d’abord une borderie (3) acquise en copropriété par un ancêtre et son frère dès la première décennie du 19ème siècle, ledit frère la vend en viager à mon ancêtre peu après, puis transmise par testament en 1830 et officiellement habitée par mes ancêtres seulement en 1834. Transmise ensuite par donation, et mon dernier aïeul, à y avoir vécu, décède en 1870. Une trentaine d’année plus tard, elle est vendue.

Dans ledit village, une autre maison fut construite en 1864 sur un terrain hérité, la maison sera vendue en 1901.

  • un billet fut consacré à cette maison lors du challengeAZ 2018 : C comme Champs

Dans le village de la Chopinière, une maison acquise en 1842 par un père et son fils, et sera transmise de façon collatérale après 1889.

Dans le village de la Gajonnière, une borderie acquise en 1798 et transmise à des collatéraux en 1852.

Sur la commune du Simon la Vineuse
Sur l’ancienne commune de la Vineuse, rattachée en 1828 au Simon pour devenir le Simon la Vineuse, au lieu-dit la Crulière, deux maisons qui en n’étaient qu’une à l’origine (achat de 1785), entrent dans les biens ancestraux de façon collatérale en 1815 et par le biais d’un achat en 1843. L’une, quoique bien collatéral dès 1848 y accueille une ancêtre jusqu’en 1861. Elle sera vendue ensuite en 1881. L’autre restera maison ancestrale jusqu’en 1889.

Sur la commune de la Réorthe
Dans le village de la Forêt, deux maisons ancestrales depuis le 18ème siècle qui se sont transmises de partage en donation jusqu’en 1883, puis de façon collatérale. Abandonnées en 1906, elle fut détruite vers 1909.

Sur la commune de Notre Dame de Riez
Dans le secteur nommé la Bloire, maison dite de la Triée, acquise avec son moulin, dit le grand moulin (renommé le moulin rouge après la guerre de Vendée), dans les années 1760. Le moulin est transmis à un collatéral lors d’un partage en 1798. Maison transmise et partagée, la dernière aïeule a y décédée, meurt en 1859. Transmise ensuite de façon collatérale, mon arrière-grand-père, y fut, chez son grand-oncle, domestique jusqu’au décès de ce dernier en 1894.

Dans le secteur du Creux Jaune, la bourrine (4) ancestrale construite vers 1840 sur un terrain acquis en 1801, sera propriété jusqu’à sa destruction en 1897 et la vente du terrain l’année suivante.

Près du moulin rouge, cité plus haut, la bourrine construite vers 1844, sur un terrain acquis après un héritage collatéral, accueillera mes ancêtres jusqu’au décès de la dernière habitante en 1876. La bourrine est détruite et le terrain vendu peu après ce décès.

Près de la métairie de la Fruchette, entre le village de Port Neuf et celui des Boucheries, la bourrine acquise dans les derniers jours de l’année 1871, sera vendue en ruine une douzaine d’années plus tard.

Au lieu-dit les Acacias, sur une parcelle échangée lors d’un héritage collatéral, la maison est construite en 1895. Devenue bien collatéral en 1925, elle héberge néanmoins une aïeule jusqu'en 1939.

Sur la commune de Commequiers
Au lieu-dit la Tonnelle, la maison construite en 1797 sur un terrain acquis en 1791, restera en partie propriété ancestrale jusqu’en 1913, avant de l’être de façon collatéral jusqu’à la fin des années 1950.

Sur la commune du Perrier
Au lieu-dit de la Chaussée du moulin, la maison de la Chaussée, propriété familiale depuis 1742, est transmise par partage et donation au début du 19ème siècle, et perd son moulin transmis à un collatéral puis vendu. Elle sera divisée lors de partage et vente, et finie par être entièrement vendue en 1857.

Sur la commune de Saint Hilaire de Riez
Près de la métairie de la petite Martinière, le moulin et sa maison sont propriétés ancestrale depuis 1773. La maison est transmise de façon collatérale, et vendue en 1821, et le moulin en copropriété. Non loin, une nouvelle maison est construite vers 1792. Cette dernière sera en partie bien ancestral jusqu’en 1853, alors que le moulin fut vendu en 1836 et détruit peu après. La maison fut ensuite bien collatéral jusqu’à la première décennie du 20ème siècle, tout en étant loué depuis 1898.

Sur la commune de Saint Jean de Monts
Dans le village d’Orouët, au pré la Poëlière, la maison est bâtie dans les années 1790 sur un terrain acquis en 1784. Après un partage, la maison reste bien ancestral et collatéral jusqu’en 1872. Mais en partie louée dès la fin des années 1850. 



(1) Huttier : cultivateur qui exploite et vit dans une hutte, ferme typique du marais poitevin.
(2) Cabane : ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un cabanier.
(3) Borderie : petite métairie, avec une notion de surface labourable inférieure.
(4) Bourrine : habitation avec murs en terre et couverte de bourrées d’herbes aquatiques ou roseaux, habitation typique du marais breton.

samedi 15 février 2020

J'ai 45 ans et mes trisaïeux aussi !

