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lundi 16 janvier 2023

L'an 23, de siècle en siècle - Préambule

Tout d’abord, avec ce premier billet de l’année 2023, je tenais à vous souhaiter à toutes et tous une très agréable année !


Hier soir, en regardant ma série préférée du moment « Outlander », j’ai eu cette idée de billet : 

partir de cette année 2023 et remonter de siècle en siècle l'an 23 à la découverte de mes aïeux ces années-là (1923 et 1823).


Pour le 19ème et 20ème siècle cela sera relativement aisé. Mais pour le 18ème siècle, soit l’année 1723, il y aura beaucoup moins d’informations et de précisions. C’est pour cela que je m’abstiendrais donc à ne pas aller au-delà du 19ème siècle puisque mes données ne seraient que partielles et beaucoup moins exposables dans ce genre d’exercice, d’autant plus que mon souhait n’est pas de faire une simple liste d’ancêtres à une année donnée.

L’aboutissement de toutes ces vies ancestrales que je suis, et qui, en cette année 23 du 21ème siècle, vit en Saintonge par les aléas de l’histoire familiale (terre qui a accueilli mes proches ascendants au cours du 20ème siècle, et qui m’a vu naître et grandir), vous amènera chez ses chers ancêtres des années 23 au travers de la Vendée et des Deux-Sèvres.

D'ici peu donc, arrivera ce billet...

samedi 16 avril 2022

Thomas et Marguerite Aimée, un contrat de mariage en 1717

Le 15 avril, les archives de Vendée mettent en ligne les minutes notariales de 1667 à 1806 du canton de Chantonnay.

Dans ce canton, j'ai de nombreux ancêtres à cette période là.

La référence de quelques contrats de mariage m'était déjà connu, mais je n'avais pas pris le temps de les consulter sur place. En effet, mes déplacements physiques aux archives se concentrent principalement sur des minutes notariales du 19ème siècle. J'ai donc pu enfin en prendre connaissance en ligne.

Et aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous le contenu du contrat de mariage de mes ancêtres à la 11ème génération : Thomas DURAND (1695-ca 1737) et Marguerite Aimée BRETHE (1693-1773), sosas 1688 et 1689. 


Le contrat est acté sous le seing de Me LOYAU, puis celui de Me ARNAUD, notaires du marquisat de Creil-Bournezeau, l'après midi du 10 mai 1717, en la demeure de la mère de la future épouse à l'Augouère de la paroisse de Puymaufrais (fusion par la suite en 1833 avec Saint Vincent Fort du Lay, puis rattachement à la commune de Bournezeau en 1972).

"Thomas DURAND, marchand fils de Thomas et de Jeanne PELLETREAU demeurants au bourg de Sainct Ouing des gastz d'une part (Saint Ouen des Gâts fut rattaché aux Pineaux en 1820) et Marguerite Aymée BRETHE fille majeure de deffunt Me Jacques BRETHE vivant Sr du fief et de dame Marguerite Aymée BARREAU demeurants au village de Laugouère parroisse de puymaufray d'autre part."


Les futurs sont assistés de leurs proches :

  • Pour Thomas :
    • Thomas DURAND (ca 1660) et Jeanne PELLETREAU (ca 1665), conjoints père et mère, 
    • Louise DURAND (ca 1692-1756) et Pierre THOMAS (ca 1684-1724), sœur et beau-frère, 
    • Renée DURAND (1697-/1738) et Pierre GIRARDEAU (+/1738), sœur et beau-frère.
  • Pour Marguerite Aimée :
    • Dame Marguerite Aymée BARREAU (ca 1660-1718) veuve dudit Jacques BRETHE (1658-1708) Sr du fief, 
    • Louise Marie (1699-1762) et Marie Anne (1704) BRETHE sœurs.
"Les conventions duquel dit futur mariage sonts telles et sans lesquelles il nauroit son executtion" :
  • "les proparlez feronts uns et commun en touts biens meubles et acquetz immeubles quils feronts et acqueronts pendant icelle".
  • "Ils ont déclarez quils se prenent avec touts et chascun leurs droits qui consistent à lesgard dudit DURAND la somme de cent cinquante livres de laquelle lesdits Thomas DURAND et Jeanne PELLETREAU conjoints ont promis et promettent celle de quarante livres qu'ils lui bailleront et payeront dans le jour de la bénédiction nuptiale et ce en attendant leur succession future et le surplus de la somme de cent cinquante livres."
  • "ladite dame BARREAU a quitté, ceddé et dellaissé la propriétté possession et jouissance à la future espouse et ce par préciput et advantage et en attendant sa succession future, les dommaines qui suivent sçavoir :
    • un petit pré appelé le pré du cormier contenant deux journaux ou environ, 
    • plus deux boicellée de terre sçise champ du chastaigner
    • plus deux petits champs appelez les ousches contenant trois boicellée ou environ, 
    • plus une pièce de terre appellée les Routtes contenant aussi le champ du nouinaud tenant douze boicellée ou environ, 
    • plus une petite maison et jardin y joignant jusque au fossé qui sépare celluy de la maison ou demeure ladite dame BARREAU tenant laquelle maison à la celle de Pierre BARREAU Sr de Villiers (frère de Marguerite Aymée), 
    • plus la moitié de la vigne à prendre du costé de ladite maison et jusque à la route qui est au millieu de ladite vigne."
  • "de touts lesquels dommaines cy dessus les proparlés entreront en jouissance et poccession dès le jour de leur bénédiction nuptialle."
  • "Dans le succession future de ladite BARREAU lesdits futurs époux ne seronts tenus de reportés que les terres du chateigner, les ousches, les routtes et du nouinaud, le surplus des autres dommaines cy dessus mentionnez estant donnez par préciput et advantage à ladite proparlée sans report ny précompte ny d'aucunes jouissances des domaines yceux quittes des arrérages des rentes."
  • "ladite dame BARREAU s'oblige de bailler aux futurs époux dans ledit jour de leur bénédiction nuptialle :
    • un lit garny d'une parie de grand draps, 
    • un coffre de bois de noyer, 
    • une vache, 
    • quatre brebis
    • deux aigneaux."
  • "et encore lesdits DURAND et PELLETREAU se sont obligez de bailler aux futurs epoux dans ledit jour de leur bénédiction nuptiale :
    • une paire de grand draps, 
    • deux nappes, 
    • un plat destain, 
    • une couverte de lit, 
    • une couchette de bois de chesne sans garniture, 
    • deux essuyemain."
  • "il a esté dit et conveneu que lesdits futturs espoux après leur bénédiction nuptialle demeure avec ladite dame BARREAU et lesdites Louise Marie et Marie Anne BRETHE, ils ne pourront contracter aucune communauté ny sociéttés ensemble et cependant ils seronts touts tenus de joindre ensemble les gains et profits quils feronts et de conférer les revenus de touts leurs immeubles."

Voilà, le contrat est fait, sans doute suivi quelques jours plus tard par la bénédiction nuptiale en la paroisse de Saint Ouen des Gâts. En effet, le village de Laugouère (aujourd'hui l'Augoire) étant plus proche dudit bourg que du bourg de Puymaufrais dont il dépendait, comme vous pouvez le voir sur la carte de CASSINI plus haut. A mon grand dam puisque les registres paroissiaux de cette paroisse comportent une grosse lacune entre 1709 et 1735 ! 

