samedi 21 juillet 2018

RDVAncestral : dans la peau d'un tiers en mai 1884

Aujourd’hui, c’est le jour de mon 3ème RDVAncestral …

Me voici dans la peau de François LAVAUD, 59 ans, propriétaire sur la commune vendéenne de St Sigismond, au cœur du marais poitevin, nous sommes le samedi 17 mai 1884.

Près de la vieille Autise, à quelques centaines de mètres du bourg dudit St Sigismond, là devant l’unique maison qui borde le canal. Le printemps bat son plein, la végétation du marais couvre le chemin de halage, les oiseaux chantent leur joie printanière.



J’attends l’arrivée de Me GIRAUD, le notaire du canton, et de son associé Me JAMOIS. Ils m’ont mandé pour les assister dans la maison qui se trouve devant moi, aux fins d’un inventaire de biens meubles de la veuve MARTIN. Ladite veuve a demandé auxdits notaires de faire cet inventaire pour préserver les enfants nés de son union avec son défunt époux, Alexandre MARTIN, décédé ici même il y a quelques années.

Dans la maison, j’entends les voix de la veuve et de son beau-frère, le frère de son défunt époux, Auguste, qui a été nommé subrogé tuteur de ses neveux et nièce il y a quelques jours. Ce dernier est venu de chez lui, le village de la Tiffardière de la commune de St Liguaire, en bateau, par la Sèvre puis l’Autise, d’ailleurs son bateau est là devant moi attaché à un piquet.



Dans la maison , la pendule de la veuve MARTIN, sonne alors les ¾ de l’heure de midi et la carriole des notaires arrivent sur le chemin de halage.
Nous nous saluons quand la veuve MARTIN, sort de sa maison, et sur son pas de porte, nous invite à entrer.

Après quelques minutes d’une conversation courtoise et quelques mots sur la raison de notre présence à tous ici, Me GIRAUD dicte à son collègue, bien installé pour la rédaction de l’acte notarié, la partie administrative de cet inventaire. La comtoise sonne alors un coup, il est en effet une heure du soir.

« A la requête de Madame Marie JOURNOLLEAU sans profession demeurant sur le bord du canal de l’Autise commune de St Sigismond, veuve du sieur Alexandre MARTIN, en son vivant scieur de long décédé au dit lieu le 7 octobre 1877.
Agissant :
1. en son nom personnel à cause de la communauté légale de biens qui a existé entre elle et son défunt mari à défaut de contrat préalable à leur union. A cause des reprises et créances qu’elle peut avoir à exercer contre ladite communauté ou contre la succession de son défunt mari.

2. Au nom et comme tutrice naturelle et légale de :
  • Alexandre MARTIN âgé de 19 ans,
  • Aristide MARTIN âgé de 14 ans, 
  • Marie MARTIN âgée de 12 ans.

Ses trois enfants mineurs issus de son légitime mariage avec feu Alexandre MARTIN.
M.M. Alexandre et Aristide MARTIN et Melle Marie MARTIN habiles à se dire et porter seuls héritiers dudit Alexandre MARTIN leur père décédé.

En présence de :
M. Auguste MARTIN, jardinier demeurant à St Liguaire, Deux-Sèvres.
Subrogé tuteur des mineurs Alexandre, Aristide et Marie MARTIN, nommé à cette qualité qu’il a accepté suivant délibération du conseil de famille des dits mineurs tenu sous la présidence de M. le juge de paix du canton de Maillezais le 8 mai dernier dont une expédition a été représentée aux notaires soussignés.
A la conservation des droits et intérêts des parties et tous autres qu’il appartiendra, sans que les qualités ci-dessus prises puissent nuit ni préjudicier à qui que ce soit mais au contraire sous toutes réserves.

Il va être par Me Benjamin GARNIER notaire à Maillezais et son collègue soussignés procédé à l’inventaire fidèle et description exacte de tous les meubles meublants, habits, linges, hardes, bijoux deniers comptants, titres, papiers, notes et renseignements dépendant tant de la communauté de biens qui a existé entre M. et Madame MARTIN que de la succession du défunt Alexandre MARTIN, le tout trouvé et étant dans les lieux ci-après désignés, faisant partie d’une maison sise sur les bords du canal de l’Autise habitée par les dits époux MARTIN-JOURNOLLEAU.

Sur présentation qui sera faite du tout par Madame MARTIN laquelle avertie du serment qu’elle aura à prêter à la fin du présent inventaire a promis de bien et fidèlement montrer et déclarer tous ce qui à sa connaissance peut dépendre des dites communauté et succession.

La prisée des objets qui en seront susceptibles sera faite par Me GARNIER l’un des notaires soussignés qui prendre l’avis de M. François LAVAUD propriétaire à St Sigismond.
Lecture faite et sous toutes réserves les parties de se requises ont signé avec les notaires à l’exception de Mad. Veuve MARTIN qui a déclaré ne le savoir faire. »

Après avoir signé cette partie administrative de l’acte, Me GIRAUD va commencer à inventorier à haute voix tout ce qui se trouve dans la pièce principale, son collègue va noter minutieusement chaque élément, et je serais à l’écoute des estimations faites pour pouvoir corriger si nécessaire ainsi que la veuve MARTIN et son beau-frère. Juste avant le début de la prisée, la comtoise sonne deux coups …

La prisée commence dans la chambre unique éclairée au midi par une porte et une fenêtre :
1. Une pelle à feu, un trépied, une casserole, un réchaud en fer, un marteau et un soufflet et une petite cruche estimé le tout 5 francs
2. Trois verres, un pot à l’eau, une sallière, un poivrier, deux bouteilles, un verre à pied, une tasse, un charrail et un verre estimés 1 franc
3. Une pendule comtoise avec son boitier estimée 20 francs
4. Un lit à quenouille avec paillasse, ballière, couette, traversin en plumes, oreiller, couverture en laine verte, rideaux et tour de lit en coton bleu estimé 60 francs
5. Un cabinet en bois fort à une porte avec corniche estimé 25 francs
6. Trois parapluies estimés 1 franc 50 centimes
7. Un autre lit à quenouille avec paillasse, ballière, couverture en boulange, traversin en plumes, tour de lit en coton bleu estimé 30 francs
8. Deux sacs contenant environ sept kilogrammes cinq cents grammes de laine estimés contenu et contenant 24 francs
9. Une laiterie estimée 3 francs
10. Six bouteilles, trois fioles, cinq assiettes, deux plats, une soupière, une tasse et trois pots, six cuillères et six fourchettes estimé le tout 1 franc 50 centimes
11. Un fer à repasser, un vilbrequin, une forge, un panier et une boite à pierre à aiguiser estimé le tout 3 francs
12. Une poêle à frire, une cuillère à pot, un petit entonnoir et un pot en fer estimés 3 francs
13. Une passette pour le lait, douze pots à lait, un pot de fer blanc, une buie et un panier à salade estimé le tout avec un sceau en fer blanc 3 francs
14. Une petite glace, une autre glace plus petite estimées 50 centimes
15. Un buffet à deux portes et deux tiroirs surmonté d’un vaisselier estimé 10 francs
16. Douze assiettes, quatre plats, un couvre plat et une brosse estimés 1 franc 50 centimes
17. Quatre chaises en bois blanc foncées en joncs estimées 2 francs 40 centimes
18. Un pétrin estimé 2 francs

