mercredi 29 août 2018

Archives Départementales de Vendée, cas concret de recherches au XIXème siècle : les recensements de Population

Pour le premier chapitre du cas concret de recherches au XIXème siècle sur les Archives Départementales de Vendée en ligne, j'ai choisi une des sources la plus utilisée après l'Etat Civil, les recensements de population.

La présentation de cette source sur le site des archives étant très précise et explicite, je me contente donc de la dupliquer ici même :
"Sur ce site, les listes nominatives d'habitants sont disponibles jusqu'au recensement de 1911.
Dans la salle de lecture des Archives de la Vendée, les listes nominatives sont consultables, sous forme numérique, jusqu'en 1975, en application de l'arrêté du 4 décembre 2009 portant dérogation générale pour la consultation des listes du recensement général de la population.

C'est dans un ordre géographique communal que se présentent les listes nominatives d'habitants. Pour l'Ancien Régime, on les trouve sous la forme de censiers, ces registres sur lesquels étaient inscrites les redevances dues par le tenancier au seigneur, ou bien de rôles d'impositions. Ainsi celui dressé pour l'équipement d'un milicien à La Flocellière aligne-t-il les noms de tous les chefs de feu en 1766. Pour Les Lucs-sur-Boulogne, ce sont deux listes de boisselage, cet ancien droit ecclésiastique particulier au Bas-Poitou, qui nous livrent des noms. C'est l'abbé Barbedette qui en a dressé la liste pour les années 1787 et 1796. On retrouve le curé des Lucs comme l'auteur d'un manuscrit qu'il signe à la date du 30 mars 1794, et que l'on nomme mortuage. Il y recense, pour sa paroisse, la liste des victimes des colonnes infernales le 28 février 1794 et le lendemain, 1er mars.
Les premières listes nominatives d'habitants apparaissent véritablement au moment de la Révolution avec les recensements de la population. Ces listes sont dressées village par village ou quartier par quartier, puis rue par rue, et enfin foyer par foyer. L'ordre est géographique et l'on y trouve réunies les personnes vivant sous un même toit : membres d'une même famille et domestiques éventuels. Il n'existe pas de tables des noms de personnes qui sont uniquement présentées à leur adresse.
Une série par commune va ainsi de l'an IV à l'an VI (1795-1798), elle est quasiment complète. Il manque cependant les cantons de La Châtaigneraie (district du même nom), de Saint-Michel-en-l'Herm (district de Fontenay-le-Comte), de Belleville et Mareuil-sur-Lay (district de La Roche-sur-Yon) et de Poiroux (district des Sables-d'Olonne). Ce sont les personnes de plus de douze ans qui y sont dénombrées avec les renseignements suivants pour chacune d'elles : le nom, l'âge, l'état ou la profession et l'époque de leur entrée dans la commune. Ces listes sont conservées dans la série L des Archives départementales avec les fonds de la période révolutionnaire (L 287-288).
L'Empire reprend le principe de l'élaboration de listes nominatives. Toutefois, à quelques exceptions près, on n'en a pas conservé en Vendée d'antérieures à 1816, voire à 1836. Elles sont alors régulières tous les cinq ans, ce qui donne les recensements suivants jusqu'en 1936 : 1836, 1841, 1846, 1851, 1856, 1861, 1866, 1872, 1881, 1886, 1891, 1896, 1901, 1906, 1911, 1921, 1926, 1931, 1936. Il faut noter que le recensement prévu en 1871 a été reporté en 1872 en raison de la guerre franco-prussienne, et que celui de 1916 n'a pas eu lieu.
Les listes sont établies sur la base de bulletins individuels et de feuilles de ménage. De 1836 à 1911, on trouve globalement, d’un recensement à l’autre, les mêmes renseignements d’ordre individuel, il existe toutefois des variantes qu’il est intéressant ici de signaler. Le nom et les prénoms sont donnés dans tous les recensements, de même que l’âge, à l’exception des années 1841 et 1911. De 1836 à 1876, la rubrique état civil mentionne aussi le sexe de la personne, ainsi que si elle est mariée, célibataire ou veuve. La nationalité apparaît en 1851, 1872 et 1876, puis régulièrement à partir de 1886. Le lieu de naissance n’est signalé que pour les recensements de 1872, 1876, 1906 et 1911. La position dans le ménage qui apparaît à partir de 1881, indique la situation de la personne par rapport au chef de famille, par exemple sa femme, sa mère, son fils ou sa sœur, etc. Un seul recensement, celui de 1851, mentionne la religion. Cinq colonnes sont alors proposées : catholiques romains, réformés de France ou calvinistes, personnes rattachées à la confession d’Augsbourg, israélites et autres cultes. Sur le même recensement, et uniquement sur celui-ci, une colonne est consacrée aux infirmités et maladies. Enfin on mentionne la profession à partir de 1881, et si la personne est patron, ouvrier ou employé à partir de 1901."
Je rappelle ici que pour ce cas concret, j'ai choisi la famille de MAJOU Jacques (1798-1862) et de son épouse HILLEAU Jeanne dite Marie-Rose (1801-1883), du village de la Forêt de la Réorthe, mes ancêtres à la 7ème génération, numérotés 104 et 105 selon la méthode Sosa-Stradonitz.

Tous les actes de l'Etat Civil de la famille étant quasiment retrouvés, comme vous pouvez le voir sur les arbres ci dessous, nous allons consulter les recensements de population de la commune de la Réorthe.

famille de Jacques

famille de Marie-Rose épouse de Jacques

Sur la page d'accueil du site des archives : http://www.archives.vendee.fr/



On clique sur l'onglet Consulter, 
le menu se déroule et nous cliquons sur archives numérisées.



De là, nous allons sur le 2ème item : recensements de population.


Nous sommes maintenant sur la présentation fait par les archives que j'ai dupliqué plus haut.



Il suffit maintenant d'aller sur l'onglet : choisir une commune et de taper la première lettre de la commune de notre choix, faire défiler avant de la sélectionner.

Nous sommes maintenant sur la fiche de présentation de la commune de la Réorthe.


A ce niveau, pour toutes informations sur la commune vous pouvez cliquer sur "voir la notice communale".
Pour consulter les recensements, nous cliquons sur consulter les liste nominatives de cette commune.



Sur la fiche de la Réorthe, on aperçoit que la première liste nominative conservée aux archives date de 1816.



Revenons-en maintenant à la famille MAJOU-HILLEAU
En 1816, sur la Réorthe, c'est le couple des parents de Marie-Rose, Pierre et Marie DURAND, que nous devrions retrouver sur cette liste.

