dimanche 22 mars 2015

Mes Aïeules Matrones

Toujours dans le généathème de mars de Sophie BOUDAREL : "à la découverte d'un métier", j'ai envie de vous parler de mes aïeules ayant exercé une activité très particulière : les matrones ou autrement dit les sages-femmes ...


Définitions :

  • Matrone : dès le moyen-âge, était une femme d'âge mûr qui aidait les femmes plus jeunes à accoucher.
  • Sage-femme : Celle dont la profession est de faire des accouchements.

Sous l'Ancien Régime, sage-femme est un métier, et plusieurs ordonnances royales, en particulier sous Louis XIV, exigent que toutes les communautés de village choisissent une sage-femme et décident de percevoir une contribution pour payer leurs gages comme pour les maîtres d'école. (source : Wikipédia)

Au cours de mes recherches, je suis souvent tombé sur des actes de baptême d'enfants suivant une cérémonie rapide célébrée à la maison, l'ondoiement. Cette cérémonie était faite par la sage-femme (ou matrone) car l'enfant nouveau-né était en danger de mort. Ce geste était très important car dans le dogme catholique, l’être vivant n'accédait au paradis qu'après avoir reçu le baptême. 

Bien sur, j'ai retrouvé plusieurs de mes ancêtres ayant étaient elle-même matrone. Actuellement, j'en recense 5 dans mon ascendance directe, elles exercèrent de la fin du XVIIe à la mi XVIIIè siècle :

  • MOINET Jeanne, sosa n° 3321 à la 12ème génération :
Née vers 1617.
Unie vers 1638 vers St Pierre le Vieux (85) avec GRELIER Jean (ca 1610 + avant 1680) journalier, dont 5 enfants connus nés jusqu'au milieu des années 1650.

Citation comme sage-femme :
le 2 avril 1680 à St Pierre le Vieux

la marraine de l'enfant, CAQUINEAU Mathurine n'est autre que la belle fille de Jeanne !
Jeanne meurt le 2 mai 1684 à St Pierre le Vieux à environ 67 ans. 

  • ROY Marie, sosa n° 3327 à la 12ème génération :
Née vers 1640.
Mariée le 20 février 1662 à Nieul sur l'Autise (85) à environ 22 ans, avec POUSSON Jacques (ca 1632+1695) vigneron, 6 enfants connus sont nés de cette union jusqu'en 1676. 

Citations comme sage-femme à Nieul sur l'Autise :
    le 25 octobre 1700 "la sage-femme POUSSON"
    le 18 avril 1707 de "la veuve POSSON (sic) sage-femme"


      Marie meurt après 1709 à Nieul sur l'Autise, dans une des lacunes de registre ...

      • MICHEAU Renée, sosa n° 5351 à la 13ème génération :
      Née le 14 janvier 1645 à St Hilaire de Riez (85), fille de René (ca 1615 + avant 1659), et de LAURENT Jeanne (ca 1620 + avant 1651). 
      Mariée le 24 février 1659 à St Hilaire de Riez à l'âge de 14 ans, avec NEAU Maurice (ca 1635+1719) meunier, 10 enfants connus sont nés de cette union jusqu'en 1688. (rare cas dans mon ascendance, Renée et Maurice cumulent plus de 60 années de mariage !)

      Citations comme sage-femme ou matrone à Croix de Vie (85) : 
      le 9 mai 1702, 
      le 13 février 1707 :

      Le père de l'enfant, NEAU Jacques est le neveu par alliance de Renée !
      ou encore le 13 juin 1716, d'ailleurs Renée et son époux seront les parrain et marraine de l'enfant naturel :


      Renée meurt le 5 juillet 1726 à Croix de Vie à l'âge de 81 ans.

      • POUVREAU Anne, sosa n° 1847 à la 11ème génération :
      Née le 30 décembre 1657 à Courdault (85), fille de Louis (ca 1630+1691), Charpentier, et de BENOIST Jeanne (ca 1628 +1683).
      Mariée le 28 novembre 1684 à Courdault à l'âge de 26 ans, avec GUILMOTEAU Jean (ca 1655+1719), 5 enfants connus sont nés de cette union jusqu'en 1692 à Nieul sur l'Autise. 

      Citation comme sage-femme :
      le 20 février 1723 à Nieul sur l'Autise :


      On peut penser qu'Anne pris la suite de ROY Marie, ci dessus, après son décès ...

      Anne meurt le 28 janvier 1726 à Nieul sur l'Autise à l'âge de 68 ans. 

      • GEAN Elisabeth, sosa n° 1735 à la 11ème génération : 
      Née le 22 octobre 1690 à Bouillé (85), fille posthume de Jean (ca 1650+1690), Laboureur, et de POUVREAU Marie (1662 +1708). (je vous ai déjà parlé d'Elisabeth comme ancêtre née posthume).
      Mariée le 27 novembre 1709 à Oulmes (85) à l'âge de 19 ans, avec BONIFET Gilles (1687 +1762), 7 enfants connus sont nés de cette union jusqu'en 1732. 