Ayant fait le tour des biens dans ladite chambre, nous prenons ensuite l’échelle de meunier pour accéder à un grenier au-dessus de la chambre sise décrite :
19. un chevalet, un rouet, une baratte, deux cruches en paille, une cognée, une paire de vieilles balances en bois, deux pots, une grêle et une vieille scie estimés 3 francs
20. soixante litres de froment estimés 8 francs
21. huit litres de haricots estimés 2 francs

Nous redescendons et sortons de la maison et nous entrons dans une écurie au levant de la chambre ci-dessus : 
22. vingt fagots de bois estimés huit francs
23. une cruche en grès et une demi barrique vide estimées 3 francs
24. une ferrée, un billot, une cognée, une hou, deux coins, un mail, une bouëlle, un baquet, une fourche à trois doigts, une roue de brouette et son essieu, un paquet de cordes et un balai estimés 5 francs 50 centimes
25. un lot de dix moutons et brebis estimés 200 francs



Puis dehors, hors de la maison et de l’écurie, sous le soleil radieux de cette mi mai :
26. un chaudron en cuivre estimé 50 centimes
27. un bateau en mauvais état estimé 2 francs

Ensuite, la veuve MARTIN nous signale que nous n’avions point inventorié son linge rangé dans son cabinet, nous rentrons de nouveau dans la maison et ladite veuve nous ouvre ledit cabinet, on y trouve le linge suivant :
28. dix-huit draps estimés 50 francs
29. six nappes estimées 6 francs
30. quinze torchons estimés 6 francs
31. deux sacs estimés 50 centimes
32. douze chemises d’homme estimées 18 francs
33. quatre kilogrammes de lin estimés 8 francs
34. vingt-quatre chemines de femme estimées 42 francs
35. cinq jupons en laine, cinq justins, douze mouchoirs de poche, douze coiffes, douze bonnettes, une coiffe noire estimé le tout 35 francs

Total de la prisée du mobilier : 593 francs 90 centimes.

Nous finissons de faire ce total de ladite prisée lorsque la demi-heure de la 3ème heure du soir sonne à la pendule de la maison.

La veuve MARTIN déclare qu’elle ne possède pas d’argent comptant.

Voici maintenant l’heure de l’étude des titres et papiers. A ce moment-là, la veuve MARTIN nous déclare que son mari et elle s’étaient mariés sous le régime de la communauté légale à défaut de contrat, que son mari est mort intestat.
Nous commençons par l’étude des titres et papiers propres au défunt. Me GIRAUD dicte à son collègue :

«  Cote première, deux pièces ;
La première pièce de cette cote est l’expédition d’un acte BEGUIER notaire à Niort le 15 août 1868 contenant vente par Alexandre MARTIN et par les cohéritiers dans la succession de Marie RIBREAU épouse d’Abraham MARTIN, sa mère à un sieur Louis MATHE demeurant à St Liguaire d’un champ de cinquante ares situé commune de St Liguaire moyennant un prix de 1370 francs que Mad. Veuve MARTIN déclare avoir été payé avant le décès de son mari.
La deuxième pièce est l’expédition d’un acte du même notaire en date du même jour contenant vente à titre de licitation par les mêmes d’une vigne située commune de St Liguaire dépendant de la succession de Marie RIBREAU. Cette vente a été faire moyennant un prix de 350 francs que Mad. Veuve MARTIN déclare avoir été payé avant le décès de son mari.
M. MARTIN fondé dans ces prix de vente pour 19/80ème a donc touché de ce chef 408 francs 50 centimes dont sa succession doit exercer la reprise.
Mad. Veuve MARTIN déclare que la succession de son mari n’a aucune autre reprise à exercer et qu’elle ne doit aucune récompense. Ces deux expéditions représentées par le subrogé tuteur à qui elles avaient été confiées par les acquéreurs n’ont été ni cotées ni paraphées. »

Nous voici arrivé, à l’étude des titres et papiers des acquêts de la communauté MARTIN-JOURNOLLEAU.  La veuve MARTIN nous sort une pièce unique :

« Cote deuxième, une pièce ;
La pièce unique de cette cote est l’original d’un acte sous signature privée en date à St Sigismond du 23 décembre 1868 enregistré contenant vente par un sieur Pierre GELLE à Alexandre MARTIN d’un pré marais sis au tènement des Bourgnons commune de St Sigismond contenant 6 ares. Cette acquisition a été faite moyennant un prix que Mad. MARTIN déclare avoir été payé. Cette pièce a été paraphée et inventorié comme pièce unique de la présente cote. »

Là, la veuve MARTIN, nous indique que la maison où nous sommes actuellement, pour faire cet inventaire, a été construite par elle et son mari sur ledit terrain au cours de l'année 1870.
Me GIRAUD demande ensuite à ladite veuve s’il existe des créances et des dettes dans les communauté et succession. Elle déclare :

« Qu’à sa connaissance il ne dépend aucune créance de la communauté qui a existé entre elle et son mari.
Par contre, il est dû :
1. A M. ROBIN JARRILLON pour prêt en principal 500 francs.
2. Au même pour deux années d’intérêts 50 francs.
3. Au même pour le coût du renouvellement de l’inscription qui garantit cette créance 10 francs 45 centimes.
4. A M. Charles LALUBRIE propriétaire à Oulmes une somme de 900 francs restant due sur le prix d’une vente de bois faite à Alexandre MARTIN dans le courant du mois de novembre de l’année 1874.
5. A M. PERRIN Jean maçon à St Sigismond pour travaux faits à la maison du vivant du mari 40 francs. Mad. MARTIN déclare que sur ce même compte elle a depuis le décès de son mari payé au sieur PERRIN une somme de 93 francs.