Thomas et Marguerite Aimée auront sept enfants à ma connaissance, tous nés à l'Augoire : 
  1. Louise Françoise, née 23 mai 1718, 
  2. Pierre (mon ancêtre et unique fils du couple), né le 20 octobre 1719 et décédée le 22 décembre 1788, 
    • première union en 1741 avec Françoise MAILLET (ca 1721-1754), 5 enfants
    • seconde union en 1756 avec Louise GODILLON (1721-ca 1757), 1 fille
    • troisième union en 1759 avec Rose TURCOT (ca 1737-1801), 5 enfants
  3. Renée, née le 15 novembre 1721 et décédée le 11 septembre 1727, 
  4. Marguerite Aimée, née le 21 février 1724 et décédée le 7 juillet 1789, 
    • première union en 1743 avec André VALET (1721-1754)
    • seconde union en 1764 avec Jacques FEVRE (ca 1741-1785)
  5. Louise, née le 27 mars 1726 et décédée le 8 novembre 1736, 
  6. Marie, née vers 1728, 
    • mariée en 1750 avec Charles ARNAUD (ca 1723-1772)
  7. Marie Gabrielle, née le 9 avril 1734 et décédée le 13 septembre de la même année.
Thomas décède après 1736, à une date et en un lieu inconnu...
Marguerite Aimée se remarie en 1739 avec Jacques CHATELLIER (ca 1690-1762), le frère de son beau-frère Louis (époux de Marie Anne BRETHE).

Veuve depuis une dizaine d'années, Marguerite Aimée s'éteint à l'âge honorable pour l'époque de 80 ans, le 1er mai 1773 dans sa maison (natale) de l'Augoire.




lundi 20 septembre 2021

La maison

-  Image d'illustration - 

La maison est un lieu commun et pourtant c’est un lieu où l’on se sent en sécurité, à l’abri des difficultés extérieures.

La maison est un lieu de vie, de transmission et d’éducation.

La maison est un lieu affectif et possessif.

La maison est un lieu à la fois matériel et immatériel aux travers des souvenirs, souvenirs d’un instant ou d’une vie entière.

La maison familiale ou parentale, maison d’une génération à plusieurs générations successives, lieu d’enfance et de vieillesse.

La maison est un lieu évolutif et pourtant intemporel.

La maison est un endroit où l’on met tout notre affect. 

La maison est un lieu de partages et d’échanges.

La maison, ce lieu, cet endroit que l’on rêve tous d’acquérir, de construire, d’hériter, de transmettre.


Pourquoi ce texte aujourd’hui ?

Vous connaissez tous mon intérêt particulier pour les maisons ancestrales*. 

Et aujourd’hui, dans la longue lignée de mes ancêtres, je suis dans la situation de beaucoup de mes aïeux avant moi, je vais « reprendre » la maison parentale.

Cette maison, acquise peu après le mariage de mes parents, modifiée, agrandie, entretenue par ces derniers, deviendra mienne.

Ainsi, de par l’affect que j’entretiens pour le lieu, au-delà, de mes souvenirs et de ceux de mes parents, je vais, comme nombre de mes aïeux, devenir propriétaire de ma maison d’enfance.

Jamais, avant l’évènement à la genèse de cette décision, je n’avais imaginé qu’un jour cela adviendrait.


* J'ai déjà consacré de nombreux billets à ces dernières, et depuis peu un premier tome d'un livre :


mardi 3 mars 2020

Chroniques des maisons ancestrales

Il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, j'annonçais que par l'avancement de mon projet "maisons ancestrales" (lire ici la genèse de ce projet) j’espérais pouvoir éditer un premier tome des chroniques de ces maisons ancestrales au cours de l'été prochain.


Cette édition se fera en très peu d'exemplaires et n'a pas pour but d'être largement diffusée.

Voulant tout de même partager avec vous, je vous dévoile ci dessous l'introduction (non définitive) de ce premier tome, suivie d'un résumé des chroniques contenues dans ce tome.
"Après de nombreuses années de passion pour la généalogie, donc de nombreuses années de recherches et de collectes d’informations sur mes ancêtres, puis sur leurs lieux de vie, j’ai eu l’envie, et le besoin, de consigner ces informations dans un écrit.
Dans cet écrit, je relate mon histoire ancestrale par le biais des chroniques des habitations. J’entends chronique des habitations ancestrales comme l’histoire commune de mes ancêtres avec leur maison, car comme le dit si bien Thierry SABOT, auteur de la collection THEMA : la maison est à la fois cellule de vie, unité de production, et signe d’inégalité sociale.
Devant l’ampleur de la tâche, je me suis contraint à une période récente qui englobe les 19ème et 20ème siècles. Cette contrainte temporelle est toutefois bonifiée par le grand nombre et la richesse des archives de cette période. 
Durant la période précitée, le nombre d’habitations ancestrales étant déjà très important, je me donne l’opportunité d’étaler mes écrits sur plusieurs tomes. 
Dans ce premier tome, j’ai rédigé la chronique de chacune des habitations dont mes ancêtres furent propriétaire dans la seconde moitié du 19ème siècle. Cela pouvait donc s’agir de propriétés ancestrales plus anciennes mais dont mes aïeux étaient encore propriétaire durant la période susdite.
Les habitations ancestrales plus anciennes, celles de la première moitié du 19ème siècle, ou plus récentes, celles du 20ème siècle, ainsi que les logements loués (métairies, borderies ou autres), feront l’objet de tomes ultérieurs.
Dans cette seconde moitié du 19ème siècle, les habitations ancestrales sont au nombre de 32. Ces habitations sont réparties sur 14 communes de l’époque, sur le département de la Vendée."



Sur la commune de Benet
Dans le village de Nessier, les maisons situées rue de la Fontaine, maisons à l’origine de la partie sud du village. Construites par plusieurs huttiers (1) dans les années 1780 dans le marais de Benet. Mes ancêtres, parmi ceux-là, y vécurent de ces années-là jusqu'en 1903. A l’heure actuelle, des cousins éloignés y vivent encore.

Non loin de là, près de Gorge Bataille, la partie nord à l'origine du village de Nessier, la cabane (2) de la Loge, qui a appartenu à mes ancêtres jusqu’en 1872, et qui était déjà occupée par eux à la fin du 18ème siècle. Elle sera détruite en 1885.

Un peu plus loin, près du village de Banzay, la maison du Pré Paradis construite en 1858 par un ancêtre sur une parcelle acquise peu avant. Elle fut propriété ancestrale jusqu’à une donation en 1888.

Près de là, la maison de la Meugne, construite vraisemblablement au début des années 1800, devient propriété ancestrale en 1817. Mon dernier ancêtre à y avoir vécu, y meurt en 1866.

Sur la commune de Sainte Christine
Dans le village actuel de la Garenne, qui à l’époque de la construction ne se nommait que le bois du Breuil, une maison bâtie en 1844. La dernière aïeule la quitte vers 1874 et elle est transmise à un collatéral qui la vend peu après.

La maison et le moulin dit de Volette, propriétés dès 1803, seront vendus en 1855. Le moulin sera détruit une douzaine d’années plus tard.

Sur la commune de Saint Sigismond
Sur le bord du canal de la vieille Autise, créé en 1833, la maison des Bourgnons fut construite en 1870, et restera dans la famille jusqu’en 1935, mais était louée les 20 dernières années.


Sur la commune de Damvix
Dans le bourg, deux maisons feront l’objet d’une chronique. Ces deux maisons propriétés depuis le 18ème siècle le resteront jusqu’au milieu des années 1850. L’une sera vendue et l’autre donnée à un collatéral.

