lundi 24 août 2020

Il y a 100 ans : Lucie, août 1920

En ce début du mois d’août 1920, dans la famille MARTIN, du village de la porte de l’Ile de la commune vendéenne de Saint Pierre le Vieux, aux portes du marais poitevin, il y a effervescence. En effet, la fille aînée de la famille, Lucie âgée de 19 ans va épouser son fiancé, Maurice LAURENT, 24 ans, natif de ladite commune mais installé à Paris depuis peu comme employé des chemins de fer.



Les parents MARTIN, Aristide (1870-1947), charron de son état, et Augustine (1878-1943), et la fratrie de Lucie, Laurence 18 ans, Suzanne 8 ans, Gilbert 6 ans et Raymond bientôt 4 ans, sont heureux de cet événement familial. Tout le monde sait qu’après les noces, Lucie partira pour Paris et qu’ils ne la reverront pas de sitôt.

Le 7, c’est le jour des noces, tout le monde profite une dernière fois de Lucie avant le départ prévu pour la capitale peu après.

Le jeune couple prend le train à Niort pour rejoindre Paris. 

Là-bas, Lucie et Maurice s’installent dans le quartier des Batignolles au 43 de la rue de la Félicité dans le 17ème arrondissement (aujourd’hui s’y trouve l’hôtel de la Félicité, était-ce déjà un hôtel à l’époque ?).

Mais le bonheur du jeune couple est de courte durée, Lucie tombe malade ou est victime d’un accident (recherches à faire) …

Elle est hospitalisée à l’hôpital BEAUJON*, au 208 du Faubourg St Honoré dans le 8ème arrondissement, où elle meurt le 29 peu avant 23 heures … seulement 3 semaines après son mariage …




Sans doute à la demande de la famille MARTIN et du fait de la situation professionnelle de Maurice, le jeune corps de Lucie est rapatrié dans sa commune natale pour y être inhumé dans le cimetière.



Trois ans plus tard Maurice se remarie, il devient chauffeur de bus et meurt à l’âge de 86 ans en 1982 dans le Val d’Oise.

Lucie était la cousine germaine de mon arrière-grand-mère Alexandrine MARTIN (1885-1974).


* Hospice et maison d'éducation construits en 1784 par Nicolas-Claude GIRARDIN pour le financier Nicolas BEAUJON (1718-1786). Dirigée par les sœurs de la Charité, il s'agissait à l'origine d'une institution destinée à recevoir 24 orphelins pauvres de la paroisse, mais dès 1795, elle accueille des malades et devient au début du XIXe siècle un hôpital dépendant de l'Assistance publique. Ce dernier est transféré dans de nouveaux bâtiments à Clichy-sur-Seine en 1935 en conservant le nom d'hôpital BEAUJON tandis que le bâtiment du Faubourg-St-Honoré est transformé en commissariat de police. Aujourd'hui, le bâtiment abrite également diverses activités culturelles de la mairie du 8ème arrondissement. D'un néoclassicisme austère, l'ensemble comprenait à l'origine quatre corps de bâtiments à trois niveaux autour d'une cour à laquelle on accédait par un portique voûté fermé par une grille.


samedi 27 juin 2020

#Défi2706 - 100 mots pour une date

Aujourd'hui, le 27 juin 2020, c'est le jour du premier Salon Virtuel de la Généalogie. De par cet événement, la communauté Généatech a lancé le défi d'écrire en 100 mots autour de la date du 27 juin.

Pour ce défi, j'ai écris sur la vie d'une aïeule vendéenne, Marie MARTINEAU, un prénom et un nom plus que commun en terre vendéenne.

Voici donc 100 mots autour de Marie MARTINEAU :

Marie naît en août 1653 à Saint Hilaire de Riez. C’est là que toute sa vie va se dérouler.
Dernier enfant d’Hilaire et Jacquette BONNIN, elle compte dans sa fratrie une autre de mes ancêtres, sa sœur Jeanne, en âge d’être sa mère …
Mariée à l’âge de 17 ans avec Gilles BABU, un veuf qui a le double de son âge, elle lui donnera trois enfants avant d’être veuve.
Marie convole en secondes noces vers 1678 avec un autre veuf, Etienne MOREAUElle lui donnera six enfants avant de mourir peu avant ses 41 ans, le 27 juin 1694.