Le total des déclarations passives sont donc de 1593 francs 45 centimes. »

Le moment est alors venu pour la veuve MARTIN de prêter serment :

« de n’avoir rien pris ni détourné, vu ni su qu’il ait été rien pris ou détourné par qui que soit et d’avoir fidèlement fait comprendre au présent inventaire qu’elle a affirmé sincère et véritable, tout ce qui à sa connaissance peut dépendre des dites communauté et succession. »

Me GIRAUD signale à la veuve MARTIN que tous les objets inventoriés sont demeurés en sa garde et possession, cette dernière le reconnait et s’en charge pour en faire représentation quant et à qui il appartiendra.

Nous voici donc arrivé à la fin de cet inventaire et les notaires, après avoir signé l’acte nous invite moi, François LAVAUD et Auguste MARTIN à en faire de même.

Nous nous exécutons au moment où sonnent quatre coups à la pendule.



Nous discutons encore quelques minutes puis les notaires se retirent et montent dans leur carriole. 
Je salue aussi la famille MARTIN avant de partir. Je quitte la maison, dehors je me retourne quelques secondes devant la maison ....



Puis, je suis le chemin de halage pour regagner le bourg de St Sigismond …

Quelques pas seulement, je lève la tête vers le ciel, je regarde ce ciel bleu sans aucun nuage, je ferme les yeux, un silence d’une seconde avec un souffle de vent, et me revoilà de nouveau en 2018, et j’ai « regagné » mon corps …

Très content d’avoir pu participer, côtoyer, vivre durant ces quelques heures, dans le corps d’un tiers, à ce moment important de la vie de mes ancêtres, dans la maison d’Alexandre MARTIN (1841-1877) et Marie JOURNOLLEAU (1839-1924), celle qui deviendra plus tard « Néné Lu ».



vendredi 22 juin 2018

Louis PONTOISEAU, une vie simple et courte

Voici deux mois que je n'ai rien écrit sur mon blog mais le généathème de juin proposé par Sophie BOUDAREL, m'a titillé ...



J'ai donc lancé le générateur de sosa, avec une condition, le choix d'un ancêtre de la 6ème ou 7ème génération. Et, j'ai fait l'annonce via Twitter du résultat il y a quelques jours.



C'est donc mon sosa agnatique numéro 64 qui a été généré.

Ce dernier étant Louis PONTOISEAU, mon agnat à la 7ème génération.

Je vais vous présenter ici la vie de Louis de façon chronologique, en commençant quelques mois avant sa naissance avec le mariage de ses parents et une présentation succincte de son environnement familial.
Tous les événements se sont déroulés sur la paroisse puis commune de Challans en Vendée, sauf mention contraire.

Challans et les lieux de vie de Louis sur la carte de Cassini

1784

Le mercredi 10 novembre 1784, en l’église de Challans a lieu le mariage de :
Louis PONTOISEAU, 20 ans, deuxième du nom, natif de la paroisse voisine de Soullans mais vivant dans la métairie des Hommeaux (Hommaux sur Cassini et Ommeaux sur le cadastre de 1832) de Challans depuis plus de 15 ans, fils de Louis, 47 ans, le patriarche, premier du nom, métayer aux Hommeaux depuis 1769 (année où il est venu aider son beau-père, Jean ROBION (1716-1772), dans ladite métairie que ce dernier exploitait depuis 1755 environ), et de Louise ROBION, 36 ans,
et de Marie Rose Louise HUGUET, 25 ans, fille de Pierre, 51 ans dans quelques jours, métayer dans le village de Logerie (Lorgerie sur Cassini et L'Orgerie sur le cadastre de 1832) sur ladite paroisse et de Louise MONNERON, 43 ans.
Les témoins de l’union sont les deux pères ainsi que le cousin germain de la mère de Louis, André ROBION (né en 1756), 28 ans de Soullans, et l’oncle maternel de Marie, Jean MONNERON (1745-1820), 39 ans de Challans.
Aucun membre de la famille présente ne sait signer.



Ils sont tous les deux ainés de leur fratrie ;
Louis, malgré la présence de 10 enfants dans sa fratrie, n’a plus qu’une sœur, Louise (1766-1826), de deux ans sa cadette, qui d’ailleurs se marie ce dit jour avec Jacques PEIGNE (1751-1805), et deux frères, Jean (1767-1828) et Jacques (1773-1829) qui travaillent aussi à la métairie des Hommeaux avec le patriarche.
Marie, quant à elle, n’a pas moins de 7 petits frères et 1 sœur. Le dernier de sa fratrie n’a qu’un an !

1785

Louis est né le lundi 10 octobre 1785. Il est baptisé le même jour et comme il est de coutume, son parrain est son aïeul paternel, Louis PONTOISEAU et sa marraine, son aïeule maternelle  Louise MONNERON. Il est le troisième du nom.



Il est vraisemblable qu’il soit né à la métairie des Hommeaux.

Métairie des Hommeaux avec les parcelles en dépendant sur le plan cadastral de 1832
Tout comme ses parents, il est l’aîné de sa fratrie.

1786

Jean, son frère, voit le jour le samedi 16 décembre 1786. Contrairement à son frère aîné, la mention de lieu est faite sur son acte de baptême, il est né aux Hommeaux (il est le seul membre de la famille pour lequel je n'ai aucun devenir ... ).

1787
Louise RAFIN veuve ROBION, l’arrière-grand-mère de Louis, meurt le jeudi 10 mai 1787 à l'âge de 69 ans à la métairie des Hommeaux. Elle est inhumée le lendemain en présence de son gendre Louis et de son petit-fils par alliance Jacques PEIGNE.



1788

François est né le mercredi 27 août 1788, il est le second frère de Louis.

1790

Marie, sa soeur, quant à elle, est née le jeudi 23 décembre 1790.

1792

Louise ROBION, sa grand-mère paternelle, meurt le vendredi 16 mars 1792 à l'âge de 43 ans.
Le lendemain son oncle Jean et son oncle par alliance Jacques PEIGNE sont présents entre autres à l'inhumation.



Sa sœur Marie décède le vendredi 27 juillet 1792 à l'âge de 19 mois.

1793 et 1794, le secteur connait les troubles vendéens, sans aucun doute, la famille PONTOISEAU fut de près ou de loin touchée par ce que l’on appelle « guerre de Vendée ». Cette période coïncide avec l’arrivée de Louis dans l’âge dite de raison. Il a sans doute gardé en mémoire cette période.

1794

Le vendredi 7 novembre 1794 (17 brumaire an III) est décédé Louis PONTOISEAU, son grand-père paternel, à l'âge de 57 ans. Son père et son oncle, Louis et Jean font la déclaration à la mairie en mentionnant un âge d’environ 60 ans.