      Citation comme sage-femme :
      Sa situation de sage-femme est mentionnée sur son acte de sépulture :


      Je n'ai retrouvé aucun autre acte la mentionnant en tant que sage-femme.

      Elisabeth meurt le 17 janvier 1744 à Oulmes à l'âge de 53 ans. 


      Et vous, avez vous des matrones parmi vos aïeules ?


      samedi 14 mars 2015

      Mes ancêtres nés posthumes

      Sur mon site "Généalogie PONTOIZEAU-BOUCHET" je tiens à jour une page de "records généalogiques". Sur cette page, les "records" de mes ancêtres directs liés à leur âge à divers événements (mariage, naissance des enfants ou encore décès ... ) ou à leur nombre de mariages ou d'enfants ... 

      De cette liste, j'ai décidé aujourd'hui d'extraire une situation qui était malheureusement très courante autrefois, celle de naître après la disparition de son père. Dans cette situation, on dit que l'enfant est posthume ...


      De très nombreuses ancêtres ont été dans la situation d'être enceinte au décès de leur mari, mais seul 5 de mes ancêtres directs sont ces enfants posthumes.

      La jeune veuve, illustration de François CHAUVEAU (1613-1676)

      En voici la liste chronologique de la plus récente à la plus ancienne :
      • MAJOU Françoise Zélia "Marie-Louise", ma sosa 13 à la 4ème génération, née le 20 février 1889 à Liez (85) troisième enfant de défunt Louis (décédé 3 mois et 16 jours plus tôt, le 4 novembre 1888 au Simon-la-Vineuse (85) à près de 25 ans) et de LARIGNON Marie "Eléonore" (1863+1932) ... (je vous ai déjà parler de MAJOU Louis dans un précédent billet : MAJOU Louis (1863-1888) 100 mots pour une vie) ... Eléonore juste après son veuvage, enceinte de 6 mois, retourne vivre chez sa mère. Elle restera veuve 10 ans avant de se remarier en avril 1899 avec un veuf, GOUSSARD Pierre (1860-1919), père d'un nourrisson. (je vous ai aussi parler de ce couple puisque je possède leur livret de famille, le plus ancien en ma possession : L comme Livret de famille).
      Acte de naissance EC de Liez (85),
      Louis est dit "décédé"
      • RAFFIN Victor Marie, mon sosa 36 à la 6ème génération, né le 21 mars 1790 à Commequiers (85) troisième enfant de défunt Jean (décédé 6 mois et 3 semaines plus tôt, le 29 août 1789 dans ladite paroisse à 34 ans) et de CAILLONNEAU Louise Renée (1762-1814)... Louise ne se remarie que 7 ans plus tard en 1797 avec PEROCHEAU André (1755-1809), elle aura 2 autres enfants. De nouveau veuve en août 1809, elle se remarie en février 1811 avec BROCHARD Pierre dit Bastien (1774-1811), mais le mariage ne dure que 9 mois avant le décès de Bastien ...
      Acte de baptême registre paroissial de Commequiers (85),
      le terme posthume est mentionné sur cet acte,
      orthographe du nom RAPHIN
      • METAYER Jacques, mon sosa 196 à la 8ème génération, né le 12 février 1750 à Maillé (85) deuxième fils de défunt Michel (décédé 4 mois et 13 jours plus tôt, le 29 septembre 1749 à Maillezais (85) à 28 ans) et de TIRBOIS Florence (ca 1718-1784)... Florence se remarie 3 ans plus tard en janvier 1753 avec BOUCHET André (1726) et donne naissance à 4 enfants ...
      Acte de baptême registre paroissial de Maillé (85),
      Michel est dit "deffunt"
      • GEAN Elisabeth, ma sosa 1735 & 1751 à la 11ème génération, née le 22 octobre 1690 à Bouillé (85) cinquième enfant et fille unique de défunt Jean (décédé 14 jours plus tôt, le 8 octobre 1690 à Benet (85) à environ 40 ans) et de POUVREAU Marie (1662-1708) ... Marie est revenue accoucher dans sa famille. Elle se remarie à 30 ans en février 1692 avec ROUSSEAU Jacques (1668-1733) jeune homme de 24 ans et engendre encore 4 enfants ...
      acte de baptême registre paroissial de Bouillé (85),
      sur l'acte Jean a une croix entre son prénom et son nom pour mentionné son décès
      • MESNARD Anne, ma sosa 1777 à la 11ème génération, née le 9 décembre 1670 à Bouillé cinquième enfant de défunt René (décédé 17 jours plus tôt, le 22 novembre 1670 dans ladite paroisse à environ 35 ans) et de GOUGNARD Catherine (ca 1640-ca 1699) ... Catherine se remarie 6 mois plus tard, le 19 mai 1671 avec MICHEAU Auguste (ca 1640-1689) et donne naissance à un fils. Catherine se remarie une troisième fois en 1698 avec GOGUET Pierre, peu de temps avant de mourir ...
      acte de baptême registre paroissial de Bouillé (85),
      sur cette acte aucune mention du décès du père,
      orthographe du nom MAINARD

      Dans ces 5 cas, il n'y en a qu'un seul dans ma branche paternelle, celui de RAFFIN Victor.