vendredi 19 juin 2020

La Grande Guerre - impact familial - Louis DUPOND et Eulalie BIRON

Foyer 2 : Louis DUPOND (1871-1942) & Eulalie BIRON (1874-1947) – Notre-Dame de Riez
(toutes les communes citées se situent en Vendée)

Lors de la mobilisation générale, Louis 43 ans, ouvrier maçon et Eulalie, qui aura 40 ans dans quelques semaines, vivent dans leur bourrine de la Croix Blanche avec leurs deux dernières filles, Florina 11 ans et Léonide 9 ans, ma grand-mère. Leurs trois autres enfants Emilie, 15 ans, Lucie 14 ans et Jérémie 12 ans, sont déjà placés comme domestique de ferme. La mère de Louis, Marie-Rose BURGAUD 70 ans veuve depuis 2 ans, vit avec sa fille Imelda, mère célibataire d’un petit garçon. Ils vivent dans leur maison des Acacias sur ladite commune de Notre-Dame de Riez. Les parents d'Eulalie sont décédés respectivement en 1887 et 1892.

Louis de par son arrêt du développement et donc de sa petite taille, 1.40m, n’a pas fait de service militaire et donc n’est pas mobilisé. Cet arrêt du développement est sans doute lié à une maladie génétique puisque de nombreux membres de sa famille sont de petite taille, son frère aîné Alexandre mesure 1.45m et son frère cadet Toussaint 1.48m. Son fils Jérémie et certains de ses neveux seront aussi de petite taille.

Le couple ne voit, lors de la mobilisation générale, partir qu’un seul neveu, celui d’Eulalie, François BARANGER 33 ans de Saint Hilaire de Riez (fils de François (1851-1901) et de Hortense BIRON (1857-1936))
Les mois suivants, le petit frère de ce dernier, Pierre 19 ans de Beauvoir sur Mer et un cousin germain de Louis, Jérémie ELINEAU 37 ans (fils unique de Pierre (1850-1932) et de Mélanie BURGAUD (1854-1921)), cantonnier de Saint Gilles sur Vie, partent pour le front. Ce dernier est l’unique neveu de Marie-Rose.

Le parrain de ma grand-mère Léonide, Olivier GIRAUDET, fils des anciens voisins de Louis et Eulalie, jeune homme de tout juste 22 ans, incorporé au service militaire depuis octobre 1913, est tué dès septembre 1914 dans la Somme, mais son décès n’est officiellement déclaré qu’en octobre 1920.



En 1915, en février, un autre neveu d’Eulalie est mobilisé, Auguste MILCENT 26 ans de Nieul le Dolent (fils de Félix (1864-1935) et de Angèle BIRON (1864-1925)). Ce dernier meurt seulement quelques jours plus tard de maladie à l’hôpital de Fontenay le Comte sans être aller sur le front, son corps est rapatrié et inhumé à Nieul le Dolent à la demande de sa veuve, Alphonsine CHEVOLEAU (1892-1959), elle restera veuve le reste de sa vie. En mars, c’est le frère de Louis, Toussaint âgé de 39 ans de Notre Dame de Riez qui est mobilisé. Il sera le dernier proche du couple à partir.

Cette même année, en octobre, le cousin Jérémie ELINEAU est reformé. Il décédera chez lui à Coëx en février 1918 de la tuberculose, ses enfants seront adoptés par la nation et sa veuve viendra s'installer chez ses beaux-parents à Saint Maixent sur Vie.

Toussaint quant à lui, après être passé plusieurs fois devant des commissions de réforme pour maladie, finit par être détaché agricole au printemps 1917 et rentre dans son foyer à Notre-Dame de Riez.

En novembre 1917, Imelda, la jeune sœur de Louis, âgée de 33 ans épouse à Notre-Dame de Riez un jeune permissionnaire du 29ème Régiment d’Infanterie, Louis BONHOMMEAU, âgé de 26 ans.

Louis BONHOMMEAU (1891-1929)

La guerre se termine enfin en novembre 1918. Les neveux BARANGER rentrent après avoir été malades et blessés, François en mars 1919 et Pierre en septembre. De même, Louis BONHOMMEAU ne rentre qu’en août 1919.

Durant la grande guerre, ma grand-mère Léonide a été placée comme domestique de ferme chez les parents de son parrain Mort pour la France, Auguste (1858-1928) et Esther JOLY (1862-1935).