Après la disparition du patriarche, les frères PONTOISEAU continuent l’exploitation de la métairie.

1795

Marie, sa soeur, naît le jeudi 15 janvier 1795 (26 nivôse an III).

Louis, son père, meurt le samedi 14 mars 1795 (24 ventôse an III) à la métairie  des Hommeaux à l'âge de 31 ans.
Ses oncles François HUGUET, et Jean PONTOISEAU déclarent le décès à la mairie de Challans, et le disent âgé d’environ 40 ans !



Après son veuvage, Marie reste avec ses enfants, dont la dernière n’a que 2 mois, dans la communauté familiale PONTOISEAU, aux Hommeaux, dirigée maintenant par Jean, l’oncle de Louis (Jean est marié depuis 8 ans avec Françoise CHAUVET (1768-1823)).

Louis qui approche de ses 10 ans, a dû être très affecté par les disparitions successives de son grand père et père …
(cette situation se renouvellera de façon quasi identique dans la famille PONTOIZEAU 80 ans plus tard).

1796

François, son frère, meurt le jeudi 1er septembre 1796 (15 fructidor an IV) à l'âge de 8 ans.
Son décès est déclaré par le chef de famille, son oncle Jean.

1799

Le mardi 29 janvier 1799 (10 pluviôse an VII), a lieu l’union de François CHATELLIER, âgé d’environ 47 ans et veuf de Marie GUIGNARD avec Marie Rose Louise HUGUET, la mère de Louis, qui aura 40 ans dans quelques et qui vit toujours aux Hommeaux.
Les témoins de Marie sont : son père, Pierre,  65 ans toujours laboureur à Logerie et son frère Jacques (1764-1808) journalier.
Ce même jour, Jacques PONTOISEAU, le dernier oncle de Louis, épouse Rose BONNIN (1774-1825), jeune fille de la métairie voisine des Hommeaux, la Bouchardière.

Malgré le remariage de sa mère et son départ, Louis reste dans la communauté familiale PONTOISEAU à la métairie des Hommeaux, il a alors 13 ans.

1800

Pierre CHATELLIER, son frère utérin, naît le dimanche 2 février 1800 (13 pluviôse an VIII) à la ferme du Rochin sur la paroisse voisine de Soullans. Sa mère a alors près de 41 ans.

1803

Le lundi 20 juin 1803 (1er messidor an XI), décès de François CHATELLIER, le beau-père, à la métairie de la Motte Fouquerand, non loin des Hommeaux.

Après ce décès, sa mère et ses jeunes frère et sœur, Pierre 3 ans et Marie 8 ans, retrouvent Louis, qui est devenu le chef de famille malgré son jeune âge, pas encore 18 ans. Sa famille maternelle, les HUGUET, à commencer par le patriarche, son grand père, a dû être là pour l'épauler.

1805

C’est vraisemblablement cette année-là, que Louis et sa famille s’installent à la Proutière, où il est journalier et sa mère journalière.
La Proutière (Protière sur Cassini) est la métairie d’un logis du même nom (aujourd’hui ne subsiste que quelques éléments de cet ensemble rural dans une zone devenue urbaine).

La Proutière sur le plan cadastral de 1832

1806

Louis fait parti de la liste des conscrits vendéens de l’année 1806. Il est le 151ème conscrit du département et de l'arrondissement des Sables d'Olonne, 55ème du canton de Challans et le 30ème de la commune et on y apprend alors qu’il mesure 1.666m et se dit laboureur.


Extrait du registre de conscription de l'année 1806
Mais il est peu probable qu’il fut incorporé au vue de sa situation familiale, fils aîné de veuve et donc soutien de famille.

D’ailleurs, quelques mois plus tard, Louis, alors âgé de 21 ans et toujours journalier à la Proutière, épouse, le mercredi 15 octobre 1806 à Challans, Jeanne Angélique MIGNE, 20 ans, jeune fille de confiance de la métairie voisine de la Proutière, la Rémonière.
Jeanne, est native de la commune voisine, Commequiers, elle est la fille de défunt André (1747-1788) et de feu Jeanne FUSILLER (1753-1806), cette dernière étant décédée depuis le mois de mai de cette dite année. Autorisée par son cousin germain et curateur aux causes, François MIGNE, 34 ans, cabaretier dans le village de la Bloire de Challans.

Les témoins de Louis sont :

  • son grand père maternel, Pierre, âgé de 73 ans,
  • et son oncle maternel François (1767-1847), âgé de 39 ans.

Ceux de Jeanne sont :

  • son oncle paternel, Etienne (1745-1820), 61 ans de Commequiers (ce dernier y exploite la métairie de la Vrisaugnière, que la famille MIGNE exploite depuis au moins 2 générations),
  • et son cousin germain, Charles Etienne, 24 ans, fils du précédent, vivant au même lieu.

Louis et les autres membres présents ne savent signer.

acte de mariage religieux de Louis et Jeanne

1807

À la Proutière, naît Jeanne Angélique, sa première fille, le samedi 1er août 1807.

1809

Au début de cette année, Louis et sa famille (y compris sa mère, qui aura 50 ans dans l’année), s’installent dans le petit village des Plantes, qui ne compte qu’une poignée de maisons.

Village des Plantes sur le plan cadastral de 1832

Ils prennent possession de la maison laissée vacante après le décès de l’oncle Jacques HUGUET en décembre 1808, à l’âge de 44 ans. C'est la seule maison isolée du village, toutes les autres sont mitoyennes (à droite du village sur le plan cadastral).

C’est dans cette maison, aux Plantes, que voit le jour Louis, son premier fils (le quatrième du nom et mon sosa 32), le samedi 15 juillet 1809.

Acte de baptême de Louis, le 4ème du nom

1810

À Logerie est décédé Pierre HUGUET, son grand-père maternel, le dimanche 7 octobre 1810 à l'âge de 76 ans.

1811

Le mardi 1er janvier 1811 est décédée Jeanne Angélique, sa fille, aux Plantes à l'âge de 3 ans.

Au même lieu, est née Gabrielle Marie, sa seconde fille, le vendredi 19 juillet 1811 (elle décédera à la Proutière 1 jour avant ses 25 ans)

1812

Cette année-là, après les décès successifs de son grand père maternel et de son oncle maternel Pierre « le jeune » (1773-1812) (pour le différencier de son frère du même prénom né 2 ans plus tôt), Louis installe sa famille à Logerie, vraisemblablement dans la métairie délaissée par lesdits HUGUET car dorénavant il est dit laboureur et non plus journalier (je ne sais pas encore précisément de quelle métairie il s'agit). Louis a alors 27 ans.