Sur la Sèvre, une maison, bâtie sur une parcelle acquise en 1864, qui n’eut sans doute pas le temps d’être habitée par mes ancêtres car vendue à peine finie en 1868.

Plus loin, aux cabanes du marais Lussaud, toujours sur la Sèvre, la maison sise actuellement rue des petites cabanes construite en 1855 et vendue en 1903.

Sur la commune de Liez
Dans le bourg, sise rue basse, la propriété, divisée en deux avant d’être de nouveau une seule entité, fut acquise dans la dernière décennie du 18ème siècle et sera vendue près d’un siècle plus tard en 1885 à un collatéral.

Dans le village du Courtiou, la maison acquise en 1803, sera vendue en fin d’année 1880, et détruite dans la décennie.

Dans le village des Plantes, à l’écart, mes ancêtres achètent tardivement une maison, en 1838, transmise après décès en 1865 à une collatérale.

Sur la commune de Saint Pierre le Vieux
Dans le village de la Porte de l’Ile, une petite maison acquise tardivement sous seing privé en 1878 et revendue dès 1889.

Sur la commune de Mervent
Dans le village de la Jamonière, tout d’abord une borderie (3) acquise en copropriété par un ancêtre et son frère dès la première décennie du 19ème siècle, ledit frère la vend en viager à mon ancêtre peu après, puis transmise par testament en 1830 et officiellement habitée par mes ancêtres seulement en 1834. Transmise ensuite par donation, et mon dernier aïeul, à y avoir vécu, décède en 1870. Une trentaine d’année plus tard, elle est vendue.

Dans ledit village, une autre maison fut construite en 1864 sur un terrain hérité, la maison sera vendue en 1901.

  • un billet fut consacré à cette maison lors du challengeAZ 2018 : C comme Champs

Dans le village de la Chopinière, une maison acquise en 1842 par un père et son fils, et sera transmise de façon collatérale après 1889.

Dans le village de la Gajonnière, une borderie acquise en 1798 et transmise à des collatéraux en 1852.

Sur la commune du Simon la Vineuse
Sur l’ancienne commune de la Vineuse, rattachée en 1828 au Simon pour devenir le Simon la Vineuse, au lieu-dit la Crulière, deux maisons qui en n’étaient qu’une à l’origine (achat de 1785), entrent dans les biens ancestraux de façon collatérale en 1815 et par le biais d’un achat en 1843. L’une, quoique bien collatéral dès 1848 y accueille une ancêtre jusqu’en 1861. Elle sera vendue ensuite en 1881. L’autre restera maison ancestrale jusqu’en 1889.

Sur la commune de la Réorthe
Dans le village de la Forêt, deux maisons ancestrales depuis le 18ème siècle qui se sont transmises de partage en donation jusqu’en 1883, puis de façon collatérale. Abandonnées en 1906, elle fut détruite vers 1909.

Sur la commune de Notre Dame de Riez
Dans le secteur nommé la Bloire, maison dite de la Triée, acquise avec son moulin, dit le grand moulin (renommé le moulin rouge après la guerre de Vendée), dans les années 1760. Le moulin est transmis à un collatéral lors d’un partage en 1798. Maison transmise et partagée, la dernière aïeule a y décédée, meurt en 1859. Transmise ensuite de façon collatérale, mon arrière-grand-père, y fut, chez son grand-oncle, domestique jusqu’au décès de ce dernier en 1894.

Dans le secteur du Creux Jaune, la bourrine (4) ancestrale construite vers 1840 sur un terrain acquis en 1801, sera propriété jusqu’à sa destruction en 1897 et la vente du terrain l’année suivante.

Près du moulin rouge, cité plus haut, la bourrine construite vers 1844, sur un terrain acquis après un héritage collatéral, accueillera mes ancêtres jusqu’au décès de la dernière habitante en 1876. La bourrine est détruite et le terrain vendu peu après ce décès.

Près de la métairie de la Fruchette, entre le village de Port Neuf et celui des Boucheries, la bourrine acquise dans les derniers jours de l’année 1871, sera vendue en ruine une douzaine d’années plus tard.

Au lieu-dit les Acacias, sur une parcelle échangée lors d’un héritage collatéral, la maison est construite en 1895. Devenue bien collatéral en 1925, elle héberge néanmoins une aïeule jusqu'en 1939.

Sur la commune de Commequiers
Au lieu-dit la Tonnelle, la maison construite en 1797 sur un terrain acquis en 1791, restera en partie propriété ancestrale jusqu’en 1913, avant de l’être de façon collatéral jusqu’à la fin des années 1950.

Sur la commune du Perrier
Au lieu-dit de la Chaussée du moulin, la maison de la Chaussée, propriété familiale depuis 1742, est transmise par partage et donation au début du 19ème siècle, et perd son moulin transmis à un collatéral puis vendu. Elle sera divisée lors de partage et vente, et finie par être entièrement vendue en 1857.

Sur la commune de Saint Hilaire de Riez
Près de la métairie de la petite Martinière, le moulin et sa maison sont propriétés ancestrale depuis 1773. La maison est transmise de façon collatérale, et vendue en 1821, et le moulin en copropriété. Non loin, une nouvelle maison est construite vers 1792. Cette dernière sera en partie bien ancestral jusqu’en 1853, alors que le moulin fut vendu en 1836 et détruit peu après. La maison fut ensuite bien collatéral jusqu’à la première décennie du 20ème siècle, tout en étant loué depuis 1898.

Sur la commune de Saint Jean de Monts
Dans le village d’Orouët, au pré la Poëlière, la maison est bâtie dans les années 1790 sur un terrain acquis en 1784. Après un partage, la maison reste bien ancestral et collatéral jusqu’en 1872. Mais en partie louée dès la fin des années 1850. 



(1) Huttier : cultivateur qui exploite et vit dans une hutte, ferme typique du marais poitevin.
(2) Cabane : ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un cabanier.
(3) Borderie : petite métairie, avec une notion de surface labourable inférieure.
(4) Bourrine : habitation avec murs en terre et couverte de bourrées d’herbes aquatiques ou roseaux, habitation typique du marais breton.

samedi 15 février 2020

J'ai 45 ans et mes trisaïeux aussi !

Au printemps 2016, j'avais eu l'idée, quelques mois après mon anniversaire, de vous exposer un instantané de la vie de mes aïeux au même âge que le mien. Cet instantané décrit en quelques lignes la vie de mes ascendants, de mon père à mes arrières grand-pères, lors de leur 41 ans et 3 mois.

Aujourd'hui, pour mes 45 ans, je réitère l'exercice, mais cette fois-ci avec mes trisaïeux, mes ancêtres de sexe masculin à la 5ème génération.

Sur huit trisaïeux, seuls six ont atteint leur 45 ans. 
MAJOU Louis, sosa 26, n'a vécu que 25 années (1863-1888) et POUVREAU François, sosa 28, s'est éteint à l'âge de 41 ans (1840-1881).

Vous allez donc pouvoir découvrir, à un instant T, six vies uniques, et bien sûr différentes, six vies vendéennes entre 1871 et 1910.

Répartition géographique de mes trisaïeux lors de leur 45 ans

Les 45 ans de mes trisaïeux.