Léonide DUPOND (1905-2004) vers 1922

Les apparentés mobilisés de ce foyer (en comptant les alliés unis après la guerre) ne représentent seulement que 6.5% de la totalité des mobilisés de ma généalogie.

Note : vous pouvez retrouver tous les mobilisés de ma généalogie dans ces deux articles : 


A suivre > foyer 3 : Augustin BOUCHET (1882-1957) et Marie MAJOU (1889-1962)


mardi 16 juin 2020

La Grande Guerre - impact familial - Jean PONTOIZEAU et Joséphine RAFFIN

Avant de lire la suite, et si vous ne l'avez pas encore fait, je vous invite à la lecture de l'introduction de cette série de billets.

Foyer 1 : Jean PONTOIZEAU (1865-1940) & Joséphine RAFFIN (1865-1938) - Commequiers

(toutes les communes citées sont en Vendée)

En août 1914, mes arrières grands parents Jean PONTOIZEAU et Joséphine RAFFIN, sont à quelques jours, semaines, de leurs 49 ans. Leurs parents sont déjà décédés, ceux de Jean : Baptiste et Rose MARTINEAU depuis le début des années 1880, ceux de Joséphine : Joseph, depuis le début de l'année 1913, et Eléonore GUERINEAU depuis de nombreuses années, au printemps 1871. De par son âge, Jean n’est pas concerné par la mobilisation générale du 2 août. Ils vivent alors en location dans une petite maison sise au lieu-dit les Barres ferrées (cette habitation n'existe plus depuis de nombreuses années) proche du moulin neuf de la commune de Commequiers. Le couple pauvre vit chichement de journées et a encore la charge de leur dernière fille Marie âgée de 10 ans. Leur fils aîné, mon grand-père, Marcel âgé de 13 ans est déjà domestique de ferme dans les alentours (je ne connais pas le lieu exact, ni le nom de son patron). Le fils de Joséphine, issu d'une première union, Frédéric NORMAND, âgé de 24 ans, n'est pas mobilisable de par sa petite taille et de sa myopie.

Du point de vue purement professionnel, Jean et Joséphine ont peut-être pu se réjouir du départ de nombreux hommes de leur commune et des environs. En effet, cela leur permet d’augmenter les possibilités de travail, mais cela n’est que mon point de vue actuel, cent ans plus tard !

Même si leur foyer n’est aucunement impacté par la mobilisation générale, il en n’est pas de même pour leur environnement familial.

Jean, entre la mobilisation générale et la fin de l’année 1914, voit partir au front :
  • un neveu, Henri BRISSON 20 ans de Challans (fils de Pierre (1861-1943) et de Marie-Rose PONTOIZEAU (1862-1926)),
  • Deux neveux par alliance :
    •  Pierre MOREAU 27 ans aussi de Challans (époux depuis juin 1913 de Marie-Louise BRISSON (1887-1962)), beau-frère du précédent,
    • et Jean-Louis PONTOIZEAU 31 ans de Notre Dame de Riez (époux depuis 1908 de Clémence PONTOIZEAU (1888-1964) et gendre de Auguste (1861-1915) et Clémence PEROCHEAU (1867-1920)),
  • Et un cousin germain, Jean PEIGNE 40 ans de Challans (fils de Louis (1832-1900) et de Marie-Rose PONTOIZEAU (1838-1914), cette dernière étant décédée fin août 1914 !).

Son épouse Joséphine, quant à elle, est touchée de façon plus proche. Sur la même période, elle voit partir :
  • son frère consanguin, Joseph RAFFIN 31 ans de Commequiers,
  • son beau-frère, Jean-Marie BARREAU 36 ans de Saint Maixent sur Vie (époux depuis 1902 de Marguerite RAFFIN (1881-1943))
  • et un cousin germain, Jean-Louis GUERINEAU 35 ans de Saint Hilaire de Riez (fils de Pierre (1833-1912) et de Marie MORINEAU (1842-1916)).

Puis durant l’année 1915, Jean apprend le départ de 8 de ses plus jeunes cousins germains, ayant, tout de même, tous plus de 35 ans, ainsi qu’un autre neveu par alliance, Alexandre DUPE âgé de 36 ans de Saint Christophe du Ligneron (époux depuis janvier 1914 d'Aurélie PONTOIZEAU et gendre de Jean-Louis (1857-1928)). Alors qu’un autre beau-frère de Joséphine, Henri RAFFIN 41 ans de Commequiers (époux depuis 1905 de Marie-Louise RAFFIN (1879-1971), est mobilisé au printemps de ladite année.