      Et vous avez-vous des ancêtres nés posthumes ?


      jeudi 12 mars 2015

      De mère en fille, et puis moi : ma lignée cognatique

      Tout comme plusieurs généablogeurs l'ont déjà fait, et tout d'abord, le premier d'entre eux, Benoit PETIT avec son article "Au Sosa 31, je remonte vers la droite : ma lignée matrilinéaire ! #ascendance cognatique", je vais vous parler de ma lignée cognatique.

      Définition d'une lignée cognatique :
      selon le Littré l'adjectif cognatique signifie "Succession cognatique, succession dévolue aux cognats à défaut de parents en ligne masculine. "
      et le mot cognat : "Celui qui est uni par un lien de parenté ; parent par les femmes."

      Par extension, la lignée cognatique est la lignée "de mère en fille" en opposition à la lignée agnatique "de père en fils".

      Voici sur mon arbre généalogique les 2 lignées sur 4 générations :

      A gauche la lignée agnatique de père en fils
      A droite la lignée cognatique de mère en fille jusqu'à moi

      Ma lignée cognatique suivant la numérotation sosa-stradonitz donne donc la suite simplifiée suivante :
      génération 1 > sosa 1 ~ Moi
      génération 2 > sosa 3 ~ Ma mère
      génération 3 > sosa 7 ~ POUVREAU Louise Juliette (1916-1963)
      génération 4 > sosa 15 ~ MARTIN Alexandrine Eglantine Amélina (1885-1974)
      génération 5 > sosa 31 ~ ROYER Léontine Clémentine Henriette dite Eglantine (1865-1934)
      génération 6 > sosa 63 ~ BOUTIN Jeanne "Henriette" (1838-1871)
      génération 7 > sosa 127 ~ ALLARD Marie Angélique (1815-1844)
      génération 8 > sosa 255 ~ MANSEAU Marie-Anne (1774-1838)
      génération 9 > sosa 511 ~ SOUCHET Marie Jacquette (1745-1787)
      génération 10 > sosa 1023 ~ COUTURIER Louise (1720-1792)
      génération 11> sosa 2047 ~ SOUCHET Marie (ca 1690-1750)


      Maintenant je vais vous conter cette lignée cognatique jusqu'à ma trisaïeule Eglantine :

      Nous sommes en janvier 1712 sur la paroisse de la Meilleraie (aujourd'hui la commune de la Meilleraie-Tillay en Vendée), SOUCHET Marie, la jeune épouse de COUTURIER Pierre, laboureur de 29 ans (né dans ladite paroisse le 7 juillet 1682) donne naissance à un petit Pierre ... voilà la première mention de ce couple et donc de ma sosa 2047. Quelques années plus tard, le couple donne naissance à Louise le 14 octobre 1720. SOUCHET Marie devient veuve en 1736 et décède à son tour le jour de noël 1750 sur cette même paroisse de la Meilleraie ...


      Entre temps, COUTURIER Louise, sa fille, s'est mariée le 3 juillet 1743 à l'âge de 22 ans avec SOUCHET René jeune meunier, né sur la paroisse voisine de Tillay le 17 août 1723. 

      Signature de René
      Le couple donne naissance au moulin Chardon à au moins 11 enfants entre 1745 et 1766 ... l'aînée, Marie Jacquette, est ma sosa 511, elle est née audit Chardon de la Meilleraie le 4 avril 1745. Le couple SOUCHET-COUTURIER vieillissant s'installe au village de Bourgneuf par la suite. C'est là, que Louise meurt le 4 août 1792 à l'âge de 71 ans, son mari y meurt entre 1792 et 1798 ...

      SOUCHET Marie Jacquette âgée de 22 ans, épouse le 12 janvier 1768, sur la paroisse voisine de Réaumur un cultivateur veuf d'environ 40 ans, MANSEAU Jean. Le couple devient métayer du prieuré de la paroisse de Réaumur. Il engendre 5 enfants entre 1769 et 1780 dont Marie-Anne qui vît le jour le 28 mars 1774. Dans les années 1780, la famille déménage sur la paroisse de St Pierre du Chemin, c'est là que Marie s'éteint quelques années plus tard le 31 octobre 1787 à l'âge de 42 ans. Son époux reste veuf de nombreuses années avant de mourir à la Brionnière de ladite commune le 23 mai 1810 et dit âgé de 100 ans (il en a vraisemblablement qu'environ 80 ans !) ...