PONTOIZEAU Jean « Baptiste » Louis, sosa 16 : 45 ans le samedi 3 février 1877

Natif de la commune de Challans, Baptiste est un homme de 1.66m, boiteux, métayer en communauté familiale. Cette communauté est composée, depuis le décès du patriarche en septembre 1874, de Baptiste et de son épouse Rose MARTINEAU (1831-1881) ainsi que son beau-frère, Louis PEROCHAUD (1842-1898), et sa sœur cadette, Henriette PONTOIZEAU (1842-1880), et leurs enfants. 



La famille exploite, depuis près de 20 ans, la métairie du Caillou blanc dans le village des Chênes de Challans, appartenant et construite par la famille IGNARD. La surface d’exploitation de ladite métairie est de 53 hectares avec un cheptel (bœufs, vaches, veaux et génisses) d’une valeur d'environ 2000 francs (dont 500 francs au propriétaire). Le prix du fermage est de 1000 francs annuel.



Marié depuis 1856 avec Rose, leurs cinq enfants, Jean 19 ans, Augustin 16 ans, Marie-Rose 14 ans, Jean 11 ans, mon AGP et François 8 ans, vivent encore tous dans la communauté.
Peu de temps avant cet anniversaire, fin janvier, Baptiste et sa famille avaient mis en terre la matriarche, Marie JOLLY, dernière épouse du patriarche et mère du beau frère PEROCHAUD
Cette année 1877, sera l’année du renouvellement du bail à ferme de la métairie.


RAFFIN François « Joseph », sosa 18 : 45 ans le lundi 19 juin 1882

Joseph, du haut de son 1.56m, est maçon, mais aussi charpentier et tonnelier selon les saisons et la demande. Il demeure à la Tonnelle sur la commune de Commequiers, sa maison natale, en périphérie du bourg. 



Il y vit avec sa troisième épouse, Henriette CAILLONNEAU (1841-1914) et leurs filles, Marie-Louise 3 ans et Marguerite 16 mois. Ses filles aînées, issues de sa première union, sont placées comme servantes, la dernière Joséphine, 16 ans, mon AGM, l'est depuis quelques mois. Joseph et son épouse auront un fils d’ici une année.
En plus de ses activités professionnelles, Joseph exploite son jardin d’environ 150m² et une vigne, pour sa consommation personnelle. Le jardin et la vigne sont mitoyens de la maison de la Tonnelle. Joseph va aussi à la chasse avec son vieux fusil.



Joseph licitera avec ses filles aînées, dès leur majorité, pour obtenir la pleine propriété de la maison familiale, dont la superficie du terrain est de 3 ares dont 35m² pour la maison. 
Cette dernière, maison basse typique, qui ne compte à l’époque qu’une pièce unique, est chichement meublée.


DUPOND André Alexis prénommé usuellement « Alexandre », sosa 20 : 45 ans le mercredi 17 mars 1886

Alexandre est un journalier, blond aux yeux bleu d’1.55m. Il vit en location depuis environ 3 ans dans un logement au Port neuf, village de la commune de Notre Dame de Riez, près des marais et non loin de la Vie. Ce logement appartient à un cousin, MILCENT Henry (1832-1909). Notre Dame de Riez est sa commune natale.



Alexandre est l’époux depuis 20 ans de Marie-Rose BURGAUD (1843-1939), et le couple a eu 8 enfants dont deux fils décédés à quelques semaines. A cette date anniversaire, les deux fils aînés dont, Louis 15 ans, mon AGP, sont déjà placés comme domestique de ferme chez des oncle et grand'oncle. Ne reste au foyer que les quatre derniers : Toussaint 10 ans, Marie 7 ans, Rosalie 4 ans et Imelda 14 mois. 



La famille avait dû quitter 3 ans plus tôt, la bourrine que les beaux-parents d'Alexandre avaient acquise à quelques centaines de mètres de là, près de la métairie de la Fruchette, pour loger sa famille au début de la décennie précédente. Le délabrement de cette dernière la rendant inhabitable, la famille l’abandonne et elle fut vendue en ruines.
Une petite quinzaine d’années plus tôt, Alexandre avait eu affaire à la justice et avait connu la prison pendant une année pour une mauvaise histoire de vol.


BIRON Jean-Louis, sosa 22 : 45 ans le jeudi 9 mars 1871

Natif de la commune de St Hilaire de Riez, Jean-Louis est un journalier d’1.60m, et souffre d’asthme. Il vit depuis son mariage, en 1853, dans la bourrine de son épouse, Marie MASSONNEAU (1833-1892), au Creux Jaune près du champ de foire de la commune de Notre Dame de Riez, à plusieurs centaines de mètres de sa maison natale, la petite Martinière. 



Sa femme est enceinte de quelques mois de leur sixième fille. Il n’y a seulement que quelques mois que leur dernière-née, Eulalie est décédée peu après ses 2 ans.  
La bourrine familiale est construite sur un terrain contenant de nombreux ajoncs (d’où son nom relatif à la couleur jaune), mais aussi quelques rangs de vignes et un jardin, pour le quotidien alimentaire de la famille.



Indigente, la famille de Jean-Louis est secourue par la charité de la commune, et ses trois filles aînées sont placées comme servante dès leurs 10 ans environ.  La dernière en date, Eglantine 11 ans, l’est depuis quelques mois seulement.
A cette date anniversaire, le foyer de Jean-Louis n’a donc qu’une seule fillette, Angèle âgée de 7 ans.


BOUCHET Louis « Henri », sosa 24 : 45 ans le lundi 9 juin 1884

Henri, homme d’1.57m, est cultivateur et marchand d’osiers, mais aussi pêcheur.
Veuf depuis 2 ans d’Alexandrine CAQUINEAU, il vit avec ses six enfants âgés de 16 à 2 ans, dont le dernier, Augustin, mon AGP, a survécu au décès de sa mère une semaine après sa naissance. 
La famille d'Henri demeure dans sa maison, en bordure de la Sèvre Niortaise aux Cabanes du marais Lussaud à Damvix.



La maison est composée de deux chambres avec grenier au dessus, une écurie, un four et un fournil, et se trouve sur un terrain d'environ 8 ares. Cette maison, construite en 1855 par ses parents, lui appartient par le biais d’une donation parentale de 1878, faite de sa mère, Louise METHAYER (1806-1884). Par ailleurs, sa mère, vit avec lui, cette dernière étant veuve depuis août 1883. 
Il est aidé dans l’éducation de ses enfants par ses beaux-parents, Jean CAQUINEAU (1810-1890) et Véronique MITTARD (1822-1892) dont son beau-père toujours éclusier, malgré son âge très avancé, aux Bourdettes à quelques centaines de mètres de chez Henri



Henri est propriétaire de nombreux pré-marais et bois, dont la grande majorité lui sont venus de la donation parentale.
Henri était le père « putatif » de la fameuse Célina qui occupa une partie de mon année généalogique 2017 !


MARTIN Jules Auguste « Alexandre », sosa 30 : 45 ans le jeudi 17 février 1910

Alexandre, châtain aux yeux « châtains » d’1.72m, vit en location rue des Tombeaux dans le bourg de Benet. Il y demeure avec son épouse, Eglantine ROYER (1865-1934), et leur fils Alexandre qui vient d’avoir 18 ans. 



Père et fils travaillent pour Eugène BOURDEAU (1870-1945) comme carrier dans les carrières de Richebonne de Benet. 