Par la suite, aucun autre membre de leur parenté ne sera mobilisé.

En 1917, deux membres des familles de Jean et Joséphine sont réformés car atteint de maladies incurables :
  • Alexandre DUPE, le neveu par alliance de Jean, est réformé en mars pour « asthme et hypertrophie cardiaque », il décédera en mars 1919 chez lui à Saint-Christophe du Ligneron à l'âge de 40 ans.
  • Henri RAFFIN, le beau-frère de Joséphine, réformé en juin, décédera en décembre 1920 de la tuberculose à la Tonnelle de Commequiers, il était alors âgé de 46 ans. Ses enfants avaient été adoptés par la nation dès juillet 1919.
Henri RAFFIN (1874-1920)

La guerre terminée, tous les autres membres des familles de Jean et Joséphine sont rentrés, certains blessés.

Quant au frère de Joséphine, Joseph RAFFIN, après avoir été prisonnier quelques mois à Hameln en Basse-Saxe, est rapatrié en janvier 1919 et rentre à Commequiers en mars.

Joseph RAFFIN âgé (1883-1962)

Le neveu de Jean, Henri BRISSON, aussi prisonnier en Allemagne durant les derniers mois de la guerre, est rapatrié pareillement en janvier 1919 mais ne sera démobilisé qu’en septembre.

Mon grand-père Marcel qui eut 18 ans quelques jours après l’armistice du 11 novembre 1918, échappa de peu à la mobilisation …
Marcel a vécu ses premières années professionnelles durant la grande guerre, il a dû travailler durement pour compenser la rareté de la main d’œuvre agricole.
Il part en octobre 1920 au service militaire.

Marcel PONTOIZEAU (1900-1971) pendant son service militaire

Les apparentés mobilisés de ce foyer ne représentent que 17% de la totalité des mobilisés de ma généalogie.

Note : vous pouvez retrouver tous les mobilisés de ma généalogie dans ces deux articles : 


A suivre > foyer 2 : Louis DUPOND (1871-1942) & Eulalie BIRON (1874-1947)



jeudi 11 juin 2020

La Grande Guerre - impact familial - introduction


De par mes origines vendéennes et deux-sévriennes, la grande guerre n'eut pas d'impact géographique sur le territoire ancestral, contrairement aux départements du nord et de l'est de la France. Mais comme dans toutes les familles, l'impact fut plutôt lié au départ des mobilisés. Ces derniers, âgés de 18 à 45 ans, ont quittés leur foyer, leurs parents pour les plus jeunes, leur femme et leurs enfants pour les plus âgés. Certains ne sont jamais revenus, d'autres reviennent blessés ou malades, et marqués à jamais.


Mes billets à venir, au nombre de quatre (voir plus bas), vont me permettre une analyse familiale sur l’impact de la grande guerre sur mes ancêtres vivants alors. Cette analyse va se baser sur les foyers ancestraux à la veille de la mobilisation d’août 1914, le vécu de ces foyers durant le conflit, et enfin au retour de la guerre au printemps 1919.

Au-delà des foyers ancestraux, j’évoquerais l’impact familial plus largement. En effet, je n’oublie pas que la mobilisation large dépeupla les contrées ancestrales et désorganisa la vie quotidienne et saisonnière de mes ancêtres.

Le point de départ de cette analyse sera les quatre foyers composés par mes arrières grands-parents, en adéquation avec leurs parents, voir grands-parents pour le dernier foyer. Point de départ qui m’a déjà servi à l’analyse statistique de « mes poilus » lors d’un précédent billet.  Ces poilus, « mes » poilus, les combattants de la grande guerre de ma famille (ancêtres, frères, beaux-frères ou cousins …) sont au nombre d'un peu plus d’une centaine. 


mercredi 8 avril 2020

Fin de vie d'une nonagénaire

Jusqu’au décès de ma grand-mère paternelle, Léonide DUPOND veuve PONTOIZEAU, en juillet 2004 à l’âge de 99 ans, sa propre grand-mère paternelle, Marie-Rose BURGAUD veuve DUPOND, était l’aïeule de mon ascendance à avoir vécu le plus longtemps. En effet, Marie-Rose est décédée dans sa 96ème année en 1939.