On sélectionne donc la liste de 1816 et l'on consulte page par page jusqu'à retrouver ledit couple.


Sur la page 18, de la ligne 682 à 685, on retrouve ce couple avec deux enfants, dont le patronyme est orthographié ILEAU.



Il faut bien lire l'intitulé des colonnes qui dans les premières listes changent constamment.
On s'aperçoit que les âges données pour les adultes sont très approximatifs car Pierre et Marie n'ont ni 53 et 50 ans mais 44 et 47 ans ! 

Si vous retrouvez vos ancêtres mais que les âges ne correspondent pas vraiment, ne vous inquiétez pas, les listes nominatives sont faites avec des informations déclaratives et nullement justifiées par des données officielles. Sur une commune ayant un fort taux d'homonymie, il faut donc vraiment être prudent avec les listes d'avant 1836 !

Sur cette liste nominative, aucun village ou lieu-dit n'est indiqué. En effet, il s'agit d'une "simple" liste des habitants de la commune.

Nous faisons maintenant la même recherche pour la liste de 1820.
Sur la page, il vous suffit de cliquer sur le bandeau du haut pour changer d'année.


Contrairement à la liste de 1816, en 1820, les villages sont indiqués.
De page en page, nous retrouvons la famille MAJOU-HILLEAU en page 6.  
En effet, le couple s'étant marié en 1819, et ayant eu leur premier enfant, André, en 1820, on retrouve toute la famille dans la même maison dans le village de la Forêt, chez les parents HILLEAU, maintenant écrit HILAUD.


Sur cette liste, aucune profession n'est mentionnée.
Une fois de plus, les âges des adultes sont approximatifs, mais ne restons point figés sur cet état de fait !

Nous passons maintenant sur la liste de 1836.
De nouveau, aucun village n'est indiqué sur cette liste nominative.

Cette année là, les deux couples ne vivent plus ensemble. En retrouve le couple HILLEAU-DURAND page 18 dans la maison 220, puis le couple MAJOU-HILLEAU page 19 dans la maison 230, vraisemblablement dans le même village, 10 maisons plus loin.


On aperçoit que le couple MAJOU-HILLEAU accueille un pensionnaire âgé de 8 ans, Victor AUGUIN, et que leur fils aîné, âgé de 16 ans, n'est déjà plus chez eux.

Continuons de liste en liste, sachant que la famille n'a pas quitté le village de la Forêt aux vues de l'Etat-civil. 
Dans le cas contraire, il convient de consulter page par page les listes jusqu'à retrouver les personnes que l'on souhaite localiser.

On retrouvera facilement ce couple MAJOU-HILLEAU jusqu'en 1861, Jacques étant décédé en 1862, puis la veuve MAJOU jusqu'au recensement de l'année 1881, puisque Marie-Rose décède en 1883.

Je donne ici une petite astuce que j'utilise lorsque je sais, ou que je pense, que les personnes recherchées sont toujours au même endroit d'un recensement à l'autre : si par exemple en 1856, je les trouve page 12, en 1861, je vais directement à la page 12 car très souvent le recensement de la population est fait de la même façon.
Autre astuce, à la fin de la liste, il y a une récapitulatif du nombre d'habitants du bourg et des écarts, avec un rapide calcul, cela permet d'évaluer la page où l'on peut retrouver les personnes recherchées, si on connais leur localisation bien entendu.


Il faut aussi savoir que certaines communes ont classé dans la liste nominative les villages par ordre alphabétique.

Je vous donne ci dessous la liste des éléments que l'on retrouvera pour chaque année de recensement de 1836 jusqu'en 1968.


Nous voilà arrivé à la fin de ce cas concret de recherches dans les recensements de population.

J'ai essayé d'être le plus précis et concis possible pour que ce cas concret soit accessible aux plus novices des généalogistes vendéens.

Je vous retrouve d'ici peu pour suivre la famille MAJOU-HILLEAU à la recherche des déclarations de successions des membres de la famille.

jeudi 23 août 2018

Archives Départementales de Vendée, cas concret de recherches au XIXème siècle


De plus en plus, je m’aperçois que bon nombre de généalogistes ayant des ancêtres vendéens, ne sont pas au courant ou pas à l’aise avec les nombreuses ressources disponibles en ligne sur le site des archives départementales (dont la mise en ligne des premières sources date de 2003, le deuxième département de France a avoir franchi le pas).



C’est pour cela, que j’ai décidé de faire une série de billets consacrée à un cas concret de recherches au XIXème siècle dans lesdites ressources , autres que l’Etat-Civil bien entendu.

Pour se faire, je vais prendre dans ma généalogie une famille, et à partir d'icelle, je vais me servir de toutes les ressources en ligne pour compléter mon savoir sur celle-ci.

Ainsi, je permettrais aux généalogistes de mieux appréhender ses ressources et de les utiliser pour leurs propres recherches.
Bien entendu, les recherches ont déjà été faites en amont et je ne ferais qu’expliquer celles-ci.

Ce cas concret concernera la famille de MAJOU Jacques (1798-1862) et de son épouse HILLEAU Jeanne dite Marie-Rose (1801-1883), du village de la Forêt de la Réorthe, mes ancêtres à la 7ème génération, numérotés 104 et 105 selon la méthode Sosa-Stradonitz.



Grâce à eux, leurs parents, grands-parents, leurs enfants et petits-enfants, nous allons étudier :
  • les recensements de population,
  • le cadastre, 
    • les plans, 
    • mais aussi les tableaux indicatifs, 
    • ainsi que les tables des propriétaires, 
  • l’enregistrement, 
    • par le biais des déclarations de successions, 
    • mais aussi par les tables des vendeurs et des acquéreurs, 
    • tables des testaments,
  • les registres de conscription,
  • les registres matricules,
  • mais aussi le fond iconographique, 
  • nous déborderons un peu sur les guerres de Vendée, 
  • les délibérations du conseil municipal, 
  • les bulletins paroissiaux, 
  • la presse et la bibliothèque numérisées

Je vous donne donc rendez vous dans peu de temps pour commencer l’étude de ce cas concret.

Premier chapitre : les recensements de population



lundi 20 août 2018

Antoine ROYER et ses pupilles

Certains de nos ancêtres, de part leur statut d'orphelin, furent pris en charge par un tuteur, un oncle très souvent, voir un cousin germain. Mais de même, certains furent eux même des tuteurs et ont eu en charge l'éducation de pupilles.