      Nous sommes maintenant en messidor de l'an IX de la république Française, soit en juillet 1801, MANSEAU Marie-Anne, âgée de 27 ans, vit chez une de ses soeurs aînées soit chez sa soeur consanguine Marie épouse de SOUCHET Jean-François cordonnier (son oncle maternel !) soit chez sa soeur germaine Marie-Rose et son époux JOURNOLLEAU Pierre "Louis" sur la commune de Fontenay le Peuple (aujourd'hui Fontenay le Comte). Elle y épouse, en ce mois de juillet, le 9, ALLARD Jean un cabaretier veuf de 47 ans de la commune voisine de Pissotte (il est né le 7 février 1754 à St Michel le Cloucq). 

      Signature de ALLARD Jean en 1801
      Jean n'a eut aucun enfant de sa première union malgré un mariage de près de 16 ans. Le couple vit près du cabaret de Jean au Pont de la Levrière à Pissotte. Là, Marie-Anne donnera 4 enfants à Jean, après quelques années de mariage, le premier enfant ne voit le jour qu'en 1809 ... la dernière, une petite Rose, 10 ans plus tard Jean a alors 64 ans et Marie-Anne 44 ans ... Cette petite Rose ne vit que quelques mois ... Marie-Anne devient veuve le 5 mars 1831, Jean meurt chez lui au Pont de la Levrière à l'âge de 77 ans. Marie-Anne lui survit quelques années et décède le 21 juillet 1838 au même lieu à l'âge de 64 ans. Entre temps, son fils aîné Jean seulement âgé de 27 ans était devenu le maire de ladite commune de Pissotte.

      Extrait Cadastral de la commune de Pissote 1810
      ALLARD Marie Angélique, la troisième enfant et fille unique survivante du couple ALLARD- MANSEAU a vu le jour le 10 août 1815 au pont de la Levrière de Pissotte où ses parents tenaient cabaret. Agée de 19 ans, Marie épouse sur la commune voisine de Mervent BOUTIN Joseph un jeune marchand de bois âgé de 29 ans qui revient juste de son service militaire (né le 4 février 1805 à Mervent). 

       
      Signatures de Marie et Joseph
      Marie met au monde, sans doute dans leur maison familiale de la Jamonière (que Marie a obtenu par les testaments de ses parents en 1830 et qu'ils avaient acheté en 1803), 5 enfants en 5 ans et demi entre juillet 1835 et février 1841 ... Entre temps en novembre 1840, Joseph est élu au conseil municipal (il y restera jusqu'à sa mort), et en plus de son commerce de bois, il exerce aussi la profession de voiturier. Entre septembre 1841 et juillet 1843, les 2 derniers enfants du couple meurent en bas âge et Marie s'éteint à son tour le 7 juin 1844 à la Jamonière à seulement 28 ans. Elle avait eu le temps de tester devant Me AYRAULT de Foussais le 3 juin précédent ... quelques semaines après ce décès, le 6 septembre, Joseph fait faire l'inventaire après décès de son épouse chez le même notaire ... Joseph ne se remarie pas malgré son âge, 39 ans, et meurt le 30 janvier 1870 chez lui à la Jamonière à quelques jours de ses 65 ans ...

      Extrait cadastral de la commune de Mervent, le village de la Jamonière 1845

      BOUTIN Jeanne "Henriette", la seule fille survivante du couple BOUTIN-ALLARD, est née le 8 avril 1838 sans doute dans la maison familiale de la Jamonière. Orpheline de mère très tôt, elle est élevée par son père avec ses deux frères aînés. L'un d'eux, Joseph Théodore, alors au service militaire et en permission meurt le 20 février 1862 à l'âge de 26 ans. Le 8 août 1865, à l'âge de 27 ans, Henriette, enceinte de quelques mois, épouse un jeune homme de la commune qui revient de son service, ROYER Jean Louis (né le 7 février 1833 au Nay de Mervent) cultivateur de 32 ans. 

      Signatures d'Henriette et de Jean

      Le couple s'installe dans la maison que Jean a fait bâtir à la Jamonière sur une terre héritée de sa mère. Là, Jean et Henriette donnent naissance à 3 filles entre novembre 1865 et février 1871. Le troisième accouchement d'Henriette le 6 février 1871 se passe pas bien, et quelques semaines après, le 12 mars 1871, Henriette meurt à l'âge de 32 ans. Son mari qui déclare le décès la prénomme "Henriette Angélique" à l'Etat Civil ! La petite fille, Octavie, ne vit que quelques jours de plus est meurt le 27 mars ... ROYER Jean se remarie en 1872, a 2 autres filles et décède de très  nombreuses années plus tard en 1920 chez une de ses filles à 86 ans ...