1814

Jean-Baptiste, son second fils, naît le lundi 21 février 1814 (il décédera célibataire en mai 1840, journalier à la Proutière à l’âge de 26 ans).

1815

À La Romangerie meurt Louise MONNERON, la grand-mère maternelle de Louis, le vendredi 10 février 1815 à l'âge de 73 ans chez son dernier fils André HUGUET (1783-1830)
Ce dernier s'est marié un mois après Louis, en 1806, avec une très lointaine cousine Catherine PONTOIZEAU (1789-1827).

1816

Marie-Anne surnommée Mariette, sa troisième fille, naît le mercredi 16 octobre 1816 (mariée à 33 ans, veuve à 37, elle meurt à 43 ans).

1820

Le lundi 13 mars 1820 voit le jour Marie-Rose, sa quatrième fille.

Le samedi 16 septembre 1820, Marie Rose Louise HUGUET, sa mère, décède à Logerie à l'âge de 61 ans. Elle est inhumée le lendemain.

acte de sépulture de Marie
Après le décès de cette dernière, Louis part quelques temps s'installer dans le village de la Bloire (la petite et la grande Bleire (sic) sur Cassini), qui porte le nom du ruisseau le traversant, l’Abloire. Ce village est connu depuis un certain nombre d’années pour ses tuileries, et de nombreuses familles (d’ailleurs d’autres familles de PONTOIZEAU, dont une descendante religieuse, Marie, œuvrera à l’édification d’une chapelle dans le village en 1857) y vivent de cette activité (un livre sur l’histoire de ce village a été écrit il y a une dizaine d’années par un généalogiste, Alain JOUANNEAU).
Louis y devient donc ouvrier tuilier, il a alors 35 ans.



1822

Le mercredi 20 février 1822 naît Augustin dit simplement Auguste, son troisième fils, audit village de La Bloire (il y meurt le 10 mai 1826 à l’âge de 4 ans).

1823

Louis revient pour une raison inconnue à Logerie pendant quelques mois, où il est de nouveau journalier.

Le mercredi 5 février 1823, il est le témoin de son frère utérin Pierre CHATELLIER, alors âgé de 22 ans, qui se marie sur la commune voisine de Soullans avec Françoise GUILLONNEAU (1804-1865).

Deux jours plus tard, Marie-Rose, sa fille, meurt à l'âge de 2 ans.

1824

Cette année-là, Louis réinstalle sa famille à la Bloire et redevient tuilier (il doit louer une maison dans le village mais je ne sais pas encore précisément où).

1825

C’est donc à la Bloire que voit le jour François Louis, son quatrième fils, le lundi 21 mars 1825 (marié en 1853, il fait souche sur les Sables d’Olonne où il meurt en 1882. Deux fils migreront sur la Rochelle et Rochefort, en Charente-Maritime au début du 20ème siècle comme ouvriers sur des chantiers navals).

Malheureusement, peu de temps après, Louis meurt le vendredi 27 mai 1825 à l'âge de 39 ans.
Son frère utérin Pierre et son oncle François HUGUET déclarent son décès.



Louis ne possédait aucun bien pouvant nécessiter une déclaration de succession, le maire de Challans fait donc un certificat d’indigence pour l’administration le 1er mai de l’année suivante…

Extrait de la table de déclaration de succession

La situation que Louis avait connu enfant se renouvelle, laissant Jeanne, sa veuve et son fils aîné Louis, le quatrième du nom, qui n’a pas encore 16 ans, subvenir aux besoins de la famille.
Ils ont vraisemblablement pu compter sur la famille HUGUET, puisque Louis épousera 5 ans plus tard, Marie Marie-Anne HUGUET (1806-1842) une cousine germaine de son père !

Louis, le quatrième, sera un battant et malgré des débuts difficiles il arrivera à devenir comme son aïeul Louis, le premier, un patriarche à la tête d’une communauté familiale exploitant une métairie pendant de nombreuses années (voir mon billet sur la société agricole PONTOIZEAU) avant que les décès successifs ne ruinent de nouveau l’élan familial …

Simple et courte ainsi fut donc la vie de mon agnat 64, 
Louis PONTOISEAU (1785-1825)
tel que j’ai pu la retracer avec les éléments en ma possession actuellement.



lundi 16 avril 2018

Projet "Maisons ancestrales"

Depuis que j'ai commencé ma généalogie, il y a maintenant une trentaine d'années, j'ai collecté des informations et documents sur mes ancêtres et sur leurs lieux de vie.

Ces lieux de vie, majoritairement des villages de plus ou moins grandes importances, sont très importants pour moi, tout comme peuvent l'être les liens familiaux.

A ce jour, après toutes ces années avec mes ancêtres, j'ai envie d'écrire l'historique des maisons de ces derniers, ces maisons que je nomme maisons ancestrales. Cet historique, n'est pas l'histoire des maisons ancestrales mais l'histoire de mes ancêtres avec leurs maisons. 

J'ai établi une liste des maisons ancestrales du 19ème et début 20ème siècle, cette liste contient une cinquantaine de maisons dont mes ancêtres étaient propriétaires sur 18 communes en Vendée et Deux-Sèvres. Pour les locations, j'en ferais aussi des historiques dans un second temps.

Photo personnelle, "la Villa Marguerite"

Ces maisons ancestrales sont diverses : 

  • masure :
    • du latin populaire ma(n)sūra « demeure », avec au 19ème siècle une notion de pauvreté.
  • chaumière :
    • Petite maison couverte d’un toit de chaume.
    • habitation familiale ou vieille bâtisse rurale.
  • cabane :
    • ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un cabanier.
  • hutte : 
    • ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un huttier.
  • bourrine :
    • hutte couverte de bourrées d’herbes aquatiques, habitation typique du marais breton.
  • métairie :
    • petite ferme, c’est-à-dire à un domaine de moyenne étendue, dont le fermier paie à son propriétaire une redevance annuelle déterminée, en argent ou en récoltes.
  • borderie :
    • petite métairie, avec une notion de surface labourable inférieure.
  • moulin,
  • ...


Pour chacune d'entre elles, je vais essayer d'écrire, avec le plus grand nombre possible de sources, la vie commune des maisons ancestrales et de leurs habitants.