Aujourd'hui, je vais prendre le cas particulier de mon aïeul Antoine ROYER (1781-1874), mon sosa 248, qui est par ailleurs le doyen de mes ancêtres masculins, puisqu'il meurt à l'âge vénérable de 92 ans et 10 mois.

Nous sommes en juin 1824, lorsque la vie d'Antoine, âgé de 43 ans bordier à la Brillanchère (ou Brianchère) de Foussais en Vendée, va être un peu basculé par un événement malheureusement peu rare à l'époque.

Jacques ROY, sabotier de 32 ans, le beau-frère d'Antoine, petit frère de sa seconde épouse, Catherine (1786-1834), meurt prématurément chez lui aux Hautes Guillotières de Vouvant, à quelques kilomètres de Foussais. 
Ce dernier est déjà veuf depuis février 1823. A cette date, son épouse, Suzanne GUILLEMET est décédée en mettant au monde sa fille Jeanne
Pendant plus d'un an, Jacques s'est occupé de ses filles, Jeanne, l'enfant nouveau-né et de Françoise, née en septembre 1819.

Par ce décès, Antoine devient le tuteur de Françoise et Jeanne, alors âgée de 4 ans et demi et 16 mois.

Le couple ROYER-ROY accueille sans doute avec plaisir ses fillettes orphelines, sachant qu'eux mêmes n'ont eut aucun enfant en 18 ans de mariage. 

Louis, mon aïeul, le fils unique d'Antoine, est né en 1802 de sa première union avec Jeanne TIREBOIS, décédée à l'âge de 26 ans en juillet 1804. 
Louis, maintenant âgé de 22 ans, vit d'ailleurs toujours chez son père et l'assiste à la borderie (après avoir payer un remplaçant pour partir à sa place au service militaire, mais c'est une autre histoire).

Je découvre la mention du tutorat, lorsque Antoine va faire à l'administration, à la Châtaigneraie, la déclaration de succession de son défunt beau-frère le 12 mars 1825.


De part cette déclaration, on y apprend aussi que les meubles ont déjà été vendus ...

La famille ROYER est donc maintenant composée, d'Antoine et de son épouse, de Louis, le fils unique sur le point de se marier, et des nièces et pupilles Françoise et Jeanne.

On ne peut que supposer que les pupilles ont été élevées, éduquées et surtout aimées comme leurs propres filles, mais aucune possibilité de le savoir ... quoique, on le verra plus tard ...

Quand Louis se marie au début de l'année 1826, son épouse s'installe aussi à la Brillauchère et une première naissance suit.

C'est sans doute par manque de place, que la famille prend alors en charge, à la St Michel 1828, comme de coutume, une métairie dans le village du Nay sur la commune voisine, Mervent.

Louis et son épouse enchaînent les enfants au fil des ans.

En janvier 1834, Antoine perd son épouse, Catherine. Elle meurt à l'âge de 47 ans en laissant aux bons soins de la famille ses nièces.

Lors du recensement de population de l'année 1836, on retrouve au Nay, la famille ROYER :



Peu de temps après, en avril 1837, Antoine épouse en troisième noces  Marie GUILLOTEAU (1797-1879) et Françoise est placé comme servante vraisemblablement à la même période. 
Jeanne quant à elle reste encore quelques années dans la famille ROYER, comme ici lors du recensement de 1841 :



En 1845, les deux couples ROYER se séparent (en 1842, Louis est devenu veuf et s'est remarié fin 1843) et c'est aussi sans doute à ce moment là que Jeanne part comme servante dans la commune.

Et après :

Françoise se marie en novembre 1842 à Foussais avec Jacques "René" MAUPETIT et meurt dans le village de Cul de Bray de Mervent le 14 juillet 1898 à 78 ans.

Sa soeur, Jeanne, épouse Jean BOUILLAUD, en juin 1852 à Mervent, Antoine sera d'ailleurs un de ses témoins. Le couple BOUILLAUD-ROY vivra au village du Nay, et Jeanne y décède le 3 décembre 1881 à l'âge de 58 ans.

Quels liens Antoine a t il eu avec Françoise et Jeanne dans leur vie d'adulte ?

Le fait qu'Antoine fusse le témoin du mariage de Jeanne peut laisser supposer qu'il a toujours garder un bon contact avec ses ex-pupilles.

De plus, un acte erroné peut nous mettre sur la voie d'un lien fort avec la famille de Jeanne.
En effet, lors du décès de Jeanne en décembre 1881, soit 7 ans après le décès d'Antoine, le fils de Jeanne, qui fait la déclaration du décès à la mairie, nomme sa mère ROYER au lieu de ROY et la dit fille d'Antoine ! (l'acte sera rectifié par un jugement quelques mois plus tard)



De là à penser que le fils de Jeanne considérait Antoine comme son grand père, il n'y a qu'un pas !!



samedi 21 juillet 2018

RDVAncestral : dans la peau d'un tiers en mai 1884

Aujourd’hui, c’est le jour de mon 3ème RDVAncestral …

Me voici dans la peau de François LAVAUD, 59 ans, propriétaire sur la commune vendéenne de St Sigismond, au cœur du marais poitevin, nous sommes le samedi 17 mai 1884.

Près de la vieille Autise, à quelques centaines de mètres du bourg dudit St Sigismond, là devant l’unique maison qui borde le canal. Le printemps bat son plein, la végétation du marais couvre le chemin de halage, les oiseaux chantent leur joie printanière.



J’attends l’arrivée de Me GIRAUD, le notaire du canton, et de son associé Me JAMOIS. Ils m’ont mandé pour les assister dans la maison qui se trouve devant moi, aux fins d’un inventaire de biens meubles de la veuve MARTIN. Ladite veuve a demandé auxdits notaires de faire cet inventaire pour préserver les enfants nés de son union avec son défunt époux, Alexandre MARTIN, décédé ici même il y a quelques années.

Dans la maison, j’entends les voix de la veuve et de son beau-frère, le frère de son défunt époux, Auguste, qui a été nommé subrogé tuteur de ses neveux et nièce il y a quelques jours. Ce dernier est venu de chez lui, le village de la Tiffardière de la commune de St Liguaire, en bateau, par la Sèvre puis l’Autise, d’ailleurs son bateau est là devant moi attaché à un piquet.



Dans la maison , la pendule de la veuve MARTIN, sonne alors les ¾ de l’heure de midi et la carriole des notaires arrivent sur le chemin de halage.
Nous nous saluons quand la veuve MARTIN, sort de sa maison, et sur son pas de porte, nous invite à entrer.