      Maison de Jean à la Jamonière, vue sur google maps

      ROYER Léontine Clémentine Henriette, usuellement prénommée Eglantine, voit le jour le 15 novembre 1865, fille aînée du couple ROYER-BOUTIN. Après avoir donné naissance à une petite fille naturelle, Alexandrine, le 2 mars 1885 à Vouvant, Eglantine épouse le père de l'enfant, un jeune domestique, MARTIN Alexandre (Jules Auguste Alexandre à l'Etat-Civil, né le 17 février 1865 à St Sigismond (85)) en juillet de la même année dans sa commune natale. 

      Signature d'Eglantine et d'Alexandre

      Après une vie bien remplie (dont je vous reparlerez sans aucun doute) et son veuvage en 1924, Eglantine, meurt chez sa fille Mélina (1887-1972) le 26 février 1934 dans le bourg de la commune de Villiers en Plaine (79) à l'âge de 68 ans. Eglantine est inhumée près de son mari et son fils (mort en 1921 à 28 ans) dans le cimetière de la commune de Benet (85)

      Tombe du couple MARTIN-ROYER

      Vous en savez maintenant un peu plus sur ma lignée cognatique ...

      lundi 9 mars 2015

      BOUCHET Jacques (1759-1812) et le mystère de sa mort

      Aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous le mystère de la mort de mon ancêtre BOUCHET Jacques (1759-1812), sosa 96 à la 7ème génération ...

      Avant d'en arriver à son mystérieux décès, voici la vie de Jacques qui se déroule dans la marais poitevin (aujourd'hui appelé la Venise Verte à cheval sur trois départements) :



      Jacques voit le jour le 11 novembre 1759 sur la paroisse de Maillé, il est le 10ème et dernier enfant de René (né le 7 mai 1721 à Taugon) journalier pêcheur de 38 ans et de LAMBERTON Michelle âgée d'environ 42 ans (mariés depuis 1743). Il est baptisé deux jours plus tard.



      Quelques années plus tard, sa mère est inhumée le 2 octobre 1764 dans la même paroisse à l'âge de 48 ans. Jacques n'a pas encore 5 ans ...



      René, le père de Jacques, va se remarier deux fois et avoir encore de nombreux enfants :

      • Second mariage le 22 novembre 1764 (1 mois et 3 semaines après son veuvage) sur la paroisse voisine de Taugon avec BERNARD Marie Madeleine, René a 43 ans et Marie Madeleine environ 28 ... Après 3 enfants (dont 2 filles mortes en bas âge en septembre 1772), Marie Madeleine meurt à son tour à environ 36 ans le 15 novembre 1772 à la Bernegoue de Maillé où René tient maintenant cabaret ... Jacques a 13 ans et perd sa première belle-mère.
      • 2 mois de veuvage et René, âgé de 51 ans, épouse en troisièmes noces le 18 janvier 1773 à St Sigismond (autre paroisse limitrophe) la jeune CHARIER Marie (née le 21 juin 1746 à St Sigismond) âgée de 26 ans. Le couple engendre 4 enfants jusqu'en novembre 1779.

      Quelques mois plus tard, le 18 mars 1780, René, alors journalier, décède en son domicile de la Grande Bernegoue à l'âge de 58 ans (environ 66 ans sur l'acte !), Jacques a 20 ans et il est maintenant orphelin de parents ...



      Dans les années 1780, Jacques est plusieurs fois présent au mariage de ses frères.

      Les années passent et on retrouve Jacques, âgé de 28 ans, lors de son mariage le 16 janvier 1788 à Maillé avec AUTHET Louise, veuve de 44 ans (née le 20 septembre 1743 à Maillé) ... le mariage est de courte durée puisque Louise décède le 8 avril suivant après seulement 2 mois et 3 semaines de mariage !

      Tout comme son père l'était, Jacques est journalier et pêcheur comme beaucoup d'hommes dans le marais.



      Une année passe et Jacques épouse en secondes noces, ma sosa 97, THIBODEAU Marie dite Elisabeth (prénommée Marie car née le "15 août" 1757 mais usuellement prénommée Elisabeth comme sa marraine) le 12 mai 1789 sur la paroisse de l'épouse, Damvix. Elisabeth âgée de 31 ans et elle aussi veuve depuis le 23 décembre dernier de CHARIER Jean (un vieil homme qu'Elisabeth avait épousé à 21 ans alors qu'il en avait 70 !) et mère de 2 fillettes de 8 et 6 ans, Marie et Françoise ...

      Le couple vit dans le bourg de Damvix.