J'ai retenu de nombreux items pour cette écriture : 


  • la dénomination :
    • le nom donné à la maison ou le secteur où elle se situe.
  • Lieu-dit :
    • le nom et l'histoire à minima de ce lieu-dit.
  • Adresse actuelle :
    • si la maison ancestrale existe encore, je cite l'adresse actuelle,
    • si elle n'existe plus, j'essaie de la resituer avec son environnement (maisons actuelles et leurs adresses).
  • Parcelle cadastrale :
    •  je situe chaque maison avec le numéro de la parcelle cadastrale historique, c'est à dire lors de la création dudit cadastre dans la première moitié du 19ème siècle.
  • Origine :  
    • date d’achat :
      • maison ou parcelle, 
    • date de la construction, si elle est bâtie par un ancêtre, 
    • première mention si plus ancien.
  • Description : 
    • retrouvée par le biais de diverses sources :
      • déclaration de succession, 
      • actes notariés : achat, vente, donation-partage.
    • descriptif intérieur et mobiliers par le biais d'inventaire après décès.
  • Transactions durant la propriété : 
    • transfert par donation-partage, héritage, 
    • modifications …
  • Devenir : après le décès du dernier ancêtre y vivant : 
    • donation à un collatéral avec la mention de la transmission familiale dans le temps, 
    • vente, 
    • destruction …

A tous ces items, j'ajouterais en annexe divers éléments : 

événements d'Etat civil : naissances et décès, 
arbre généalogique,
lexique de termes pour les inventaires après décès.

Enfin, j'illustrerais le plus possible avec : 

  • Cadastre napoléonien, 
  • Photo aérienne ancienne, 
  • Photo aérienne actuelle, 
  • Photo actuelles des maisons ancestrales.

Pour en terminer avec l'explication de ce projet d'écriture d'historiques, voici un schéma que j'ai établi pour synthétiser les éléments inclus dans un de ces historiques, celui de la maison ancestrale dite "la Meugne" sur la commune de Benet en Vendée :



lundi 19 mars 2018

22 mars 1692 : une date et deux baptêmes


Nous sommes en 1692, plus exactement le 22 mars dans la province du Bas Poitou, au cœur du marais poitevin.



Ce jour-là, Daniel RAVARD (1655+1709), fait baptiser son fils René, en l’église de sa paroisse, Coulon (aujourd’hui en Deux-Sèvres). René est le 4ème enfant né de l’union de Daniel avec Marguerite TRUAUD (ca 1659+1726), union célébrée en l’année 1685. 
Daniel et Marguerite sont mes ancêtres 1948 et 1949 à la 11ème génération.



Dans la paroisse voisine de Benet (aujourd’hui en Vendée), ce même jour est baptisée Marie fille illégitime de Jeanne METAYER (1668+1723) et de … Daniel RAVARD de la paroisse de Coulon !



Fait rare je pense qu’un père baptise 2 enfants le même jour nés de 2 mères différentes !!

Je pense qu’il n’assiste pas au second baptême mais que la mère de l’enfant a déclaré qui était le père de son enfant. Cette dernière étant vraisemblablement une ancienne servante de Daniel.

Malgré cette incartade conjugale, Daniel fut pourtant un notable reconnu dans sa paroisse de Coulon puisqu’il en est le syndic à son décès en 1709 !
  • En France sous l'Ancien Régime, le syndic est un notable chargé de représenter, d'administrer et de défendre les intérêts d'une paroisse ou d'une communauté rurale. Dans le cas d'une paroisse, il est généralement élu par une assemblée de communiers, constitués de chefs de famille de la paroisse.

A-t-il prit part à la vie de la petite Marie ? Je n’en ai aucune preuve, mais toujours est-il que Marie portera sa vie durant le patronyme RAVARD. Cette dernière se marie à Benet en 1716 après le décès de son père. Elle est assistée entre autres par son parrain lors de son mariage.



Voilà en quelques mots cette histoire assez originale par la coïncidence des dates entre la naissance d’un enfant légitime et celle d’un enfant illégitime.

mardi 27 février 2018

le 28 février 1868 : Qui sont mes ancêtres ?

Comme le suggère la généalogiste Sophie BOUDAREL dans l'un des thèmes du Généathème de février, je vous propose de remonter le temps et de nous arrêter il y a 150 ans : 


A cette date :
Qui étaient mes ancêtres ? Combien d'entre eux ont vécu ce jour là ? Où ? Comment ?
Je vais donc vous présenter mes ancêtres, du plus jeune au plus âgé, dans leur foyer, leur contexte de vie, un peu comme je l'avais fait dans mon billet sur le recensement de l'année 1911 que je vous invite à lire ou à relire.

Avant de nommer ces ancêtres du 28 février 1868, voici quelques données géographiques, quantitatives et statistiques.


En 1868, mes ancêtres vivent sur deux départements : la Vendée et les Deux-Sèvres, l'ancienne province du Bas-Poitou avant la création des départements.

Voici maintenant les données statistiques :




aperçu visuel de mon ascendance de la 4e à la 8ème génération,
encadrés en rouge les ascendants vivants le 28 février 1868

Après ces quelques graphiques, je vous emmène donc chez mes ancêtres.  Par commune, puis par foyer (les ancêtres directs sont en gras), tel que l'on aurait pu les rencontrer ce 28 février 1868 :

Branche paternelle - département de la Vendée :

NOTRE DAME DE RIEZ

Port-Neuf :

. DUPOND Alexandre 26 ans journalier, BURGAUD Marie-Rose sa femme 24 ans
  • Marie-Rose est enceinte de plus de six mois et accouchera le 17 avril suivant, son premier enfant est décédé à quelques mois en 1866. Le couple est locataire dans le village qui se situe près du marais de Notre Dame de Riez.

Les Garateries :

. MILCENT Marie 49 ans journalière, MILCENDEAU Jean son mari (en secondes noces) 58 ans.
  • Marie vit alors chez son second mari, qu'elle a épousé en juin 1862. Elle est la mère de DUPOND Alexandre ci dessus. Ses filles les plus jeunes, Aimée 17 ans et Marie-Rose 13 ans sont placées comme servante.

Le Creux Jaune :

. BIRON Jean-Louis 41 ans journalier, MASSONNEAU Marie sa femme 34 ans, Hortense 10 ans, Eglantine 8 ans, Angèle 3 ans, ses filles.
  • Marie est enceinte de quelques semaines puisqu'elle accouchera en septembre suivant. La fille aînée du couple, Marie âgée de près de 13 ans, est déjà placée comme domestique depuis ses 10 ans.Le couple vit dans la bourrine de la famille MASSONNEAU construite il y a environ 15 ans juste après le mariage de Jean-Louis et Marie. Depuis les parents MASSONNEAU sont décédés et Marie fut leur seule héritière étant fille unique.