Après quelques minutes d’une conversation courtoise et quelques mots sur la raison de notre présence à tous ici, Me GIRAUD dicte à son collègue, bien installé pour la rédaction de l’acte notarié, la partie administrative de cet inventaire. La comtoise sonne alors un coup, il est en effet une heure du soir.

« A la requête de Madame Marie JOURNOLLEAU sans profession demeurant sur le bord du canal de l’Autise commune de St Sigismond, veuve du sieur Alexandre MARTIN, en son vivant scieur de long décédé au dit lieu le 7 octobre 1877.
Agissant :
1. en son nom personnel à cause de la communauté légale de biens qui a existé entre elle et son défunt mari à défaut de contrat préalable à leur union. A cause des reprises et créances qu’elle peut avoir à exercer contre ladite communauté ou contre la succession de son défunt mari.

2. Au nom et comme tutrice naturelle et légale de :
  • Alexandre MARTIN âgé de 19 ans,
  • Aristide MARTIN âgé de 14 ans, 
  • Marie MARTIN âgée de 12 ans.

Ses trois enfants mineurs issus de son légitime mariage avec feu Alexandre MARTIN.
M.M. Alexandre et Aristide MARTIN et Melle Marie MARTIN habiles à se dire et porter seuls héritiers dudit Alexandre MARTIN leur père décédé.

En présence de :
M. Auguste MARTIN, jardinier demeurant à St Liguaire, Deux-Sèvres.
Subrogé tuteur des mineurs Alexandre, Aristide et Marie MARTIN, nommé à cette qualité qu’il a accepté suivant délibération du conseil de famille des dits mineurs tenu sous la présidence de M. le juge de paix du canton de Maillezais le 8 mai dernier dont une expédition a été représentée aux notaires soussignés.
A la conservation des droits et intérêts des parties et tous autres qu’il appartiendra, sans que les qualités ci-dessus prises puissent nuit ni préjudicier à qui que ce soit mais au contraire sous toutes réserves.

Il va être par Me Benjamin GARNIER notaire à Maillezais et son collègue soussignés procédé à l’inventaire fidèle et description exacte de tous les meubles meublants, habits, linges, hardes, bijoux deniers comptants, titres, papiers, notes et renseignements dépendant tant de la communauté de biens qui a existé entre M. et Madame MARTIN que de la succession du défunt Alexandre MARTIN, le tout trouvé et étant dans les lieux ci-après désignés, faisant partie d’une maison sise sur les bords du canal de l’Autise habitée par les dits époux MARTIN-JOURNOLLEAU.

Sur présentation qui sera faite du tout par Madame MARTIN laquelle avertie du serment qu’elle aura à prêter à la fin du présent inventaire a promis de bien et fidèlement montrer et déclarer tous ce qui à sa connaissance peut dépendre des dites communauté et succession.

La prisée des objets qui en seront susceptibles sera faite par Me GARNIER l’un des notaires soussignés qui prendre l’avis de M. François LAVAUD propriétaire à St Sigismond.
Lecture faite et sous toutes réserves les parties de se requises ont signé avec les notaires à l’exception de Mad. Veuve MARTIN qui a déclaré ne le savoir faire. »

Après avoir signé cette partie administrative de l’acte, Me GIRAUD va commencer à inventorier à haute voix tout ce qui se trouve dans la pièce principale, son collègue va noter minutieusement chaque élément, et je serais à l’écoute des estimations faites pour pouvoir corriger si nécessaire ainsi que la veuve MARTIN et son beau-frère. Juste avant le début de la prisée, la comtoise sonne deux coups …

La prisée commence dans la chambre unique éclairée au midi par une porte et une fenêtre :
1. Une pelle à feu, un trépied, une casserole, un réchaud en fer, un marteau et un soufflet et une petite cruche estimé le tout 5 francs
2. Trois verres, un pot à l’eau, une sallière, un poivrier, deux bouteilles, un verre à pied, une tasse, un charrail et un verre estimés 1 franc
3. Une pendule comtoise avec son boitier estimée 20 francs
4. Un lit à quenouille avec paillasse, ballière, couette, traversin en plumes, oreiller, couverture en laine verte, rideaux et tour de lit en coton bleu estimé 60 francs
5. Un cabinet en bois fort à une porte avec corniche estimé 25 francs
6. Trois parapluies estimés 1 franc 50 centimes
7. Un autre lit à quenouille avec paillasse, ballière, couverture en boulange, traversin en plumes, tour de lit en coton bleu estimé 30 francs
8. Deux sacs contenant environ sept kilogrammes cinq cents grammes de laine estimés contenu et contenant 24 francs
9. Une laiterie estimée 3 francs
10. Six bouteilles, trois fioles, cinq assiettes, deux plats, une soupière, une tasse et trois pots, six cuillères et six fourchettes estimé le tout 1 franc 50 centimes
11. Un fer à repasser, un vilbrequin, une forge, un panier et une boite à pierre à aiguiser estimé le tout 3 francs
12. Une poêle à frire, une cuillère à pot, un petit entonnoir et un pot en fer estimés 3 francs
13. Une passette pour le lait, douze pots à lait, un pot de fer blanc, une buie et un panier à salade estimé le tout avec un sceau en fer blanc 3 francs
14. Une petite glace, une autre glace plus petite estimées 50 centimes
15. Un buffet à deux portes et deux tiroirs surmonté d’un vaisselier estimé 10 francs
16. Douze assiettes, quatre plats, un couvre plat et une brosse estimés 1 franc 50 centimes
17. Quatre chaises en bois blanc foncées en joncs estimées 2 francs 40 centimes
18. Un pétrin estimé 2 francs

Ayant fait le tour des biens dans ladite chambre, nous prenons ensuite l’échelle de meunier pour accéder à un grenier au-dessus de la chambre sise décrite :
19. un chevalet, un rouet, une baratte, deux cruches en paille, une cognée, une paire de vieilles balances en bois, deux pots, une grêle et une vieille scie estimés 3 francs
20. soixante litres de froment estimés 8 francs
21. huit litres de haricots estimés 2 francs

Nous redescendons et sortons de la maison et nous entrons dans une écurie au levant de la chambre ci-dessus : 
22. vingt fagots de bois estimés huit francs
23. une cruche en grès et une demi barrique vide estimées 3 francs
24. une ferrée, un billot, une cognée, une hou, deux coins, un mail, une bouëlle, un baquet, une fourche à trois doigts, une roue de brouette et son essieu, un paquet de cordes et un balai estimés 5 francs 50 centimes
25. un lot de dix moutons et brebis estimés 200 francs



Puis dehors, hors de la maison et de l’écurie, sous le soleil radieux de cette mi mai :
26. un chaudron en cuivre estimé 50 centimes
27. un bateau en mauvais état estimé 2 francs

Ensuite, la veuve MARTIN nous signale que nous n’avions point inventorié son linge rangé dans son cabinet, nous rentrons de nouveau dans la maison et ladite veuve nous ouvre ledit cabinet, on y trouve le linge suivant :
28. dix-huit draps estimés 50 francs
29. six nappes estimées 6 francs
30. quinze torchons estimés 6 francs
31. deux sacs estimés 50 centimes
32. douze chemises d’homme estimées 18 francs
33. quatre kilogrammes de lin estimés 8 francs
34. vingt-quatre chemines de femme estimées 42 francs
35. cinq jupons en laine, cinq justins, douze mouchoirs de poche, douze coiffes, douze bonnettes, une coiffe noire estimé le tout 35 francs

Total de la prisée du mobilier : 593 francs 90 centimes.