Au printemps 2016, j'avais eu l'idée, quelques mois après mon anniversaire, de vous exposer un instantané de la vie de mes aïeux au même âge que le mien. Cet instantané décrit en quelques lignes la vie de mes ascendants, de mon père à mes arrières grand-pères, lors de leur 41 ans et 3 mois.

Aujourd'hui, pour mes 45 ans, je réitère l'exercice, mais cette fois-ci avec mes trisaïeux, mes ancêtres de sexe masculin à la 5ème génération.

Sur huit trisaïeux, seuls six ont atteint leur 45 ans. 
MAJOU Louis, sosa 26, n'a vécu que 25 années (1863-1888) et POUVREAU François, sosa 28, s'est éteint à l'âge de 41 ans (1840-1881).

Vous allez donc pouvoir découvrir, à un instant T, six vies uniques, et bien sûr différentes, six vies vendéennes entre 1871 et 1910.

Répartition géographique de mes trisaïeux lors de leur 45 ans

Les 45 ans de mes trisaïeux.


PONTOIZEAU Jean « Baptiste » Louis, sosa 16 : 45 ans le samedi 3 février 1877

Natif de la commune de Challans, Baptiste est un homme de 1.66m, boiteux, métayer en communauté familiale. Cette communauté est composée, depuis le décès du patriarche en septembre 1874, de Baptiste et de son épouse Rose MARTINEAU (1831-1881) ainsi que son beau-frère, Louis PEROCHAUD (1842-1898), et sa sœur cadette, Henriette PONTOIZEAU (1842-1880), et leurs enfants. 



La famille exploite, depuis près de 20 ans, la métairie du Caillou blanc dans le village des Chênes de Challans, appartenant et construite par la famille IGNARD. La surface d’exploitation de ladite métairie est de 53 hectares avec un cheptel (bœufs, vaches, veaux et génisses) d’une valeur d'environ 2000 francs (dont 500 francs au propriétaire). Le prix du fermage est de 1000 francs annuel.



Marié depuis 1856 avec Rose, leurs cinq enfants, Jean 19 ans, Augustin 16 ans, Marie-Rose 14 ans, Jean 11 ans, mon AGP et François 8 ans, vivent encore tous dans la communauté.
Peu de temps avant cet anniversaire, fin janvier, Baptiste et sa famille avaient mis en terre la matriarche, Marie JOLLY, dernière épouse du patriarche et mère du beau frère PEROCHAUD
Cette année 1877, sera l’année du renouvellement du bail à ferme de la métairie.


RAFFIN François « Joseph », sosa 18 : 45 ans le lundi 19 juin 1882

Joseph, du haut de son 1.56m, est maçon, mais aussi charpentier et tonnelier selon les saisons et la demande. Il demeure à la Tonnelle sur la commune de Commequiers, sa maison natale, en périphérie du bourg. 



Il y vit avec sa troisième épouse, Henriette CAILLONNEAU (1841-1914) et leurs filles, Marie-Louise 3 ans et Marguerite 16 mois. Ses filles aînées, issues de sa première union, sont placées comme servantes, la dernière Joséphine, 16 ans, mon AGM, l'est depuis quelques mois. Joseph et son épouse auront un fils d’ici une année.
En plus de ses activités professionnelles, Joseph exploite son jardin d’environ 150m² et une vigne, pour sa consommation personnelle. Le jardin et la vigne sont mitoyens de la maison de la Tonnelle. Joseph va aussi à la chasse avec son vieux fusil.



Joseph licitera avec ses filles aînées, dès leur majorité, pour obtenir la pleine propriété de la maison familiale, dont la superficie du terrain est de 3 ares dont 35m² pour la maison. 
Cette dernière, maison basse typique, qui ne compte à l’époque qu’une pièce unique, est chichement meublée.


DUPOND André Alexis prénommé usuellement « Alexandre », sosa 20 : 45 ans le mercredi 17 mars 1886

Alexandre est un journalier, blond aux yeux bleu d’1.55m. Il vit en location depuis environ 3 ans dans un logement au Port neuf, village de la commune de Notre Dame de Riez, près des marais et non loin de la Vie. Ce logement appartient à un cousin, MILCENT Henry (1832-1909). Notre Dame de Riez est sa commune natale.



Alexandre est l’époux depuis 20 ans de Marie-Rose BURGAUD (1843-1939), et le couple a eu 8 enfants dont deux fils décédés à quelques semaines. A cette date anniversaire, les deux fils aînés dont, Louis 15 ans, mon AGP, sont déjà placés comme domestique de ferme chez des oncle et grand'oncle. Ne reste au foyer que les quatre derniers : Toussaint 10 ans, Marie 7 ans, Rosalie 4 ans et Imelda 14 mois. 