Ce billet relate la fin de vie de Marie-Rose.

Marie-Rose dans les années 1930 - archives familiales - 


1936


Marie-Rose, 92 ans, vit depuis quelques temps chez son fils aîné Alexandre, 68 ans ancien maçon, et son épouse Marie-Rose MOREAU, 57 ans, dans leur maison du village dit du Moulin Rouge, sur la commune de Notre Dame de Riez en Vendée. Mère et fils font partie de la liste des « vieillards, infirmes et incurables » (loi du 14 juillet 1905) assistés par la municipalité via le bureau de bienfaisance. Marie-Rose est entré dans ladite liste dès 1913 suite à son veuvage et sur décision du conseil municipal du 16 février, et son fils plus récemment. Cette assistance consiste en une pension mensuelle, Marie-Rose la touche à taux plein, soit 50 francs (37,83 euros d’aujourd’hui), Alexandre quant à lui ne perçoit que 30 francs.

Source : Recensement de population de Notre Dame de Riez - 1936 - 

1938


Alexandre qui a eu 70 ans en avril, est tombé malade, et le 9 octobre, il fait une demande à la municipalité pour avoir « l’assistance médicale gratuite » (loi du 15 juillet 1893) afin d’avoir accès aux soins que nécessite sa maladie, une « prostatite ». 

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

Malheureusement, Alexandre meurt le 15 décembre avant que le conseil municipal n’ai pu se prononcer sur sa demande. Mais lors de la session dudit conseil le 22, l’accord est donné pour cette aide, je suppose donc que les frais médicaux furent pris en charge.

Marie-Rose alors âgé de 95 ans (une semaine avant le décès de son fils), sans doute déjà très affaiblie par son grand âge, doit affronter un deuil bien particulier.

Dès lors, elle quitte la maison de son fils, pour s’installer dans son ancien domicile, la maison que son mari avait fait bâtir en 1895, sise au lieu dit les Acacias, quartier du fief du Moulin, à quelques centaines de mètres du Moulin rouge, le long de la voie ferrée. Marie-Rose est prise en charge par son petit-fils Emile BONHOMMEAU, menuisier, et sa jeune épouse Angélina BARBREAU, âgés respectivement de 31 et 27 ans, parent d’une petite Emilienne de 10 ans. 

Maison des Acacias à la fin des années 1990 - photo personnelle - 

1939


Emile devant l’état de sa grand-mère fait, tout d’abord le 17 janvier, une demande d’assistance médicale gratuite pour des soins à domicile. Puis, après une visite de Dr POTEL le 28, sans doute alors que l'état de son aïeule s’aggrave, une nouvelle demande est faite le lendemain cette fois-ci pour une majoration spéciale de son assistance aux vieillards. Cette seconde demande, accompagnée du certificat médical, notifie une paraplégie nécessitant un alitement continuel et l’aide d’une tierce personne pour les soins, et les revenus de Marie-Rose, n’étant que d’un montant total de 90 francs, incluant son assistance mensuelle de 50 francs, ne peuvent suffire aux soins nécessaires. Le conseil municipal dans sa session du 26 février donne un avis favorable aux deux demandes d’Emile.

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

De mémoire familiale, Marie-Rose était surnommée « mémé Seigneur » de par sa piété religieuse. Ses prières journalières devaient l’aider à supporter son grand âge et son handicap. Surtout que la vie ne l’épargne pas pour autant.

En effet, sur cette même période, elle apprend que son autre fils, Louis, mon arrière-grand-père, âgé de 68 ans, vivant tout près, dans sa bourrine de la Croix Blanche, vient d’être hospitalisé en urgences à l’hôpital départemental de la Roche sur Yon (à environ 42 kilomètres) pour « une maladie cérébrale », vraisemblablement un accident vasculaire cérébral. Son épouse Eulalie BIRON, fait aussitôt une demande à la municipalité, le 23 février, d’une assistance médicale gratuite pour son époux, déjà sur la liste des vieillards assistés depuis 1931, pour les frais engendrés par cette hospitalisation.

source : Délibérations conseil municipal de Notre-Dame de Riez

Marie-Rose, après toutes ces épreuves et souffrances en fin de vie, s’éteint au cœur du printemps, le 30 mai en fin d'après midi.
Elle est inhumée près de son mari et très proche de son fils.