Nous finissons de faire ce total de ladite prisée lorsque la demi-heure de la 3ème heure du soir sonne à la pendule de la maison.

La veuve MARTIN déclare qu’elle ne possède pas d’argent comptant.

Voici maintenant l’heure de l’étude des titres et papiers. A ce moment-là, la veuve MARTIN nous déclare que son mari et elle s’étaient mariés sous le régime de la communauté légale à défaut de contrat, que son mari est mort intestat.
Nous commençons par l’étude des titres et papiers propres au défunt. Me GIRAUD dicte à son collègue :

«  Cote première, deux pièces ;
La première pièce de cette cote est l’expédition d’un acte BEGUIER notaire à Niort le 15 août 1868 contenant vente par Alexandre MARTIN et par les cohéritiers dans la succession de Marie RIBREAU épouse d’Abraham MARTIN, sa mère à un sieur Louis MATHE demeurant à St Liguaire d’un champ de cinquante ares situé commune de St Liguaire moyennant un prix de 1370 francs que Mad. Veuve MARTIN déclare avoir été payé avant le décès de son mari.
La deuxième pièce est l’expédition d’un acte du même notaire en date du même jour contenant vente à titre de licitation par les mêmes d’une vigne située commune de St Liguaire dépendant de la succession de Marie RIBREAU. Cette vente a été faire moyennant un prix de 350 francs que Mad. Veuve MARTIN déclare avoir été payé avant le décès de son mari.
M. MARTIN fondé dans ces prix de vente pour 19/80ème a donc touché de ce chef 408 francs 50 centimes dont sa succession doit exercer la reprise.
Mad. Veuve MARTIN déclare que la succession de son mari n’a aucune autre reprise à exercer et qu’elle ne doit aucune récompense. Ces deux expéditions représentées par le subrogé tuteur à qui elles avaient été confiées par les acquéreurs n’ont été ni cotées ni paraphées. »

Nous voici arrivé, à l’étude des titres et papiers des acquêts de la communauté MARTIN-JOURNOLLEAU.  La veuve MARTIN nous sort une pièce unique :

« Cote deuxième, une pièce ;
La pièce unique de cette cote est l’original d’un acte sous signature privée en date à St Sigismond du 23 décembre 1868 enregistré contenant vente par un sieur Pierre GELLE à Alexandre MARTIN d’un pré marais sis au tènement des Bourgnons commune de St Sigismond contenant 6 ares. Cette acquisition a été faite moyennant un prix que Mad. MARTIN déclare avoir été payé. Cette pièce a été paraphée et inventorié comme pièce unique de la présente cote. »

Là, la veuve MARTIN, nous indique que la maison où nous sommes actuellement, pour faire cet inventaire, a été construite par elle et son mari sur ledit terrain au cours de l'année 1870.
Me GIRAUD demande ensuite à ladite veuve s’il existe des créances et des dettes dans les communauté et succession. Elle déclare :

« Qu’à sa connaissance il ne dépend aucune créance de la communauté qui a existé entre elle et son mari.
Par contre, il est dû :
1. A M. ROBIN JARRILLON pour prêt en principal 500 francs.
2. Au même pour deux années d’intérêts 50 francs.
3. Au même pour le coût du renouvellement de l’inscription qui garantit cette créance 10 francs 45 centimes.
4. A M. Charles LALUBRIE propriétaire à Oulmes une somme de 900 francs restant due sur le prix d’une vente de bois faite à Alexandre MARTIN dans le courant du mois de novembre de l’année 1874.
5. A M. PERRIN Jean maçon à St Sigismond pour travaux faits à la maison du vivant du mari 40 francs. Mad. MARTIN déclare que sur ce même compte elle a depuis le décès de son mari payé au sieur PERRIN une somme de 93 francs.

Le total des déclarations passives sont donc de 1593 francs 45 centimes. »

Le moment est alors venu pour la veuve MARTIN de prêter serment :

« de n’avoir rien pris ni détourné, vu ni su qu’il ait été rien pris ou détourné par qui que soit et d’avoir fidèlement fait comprendre au présent inventaire qu’elle a affirmé sincère et véritable, tout ce qui à sa connaissance peut dépendre des dites communauté et succession. »

Me GIRAUD signale à la veuve MARTIN que tous les objets inventoriés sont demeurés en sa garde et possession, cette dernière le reconnait et s’en charge pour en faire représentation quant et à qui il appartiendra.

Nous voici donc arrivé à la fin de cet inventaire et les notaires, après avoir signé l’acte nous invite moi, François LAVAUD et Auguste MARTIN à en faire de même.

Nous nous exécutons au moment où sonnent quatre coups à la pendule.



Nous discutons encore quelques minutes puis les notaires se retirent et montent dans leur carriole. 
Je salue aussi la famille MARTIN avant de partir. Je quitte la maison, dehors je me retourne quelques secondes devant la maison ....



Puis, je suis le chemin de halage pour regagner le bourg de St Sigismond …

Quelques pas seulement, je lève la tête vers le ciel, je regarde ce ciel bleu sans aucun nuage, je ferme les yeux, un silence d’une seconde avec un souffle de vent, et me revoilà de nouveau en 2018, et j’ai « regagné » mon corps …

Très content d’avoir pu participer, côtoyer, vivre durant ces quelques heures, dans le corps d’un tiers, à ce moment important de la vie de mes ancêtres, dans la maison d’Alexandre MARTIN (1841-1877) et Marie JOURNOLLEAU (1839-1924), celle qui deviendra plus tard « Néné Lu ».



vendredi 22 juin 2018

Louis PONTOISEAU, une vie simple et courte

Voici deux mois que je n'ai rien écrit sur mon blog mais le généathème de juin proposé par Sophie BOUDAREL, m'a titillé ...