Depuis mai 1908, Alexandre par le biais d’une donation faite par sa mère, Marie JOURNOLLEAU (1839-1924), est propriétaire de la nue-propriété de la maison parentale située sur le bord de l’Autise sur la commune de St Sigismond, à environ 7.5 kms de chez lui.
Alexandre est déjà grand-père plusieurs fois par ses deux filles aînées ; Alexandrine, mon AGM, 24 ans épouse POUVREAU qui vit dans le bourg de St Sigismond (environ 8 kms) et qui a trois enfants de 6 à 2 ans, et Mélina, 23 ans épouse BOUTIER, qui vit dans le bourg de Villiers en Plaine (environ 7.5 kms), qui a deux enfants dont le second vient de naître ce 14 février !
Alexandre, « assez doux de nature » à quelques soucis avec l’alcool, puisqu’il fut condamné à 1 mois de prison avec sursis quelques années plus tôt, en 1905, par le tribunal de Niort, pour « coups et blessures » sous l’emprise de l’alcool sur plusieurs personnes dont son épouse !
Il est le seul de mes trisaïeux vivants à leur 45 ans à savoir signer ...




samedi 8 février 2020

A la recherche de la vente du moulin

Par ce billet, je vais vous conter ma mésaventure de ces derniers jours lors de la recherche de la vente du moulin à vent ancestral de la Petite Martinière, sur la commune vendéenne de St Hilaire de Riez.


Ayant en ma possession la matrice cadastrale de mon aïeul Louis BIRON (1784-1837), meunier et propriétaire dudit moulin (en copropriété avec un autre farinier, un certain LOUE), matrice cadastrale portant le n° 203, je savais que la vente s'était faite peu avant son décès. En effet, la matrice indique une transcription à l'administration (mutation) en 1838, sachant que cette transcription, sauf erreur ou omission, intervient dans un délai d'environ 18 mois à 2 ans. L'acquéreur avait le numéro de matrice n° 603.



De là, rien de plus simple, la matrice n° 603 était celle de DURY veuve PROTEAU (1), de la ville de Nantes, il ne me restait plus qu'à consulter la table des vendeurs pour retrouver l'acte notarié ayant acté cette vente.


Premier problème : une lacune de table des vendeurs entre 1830 et 1840 ...
Connaissant l'acquéreur, le problème se contourne rapidement avec la table des acquéreurs de la même période qui elle n'est pas lacunaire, mais se trouve répartie en deux tables : 1830 à 1836 et 1836 à 1840. 1836 étant bien entendue l'année approximative de la vente qui m'intéresse.


Quelques minutes de recherches, et second problème, et pas des moindres, aucune acquisition faite par la veuve PROTEAU dans ce laps de temps !

Je regarde de plus près la matrice cadastrale de la dite veuve et elle mentionne un changement de titulaire de la matrice en 1842 (toujours compter le délai de transcription mentionné plus haut). Ayant déjà vu par ailleurs que ces informations de dates ne sont pas d'une précision "suisse", je me décide donc à regarder une éventuelle acquisition faite par le successeur de la matrice, un certain de la GUIMERAIS, propriétaire de la ville de Nantes, selon la matrice.

Mais non, toujours RIEN !

Je ne désespère pas, la persévérance est de mise en généalogie.

Je prends donc l'initiative de consulter l'ensemble de deux tables, qui ne représente après tout que 200 vues environ chacune ....

Et ...

Arrivé à la lettre H de la table, je tombe sur une vente, la vente de la métairie de la petite Martinière, métairie voisine du moulin, qui appartenait aussi à ladite veuve PROTEAU. Cette vente est faite en mai 1834 pour 30 000 francs à un certain Louis René HOCHEDE de la GUIMERAIS (2) !!

Et voilà, tout s'explique, le patronyme complet de monsieur de la GUIMERAIS est HOCHEDE de la GUIMERAIS ...

Quelques minutes de recherches de plus, et je tombe sur la vente recherchée du moulin, en date du 26 octobre 1836 chez Me RENAUD ... 


Il ne me reste plus qu'à attendre ma prochaine visite aux archives départementales pour obtenir cet acte de vente. 
Peu de temps après cette vente, le moulin est détruit et Louis meurt ...

En conclusion, même lorsque l'on pense avoir toutes les informations et que la recherche va s'avérer simple, c'est sans compter sur l'approximation des informations administratives du 19ème siècle !

(1) Gabrielle Josèphe DURIS (1786-1862) avait épousé en 1814 à Nantes, Jacques François PROTEAU (1740-1824). Il était l'ancien propriétaire de la rente foncière dudit moulin. Ce couple avait plus de 46 ans d'écart d'âge !
(2) Louis René HOCHEDE de la GUIMERAIS (ou GUEMERAIS) vivait à l'Echo de Derval (44) où il meurt en 1852 à 90 ans.

samedi 5 octobre 2019

Des actes notariés par centaines


Comme vous avez pu le lire dans mon billet de bilan de recherches sur ces dernières années (accessible ici), je me suis concentré sur mes ancêtres du 19ème siècle afin d’y exploiter toutes les sources disponibles pour mieux affiner mes connaissances.

Une des sources la plus prolifique est bien entendu les actes notariés.


En effet, nos ancêtres pour gérer leur vie quotidienne devaient très souvent se rendre chez un notaire.
Chaque ancêtre doit y être allé au minimum une fois durant son existence.

Mes derniers séjours aux archives départementales de Vendée, principalement, et des Deux-Sèvres, ont été consacrés quasi exclusivement à la consultation de cette source.



La diversité des actes notariés nous apporte une multitude d’informations complémentaires pour une meilleure connaissance de nos aïeux.

Certaines informations, que je considère comme « basiques » dans la vie de nos aïeux, vous seront seulement connues par le biais d’un acte notarié. 
Un seul et simple exemple :  
mon aïeul Louis MARTINEAU (1796-1857) s’installe à la Bigotterie de Challans, en Vendée, d’après l’état civil (la naissance de ses enfants) et les recensements de population de 1836 et 1841. Grâce aux actes notariés, je vais apprendre qu’en fait il ne vivait pas à la Bigotterie mais dans une borderie proche dudit lieu, le petit Breuil. Je vais aussi apprendre à quelle date il y est entré et sorti grâce aux baux qu’il a contractés avec le propriétaire, qui n’est autre que son oncle maternel, et je vais aussi apprendre plusieurs choses sur les finances de mon aïeul.

La collecte d’actes notariés est chronophage, il ne faut pas se voiler la face, mais tellement essentielle à tout "bon" généalogiste voulant approfondir la biographie ancestrale et non pas se contenter d’un arbre généalogique insipide.

Comment connaitre le mobilier, les outils ou le cheptel de nos ancêtres sans les actes notariés ?
Comment estimer le niveau de vie de nos ancêtres sans les actes notariés ?
Comment connaitre la gestion d’une communauté familiale sans les actes notariés ?
Comment connaitre les dernières volontés de nos ancêtres sans les actes notariés ?

La liste pourrait être encore longue mais vous ne pouvez pas passer à côté de la joie généalogique de tomber un acte notarié que jamais vous ne cherchiez, et qui vous amène à moult réflexions sur vos ancêtres et leur vie quotidienne.

Alors comment trouver ces actes notariés ?


L’accès direct à ces actes n’existe pas mais l'on peut y accéder par plusieurs biais.