COMMEQUIERS

La Tonnelle :

. PATEAU Louise veuve RAFFIN 71 ans journalière, Esther 46 ans couturière sa fille.
. RAFFIN Joseph 30 ans journalier-maçon, GUERINEAU Marie sa femme 29 ans, 
Marie 4 ans, Joséphine 2 ans, Joseph 1 an, ses enfants.
  • La Tonnelle est la maison familiale depuis plusieurs générations, et elle le restera encore pour un siècle.

CHALLANS

Les Chênes, métairie du Caillou Blanc :

. PONTOIZEAU Louis 58 ans cultivateur-colon, JOLLY Marie sa femme (en troisièmes noces) 56 ans, Baptiste 36 ans son fils, MARTINEAU Rose 36 ans sa bru, Louis 10 ans, Augustin 7 ans, Marie 5 ans, Jean 2 ans, ses petits enfants, Henriette 25 ans sa fille, PEROCHEAU Jean 25 ans son gendre et beau fils, Marie 2 ans 1/2 sa petite fille.
  • La famille PONTOIZEAU vit en communauté suivant une société agricole créée devant notaire le 1er janvier 1864 après la 3ème union du patriarche et exploite les terres de la métairie du Caillou Blanc. Avant la création de cette société, la famille exploitait déjà la métairie depuis 1858. Rose est quant à elle enceinte de plus de 7 mois de son 5ème enfant puisqu'elle accouchera le 5 avril suivant.

ST MAIXENT SUR VIE

Le Rochat :

. BURGAUD Pierre 69 ans journalier, DELAVAUD Rose sa femme 46 ans.
  • Le couple vit en location dans une grande métairie, peu de temps avant et quelques mois plus tard, ils vivaient et vivront toujours en location dans la ferme voisine du Greffier où Pierre va mourir en 1873.


Branche maternelle - département de la Vendée :

BENET

Nessier :

. POUVREAU François 57 ans journalier, François 27 ans tisserand son fils.
  • Père et fils vivent dans la maison familiale dont le père est usufruitier depuis son veuvage en 1863. En effet, la maison est un héritage de sa défunte épouse HILLAIRET Françoise.

Le Pré Paradis :
(maison)

. GIRARDEAU Jacques 43 ans cultivateur, Françoise 16 ans, Marie 12 ans, Alphonse 10 ans, Alexandre 4 ans, ses enfants.
  • Jacques vit avec ses enfants dans la maison de sa défunte femme, REGNIER Louise, décédée depuis 1863. Jacques est usufruitier de ladite maison de part la minorité de ses enfants.

Gorge Bataille :

. GIRARDEAU René 72 ans cultivateur, VEILLET Jeanne sa femme 71 ans.
  • Le couple vit depuis leur mariage en 1821 dans le village natal de Jeanne, plus précisément à la Loge, sa maison natale. Quelques années plus tard, ils iront finir leurs jours chez leur fille dans le village voisin d'Aziré, qui est aussi le village natal de René !

ST SIGISMOND

Le Bourg :

. MARTIN Alexandre 26 ans journalier, JOURNOLLEAU Marie sa femme 28 ans,
Alexandre 3 ans son fils.
  • La famille vit en location dans une maison du bourg. Peut-être ont-ils déjà en tête l'idée de l'achat d'un terrain près de l'Autise pour y construire leur maison, chose faite en 1870 !

DAMVIX

Les Cabanes :

. BOUCHET Henri 28 ans cultivateur, CAQUINEAU Alexandrine sa femme 23 ans.
. BOUCHET Louis 72 ans cultivateur, METAYER Louise sa femme 61 ans.
  • Les 2 générations vivent dans une maison sur le bord de la Sèvre, construite en 1855. La maison appartient en propre à Louise, 10 ans plus tard, elle la donnera à son fils Henri. Alexandrine est enceinte d'environ 7 mois de son deuxième enfant, sa première fille n'a vécu que quelques heures en août 1866.

LIEZ

Le Bourg - Rue Basse :

. GAUTRON Jeanne veuve MITTARD 72 ans journalière.
  • Jeanne vit dans sa maison d'une rente viagère qu'elle reçoit de ses enfants suite à la donation de tous ses biens en 1865. 
Le Courtiou :

. CADET Louise veuve LARIGNON 66 ans propriétaire, Henri 39 ans, Jacques 23 ans marchands de chevaux, ses fils.
. LARIGNON Pierre 35 ans marchand de chevaux, Marie Madeleine sa femme 32 ans,
Marie 10 ans, Henri 9 ans, Auguste 7 ans, Eléonore 5 ans,  Alexandrine 1 an, ses enfants.
  • La famille LARIGNON vit de l'élevage et du commerce de chevaux depuis plusieurs générations, au fil des générations cette activité s'est étendue sur plusieurs communes. Ils vivent dans une maison que Louise a hérité de son père, CADET Pierre en 1865.

ST PIERRE LE VIEUX

La Porte de l'Ile :

. MACAUD Jeanne 59 ans journalière, GRELIER Pierre son mari (en secondes noces) 65 ans tisserand.
  • Marié depuis mai 1865, le couple vit dans la maison qu'ils ont acquis depuis peu et qu'ils vendront en 1889 avant d'aller vivre chez la fille de Pierre sur la commune de Damvix, et d'y mourir quelques mois plus tard.

STE CHRISTINE

La Garenne :

. GUILLOT Françoise veuve JOURNOLLEAU 55 ans journalière, 
Pierre 21 ans, Clémentine 15 ans, ses enfants.
  • La famille vit dans la maison familiale construite il y a plus de 20 ans par le grand père JOURNOLLEAU, dans le nouveau village de la Garenne sur des parcelles autrefois nommées le fief du bois du Breuil. Françoise en est usufruitière. Pierre, suite à la nouvelle loi sur le service militaire, la loi Neil, signée le 1er février, va partir pour une période de 5 ans, il participera à la campagne contre la Prusse du 16 septembre 1870 au 7 mars 1871. Dès le mariage de Pierre en 1873, Françoise quittera la maison, redevient domestique et se remarie avec son patron ! 

MERVENT

La Jamonière :

. BOUTIN Joseph 63 ans propriétaire, Baptiste 30 ans carrier son fils, BICHAUD Rosalie 26 ans sa bru, Eugénie 1 an ½  sa petite fille, BOUTIN Henri son domestique (son neveu).
  • La famille BOUTIN vit dans la maison familiale dont Joseph est usufruitier comme veuf de ALLARD Marie, héritière de ladite maison. Joseph est membre du conseil municipal depuis 1840 !
. ROYER Jean 35 ans propriétaire, BOUTIN Henriette sa femme 29 ans, 
Léontine 2 ans sa fille.
  • Henriette est enceinte de quelques semaines puisqu'elle donnera naissance à une petite fille en août. Le jeune couple vit dans la maison que Jean vient de faire bâtir sur un terrain reçu lors du partage des biens de sa mère en avril 1863.