      Jacques et Elisabeth donnent naissance à plusieurs enfants :

      • Geoffroy né le 14 février 1790, 
      • Marie née le 16 octobre 1793 et décédée à 2 semaines le 1er novembre, 
      • Marie née le 4 février 1795 (décédée en bas âge puisque non mentionnée lors de la succession de sa mère en 1808), 
      • puis Louis né le 5 janvier 1796 (mon ancêtre sosa 48).
      Le temps passe paisiblement au rythme des saisons dans le marais...



      Puis le 16 mars 1806, en fin de nuit vers 4 heures du matin, Elisabeth meurt chez elle dans sa maison du bourg de Damvix à l'âge de 48 ans. Jacques, âgé de 46 ans, est veuf pour la seconde fois !

      (Ici vous pouvez lire mon rendez-vous ancestral avec leur fils Louis).

      L'été 1806 passe, puis à l'automne, le 26 novembre, Jacques qui vient d'avoir 47 ans et journalier de son état, épouse en troisièmes noces MORISSET Marie "vieille fille" du même âge (née le 10 juin 1759 à Damvix) ...

      Le 26 janvier 1807, Jacques est témoin au mariage de sa belle fille CHARIER Françoise, âgée de 23 ans avec MARTIN Joseph, jeune journalier de 24 ans, aussi du bourg de Damvix.

      En 1808, 2 ans après le décès de sa seconde épouse, Jacques va déclarer la succession d'Elisabeth, sans doute pour clarifier la succession vis à vis des deux filles de cette dernière, Marie et Françoise, sachant que Jacques est usufruitier de la maison d'Elisabeth à cause de ses 2 fils Geoffroy et Louis.



      Vers 1810, Geoffroy le fils aîné de Jacques part comme domestique sur la commune de Benet, où il meurt chez son maître RENAUD François le 12 juillet 1811 vers minuit à l'âge de 21 ans. C'est Jacques qui déclare le décès à la mairie le jour même sur les 10 heures du matin.

      Jacques n'a plus qu'un fils unique Louis âgé de 15 ans ... l'année 1811 se termine ...

      Et nous voici en 1812, en janvier ... le 25, le frère consanguin de Jacques, Pierre, et MARTIN Joseph, son gendre  (plutôt le gendre de sa seconde épouse) déclarent à la mairie de Damvix que ce jour, Jacques est décédé chez lui dans sa maison situé dans le bourg à 10 heures du matin à l'âge de 53 ans (52 en réalité) ...  



      Je pensais donc connaître la date et le lieu de décès de Jacques, je connaissais donc le déroulé de sa vie de sa naissance à sa mort.

      De nombreuses années après ces recherches, les Archives Départementales de Vendée mettent en ligne les déclarations de succession et je décide donc de consulter toutes celles concernant mes ancêtres. Je retrouve aisément celle concernant le décès de Jacques :



      Le 1er février 1812, Louis, le fils émancipé de Jacques (âgé de 16 ans) assisté de son curateur DIEULEFIT Louis, déclare la double succession de son frère Geoffroy et de son père. Et là, ô surprise, Louis dit que son père fut retrouvé noyé sur la commune d'Arçais (limitrophe de Damvix) le 24 janvier !!

      Alors où est la vérité ?
      Jacques est-il mort chez lui le matin du 25 janvier 1812 ou noyé la veille dans le marais à Arçais alors qu'il était parti pêcher ??

      Voici donc le mystère de la mort de mon aïeul BOUCHET Jacques ...

      jeudi 5 mars 2015

      Adoubeur du corps humain sur plusieurs générations

      Sophie BOUDAREL par le généathème de mars nous propose de partir à la découverte d'un métier.
      J'ai choisi dans mon ascendance un métier qui m'a un peu posé problème lors de sa découverte : adoubeur du corps humain.

      En recherchant sur le Littré la définition du mot adoubeur je ne trouve que le verbe adouber qui avait comme signification autrefois : réparer, raccommoder. Je consulte ensuite le site de Daniel CHATRY sur les vieux métiers et le métier d'adoubeur du corps humain me renvois vers le rebouteux !

      J'en avais donc la définition : un adoubeur du corps humain est tout simplement un rebouteux c'est à dire : "Celui ou celle qui guérit par des procédés empiriques les luxations, les fractures, les foulures, les douleurs articulaires."


      Qui parmi mes ancêtres exerça ce métier ou plutôt ce complément de ressources ?

      On retrouve ce métier à partir de mon aïeul à la 13ème génération avec le sosa 7694 : Abraham PAPOT (ca 1615-1691) et dans son ascendance. J'ai déjà parler sur mon blog de cet ancêtre et de son calvaire lors du challengeAZ 2014 avec le thème des Dragonnades, en effet Abraham et ses ascendants faisaient partis de la religion réformée (protestants).