Lors du ChallengeAZ 2017, je vous avais indiqué une piste pour accéder aux actes notariés avec, bien entendu, la série Q dite des "Domaines, Enregistrement et Hypothèques", et ses diverses tables établies, pour rappel :
  • Les tables des contrats de mariage : jusqu'au 31 décembre 1865.
  • Les tables de successions : trois types de tables existent jusqu'au 31 décembre 1824 : 
    1. tables des extraits de sépulture et personnes réputées mortes après une longue absence, 
    2. tables des inventaires après décès, 
    3. tables des successions acquittées. 
      • Une table unique à partir de 1825 : la table des successions et absences.
  • Les tables des testaments : trois types de tables jusqu'en 31 décembre 1824, refondues en une seule jusqu'en 1865.
  • Les tables des vendeurs et acquéreurs : quatre types de tables existent de la fin du XVIIIe siècle jusqu'en décembre 1824 : 
    1. tables des vendeurs et anciens possesseurs, 
    2. tables des acquéreurs et nouveaux possesseurs, 
    3. tables des partages, 
    4. tables des copartageants. 
      • Deux tables subsistent jusqu'en 1865 : 
      1. table des acquéreurs et nouveaux possesseurs, 
      2. table des vendeurs et anciens possesseurs.
  • Les tables des baux : elles subsistent jusqu'en décembre 1865.
Vous pouvez retrouver mon billet en question ici.

Ensuite lorsque vous connaissez le ou les notaires du secteur concerné par vos ancêtres, vous pouvez consulter leurs répertoires (s’ils ont étaient conservés). Cette consultation peut être aussi longue et facétieuse, comme vous pouvez le voir ci-dessous !


Une astuce, toujours consulter une liasse entière en feuilletant tous les actes, le hasard vous apporte des surprises ! (Voir mon billet ici).

Souvent un acte notarié va vous signaler la référence d’un ou plusieurs autres actes et ainsi de suite. 
La référence d’un acte notarié est aussi assez souvent mentionnée dans les déclarations de succession.

Après la collecte, la gestion.


Une fois collectés, vous devez avoir une bonne gestion de ces actes notariés car très vite vous allez vous retrouver avec des centaines d’actes. Pour cette gestion, j’ai créé un fichier Excel avec une ligne par ancêtre cité dans un acte retrouvé. Sur cette ligne toutes les informations me permettant d’accéder rapidement dans mon classement à l’acte concerné.


Pour finir ce billet, je tiens à vous dire que ma vie généalogique actuelle serait bien fade sans les actes notariés.

Alors, si vous avez envie de donner un peu de "pep's" à votre vie généalogique pensez aux actes notariés !!


samedi 13 juillet 2019

Rose, une invisible vendéenne du XIXème siècle - Deuxième partie

Dans la première partie, nous avons pu voir le cheminement de vie de mon aïeule Rose MARTINEAU, entre sa naissance en 1831, dans le lieu-dit le moulin de la Chaussée de la commune vendéenne du Perrier, dans le marais breton, et l'année 1864, quelques années après son mariage, installée en communauté familiale dans sa belle famille, les PONTOIZEAU, dans une métairie neuve dite la métairie du Caillou Blanc dans le quartier des Chênes de Challans.

Tableau de Julien DUPRE (1851-1910)

Nous allons donc retrouver Rose, au printemps 1865, lorsqu'elle se rend compte de sa quatrième grossesse (hors fausses couches totalement impossible à quantifier sauf propos familiaux).

Le 10 septembre, vers 18 heures, Rose met au monde mon arrière grand père, Jean Baptiste, dans le logement de la métairie du Caillou Blanc. 
Baptiste va faire la déclaration à la mairie le lendemain matin avec Jean "Louis" PEROCHAUD, le fils de sa belle-mère, maintenant domestique au Caillou Blanc.



Peu après, Rose apprend que sa sœur aînée, Marie (1826-1870), épouse de Pierre BABU (1824-1877) depuis 1850 et qui vit sur la commune de Notre Dame de Riez à quelques kilomètres, a aussi accouchée le 10, mais quelques heures plus tôt, de son septième et dernier enfant, une petite Aimée Adélaïde.

Au Caillou Blanc, Rose voit que Louis, le fils de sa belle-mère et sa belle-sœur Henriette, se  sont rapprochés au fil des mois, depuis que ce dernier est venu en renfort à la métairie.

Ayant "fait pâques avant les rameaux", les deux tourtereaux se marient rapidement, avec l'accord parental, le matin du 29 janvier 1866 à Challans. A cette date, Henriette est enceinte de plus de six mois ! Malgré cette union, Louis ne reconnait pas le petit Pierre qui vient d'avoir 20 mois.

Lors du recensement de population de l'année 1866, effectué en juin, on peut s'apercevoir que la communauté familiale PONTOIZEAU au Caillou Blanc s’agrandit rapidement. 

Extrait du recensement de population Challans 1866.
Le petit Pierre, enfant naturel d'Henriette est nommé PEROCHAUD par erreur ...
Aparté : le patriarche du Caillou Blanc est dit cultivateur-colon lors des recensements suivants, vous trouverez une définition du colonage partiaire ici

Le petit Pierre, le fils naturel d'Henriette et neveu de Rose, meurt le 12 août de la même année à 27 mois. C'est le premier décès d'enfant en bas âge de la communauté familiale PONTOIZEAU. C'est Baptiste qui ira faire la déclaration du décès.

Rose s'installe dans la routine de son labeur au Caillou Blanc lorsque vient sa cinquième grossesse à l'automne 1867. Durant cette grossesse, en décembre, elle apprend le décès de son frère François à l'âge de 31 ans ! Ce dernier laisse une veuve et deux fillettes de 2 ans et 2 mois ...

La grossesse de Rose touche à sa fin, et le 5 avril 1868 en milieu d'après midi, François Victor voit le jour. Rose va avoir 37 ans dans quelques jours. Le lendemain, Baptiste et son beau-frère Louis PEROCHAUD se rendent à la mairie pour faire la déclaration officielle de la naissance.

Peu après cette naissance, le propriétaire de la métairie, Philippe YGNARD vient à mourir dans son logis des Chênes à l'âge de 74 ans. C'est maintenant, son fils Charles "Alfred" (1824-1889), qui devient le seul propriétaire et bailleur de la communauté familiale PONTOIZEAU. Ce dernier, par le biais d'une donation en 1865 et du décès de son frère cadet en 1867, était déjà propriétaire d'une partie des biens paternels.

Les jours et les saisons passent au fil des travaux agricoles et domestiques, Rose est maintenant une mère de famille comblée et à la fleur de l'âge.

En juin 1869, le 9, c'est la noce au Caillou Blanc. Le beau-frère de Rose, Auguste, a dit oui à sa fiancée Françoise VRIGNAUD (1840-1900), une domestique des Echarneaux de Challans, orpheline et âgée de 28 ans, qu'il fréquentait depuis peu. Lors de cette noce, Rose revoit ses anciens patrons, Jean HUGUET et son épouse. Ce dernier étant l'oncle et le témoin du marié !
Avec ce mariage, et la décision d'Auguste de quitter la métairie, la communauté familiale va être un peu chamboulée et les bras d'Auguste vont manquer. Le jeune couple s'installe sur la commune voisine de la Garnache.

Un nouveau deuil dans la "grande" fratrie de Rose : sa sœur Marie épouse BABU, décède prématurément le 15 mai 1870 chez elle aux Fillées des Rouches de la commune de Notre-Dame de Riez. Marie avait 44 ans.

La quarantaine 

L'horloge tourne, témoin du temps qui passe, Rose vient d'avoir 40 ans ce 25 avril 1871. Sait-elle qu'elle n'enfantera plus ?