La Maisonnette :
(borderie)

. ROYER Louis 65 ans cultivateur, DESPRE Marie sa femme (en secondes noces) 59 ans, 
Antoine 26 ans, Louis 22 ans, Rosalie 19 ans, ses enfants.
  • Les deux fils vont se marier dans l'année, en août et novembre. La Maisonnette est une borderie que la famille loue et exploite depuis une petite vingtaine d'années, ils la quitteront vers 1870 après le mariage de Rosalie, sans doute trop grande pour un couple âgée. Louis est membre du conseil municipal depuis août 1852.
La Chopinière :

. ROYER Antoine 86 ans propriétaire, GUILLOTEAU Marie sa femme (en troisièmes noces) 71 ans.
  • Le couple vit dans la maison qui est une copropriété du père et de son fils unique Louis. Le couple y vit depuis une quinzaine d'années. Antoine est le doyen de mes ancêtres cette année là, il sera aussi le doyen de mes ancêtres masculins.

SIMON LA VINEUSE

La Vineuse :

. MAJOU Pierre 44 ans ouvrier-maçon, GARNIER Rose sa femme 44 ans, 
Ernestine 12 ans, Henri 7 ans, Louis 4 ans, ses enfants.
  • La famille MAJOU vit dans la maison que Rose a hérité de ses parents, qu'ils avaient acquis en 1843 et voisine de sa maison natale. Malheureusement l'année suivante, le décès de cette dernière va changer la vie de la famille...

LA REORTHE

La Forêt :

. HILLEAU Marie veuve MAJOU 66 ans rentière.
  • Marie vit d'une rente viagère que ses enfants lui versent suite au partage de ses biens en 1861. Elle a gardé l'usufruit de sa maison qu'elle avait hérité de ses parents.

Branche maternelle - département des Deux-Sèvres :

NIORT

Rue St Maixent :

. MARTIN Abraham 59 ans journalier.
  • Abraham, resté veuf après le décès de son épouse en 1847, et après avoir été métayer, il est devenu journalier et vit en location dans le centre de Niort, dans une petite rue donnant sur la place de la Brêche et proche de l'église St Hilaire.

ST LIGUAIRE

La Tiffardière - Maison de l'éclusier :

. CAQUINEAU Jean 58 ans éclusier, MITTARD Véronique sa femme 46 ans.
Françoise 12 ans, Auguste 9 ans, ses enfants.
  • La famille CAQUINEAU est installée depuis quelques semaines dans la maison de l'éclusier suite à la prise du poste par Jean. Le couple y restera quelques années avant d'avoir le poste d'éclusier à Damvix, là où la famille vivait auparavant. Jean durant son existence aura changé de nombreuses fois de métier, forgeron au début de sa carrière, après un service militaire de plusieurs années, puis scieur de long, il deviendra garde pêche avant d'être éclusier ...

Nous étions le 28 février 1868, une incursion dans les 26 foyers ancestraux a permis de figer à cette date les situations de vie de mes ancêtres. De la plus jeune, Eglantine ROYER âgée de 2 ans depuis novembre à son arrière grand père, Antoine qui aura 87 ans en avril ...


Et vous, il y a 150 ans, quid de vos ancêtres ?


lundi 19 février 2018

La très (trop) jeune mariée

En ce mois de février, un des généathèmes proposés par Sophie BOUDAREL est de partager les diverses curiosités de nos arbres.

Aujourd'hui, je vais donc vous faire part d'une curiosité en la personne de Marie Madeleine CHAILLOU, la fille de mes ancêtres Antoine (ca 1677+1749) et Marie PILLET (1691+1739), sosas 534-535 et 1038-1039.

jeune fille vendéenne

Tout se passe lors du mariage de Marie avec François MARAIS, le 7 juin 1728 sur la paroisse de Soullans, située dans le Bas-Poitou, aujourd'hui sur le département de la Vendée :



Comme vous pouvez le voir dans le corps de l'acte, rien d'anormal mais une mention marginale nous interpelle : 


"nul (le mariage) la proparlée nayant pas lâge compétans"

Marie n'avait donc pas atteint l'âge nubile, ce que le prêtre appelle simplement l'âge compétent, qui est l'âge exigé par la loi pour qu'un individu puisse contracter mariage (en âge de procréer). Sous l'ancien régime, cet âge était de 12 ans pour les filles et de 14 pour les garçons.

En effet, Marie est née le 8 novembre 1716 sur la paroisse voisine, Challans, et n'a donc lors de cette bénédiction nuptiale que 11 ans et 7 mois (moins 1 jour) !!


Comment se fait-il que le prieur qui célèbre cette union n'a pas vérifié cet état de fait ?
Toujours est-il que le mariage est donc annulé ... mais réhabilité le 25 février suivant lorsque Marie a atteint l'âge nubile de 12 ans et 3 mois ...

Les mariages précoces sont très courant dans la famille :


Dans cette vue partielle de la famille proche de Marie vous pouvez voir que :
  • sa mère s'est unie à 13 ans et demi
  • sa tante maternelle s'est mariée à un mois de ses 14 ans
  • et que sa soeur cadette Anne va se marier vers ses 14 ans (avec le cousin germain de son mari par ailleurs !)

Marie est-elle restée avec chez son époux pendant la période entre l'annulation et la réhabilitation du mariage ou est-elle revenue chez ses parents ? J'ai mon idée ...

Une fois le mariage devenu valide, le couple n'aura son premier enfant que le 16 janvier 1735, une petite Jeanne à Soullans (décédée le 14 août 1742 à Challans), Marie a alors 18 ans.

En janvier 1737, c'est une petite Marie qui voit le jour mais qui meurt le 9 février suivant.

Par la suite, Marie donne la vie plusieurs fois sur la paroisse de Challans :
Marie Magdelaine née le 6 mai 1738
Ursulle Victoire née le 10 septembre 1740
François né le 25 décembre 1743
Claude Louis né le 5 février 1746
Françoise née le 12 mars 1748
Etienne né le 3 mars 1752
Louise née le 28 février 1755
Pierre né le 11 juillet 1756

Voilà donc la curiosité du mariage très, trop précoce de ma collatérale Marie CHAILLOU.