J'ai donc lancé le générateur de sosa, avec une condition, le choix d'un ancêtre de la 6ème ou 7ème génération. Et, j'ai fait l'annonce via Twitter du résultat il y a quelques jours.



C'est donc mon sosa agnatique numéro 64 qui a été généré.

Ce dernier étant Louis PONTOISEAU, mon agnat à la 7ème génération.

Je vais vous présenter ici la vie de Louis de façon chronologique, en commençant quelques mois avant sa naissance avec le mariage de ses parents et une présentation succincte de son environnement familial.
Tous les événements se sont déroulés sur la paroisse puis commune de Challans en Vendée, sauf mention contraire.

Challans et les lieux de vie de Louis sur la carte de Cassini

1784

Le mercredi 10 novembre 1784, en l’église de Challans a lieu le mariage de :
Louis PONTOISEAU, 20 ans, deuxième du nom, natif de la paroisse voisine de Soullans mais vivant dans la métairie des Hommeaux (Hommaux sur Cassini et Ommeaux sur le cadastre de 1832) de Challans depuis plus de 15 ans, fils de Louis, 47 ans, le patriarche, premier du nom, métayer aux Hommeaux depuis 1769 (année où il est venu aider son beau-père, Jean ROBION (1716-1772), dans ladite métairie que ce dernier exploitait depuis 1755 environ), et de Louise ROBION, 36 ans,
et de Marie Rose Louise HUGUET, 25 ans, fille de Pierre, 51 ans dans quelques jours, métayer dans le village de Logerie (Lorgerie sur Cassini et L'Orgerie sur le cadastre de 1832) sur ladite paroisse et de Louise MONNERON, 43 ans.
Les témoins de l’union sont les deux pères ainsi que le cousin germain de la mère de Louis, André ROBION (né en 1756), 28 ans de Soullans, et l’oncle maternel de Marie, Jean MONNERON (1745-1820), 39 ans de Challans.
Aucun membre de la famille présent ne sait signer.



Ils sont tous les deux ainés de leur fratrie ;
Louis, malgré la présence de 10 enfants dans sa fratrie, n’a plus qu’une sœur, Louise (1766-1826), de deux ans sa cadette, qui d’ailleurs se marie ce dit jour avec Jacques PEIGNE (1751-1805), et deux frères, Jean (1767-1828) et Jacques (1773-1829) qui travaillent aussi à la métairie des Hommeaux avec le patriarche.
Marie, quant à elle, n’a pas moins de 7 petits frères et 1 sœur. Le dernier de sa fratrie n’a qu’un an !

1785

Louis est né le lundi 10 octobre 1785. Il est baptisé le même jour et comme il est de coutume, son parrain est son aïeul paternel, Louis PONTOISEAU et sa marraine, son aïeule maternelle  Louise MONNERON. Il est le troisième du nom.



Il est vraisemblable qu’il soit né à la métairie des Hommeaux.

Métairie des Hommeaux avec les parcelles en dépendant sur le plan cadastral de 1832
Tout comme ses parents, il est l’aîné de sa fratrie.

1786

Jean, son frère, voit le jour le samedi 16 décembre 1786. Contrairement à son frère aîné, la mention de lieu est faite sur son acte de baptême, il est né aux Hommeaux (il est le seul membre de la famille pour lequel je n'ai aucun devenir ... ).

1787
Louise RAFIN veuve ROBION, l’arrière-grand-mère de Louis, meurt le jeudi 10 mai 1787 à l'âge de 69 ans à la métairie des Hommeaux. Elle est inhumée le lendemain en présence de son gendre Louis et de son petit-fils par alliance Jacques PEIGNE.



1788

François est né le mercredi 27 août 1788, il est le second frère de Louis.

1790

Marie, sa soeur, quant à elle, est née le jeudi 23 décembre 1790.

1792

Louise ROBION, sa grand-mère paternelle, meurt le vendredi 16 mars 1792 à l'âge de 43 ans.
Le lendemain son oncle Jean et son oncle par alliance Jacques PEIGNE sont présents entre autres à l'inhumation.



Sa sœur Marie décède le vendredi 27 juillet 1792 à l'âge de 19 mois.

1793 et 1794, le secteur connait les troubles vendéens, sans aucun doute, la famille PONTOISEAU fut de près ou de loin touchée par ce que l’on appelle « guerre de Vendée ». Cette période coïncide avec l’arrivée de Louis dans l’âge dite de raison. Il a sans doute gardé en mémoire cette période.

1794

Le vendredi 7 novembre 1794 (17 brumaire an III) est décédé Louis PONTOISEAU, son grand-père paternel, à l'âge de 57 ans. Son père et son oncle, Louis et Jean font la déclaration à la mairie en mentionnant un âge d’environ 60 ans.



Après la disparition du patriarche, les frères PONTOISEAU continuent l’exploitation de la métairie.

1795

Marie, sa soeur, naît le jeudi 15 janvier 1795 (26 nivôse an III).

Louis, son père, meurt le samedi 14 mars 1795 (24 ventôse an III) à la métairie  des Hommeaux à l'âge de 31 ans.
Ses oncles François HUGUET, et Jean PONTOISEAU déclarent le décès à la mairie de Challans, et le disent âgé d’environ 40 ans !



Après son veuvage, Marie reste avec ses enfants, dont la dernière n’a que 2 mois, dans la communauté familiale PONTOISEAU, aux Hommeaux, dirigée maintenant par Jean, l’oncle de Louis (Jean est marié depuis 8 ans avec Françoise CHAUVET (1768-1823)).

Louis qui approche de ses 10 ans, a dû être très affecté par les disparitions successives de son grand père et père …
(cette situation se renouvellera de façon quasi identique dans la famille PONTOIZEAU 80 ans plus tard).

1796

François, son frère, meurt le jeudi 1er septembre 1796 (15 fructidor an IV) à l'âge de 8 ans.
Son décès est déclaré par le chef de famille, son oncle Jean.

1799

Le mardi 29 janvier 1799 (10 pluviôse an VII), a lieu l’union de François CHATELLIER, âgé d’environ 47 ans et veuf de Marie GUIGNARD avec Marie Rose Louise HUGUET, la mère de Louis, qui aura 40 ans dans quelques jours et qui vit toujours aux Hommeaux.
Les témoins de Marie sont : son père, Pierre,  65 ans toujours laboureur à Logerie et son frère Jacques (1764-1808) journalier.
Ce même jour, Jacques PONTOISEAU, le dernier oncle de Louis, épouse Rose BONNIN (1774-1825), jeune fille de la métairie voisine des Hommeaux, la Bouchardière.