Le retour à la ferme  - Julien DUPRE (1851-1910)

Quelques semaines plus tard, un mois après sa naissance, le quatrième enfant de sa belle-sœur Henriette meurt fin août. C'est le deuxième enfant qui meurt au Caillou Blanc ... 
Rose se sent chanceuse de n'avoir perdu aucun de ses cinq enfants, elle pense aussi à sa petite sœur Rosalie, qui vient de perdre ses 3 enfants en bas-âge en 3 ans ! De part cet état de fait, Rose relativise sans doute les soucis de ses fils. En effet, Auguste, 10 ans, souffre de bégaiements et Jean, qui n'a pas encore 6 ans, fait de l'épilepsie ...

En novembre, le 21 plus précisément, le bail à ferme pour la métairie est renouvelé par le propriétaire, Charles "Alfred" YGNARD, pour 6 années à compter du 29 septembre de l'année suivante, 1872. 



Ce bail est rédigé par Me HERBERT en son étude du bourg de Challans. Ce renouvellement de bail nous apprend, outre les conditions d'exploitation habituelles, que :
  • les preneurs exploiteront 53 hectares, surface comprenant bâtiments d'habitations et d'exploitations, cairoy, ruages, jardin, prés et terres labourables et prés marais.
  • défricheront le plus grand des deux prés de la Davière afin de pouvoir le mettre en culture, puis après deux récoltes, faire de même pour l'autre près de la Davière. Les preneurs seront obligés de bien niveler les terrains.
  • s'engagent à exercer la plus sévère surveillance sur leurs enfants, domestiques et bestiaux (!).
  • abandonneront au bailleur un hectare de terre à défricher pour y planter les plants et graines fournis par ledit bailleur.
  • abandonneront au bailleur 80 ares de terre pour y planter une vigne, à charge pour les preneurs de faire toutes les "guéritures" (travaux de la terre) nécessaires pour la plantation et fournir la moitié de la main d'oeuvre pour ladite plantation.
  • le bailleur se réserve "pour l'amélioration en grand de la propriété des Chênes la direction des eaux sur les terres de la métairie affermée".
  • le cheptel en bestiaux est d'une valeur de 500 francs.
  • le prix du fermage consenti et accepté est de 1000 francs par an, payable en deux termes, le 29 septembre et le 25 décembre. Le premier paiement au 29 septembre 1873.


Le fils aîné de Rose et Baptiste, Jean-Louis, est maintenant un adolescent de 14 ans et son aide à la métairie est précieuse pour son oncle, son père et son grand père, le patriarche PONTOIZEAU.

Recensement de population Challans 1872

L'année 1873 voit arriver un nouvel enfant au Caillou Blanc, en effet, Henriette donne naissance à son cinquième enfant en août. La communauté familiale compte maintenant huit enfants ! Les plus grands aident les plus petits, quand aux adolescents de Rose et Baptiste, les garçons Jean et Auguste, ils aident les hommes aux travaux agricoles de la ferme.

Vient ensuite 1874 ...
Le patriarche, Louis PONTOIZEAU, qui vient d'avoir 65 ans en juillet, sans doute malade, décide de faire venir le notaire, Me HERBERT, au Caillou Blanc pour faire une donation entre époux avec Marie-Anne le 3 août. Cette donation est faite en présence du propriétaire Charles "Alfred" YGNARD.
Moins d'un mois plus tard, à 6 heures du matin, le 1er septembre, le patriarche s'éteint.
Son fils Baptiste et son gendre PEROCHAUD déclarent le décès 3 heures plus tard !

Quelques jours passent et toute la famille PONTOIZEAU se rend chez Me HERBERT pour gérer les suites du décès du patriarche, qui entraîne la dissolution de la société agricole créée en janvier 1864, comme l'article 3 le mentionnait. Ce 20 septembre, alors que tous les hommes de la famille ainsi que la veuve du patriarche sont chez le notaire, Rose est resté au Caillou Blanc avec sa belle sœur Henriette sur le point d'accoucher de son sixième enfant !
Cet acte notarié gère donc la dissolution de la société de la manière suivante :
  • La veuve, Auguste PONTOIZEAU et Louis PEIGNE pour son épouse Marie-Rose PONTOIZEAU, cèdent leurs parts à Baptiste et Louis PEROCHAUD pour son épouse Henriette, pour moitié chacun.
  • la cession est consentie et acceptée moyennant :
    • pour Auguste : la somme de 214 francs et 80 centimes,
    • pour Louis PEIGNE : la somme de 9 francs 80 centimes,
    • pour la veuve : la somme de 151 francs et 70 centimes.
  • la cession est consentie à la charge pour les cessionnaires de payer le prix de la ferme de l'année courante ainsi que les autres charges et dettes.
  • la part des cédants est évaluée à 600 francs.

Un nouveau cycle

Par cet acte, Baptiste et son beau-frère deviennent tacitement et à part égale les exploitants du Caillou-Blanc. Rose, quant à elle, devient à moitié, et enfin, la patronne de la métairie !
Même si sa belle-mère reste vivre avec eux ...

La traite - Julien DUPRE (1851-1910)

Quelques jours plus tard, Henriette accouche donc au Caillou Blanc dans le milieu de la nuit du 28 au 29 d'un fils. Rose l'assiste pendant que les hommes de la métairie partent faire la déclaration officielle.

L'automne passe, l'hiver est là lorsque Louis, le beau-frère PEROCHAUD, va faire à l'administration la déclaration de succession de son beau-père, le 2 février 1875. Cette déclaration nous apprend que la métairie du Caillou Blanc compte un beau cheptel dont une bonne partie appartient à la société récemment dissoute :
  • Moutons et brebis pour une valeur estimée à 123 francs
  • Vaches pour une valeur estimée à 330 francs
  • Veaux pour une valeur estimée à 240 francs
  • Génisses et taureaux pour une valeur estimée à 320 francs
  • Bœufs pour une valeur estimée à 790 francs
  • truie et cochons pour une valeur estimée à 80 francs
    • soit un total de 1883 francs dont 500 francs pour le propriétaire
      • soit pour la société un cheptel de 1383 francs
  • les autres valeurs mobilières de la société (meubles, outils, matériels et instruments de travail, bois et récoltes) sont estimées à 1305 francs
  • toutes les valeurs de la société PONTOIZEAU sont donc estimées à 2688 francs
    • dont 4/16 pour le couple du patriarche défunt soit 672 francs
      • soit pour la succession du patriarche 336 francs

Au printemps, quelques jours après ses 44 ans,  Rose apprend que son frère aîné Jean, âgé de 55 ans, journalier de son état, vient de mourir dans le village homonyme de la métairie, le Caillou Blanc ! Il laisse une veuve avec trois filles de 16, 14 et 10 ans ...

En janvier 1876, la métairie est encore en deuil, deux décès successifs que Baptiste et son beau-frère Louis iront déclarer :
  • le 3, Joseph, le dernier fils d'Henriette et Louis, meurt à 15 mois, 
  • le 10, c'est un frère PEROCHAUD, Alexis, qui décède célibataire à l'âge 38 ans, il était domestique dans le village de Chambourg.
Avec ces décès, la doyenne du Caillou Blanc, Marie-Anne, veuve du patriarche, vient de perdre un petit fils et un fils !

Lors du recensement de l'année 1876, plusieurs coquilles, l'agent a rajeunit Rose de 10 ans ! Outre les prénoms fluctuants comme depuis toujours, l'agent a aussi nommé la doyenne par le nom de son premier époux ...

Recensement de population Challans 1876
Durant cette année 1876, Henriette et Louis auront une petite fille, Rosalie qui ne vivra que 4 mois ...
Rose fut-elle sa marraine ?