      Signature d'Abraham PAPOT en 1682

      Voici donc Abraham et son ascendance partielle avec en rouge les adoubeurs de corps humain : 

      Génération XIII
      7694 PAPOT Abraham
      Adoubeur du corps humain & laboureur
      né vers 1615 dans le village du Vignault à Prailles (79)
      décédé le 20 février 1691 à Fressines (79)

      Acte d'inhumation d'Abraham PAPOT à Fressines

      Génération XIV
      15388 PAPOT André
      Adoubeur
      né vers 1586 dans le village du Clouzeau à Prailles
      décédé entre 1645 et 1651 à Vitré (79)

       marié le 5 mai 1608 par contrat de mariage chez Me Texier à Thorigné (79)


      15389 SAINT MARTIN Marie
      née vers 1590 dans le village du Vignault à Prailles 
      décédée entre 1627 et 1637 au même lieu

      Génération XV
      30776 PAPOT Pierre
      Laboureur
      né vers 1560 dans le village du Clouzeau à Prailles
      décédé en 1626 au même lieu

       marié le 17 janvier 1582 par contrat de mariage chez Me Quincarlet à St Maixent (79)
      30777 MADIER Jacquette
      née vers 1560 dans le village de la Groie-Parthenay de Thorigné 
      décédé le 19 février 1613 dans le village du Clouzeau à Prailles
       
      30778 SAINT MARTIN Pierre
      Adoubeur du corps humain
      né vers 1560
      décédé après 1624 dans le village du Vignault à Prailles
       
      30779 BOISTAUD Louise
      née vers 1560
      décédée avant mai 1608 dans le village du Vignault à Prailles

      Génération XVI
      61552 PAPOT Arnollet
      Marchand
      né vers 1535
      décédé entre 1580 et 1582 dans le village du Clouzeau à Prailles
       
      61554 MADIER Jean
      Laboureur
      né vers 1530
      décédé avant 1582 dans le village de la Groie-Parthenay de Thorigné 
       
      61555 PESRAULT Pernelle
      née vers 1530
      décédée vers 1606 dans le village de la Groie-Parthenay de Thorigné 
       
      61556 SAINT MARTIN Thomas
      Adoubeur du corps humain
      né vers 1515
      décédé avant 1569 dans le village du Vignault à Prailles
       
      61557 BODET Marie
      née vers 1520
      décédée après 1569 dans le village du Vignault à Prailles

      Comme vous pouvez le voir dans cette ascendance le métier s'est transmis de père en fils par les SAINT MARTIN, la famille maternelle d'Abraham, puis de beau-père à gendre avant d'arriver jusqu'à Abraham. De plus, les adoubeurs du corps humain de mon ascendance ont vécus, tout ou partie de leur vie dans le village du Vignault à Prailles ...

      Extrait Carte de Cassini : village du Vignault de Prailles


      Note : Toutes les filiations sont établies en rapport avec de nombreux actes notariés (contrats de mariage, partages, baux). Les décès sont estimés par le même biais. Je n'ai pas personnellement consulté ces dits actes, pour lesquels je n'ai que des transcriptions partielles.

      mardi 3 mars 2015

      L'Entraide Généalogique

      Il y a quelques semaines, le 8 février dernier, j'ai publié un nouvel article sur mon site concernant la 1ère partie de la vie de "l'oncle anglais : Théophile EAST (1832+1912)" (cliquez sur le lien pour accéder à l'article).

      Pour écrire cet article, j'ai été très grandement aidé par un généalogiste bénévole de la région parisienne qui a consulté et pris en photo la totalité du dossier de l'Instruction Publique de Théophile EAST aux Archives Nationales en mai 2013. Ce dossier contient des centaines de pièces, ce qui représente de nombreuses heures de consultation et de prises de vue ...



      Par ce billet je tenais donc à remercier et à rendre hommage à ce généalogiste : monsieur Thierry GIGAUDAUT.

      lundi 2 mars 2015

      Pierre GOUPIL, mon Sosa-Stradonitz n° 1000

      Comme beaucoup des généablogeurs l'ont déjà fait, je vais donc à mon tour vous parler de mon sosa n° 1000.

      Mon ancêtre qui porte le numéro Sosa-Stradonitz n° 1000 s'appelle Pierre GOUPIL et a vécu dans le Bas-Poitou près de la forêt de Mervent entre la fin du XVIIe et la moitié du XVIIIe siècle.
      J'ai découvert son existence lors de recherches en 1991.
      La graphie du nom passe de GOUPAIL à GOUPIL selon les actes.

      Extrait carte de Cassini : Lieux de vie de Pierre GOUPIL
      soulignées sur la carte sa paroisse natale Ardin
      et sa paroisse de vie Mervent

      Voici donc ce que je sais aujourd'hui de Pierre GOUPIL :

      Né vers 1676 sur la paroisse d'Ardin (79).