Malgré le remariage de sa mère et son départ, Louis reste dans la communauté familiale PONTOISEAU à la métairie des Hommeaux, il a alors 13 ans.

1800

Pierre CHATELLIER, son frère utérin, naît le dimanche 2 février 1800 (13 pluviôse an VIII) à la ferme du Rochin sur la paroisse voisine de Soullans. Sa mère a alors près de 41 ans.

1803

Le lundi 20 juin 1803 (1er messidor an XI), décès de François CHATELLIER, le beau-père, à la métairie de la Motte Fouquerand, non loin des Hommeaux.

Après ce décès, sa mère et ses jeunes frère et sœur, Pierre 3 ans et Marie 8 ans, retrouvent Louis, qui est devenu le chef de famille malgré son jeune âge, pas encore 18 ans. Sa famille maternelle, les HUGUET, à commencer par le patriarche, son grand père, a dû être là pour l'épauler.

1805

C’est vraisemblablement cette année-là, que Louis et sa famille s’installent à la Proutière, où il est journalier et sa mère journalière.
La Proutière (Protière sur Cassini) est la métairie d’un logis du même nom (aujourd’hui ne subsiste que quelques éléments de cet ensemble rural dans une zone devenue urbaine).

La Proutière sur le plan cadastral de 1832

1806

Louis fait parti de la liste des conscrits vendéens de l’année 1806. Il est le 151ème conscrit du département et de l'arrondissement des Sables d'Olonne, 55ème du canton de Challans et le 30ème de la commune et on y apprend alors qu’il mesure 1.666m et se dit laboureur.


Extrait du registre de conscription de l'année 1806
Mais il est peu probable qu’il fut incorporé au vue de sa situation familiale, fils aîné de veuve et donc soutien de famille.

D’ailleurs, quelques mois plus tard, Louis, alors âgé de 21 ans et toujours journalier à la Proutière, épouse, le mercredi 15 octobre 1806 à Challans, Jeanne Angélique MIGNE, 20 ans, jeune fille de confiance de la métairie voisine de la Proutière, la Rémonière.
Jeanne, est native de la commune voisine, Commequiers, elle est la fille de défunt André (1747-1788) et de feu Jeanne FUSILLER (1753-1806), cette dernière étant décédée depuis le mois de mai de cette dite année. Autorisée par son cousin germain et curateur aux causes, François MIGNE, 34 ans, cabaretier dans le village de la Bloire de Challans.

Les témoins de Louis sont :

  • son grand père maternel, Pierre, âgé de 73 ans,
  • et son oncle maternel François (1767-1847), âgé de 39 ans.

Ceux de Jeanne sont :

  • son oncle paternel, Etienne (1745-1820), 61 ans de Commequiers (ce dernier y exploite la métairie de la Vrisaugnière, que la famille MIGNE exploite depuis au moins 2 générations),
  • et son cousin germain, Charles Etienne, 24 ans, fils du précédent, vivant au même lieu.

Louis et les autres membres présents ne savent signer.

acte de mariage religieux de Louis et Jeanne

1807

À la Proutière, naît Jeanne Angélique, sa première fille, le samedi 1er août 1807.

1809

Au début de cette année, Louis et sa famille (y compris sa mère, qui aura 50 ans dans l’année), s’installent dans le petit village des Plantes, qui ne compte qu’une poignée de maisons.

Village des Plantes sur le plan cadastral de 1832

Ils prennent possession de la maison laissée vacante après le décès de l’oncle Jacques HUGUET en décembre 1808, à l’âge de 44 ans. C'est la seule maison isolée du village, toutes les autres sont mitoyennes (à droite du village sur le plan cadastral).

C’est dans cette maison, aux Plantes, que voit le jour Louis, son premier fils (le quatrième du nom et mon sosa 32), le samedi 15 juillet 1809.

Acte de baptême de Louis, le 4ème du nom

1810

À Logerie est décédé Pierre HUGUET, son grand-père maternel, le dimanche 7 octobre 1810 à l'âge de 76 ans.

1811

Le mardi 1er janvier 1811 est décédée Jeanne Angélique, sa fille, aux Plantes à l'âge de 3 ans.

Au même lieu, est née Gabrielle Marie, sa seconde fille, le vendredi 19 juillet 1811 (elle décédera à la Proutière 1 jour avant ses 25 ans)

1812

Cette année-là, après les décès successifs de son grand père maternel et de son oncle maternel Pierre « le jeune » (1773-1812) (pour le différencier de son frère du même prénom né 2 ans plus tôt), Louis installe sa famille à Logerie, vraisemblablement dans la métairie délaissée par lesdits HUGUET car dorénavant il est dit laboureur et non plus journalier (je ne sais pas encore précisément de quelle métairie il s'agit). Louis a alors 27 ans.

1814

Jean-Baptiste, son second fils, naît le lundi 21 février 1814 (il décédera célibataire en mai 1840, journalier à la Proutière à l’âge de 26 ans).

1815

À La Romangerie meurt Louise MONNERON, la grand-mère maternelle de Louis, le vendredi 10 février 1815 à l'âge de 73 ans chez son dernier fils André HUGUET (1783-1830)
Ce dernier s'est marié un mois après Louis, en 1806, avec une très lointaine cousine Catherine PONTOIZEAU (1789-1827).

1816

Marie-Anne surnommée Mariette, sa troisième fille, naît le mercredi 16 octobre 1816 (mariée à 33 ans, veuve à 37, elle meurt à 43 ans).

1820

Le lundi 13 mars 1820 voit le jour Marie-Rose, sa quatrième fille.

Le samedi 16 septembre 1820, Marie Rose Louise HUGUET, sa mère, décède à Logerie à l'âge de 61 ans. Elle est inhumée le lendemain.

acte de sépulture de Marie
Après le décès de cette dernière, Louis part quelques temps s'installer dans le village de la Bloire (la petite et la grande Bleire (sic) sur Cassini), qui porte le nom du ruisseau le traversant, l’Abloire. Ce village est connu depuis un certain nombre d’années pour ses tuileries, et de nombreuses familles (d’ailleurs d’autres familles de PONTOIZEAU, dont une descendante religieuse, Marie, œuvrera à l’édification d’une chapelle dans le village en 1857) y vivent de cette activité (un livre sur l’histoire de ce village a été écrit il y a une dizaine d’années par un généalogiste, Alain JOUANNEAU).
Louis y devient donc ouvrier tuilier, il a alors 35 ans.