Louis les rejoint en 1942, suivi en 1943 par Marie, une des filles de Marie-Rose.

Aujourd’hui, dans le petit cimetière de Notre Dame de Riez, ils sont tous proches, Marie-Rose et ses enfants, petits-enfants et même son arrière-petite-fille Emilienne depuis juin dernier …




lundi 9 mars 2020

Objet ancestral et empreinte visuelle

Pour le généathème de mars, Sophie BOUDAREL nous propose de parler de l'histoire et de la transmission d'un objet de famille.

J'ai assez rapidement pensé à un modeste meuble que beaucoup d'entre vous ont déjà vu sans s'en rendre compte. En effet, ce meuble est un buffet sur lequel est exposé quelques photos de famille et cet ensemble est l'empreinte visuelle de "De Moi à la Généalogie" via mon bandeau de blog, de ma page généalogique Facebook et de mon profil Twitter.


Histoire de ce buffet

Ce meuble est l'un des cadeaux de mariage de mes grands parents paternels, Marcel (1900-1971) et Léonide (1905-2004), unis en mai 1923 sur la commune natale de la mariée, Notre-Dame de Riez en Vendée. 
De qui est venu ce présent ? si je l'ai su, aujourd'hui je serais incapable de vous le dire malheureusement.
Ce meuble se compose de deux parties : 
  • partie haute, un petit vaisselier,
  • partie basse, un buffet à deux portes et deux tiroirs.

Toute leur vie, mes grands parents ont gardés ce meuble. Au gré de leurs nombreux déménagements, dont le premier, le départ de leur Vendée natale à l’automne 1927 pour la Charente, avec l’espoir d’une vie meilleure.

Dans mon enfance, j’ai toujours connu ce meuble au même endroit de la pièce de vie de ma grand-mère Léonide (mon grand-père étant décédé avant ma naissance). 
A l’époque, sur ce meuble se trouvait, entre autre, la boite métallique de couture de ma grand-mère, un poste de radio des années 60 et un moulin à café Peugeot. Sur le vaisselier, un petit chalet en bois, avec un thermomètre et un baromètre, qui voit sortir un homme ou une femme selon la météo, mais aussi un Christ sur sa croix, cette dernière parée d’un chapelet.

 Le buffet chez ma grand-mère en mars 2004 lors son 99ème et dernier anniversaire.

Transmission

Dans mon adolescence, ma grand-mère (nous avions 70 ans d'écart) me déclara vouloir me léguer la plus grande partie de ses meubles, puisque mes six sœurs aînées avaient déjà été "dotées".

De nombreuses années plus tard, après le décès de ma grand-mère, j'ai récupéré ce meuble et me décida à ne me servir que de la partie basse, le buffet, et de lui redonner un coup de jeune. Ma grand-mère le cirait régulièrement mais sans jamais le poncer, ce qui avait fini par lui donner une teinte très foncée. Après un nettoyage, un ponçage et un petit coup de cire de protection, il était prêt à vivre encore de nombreuses années chez moi.



De par son histoire, il était l'objet idéal pour me servir de support d'exposition de portraits et photos de famille, et surtout être partie prégnante de l'empreinte visuelle de ma passion.

Objets en vrac

Je viens de vous parler de cet objet de famille mais j'ai aussi récupéré au fil des années divers autres objets, des plus petits, dont la montre à gousset et l'alliance de mon grand-père paternel dont j'ai déjà parlé sur Twitter lors du #Généalogie30 de juin 2018.



Des objets plus volumineux et encombrants, même lourds, comme le moulin à venter de mon grand-oncle maternel, Armand BOUCHET (1910-1991) récupéré quelques années après sa disparition, ou encore le pressoir à raisins de mon père, récupéré en 2016 après son décès. 

moulin à venter en l'état actuel

en arrière plan le moulin à venter
et au premier plan partie haute du pressoir
pressoir fonctionnel, photo extraite d'une vidéo familiale de 1999

Ces objets hors du temps "reposent", avec de nombreux autres, dans une dépendance de ma maison, qui est devenue un vrai capharnaüm, et sont loin d'être actuellement mis en valeur par manque de place.

mon capharnaüm en 2017