      Fils d'Hilaire, Sosa 2000 (Né le 31 août 1633 à Marillet (85)), et de Jeanne PRODIER, Sosa 2001 (Née vers 1635), mariés vers 1655. 
      Neuvième enfant connu sur dix d'Hilaire et Jeanne. 
      A sa naissance, ses père et mère étaient âgés d'environ 42 ans et d'environ 41 ans. 

      Sa mère, Jeanne PRODIER, décède le 5 décembre 1688 à Ardin (79) à environ 53 ans. Pierre a quant à lui environ 12 ans. 


      Son père, Hilaire, meurt quelques années après, le 11 octobre 1695 à Payré sur Vendée (85) à l'âge de 62 ans, il est dit "mendiant". Pierre n'a pas encore 20 ans ...


      Pierre se marie religieusement le 18 février 1705 à Mervent (85) à environ 29 ans, avec Marie GEAY, âgée d'environ 17 ans. Quelques jours auparavant, le 25 janvier, le couple avait conclu un contrat de mariage chez Me RAYMOND à St Michel le Cloucq, le bourg voisin.

      2 enfants connus sont nés de cette union : 

      1. Théodore
      Né le 17 novembre 1707 à Mervent et décédé le 25 novembre 1709 à Mervent  à l'âge de 2 ans. 

      2. Pierre
      Né le 21 mars 1710. 
      Marié le 26 novembre 1732 à Mervent avec Jeanne LUMET. 
      Marié le 29 mai 1759 à Antigny (85) avec Marie PEQUIN.
      Décédé le 7 avril 1774 à Antigny à l'âge de 64 ans.

      Marie GEAY est inhumée le 15 novembre 1716 à Mervent, âgée d'environ 28 ans ...

      Pierre épouse en secondes noces le 20 juin 1717 à Mervent à environ 41 ans, Catherine AIME, Sosa 1001, née le 1er février 1693 au même lieu et donc âgée de 24 ans, fille de Daniel, Sosa 2002 (°1665 +1731), Bottier, et de Françoise SENECHAUD, Sosa 2003 (°1666 +1726).

      7 enfants sont nés de cette union sur la paroisse de Mervent : 

      1. Jean
      Né le 24 avril 1718 et décédé le 8 septembre 1726 à Mervent à l'âge de 8 ans. 

      2. Jeanne
      Née le 4 septembre 1720. 
      Mariée le 25 février 1743 à Mervent avec Mathurin PORCHER. 
      Décédée le 27 octobre 1744 à Puy de Serre (85) à l'âge de 24 ans.

      3. François
      Né le 24 mars 1723 à Mervent et décédé le 20 novembre 1737 à Mervent à l'âge de 14 ans. 

      4. Jacques, Sosa 500
      Né le 29 mars 1726. 
      Marié le 1er juillet 1754 à Mervent avec Marie BLANCHARD, Sosa 501 (1727+1792). 
      Décédé le 13 novembre 1791 à Mervent à l'âge de 65 ans. 

      5. Françoise ou François
      Née le 17 mars 1729 (baptisée fille) et décédé (fils) le 7 septembre 1730 à Mervent à 18 mois.

      6. Jean
      Né le 22 février 1732. 
      Marié le 26 novembre 1754 à Mervent avec Marie SAVINEAU. 
      Décédé le 15 juillet 1789 à Mervent à l'âge de 57 ans. 

      7. Jean
      Né le 4 mai 1735. 
      Marié le 2 octobre 1765 à Mervent avec Jeanne THIBAUD. 
      Décédé le 30 octobre 1765 à Foussais (85)  à l'âge de 30 ans (28 jours de mariage !)

      A la naissance de ce dernier enfant, Pierre a près de 60 ans, Catherine 42 ans ...

      Pierre exerçait sans doute la profession de bûcheron comme son fils Jacques, en effet, la famille GOUPIL vivait, comme je l'ai déjà dit plus haut, près de la forêt de Mervent.

      La forêt et le bûcheron, illustration de Gustave DORE

      Pierre décède le 30 mai 1752 à Mervent à environ 76 ans. 


      Sa veuve, Catherine AIME meurt quelques années plus tard, le 12 décembre 1758 à 65 ans.

      De Pierre à moi :

      Pierre GOUPIL (vers 1676-1752) sosa 1000
      Jacques GOUPIL (1726-1791) sosa 500
      Jean GOUPIL (1758-1839) sosa 250
      Françoise GOUPIL (1801-1842) sosa 125
      Jean Louis ROYER (1833-1920) sosa 62
      Léontine dite Eglantine ROYER (1865-1934) sosa 31
      Alexandrine MARTIN (1885-1974) sosa 15
      Louise POUVREAU (1916-1963) sosa 7
      Elise BOUCHET, ma mère, sosa 3
      moi, sosa 1


      Voilà ce que je pouvais vous dire à mon tour de mon sosa 1000 !!