1822

Le mercredi 20 février 1822 naît Augustin dit simplement Auguste, son troisième fils, audit village de La Bloire (il y meurt le 10 mai 1826 à l’âge de 4 ans).

1823

Louis revient pour une raison inconnue à Logerie pendant quelques mois, où il est de nouveau journalier.

Le mercredi 5 février 1823, il est le témoin de son frère utérin Pierre CHATELLIER, alors âgé de 22 ans, qui se marie sur la commune voisine de Soullans avec Françoise GUILLONNEAU (1804-1865).

Deux jours plus tard, Marie-Rose, sa fille, meurt à l'âge de 2 ans.

1824

Cette année-là, Louis réinstalle sa famille à la Bloire et redevient tuilier (il doit louer une maison dans le village mais je ne sais pas encore précisément où).

1825

C’est donc à la Bloire que voit le jour François Louis, son quatrième fils, le lundi 21 mars 1825 (marié en 1853, il fait souche sur les Sables d’Olonne où il meurt en 1882. Deux fils migreront sur la Rochelle et Rochefort, en Charente-Maritime au début du 20ème siècle comme ouvriers sur des chantiers navals).

Malheureusement, peu de temps après, Louis meurt le vendredi 27 mai 1825 à l'âge de 39 ans.
Son frère utérin Pierre et son oncle François HUGUET déclarent son décès.



Louis ne possédait aucun bien pouvant nécessiter une déclaration de succession, le maire de Challans fait donc un certificat d’indigence pour l’administration le 1er mai de l’année suivante…

Extrait de la table de déclaration de succession

La situation que Louis avait connu enfant se renouvelle, laissant Jeanne, sa veuve et son fils aîné Louis, le quatrième du nom, qui n’a pas encore 16 ans, subvenir aux besoins de la famille.
Ils ont vraisemblablement pu compter sur la famille HUGUET, puisque Louis épousera 5 ans plus tard, Marie Marie-Anne HUGUET (1806-1842) une cousine germaine de son père !

Louis, le quatrième, sera un battant et malgré des débuts difficiles il arrivera à devenir comme son aïeul Louis, le premier, un patriarche à la tête d’une communauté familiale exploitant une métairie pendant de nombreuses années (voir mon billet sur la société agricole PONTOIZEAU) avant que les décès successifs ne ruinent de nouveau l’élan familial …

Simple et courte ainsi fut donc la vie de mon agnat 64, 
Louis PONTOISEAU (1785-1825)
tel que j’ai pu la retracer avec les éléments en ma possession actuellement.



lundi 16 avril 2018

Projet "Maisons ancestrales"

Depuis que j'ai commencé ma généalogie, il y a maintenant une trentaine d'années, j'ai collecté des informations et documents sur mes ancêtres et sur leurs lieux de vie.

Ces lieux de vie, majoritairement des villages de plus ou moins grandes importances, sont très importants pour moi, tout comme peuvent l'être les liens familiaux.

A ce jour, après toutes ces années avec mes ancêtres, j'ai envie d'écrire l'historique des maisons de ces derniers, ces maisons que je nomme maisons ancestrales. Cet historique, n'est pas l'histoire des maisons ancestrales mais l'histoire de mes ancêtres avec leurs maisons. 

J'ai établi une liste des maisons ancestrales du 19ème et début 20ème siècle, cette liste contient une cinquantaine de maisons dont mes ancêtres étaient propriétaires sur 18 communes en Vendée et Deux-Sèvres. Pour les locations, j'en ferais aussi des historiques dans un second temps.

Photo personnelle, "la Villa Marguerite"

Ces maisons ancestrales sont diverses : 

  • masure :
    • du latin populaire ma(n)sūra « demeure », avec au 19ème siècle une notion de pauvreté.
  • chaumière :
    • Petite maison couverte d’un toit de chaume.
    • habitation familiale ou vieille bâtisse rurale.
  • cabane :
    • ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un cabanier.
  • hutte : 
    • ferme typique du marais poitevin, le cultivateur qui l’exploite et y vit s’appelle un huttier.
  • bourrine :
    • hutte couverte de bourrées d’herbes aquatiques, habitation typique du marais breton.
  • métairie :
    • petite ferme, c’est-à-dire à un domaine de moyenne étendue, dont le fermier paie à son propriétaire une redevance annuelle déterminée, en argent ou en récoltes.
  • borderie :
    • petite métairie, avec une notion de surface labourable inférieure.
  • moulin,
  • ...


Pour chacune d'entre elles, je vais essayer d'écrire, avec le plus grand nombre possible de sources, la vie commune des maisons ancestrales et de leurs habitants.

J'ai retenu de nombreux items pour cette écriture : 


  • la dénomination :
    • le nom donné à la maison ou le secteur où elle se situe.
  • Lieu-dit :
    • le nom et l'histoire à minima de ce lieu-dit.
  • Adresse actuelle :
    • si la maison ancestrale existe encore, je cite l'adresse actuelle,
    • si elle n'existe plus, j'essaie de la resituer avec son environnement (maisons actuelles et leurs adresses).
  • Parcelle cadastrale :
    •  je situe chaque maison avec le numéro de la parcelle cadastrale historique, c'est à dire lors de la création dudit cadastre dans la première moitié du 19ème siècle.
  • Origine :  
    • date d’achat :
      • maison ou parcelle, 
    • date de la construction, si elle est bâtie par un ancêtre, 
    • première mention si plus ancien.
  • Description : 
    • retrouvée par le biais de diverses sources :
      • déclaration de succession, 
      • actes notariés : achat, vente, donation-partage.
    • descriptif intérieur et mobiliers par le biais d'inventaire après décès.
  • Transactions durant la propriété : 
    • transfert par donation-partage, héritage, 
    • modifications …
  • Devenir : après le décès du dernier ancêtre y vivant : 
    • donation à un collatéral avec la mention de la transmission familiale dans le temps, 
    • vente, 
    • destruction …

A tous ces items, j'ajouterais en annexe divers éléments : 

événements d'Etat civil : naissances et décès, 
arbre généalogique,
lexique de termes pour les inventaires après décès.

Enfin, j'illustrerais le plus possible avec : 

  • Cadastre napoléonien, 
  • Photo aérienne ancienne, 
  • Photo aérienne actuelle, 
  • Photo actuelles des maisons ancestrales.

Pour en terminer avec l'explication de ce projet d'écriture d'historiques, voici un schéma que j'ai établi pour synthétiser les éléments inclus dans un de ces historiques, celui de la maison ancestrale dite "la Meugne" sur la commune de Benet en Vendée :