La famille avait dû quitter 3 ans plus tôt, la bourrine que les beaux-parents d'Alexandre avaient acquise à quelques centaines de mètres de là, près de la métairie de la Fruchette, pour loger sa famille au début de la décennie précédente. Le délabrement de cette dernière la rendant inhabitable, la famille l’abandonne et elle fut vendue en ruines.
Une petite quinzaine d’années plus tôt, Alexandre avait eu affaire à la justice et avait connu la prison pendant une année pour une mauvaise histoire de vol.


BIRON Jean-Louis, sosa 22 : 45 ans le jeudi 9 mars 1871

Natif de la commune de St Hilaire de Riez, Jean-Louis est un journalier d’1.60m, et souffre d’asthme. Il vit depuis son mariage, en 1853, dans la bourrine de son épouse, Marie MASSONNEAU (1833-1892), au Creux Jaune près du champ de foire de la commune de Notre Dame de Riez, à plusieurs centaines de mètres de sa maison natale, la petite Martinière. 



Sa femme est enceinte de quelques mois de leur sixième fille. Il n’y a seulement que quelques mois que leur dernière-née, Eulalie est décédée peu après ses 2 ans.  
La bourrine familiale est construite sur un terrain contenant de nombreux ajoncs (d’où son nom relatif à la couleur jaune), mais aussi quelques rangs de vignes et un jardin, pour le quotidien alimentaire de la famille.



Indigente, la famille de Jean-Louis est secourue par la charité de la commune, et ses trois filles aînées sont placées comme servante dès leurs 10 ans environ.  La dernière en date, Eglantine 11 ans, l’est depuis quelques mois seulement.
A cette date anniversaire, le foyer de Jean-Louis n’a donc qu’une seule fillette, Angèle âgée de 7 ans.


BOUCHET Louis « Henri », sosa 24 : 45 ans le lundi 9 juin 1884

Henri, homme d’1.57m, est cultivateur et marchand d’osiers, mais aussi pêcheur.
Veuf depuis 2 ans d’Alexandrine CAQUINEAU, il vit avec ses six enfants âgés de 16 à 2 ans, dont le dernier, Augustin, mon AGP, a survécu au décès de sa mère une semaine après sa naissance. 
La famille d'Henri demeure dans sa maison, en bordure de la Sèvre Niortaise aux Cabanes du marais Lussaud à Damvix.



La maison est composée de deux chambres avec grenier au dessus, une écurie, un four et un fournil, et se trouve sur un terrain d'environ 8 ares. Cette maison, construite en 1855 par ses parents, lui appartient par le biais d’une donation parentale de 1878, faite de sa mère, Louise METHAYER (1806-1884). Par ailleurs, sa mère, vit avec lui, cette dernière étant veuve depuis août 1883. 
Il est aidé dans l’éducation de ses enfants par ses beaux-parents, Jean CAQUINEAU (1810-1890) et Véronique MITTARD (1822-1892) dont son beau-père toujours éclusier, malgré son âge très avancé, aux Bourdettes à quelques centaines de mètres de chez Henri



Henri est propriétaire de nombreux pré-marais et bois, dont la grande majorité lui sont venus de la donation parentale.
Henri était le père « putatif » de la fameuse Célina qui occupa une partie de mon année généalogique 2017 !


MARTIN Jules Auguste « Alexandre », sosa 30 : 45 ans le jeudi 17 février 1910

Alexandre, châtain aux yeux « châtains » d’1.72m, vit en location rue des Tombeaux dans le bourg de Benet. Il y demeure avec son épouse, Eglantine ROYER (1865-1934), et leur fils Alexandre qui vient d’avoir 18 ans. 



Père et fils travaillent pour Eugène BOURDEAU (1870-1945) comme carrier dans les carrières de Richebonne de Benet. 



Depuis mai 1908, Alexandre par le biais d’une donation faite par sa mère, Marie JOURNOLLEAU (1839-1924), est propriétaire de la nue-propriété de la maison parentale située sur le bord de l’Autise sur la commune de St Sigismond, à environ 7.5 kms de chez lui.
Alexandre est déjà grand-père plusieurs fois par ses deux filles aînées ; Alexandrine, mon AGM, 24 ans épouse POUVREAU qui vit dans le bourg de St Sigismond (environ 8 kms) et qui a trois enfants de 6 à 2 ans, et Mélina, 23 ans épouse BOUTIER, qui vit dans le bourg de Villiers en Plaine (environ 7.5 kms), qui a deux enfants dont le second vient de naître ce 14 février !
Alexandre, « assez doux de nature » à quelques soucis avec l’alcool, puisqu’il fut condamné à 1 mois de prison avec sursis quelques années plus tôt, en 1905, par le tribunal de Niort, pour « coups et blessures » sous l’emprise de l’alcool sur plusieurs personnes dont son épouse !
Il est le seul de mes trisaïeux vivants à leur 45 ans à savoir signer ...