L'année 1877 commence juste lorsque la grande faucheuse repasse par la métairie du Caillou Blanc. La doyenne, la veuve du patriarche, Marie-Anne JOLLY, s'éteint le 23 janvier à 23 heures à l'âge de 65 ans. C'est Baptiste, se disant son gendre (alors qu'il était son beau fils), qui déclare ledit décès à la mairie le lendemain dans la matinée. Quelques mois plus tard, pour l'administration de l'Enregistrement, la mairie de Challans établira un certificat de carence pour la succession.

Pour Rose, cette disparition lui permet de devenir la doyenne de la métairie, en a-t-elle conscience ?!

Rose est de nouveau endeuillée en avril : sa petite sœur Rosalie est morte à 31 ans sur la commune voisine de Soullans. Rosalie, après avoir enfantée cinq fois, laisse à son mari, Pierre JOUBERT (1841-1909) la charge d'un seul garçonnet de 5 ans (qui décédera à l'âge de 12 ans ...).

Au cœur de l'été, en pleine période de moissons, un peu de joie dans la métairie : un nouveau-né. 
Henriette, qui n'a pas encore 35 ans, vient d'être délivrée de sa huitième grossesse, un fils, Jean Pierre

Tableau de Julien DUPRE (1851-1910)

En novembre, les deux beaux frères, Baptiste PONTOIZEAU et Louis PEROCHAUD, ont rendez-vous avec le propriétaire, Charles "Alfred" YGNARD, chez le notaire Me HERBERT pour le renouvellement du bail de la métairie. Ce renouvellement est acté le 27. Cette fois, le bail est signé pour 4 années à compter du 29 septembre 1878. Aucune nouvelle condition d'exploitation, le prix du bail est toujours de 1000 francs par an, mais en un seul paiement annuel dont le premier paiement le 29 septembre 1879.



Les difficiles dernières années

Au printemps 1878, Rose et Baptiste, sont sans doute fier de leur fils aîné, Jean Louis 20 ans, qui a rendez-vous au conseil de révision dans le bourg. On y apprend qu'il mesure 1 mètre 69 centimètres, a les cheveux châtains clair et les yeux bleus et qu'il est "bon pour le service". Il sera donc incorporé à l'automne au régiment d'infanterie de la Roche sur Yon, le chef lieu du département de la Vendée, puis après ses "classes", il part au régiment d'artillerie de Vannes dans le Morbihan.

En 1879, au Caillou Blanc, le fils aîné parti au service, ses bras manquent pour les travaux agricoles. Même si les autres fils adolescents de Rose et Baptiste, Auguste 18 ans et Jean 13 ans, sont là pour prêter mains fortes aux métayers. Tandis que les cousines, Marie-Rose 16 ans et Marie 13 ans aident leurs mères. Les "petits", François 10 ans et Jean 9 ans, sont affectés à des tâches en adéquation avec leurs capacités. La communauté familiale gère tant bien que mal la métairie. 

Tableau de Julien DUPRE (1851-1910)

A l'automne, le fils de Rose revient de son service militaire.


Une nouvelle décennie est maintenant là et l'année 1880 apporte encore son lot de deuils pour Rose.
Tout d'abord, Henriette, sa belle sœur, sans doute épuisée par ses nombreuses grossesses, se meurt et décède le 20 mai peu après minuit à l'âge de 37 ans dans son lit au Caillou Blanc. 
Par ce décès, Rose devient la seule femme de la métairie, que de travail pour une seule femme !
La vie à la métairie est totalement différente avec ce deuil.
Quelques mois après, Rose apprend le décès de sa sœur cadette Marie. Cette dernière est morte le 2 septembre à l'âge de 40 ans dans le village des Landes. Elle laisse à son mari, Pierre Jean TOUZEAU (1838-1908), leur huit enfants dont le petit dernier, Théophile, n'a que 5 mois (ce dernier épousera en 1905 une petite fille de Rose !). Après ce décès, Pierre TOUZEAU et ses enfants s'installent dans la métairie des Rigonnières, proche de celle du Caillou Blanc.

L'année 1880 se termine, et 1881 commence ... Rose a maintenant 50 ans et sa charge de travail à la métairie depuis la disparition de sa belle-sœur l'épuise.

Tableau de Julien DUPRE (1851-1910)

C'est donc, sans aucun doute, usée par son labeur que Rose s'éteint le matin du 5 juillet vers les 7 heures.

Baptiste, après avoir perdu sa sœur Henriette, avec qui il a passé toute sa vie, vient maintenant de perdre Rose, son épouse depuis près de 25 ans. 



Ses enfants, Jean Louis 23 ans, Auguste 20 ans, Marie Rose 18 ans, Jean 15 ans et François 13 ans, accompagnent Rose jusqu'à sa dernière demeure.

Après le décès de Rose, la vie au Caillou Blanc devient très compliquée.
Le 1er octobre suivant, Me LAURENT, notaire de Challans, vient à la métairie pour y faire l'inventaire des biens "professionnels" de la communauté suite aux décès des épouses des métayers. Avec cet inventaire, on va pouvoir connaitre l'environnement professionnel de Rose avant sa disparition.
  • Cheptel :
    • deux grands bœufs
    • deux autres bœufs
    • deux bœufs de 3 ans
    • deux veaux de 2 ans
    • deux vaches
    • une génisse noire de 2 ans
    • un petit veau de 1 an
    • une petite génisse de 1 an
    • une génisse maraîchine et une petite génisse de l'année
    • cochons
    • coq, poules et poulets
      • on peut s'apercevoir que depuis 1875, ils se sont débarrassés des moutons.
  • Ustensiles aratoires et objets mobiliers :
    • une charrette garnie
    • un tombereau et une vieille roue
    • une petite charrette garnie
    • un vieux versoir
    • un autre versoir
    • une charrue et accessoires
    • deux petits versoirs
    • une meule à aiguiser
    • deux herses
    • deux mauvais versoirs
    • six béchoirs et deux fourches
    • trois socs et contre
    • jougs et courroies
    • un fauchet et un râteau
    • une petite scie à main en ferraille
    • un peigne à lin
    • une hache
    • un crible, un passeur et un tamis
    • pelles à four et travouil
    • une poêle à lessive et huit faucilles
    • trois crochets et un panier
    • un essuie main et un cor
    • un brancard et une pelle de fer

Cet acte m'apprend aussi que la communauté était endettée quasiment à la hauteur de l'actif. C'est pour cela que pour la succession de Rose, la mairie établira un certificat de carence au début de l'année 1882.
Après la rédaction de cet acte, Louis PEROCHAUD et ses enfants quittent le Caillou Blanc malgré le bail qui le lie à son propriétaire (d'ailleurs je ne retrouve pas sa famille lors du recensement de 1881) .

Recensement de population Challans 1881 - effectué entre décembre 1881 et janvier 1882, document non daté !

Baptiste y reste avec ses enfants encore quelques mois, jusqu'à la fin du bail en septembre 1882 ... avant de mourir à son tour en octobre de ladite année 1882 à l'hôpital de Challans. J'ai encore quelques actes notariés à découvrir sur cette période ...


Ainsi s'achève donc l'existence de mon aïeule Rose MARTINEAU, cette invisible vendéenne sortie des méandres du temps par le biais de mes recherches.

J'espère que ces deux billets vous auront donné l'envie de sortir vos invisibles de la pénombre  ...